Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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truncus arteriosus l.m.

Malformation congénitale rare des gros vaisseaux de la base du cœur, caractérisée par la naissance à cheval sur les deux ventricules, au-dessus d’une large communication interventriculaire, d’un tronc artériel unique qui donne naissance à l’aorte et aux deux branches de l’artère pulmonaire.
Selon le niveau de naissance des artères à destination pulmonaire, on a décrit quatre types anatomiques de truncus, cette disposition étant importante pour la correction chirurgicale. Celle-ci n’est possible que si la résistance pulmonaire n’est pas trop élevée. Elle est toujours difficile, mais avec des modalités techniques différentes selon la disposition de la vascularisation pulmonaire.

Syn. tronc artériel commun

pseudotruncus arteriosus

Fallot (tétralogie de) l.f.

Fallot’s tetralogy

Cardiopathie congénitale cyanogène comportant 4 composantes, qui constituent la plus fréquente des malformations congénitales cyanogènes du cœur, sur les quatre composants originaux, trois seulement sont déterminants : sténose pulmonaire (généralement infundibulaire) ; communication interventriculaire ; dextroposition de la racine de l’aorte; le 4ème composant (hypertrophie ventriculaire droite) n’est qu’une conséquence des trois autres.
La malformation constitue une maladie plus ou moins sévère selon la gravité de la cyanose. La communication entre les circulations pulmonaires et générales et l'inversion du flux dans le sens droite-gauche du fait du shunt explique la cyanose. Celle-ci, associée au souffle systolique éjectionnel de la sténose pulmonaire, au cœur «en sabot» sur la radiographie, avec de petites artères pulmonaires et l'hypertrophie du ventricule droit sur l'électrocardiogramme oriente le diagnostic qui est à confirmer par l'échocardiographie transthoracique.
Sa correction chirurgicale est une des plus belles conquêtes de la chirurgie du cœur. Bien que la tétralogie de Fallot ne se complique pas d'insuffisance cardiaque, d'autres accidents évolutifs (malaises hypoxiques, abcès du cerveau, thromboses artérielles cérébrales) en rendent le pronostic hasardeux et justifient soit l'anastomose aortopulmonaire palliative (opération de Blalock-Taussig) en cas de mauvaise tolérance chez le nourrisson, soit la réparation chirurgicale complète, lorsque les conditions sont devenues favorables.

A. Fallot, anatomopathologiste français (1888) ; A. Blalock, chirurgien thoracique, membre de l’Académie de médecine et Helen Brooke Taussig, pédiatre cardiologue  américains (1945)

Blalock-Taussig (anastomose de), trilogie de Fallot

[K2,O1]

Édit. 2018

hypertélorisme et tétralogie de Fallot l.m.

hypertelorism and tetralogy of Fallot

Syndrome associant hypertélorisme et tétralogie de Fallot.
Association frappant une famille de quatre sujets avec un retard mental léger. L’affection est autosomique récessive (MIM 239711).

T. I. Farag et A. S. Teebi, généticiens koweïtiens (1990) ; A. Fallot, anatomoathologiste français (1888)

Étym. gr. huper : au-dessus ; têle : loin ; orizein : séparer

hypertélorisme

ductus arteriosus l.m

ductus arteriosus

canal artériel

pseudotruncus arteriosus l. lat

Malformation congénitale du cœur, simulant un truncus arteriosus par le fait que la base du cœur semble ne donner naissance qu’à un seul gros vaisseau, mais différent du truncus vrai par l’existence d’un réseau artériel pulmonaire distinct et authentique dont le tronc commun est atrésique.
Par ces caractères le pseudotruncus arteriosus se rattache aux formes extrêmes de la tétralogie de Fallot, et non au truncus vrai dont il ne réalise pas l’hypertension pulmonaire.

