Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

52 résultats 

épidémiologie rétrospective l.f.

retrospective epidemiology

épidémiologie, prospectif, rétrospectif

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie n.f.

epidemiology

Étude de la fréquence, de la répartition géographique, du mode de transmission ou d’apparition des maladies ainsi que des facteurs susceptibles de favoriser leur apparition ou de modifier leur évolution.
On distingue l’épidémiologie descriptive de l’épidémiologie explicative et prédictive.

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie descriptive l.f.

Etude de la mortalité et de la morbidité (reconnue ou ressentie) au sein d'une population.

Syn. connaissance des indicateurs de santé

épidémiologie, enquête transversale

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie des maladies allergiques l.f.

epidemiology of allergic diseases

Dans des enquêtes « grand public », près de 40% des personnes interrogées disent avoir été affectées à un moment ou à un autre par une « maladie allergique ».
Une enquête menée par le ministère américain de la Santé, en 1949, met les maladies allergiques au deuxième rang des ennuis de santé, juste derrière les affections dentaires et au même rang que les maladies très communes comme les rhumatismes ou l'hypertension artérielle.
 Les maladies allergiques peuvent être préoccupantes soit par leur gravité (les chocs anaphylactiques), soit par leur caractère de chronicité (asthme bronchique, urticaire, eczémas). Le coût social n'est pas négligeable (perte de 5 millions de journées de travail chaque année aux États-Unis).
On peut schématiquement distinguer:

- d'une part des maladies allergiques très souvent liées à un « terrain atopique »,
- d'autre part des maladies allergiques non nécessairement liées à un terrain atopique : d'origines alimentaires, médicamenteuses, entraînées par des
piqûres d'hyménoptères, les allergies « physiques », les allergies aux substances chimiques.

épidémiologie

[E1 F3]

Édit. 2020

épidémiologie explicative et prédictive l.f.

Etude des facteurs qui peuvent favoriser l’apparition des maladies

épidémiologie, enquête (ou étude) cas-témoins, études exposés-non exposés

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie génétique l.f.

genetic epidemiology

Étude de facteurs génétiques intervenant dans le déterminisme d'une maladie ou d'un caractère particulier.
Les études familiales permettent d'évaluer statistiquement l'importance des composantes génétiques en comparant la fréquence de la maladie chez les sujets apparentés aux malades, à la fréquence dans la population générale.
Les études épidémiologiques utilisant des analyses de ségrégation visent à déterminer le mode de transmission des facteurs génétiques impliqués dans les maladies familiales.
Les études de jumeaux et d'adoption ont pour but de faire la part entre facteurs génétiques et environnementaux.

épidémiologie, génétique en psychiatrie

[E1, Q1]

Édit. 2020

épidémiologie prospective l.f.

forward-looking epidemiology

épidémiologie, prospectif, rétrospectif

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie psychiatrique l.f.

psychiatric epidemiology

L'épidémiologie, en psychiatrie, se heurte principalement à la difficile définition du "cas", puisque le diagnostic des maladies mentales n'est que clinique et donc subjectif.
Toutefois, en l'absence de modèle anatomoclinique de référence, les psychiatres travaillant dans ce champ de recherches se sont dotés de systèmes nosographiques de critéres et d'instruments de psychopathologie qui ont amélioré l'évaluation de la prévalence des troubles psychiques.

épidémiologie, incidence, prévalence

[E1, H3]

Édit. 2020

épilepsie (épidémiologie de l') l.f.