Mycoplasma

Mycoplasma
Genre de bactéries polymorphes, dépouvues de paroi, appartenant à la famille des Mycoplasmataceae de la classe des Mollicutes, qui se fixent à la surface des cellules épithéliales ou sont intracellulaires.
Certaines espèces sont pathogènes, après avoir colonisé l’oropharynx ou les muqueuses génito-urinaires de l’Homme et des animaux, d’autres sont des contaminants de cultures cellulaires. Les patients qui présentent un déficit en cellules B ou une drépanocytose sont particulièrement réceptifs aux infections à Mycoplasma ; l’infection à VIH, pour sa part, prédispose aux infections systémiques à M. fermentans et à M. penetrans.
On distingue principalement :
- M. pneumoniae, responsable d’infections respiratoires (pneumopathies atypiques communautaires) de l’enfant et de l’adulte jeune, plus rarement d’autres manifestations : myocardites, péricardites, érythème polymorphe, méningo-encéphalites,
- M. hominis, à l’origine de pyélonéphrites aigües et d’infections génitales,
- M. genitalium, qui provoque des uréthrites,
- M. fermentans et M. penetrans.
Leur identification nécessite des milieux de culture spécifiques ; l’amplification par PCR facilite leur mise en évidence. On dispose aussi, pour M. pneumoniae, de techniques sérologiques.
Ces bactéries sont sensibles aux tétracyclines, aux macrolides et aux fluoroquinolones.

Syn. mycoplasme

Mycoplasma genitalium

Mycoplasma genitalium
Mycoplasme saprophyte des voies génitales masculines et féminines pouvant provoquer des uréthrites masculines.

Mycoplasma hominis  l.m.

Mycoplasma hominis
Mycoplasme saprophyte des voies génitales masculines et féminines pouvant déterminer des fièvres puerpérales ou des pyélonéphrites aigües.

pneumonie à mycoplasma pneumoniae l.f.

mycoplasma pneumoniae infection, Eaton agent pneumonia
Infection respiratoire donnant un tableau de pneumonie atypique, survenant par petites épidémies à la saison froide chez l'enfant et l'adolescent.
Les signes objectifs sont pauvres. Il existe une infiltration interstitielle non systématisée des bases à l'examen radiologique. Le taux des agglutinines froides est élevé. L'isolement de l'agent est difficile. Une séroconversion avec IgM élevé témoigne d'une infection récente.

embolie pulmonaire l.f.

pulmonary embolism

Obstruction d’une ou de plusieurs branches de l'artère pulmonaire secondaire à la migration et à l’arrêt d’un embole.
L’embolie pulmonaire est le plus souvent cruorique, secondaire à la migration d’un caillot détaché d'un thrombus des veines profondes des membres inférieurs. Elle peut être unique ou multiple (pluie de petits emboles), isolée ou récidivante.
Les facteurs de risque les plus fréquents sont la stase veineuse liée à l’immobilisation au décours de la chirurgie, d'un traumatisme (en particulier lors de fractures du membre inférieur), d'un voyage en avion, d'une insuffisance cardiaque ou respiratoire. La grossesse, la contraception orale, le cancer et certaines anomalies congénitales ou acquises de la coagulation sont d'autres causes de thromboses veineuses.
L'estimation de la probabilité clinique d'embolie pulmonaire peut être fondée sur le score de Genève qui prend en compte les facteurs de risque, les symptômes et les signes cliniques. Les facteurs de risque sont : l’âge supérieur à 65 ans (1), les antécédent de maladie thrombo- embolique (3), la chirurgie sous anesthésie générale ou une fracture d'un membre inférieur le mois précédent (2), un cancer actif ou rémission depuis moins d’un an  (2). Les symptômes sont la douleur au niveau d'un membre inferieur (3), une hémoptysie (3). Les signes cliniques sont une fréquence cardiaque: de 75 à 94 (3), supérieure ou égale à 95(5), une douleur sur un trajet veineux d’un membre inférieur (4). La probabilité est faible pour un score de 0 à 3, intermédiaire de 4 à 10 et forte à partir de 11.
Les complications de l’embolie pulmonaire sont l’insuffisance ventriculaire droite aigüe qui peut être mortelle, la récidive, l’infarctus pulmonaire et le développement d’une hypertension artérielle pulmonaire chronique. Le traitement anticoagulant est indispensable pour prévenir les récidives et limiter l’extension du thrombus: héparine puis antivitamine K. Un traitement thrombolytique est indiqué dans les embolies pulmonaires massives et hémodynamiquement instables. Les embolies massives, menaçantes pour la vie, peuvent si elles ne répondent pas rapidement au traitement médical nécessite une désobstruction chirurgicale (opération de Trendelenburg).
Les embolies pulmonaires non cruoriques sont beaucoup plus rares. L’embolie graisseuse est liée au passage dans la circulation de gouttelettes de moelle osseuse au cours de certaines fractures, en particulier de la diaphyse fémorale. L’embolie gazeuse résulte de l’introduction de bulles d’air dans la circulation à la suite d’un traumatisme ou d’un geste thérapeutique. L’embolie amniotique est due au passage de liquide amniotique dans la circulation maternelle lors d’un accouchement difficile. L’embolie septique est généralement consécutive à une endocardite du cœur droit. L’embolie tumorale est une obstruction diffuse du lit artériel pulmonaire par des emboles tumoraux.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, embolisation, embolie graisseuse, embolie gazeuse, embolie amniotique, phlébite, thrombose, embolie pulmonaire (examen isotopique de l'), embolie pulmonaire puerpérale, score de Genève, hémoptysie, héparine, médicament anticoagulant, opération de Trendelenburg, endocardite

[K1, K2, K4]

Édit. 2019

examen isotopique de l'embolie pulmonaire l.m.

isotopic examination of pulmonary embolism

Examen uitilisé pour la surveiller l’évolution d'une embolie pulmonaire et pour affirmer sa guérison.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

scintigraphie pulmonaire par perfusion et par ventilation, embolie pulmonaire

[B2, K1, K2, K4]

Édit. 2019

embolie pulmonaire puerpérale l.f.

puerperal pulmonary embolism

Passage dans la circulation systémique maternelle d’un caillot au décours de l’accouchement.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embolie pulmonaire

[K1, K2, K4, O3]

Édit. 2019

Fallot (trilogie de) l.f.

Fallot’s trilogy

Cardiopathie congénitale cyanogène associant une sténose valvulaire pulmonaire serrée à une communication interauriculaire, le 3e élément évoqué étant l’hypertrophie ventriculaire droite qui n’est qu’une conséquence des deux composantes fondamentales.
Elle entraine un shunt droit-gauche à l’étage auriculaire, dont la traduction clinique est une cyanose souvent intense. Cette trilogie peut être corrigée par une intervention chirurgicale simple et aisée.

A. Fallot, anatomopathologiste français (1850-1911)

pentalogie de Fallot l.f.

Fallot’s pentalogy

Malformation congénitale du cœur associant aux quatre éléments caractéristiques de la tétralogie de Fallot, une communication interauriculaire : ce 5e élément malformatif ne modifie pas sensiblement la physiopathologie ni le traitement de la tétralogie de Fallot.

A. Fallot, anatomopathologiste français (1888)

cholestérol (embolie de cristaux de) l.f.

embolie de cristaux de cholestérol

[N1]

embolie n.f.

embolism

Migration et arrêt dans le système vasculaire veineux ou artériel, d’un fragment solide ou gazeux (embole) constituant un obstacle temporaire ou permanent à la circulation sanguine.
Elle est caractérisée soit par la nature de l’embole (embolie cruorique, gazeuse, artificielle), soit par le lieu d’arrêt de l’embole (embolie artérielle, veineuse, capillaire, pulmonaire, cérébrale, etc).

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, embolisation, thrombose

[K4]

Édit. 2019

embolie amniotique l.f.

pulmonary amniotic embolism

Complication grave de l'accouchement causée par le passage de liquide amniotique dans la circulation pulmonaire de la mère.
Après un travail souvent difficile, cette complication de l'accouchement, de survenue soudaine et inexpliquée, est une « cause possible de mort naturelle ». Mais il existe des formes moins graves, parfois précédée d'un malaise général avec signes digestifs, toux et douleurs thoraciques, qui peuvent survenir quelques minutes après l'accouchement.
Les signes sont : cyanose, détresse cardiorespiratoire aigüe (dyspnée, toux, râles bronchiques), hypoxie grave avec hypocapnie et acidose métabolique, tachycardie, hypotension et, souvent, des signes de cœur pulmonaire aigu. Le tableau est celui d'un œdème pulmonaire lésionnel. On peut observer des signes nerveux et visuels : convulsions, trismus, hémiplégie, amaurose. La radiographie est le plus souvent normale.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe ; gr. amnion : vase pour recueillir le sang des sacrifices, membrane enveloppant le fœtus

embole, embolisation, cœur pulmonaire aigu, œdème aigu du poumon, hypoxie, hypocapnie, cyanose, acidose métabolique

[K1, K4,O3]

Édit. 2019

embolie artérielle périphérique l.f.

systemic arterial embolism

Migration dans une artère de substances diverses aboutissant à l'occlusion du vaisseau à distance de l'origine de l'embole.
L'aorte, surtout les artères qui s'en détachent ou leurs branches sont concernées. L'embole est habituellement fibrinocruorique, parfois fibrinoplaquettaire, voire septique, gazeux, graisseux ou cholestérolique. Différentes origines du thrombus sont possibles : cardiopathie emboligène (p. ex. rétrécissement mitral compliqué de fibrillation atriale), matériel fibrinocruorique, voire fibrinoplaquettaire, détaché d'une plaque d'athérome développée sur la paroi de l'aorte ou d'une de ses branches. Parfois, une hémopathie ou une coagulopathie sont à l'origine de la formation du thrombus alors que l'artère ne présente aucune anomalie radiologiquement décelable.
L'embolie d'une artère d'un membre ou d'un viscère peut entraîner la gangrène par ischémie du membre ou l'infarctus du viscère. Un traitement thrombolytique ou la désobstruction chirurgicale percutanée limite les conséquences et, si elle est pratiquée à temps, ils permettent d'éviter l'amputation du segment nécrosé.
L'embolie des artères rénales entraine une insuffisance rénale aigüe. L'embolie mésentérique mène à l'infarctus mésentérique. L'embolie cérébrale se complique d'une ischémie transitoire ou d'un infarctus cérébral.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, embolisation, Fogarty (sonde de), infarctus cérébral, thrombose, thrombolyse, ischémie aigüe des extrémités, fibrinocruorique, rétrécissement mitral, fibrillation atriale, coagulopathie, athérome, infarctus mésentérique, accident ischémique transitoire, infarctus cérébral

[K2, K4]

Édit. 2019

embolie cérébrale d'origine cardiaque l.f.

cerebral embolisms from cardiac origin

Occlusion d'un vaisseau cérébral par un embole formé au niveau du cœur ; affections constituant 20% environ des accidents ischémiques cérébraux : accident ischémique transitoire (AIT) ou infarctus habituellement,
Cet accident peut survenir à tout âge. En faveur de l’origine cardiaque s'inscrivent plusieurs faits : la notion d'autres localisations emboliques, le début brutal et d'emblée maximal du déficit, une perte de connaissance ou une crise épileptique inaugurales,  au scanner et en IRM, de multiples infarctus dans des territoires artériels divers ; sur l'artériographie, une occlusion contrastant avec une fréquente absence de lésions athéroscléreuses.
Les causes principales sont les suivantes :
- une cardiopathie emboligène, confirmée éventuellement par des investigations telles qu'un enregistrement de longue durée à la recherche de troubles du rythme intermittents, une échocardiographie ou même une échographie transœsophagienne permettant de visualiser p. ex. le septum interatrial (communication interatriale), un thrombus intracavitaire, des végétations valvulaires, des plaques de l’arc(crosse) aortique…
- une fibrillation atriale justifiant un traitement anticoagulant ;
- un infarctus du myocarde en phase aigüe (thrombus mural) ou tardive (dyskinésie ventriculaire, anévrisme pariétal) ;
- les prothèses valvulaires, les cardiomyopathies, le myxome atrial, les embolies paradoxales en cas de communication droite-gauche anormale ;
- un prolapsus de la valvule mitrale ;
- les endocardites valvulaires bactériennes aigües ou subaigües,
- les endocardites non bactériennes, souvent paranéoplasiques et parfois révélatrices (endocardites marastiques).
Ces accidents qui constituent la troisième cause de mortalité dans les pays occidentaux, sont fréquents et graves : la moitié des patients garde un déficit physique ou psychique permanent.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, embolie, accident ischémique cérébral, accident ischémique (cérébral) transitoire, accident vasculaire cérébral, communication interatriale , fibrillation atriale, infarctus du myocarde, dyskinésie ventriculaire, anévrisme pariétal, myocardiopathie secondaire, myocardiopathie dilatée hypertrophique, myxome de l'oreillette, embolies paradoxale, prolapsus de la valvule mitrale, endocardite

[ H1, K2, K4]

Édit. 2019

embolie croisée l.f.

paradoxical embolism

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

Syn. embolie paradoxale

embolie paradoxale

[K2, K4]

Édit. 2019

embolie cruorique l.f.

cruoric embolism, clot embolism

Oblitération aigüe d'un vaisseau artériel ou veineux, par un caillot sanguin circulant qui s'est détaché d'une lésion emboligène.
Volontiers volumineux et peu friable en raison de la présence de fibrine, l’embole peut occlure des artères de gros calibre et causer des déficits neurologiques sévères et durables.
De telles embolies proviennent soit d'un thrombus cardiaque, associé à une fibrillation atriale, un infarctus du myocarde ou une anomalie valvulaire, soit du système veineux via une communication intracardiaque, plus rarement de lésions de vaisseaux cervicoencéphaliques.

T. J. Fogarty, chirurgien américain (1963)

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

Syn. embolie fibrinocruorique

embole, embolisation, Fogarty (sonde de), infarctus cérébral, thrombose, thrombolyse, ischémie aigüe des extrémités, embolie cruorique d’origine cardiaque, fibrillation atriale, infarctus du myocarde

[H1, K2, K4]

Édit. 2019

embolie de cholestérol l.f.

cholesterol embolus

Petit fragment d'athérome pouvant s'échapper dans le courant circulatoire pour créer une embolie dans les artères d'aval, lorsqu'une rupture de plaque met en contact le cœur lipidique avec le sang circulant.
Embole intra-artériel de cristaux de cholestérol provenant d’une rupture de plaque d’athérome.
L'examen microscopique du tissu atteint se caractérise par la présence de cristaux de cholestérol dans les petites artères où les emboles se sont bloqués. En fait, les emboles contiennent aussi des éléments de thrombus (fibrine, plaquettes) justifiant l'appellation plus précise de micro-embolies thrombo-athéromateuses. Provenant de l'aorte ou de l'ostium de l'artère carotide primitive, l’embole est parfois déclenché par une intervention sur l'aorte ou par une artériographie. Les embolies de cholestérol peuvent déterminer des symptômes ischémiques focaux (amaurose fugace, syndrome de l'orteil bleu, p. ex.), des infarctus cérébraux (touchant essentiellement les territoires jonctionnels), rétiniens et médullaires, des ischémies systémiques, notamment musculaires, rénales et cutanées, et des lésions à distance de mécanisme probablement immunologique (neuropathie périphérique, péricardite, glomérulonéphrite). Quand elles sont multiples et disséminées (à partir d'une plaque aortique), elles peuvent provoquer un syndrome systémique alarmant, allant parfois jusqu'à mimer une périartérite noueuse.

Une éosinophilie est fréquente. La confirmation diagnostique repose sur la mise en évidence de cristaux de cholestérol soit au fond d'œil (sous l'aspect d'un petit bouchon blanc caractéristique : plaque de Hollenhorst), soit sur une biopsie (cutanée, musculaire, etc.) Le traitement est décevant, les anticoagulants étant déconseillés.

R. Hollenborst, ophtalmologue américain (1961)

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

Syn. rupture de plaque d'athérome

embole, embolisation, syndrome de l'embolie de cristaux de cholestérol, embolies multiples de cholestérol, athérome, thrombus, amaurose, syndrome de l'orteil bleu, infarctus cérébral, péricardite, neuropathie périphérique, glomérulonéphrite, périartérite noueuse, éosinophilie, plaque de Hollenhorst

[K4, N3]

Édit. 2919

embolie gazeuse l.f.

air embolism

Migration dans les vaisseaux de bulles de gaz qui obstruent les capillaires.
Les bulles peuvent venir d'une injection d'air dans une veine, d'une aspiration d'air par effraction d'une veine proche du cœur qui est en dépression, du dégazage des tissus lors de la décompression rapide d'un plongeur lors de la remontée ou d'un aviateur en altitude. Les causes iatrogènes sont multiples : ponction pleurale, chirurgie cardiaque, circulation extracorporelle ou perfusion, cathétérisme veineux (jugulaire ou ombilical principalement) ou mauvaise mise en œuvre d'une perfusion (effet Venturi), angiographie, cœlioscopie et chirurgie cœlioscopique, interventions neurochirurgicales (ouverture des sinus dure-mèriens ou des veines diploïques), etc.
Les principales manifestations cliniques sont nerveuses (troubles de la conscience, convulsions) et circulatoires (douleurs angineuses, collapsus, voire arrêt cardiaque). L'embolie gazeuse (dégagement d'azote, lors des accidents de plongée, de dioxyde de carbone lors de la chirurgie endoscopique avec pneumopéritoine, (surtout si le protoxyde d'azote est employé lors de l'anesthésie) impose une réanimation immédiate et la recompression le plus tôt possible sous oxygène hyperbare. Les séquelles neurologiques sont fréquentes.
Des mesures préventives évitent la plupart des embolies gazeuses (respect des tables de plongée, emploi du dioxyde de carbone pur dans le pneumopéritoine lors des cœlioscopies, pièges à bulles sur les circulations extracorporelles, surveillance des perfusions, etc.).
En gynécologie-obstétrique, le gaz est en général de l’air ; il provient d’une hyperpression intra-utérine ou intra-vaginale chassant l’air vers les sinus veineux béants de l’utérus, à l’occasion de manœuvres abortives criminelles (injection d’air dans l’utérus) ou, après l’accouchement, lors d’une délivrance artificielle ou d’une révision utérine. L’embole gazeux peut arriver au cerveau par une communication interatriale. Les endoscopies gynécologiques n’utilisent pas de l’air, mais du dioxyde de carbone, qui se dissout très rapidement dans le sang et ne donne pas d’embolies gazeuses.

G. B. Venturi, physicien italien (1746-1822)

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

endoscopie digestive (anesthésie pour), caisson hyperbare, Venturi (effet), accident de plongée , dioxyde de carbone, protoxyde d'azote, embole, angiographie, cœlioscopie

[H1, K2, K4, O3]

Édit. 2019

embolie graisseuse l.f.

fat embolism

Migration dans les vaisseaux de globules graisseux qui obstruent les capillaires et altèrent les endothéliums capillaires des poumons, du cerveau, de la rétine et de la peau.
Généralement consécutive à une fracture de membre inférieur, du fémur essentiellement, elle s'observe chez l'adulte jeune après un traumatisme dans 95% des cas. Mais elle peut se voir après une intervention orthopédique ou parfois une investigation de radiologie interventionnelle. Une mauvaise contention lors du transport d'un blessé, un retard à la réduction d'une fracture, la survenue d'un état de choc sont des facteurs favorisants.
On observe un intervalle libre caractéristique entre la circonstance déclenchante et l'apparition des signes cliniques : détresse respiratoire aigüe avec des signes nerveux, oculaires, cutanés et lipurie (présence d'«yeux» graisseux dans l'urinoir). Les signes biologiques sont inconstants et peu spécifiques. L'évolution est souvent favorable : mortalité 18% environ.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, embolisation, lipurie

[H1, I2, J1, K1, K4, P2 ]

Édit. 2019

embolie paradoxale l.f.

paradoxical embolism

Embolie cérébrale d'origine veineuse, l'embole ayant migré anormalement dans la circulation artérielle.
Elle implique une communication intracardiaque droite-gauche perméable (foramen ovale ou communication interatriale) ou une malformation pulmonaire artérioveineuse permettant à un thrombus de court-circuiter les poumons. Le passage du thrombus est favorisé par l'augmentation des pressions droites consécutives à une embolie pulmonaire concomitante, à un effort de toux ou à une manœuvre de Valsalva.
Des micro-embolies paradoxales se fixant dans une zone sensible du cerveau peuvent être à l'origine de petits troubles nerveux, tels que lipothymies avec amnésie rétrograde.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

Syn. embolie croisée

embole, embolie pulmonaire, lipothymie, phlébite, foramen ovale, communication interatriale, Valsalva (manœuvre de), thrombus

[H1, K1, K2, K4]

Édit. 2019

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