epidemiology of epilepsy

Affection ubiquitaire, mais inégalement répartie selon l'âge (taux très élevés aux deux extrêmes de la vie, surtout chez le sujet âgé), le sexe (fréquence supérieure chez l'homme) et dans certains pays (plus souvent dans ceux en cours de développement et en milieu tropical, où le rôle des infections et surtout des parasitoses, certes non exclusif, peut être souligné).
En fait, des biais (notamment l'absence de confirmation par l'EEG et de respect des critères de la classification internationale) sont nombreux, entravant le recueil des cas, leur diagnostic, leur interprétation et suscitant des réserves sur la validité des résultats enregistrés.
L'incidence des premières crises a été évaluée autour de 70/100 000 habitants, celle de l'épilepsie à 40/100 000. La prévalence se situe à 7-8/1 000 habitants, avec d'importantes variations. Selon le type des crises, les proportions seraient les suivantes : généralisées, 40 à 60 % ; partielles, 32 à 52 % ; d'origine indéterminée, 10 %. Après une première crise, le risque de récurrence serait de l'ordre de 51 %.
Un ratio standardisé entre 2,3 et 3,5 montre une surmortalité par causes directes (crise ou état de mal), indirectes (accident, suicide), par des affections épileptogènes (cancers p. ex.) ou d'origine médicamenteuse.
Parmi les facteurs de risque, les mieux identifiés et les plus fréquents sont les retards mentaux, les infections du système nerveux central (et les parasitoses en milieu tropical), l'alcool, les accidents vasculaires cérébraux et les prédispositions géniques. C'est envers ceux-ci que la prévention pourrait se montrer efficace.

P. E .M. Smith, neurologue britannique (2021)

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprend

[E1, H1]

Édit. 2020

interaction en épidémiologie l.f.

interaction

On dit qu’il y a interaction lorsque le risque relatif est différent selon la présence ou non d’une caractéristique chez un sujet.
Par ex. il y a interaction entre le tabac et l’alcool dans la survenue d’un cancer de l’œsophage.

[E1]

Édit. 2020

personnalité (épidémiologie des troubles de la) l.f.

Études difficiles à effectuer en population générale, même par une équipe expérimentée, et en fait peu nombreuses.
Avec l'aide de nouveaux instruments d'évaluation standardisés, la prévalence de l'ensemble de ces troubles pour la vie entière est située entre 5,09 et 11,01 p.100. Elle est estimée respectivement à 45 et 67 p.100 dans un service psychiatrique d'hôpital général et dans un établissement psychiatrique.
Sont rencontrées surtout : les personnalités schizotypiques, "bordelines", histrioniques, dépendantes et obsessionnelles-compulsives. Des associations sont fréquentes chez un même patient (2,8 à 4,6 p.100 en moyenne). La comorbidité est élevée avec, notamment, une appétence pour des substances (toxiques, drogues, médicaments, etc.) un état anxieux, une dépression. Une forte fréquence des difficultés conjugales, du chômage, de problèmes relationnels, de conduites suicidaires, est observée par beaucoup d'auteurs.

schizophrénie (épidémiologie de la) l.f.

schizophrenia (epidemiology)

Malgré des "zones d'ombre" majoritaires, seront retenus : un âge de survenue entre 15 et 35 ans, avec une répartition d'ensemble égale entre les deux sexes ; un taux de prévalence moyenne en Europe entre 2,5 et 5,3 p.1000 ; une incidence de 0,11 à 0,59 p.1000. Soutenue par diverses études, une diminution de ces états n'est pas exclue.
Si la répartition des schizophrénies apparaît comparable dans le monde, la validité de ces données a souvent été mise en question du fait de critères diagnostiques différents, de l'exclusion de patients guéris ou stabilisés et aussi d'une appréciation insuffisante, voire erronée, des facteurs présumés étiologiques et de leur rôle.
Ainsi, une incidence plus élevée à l'âge adulte chez des enfants de mères exposées à une épidémie de grippe au cinquième mois de leur grossesse, reste discutée.
Deux fois supérieure à celle de la population générale, la mortalité est surtout due : à la pathologie infectieuse ; à des morts subites liées ou non aux neuroleptiques sédatifs ou à un syndrome malin ; majoritairement à des suicides par dépression surtout secondaire à la chimiothérapie et/ou à une prise de conscience de la situation. Elle serait plus fréquente dans certaines populations, p. ex. au Japon.

 schizophrénie

suicide (épidémiologie du) l.f.

suicide (epidemiology)

Il s'agit d'un véritable phénomène social, malgré les approximations qui pèsent sur les données disponibles. En France, on compterait plus de 12 000 décès par suicide par an, plus nombreux que par accident de la route, avec une surmortalité masculine.
 Une nette augmentation des taux de déclarations est relevée en Europe, surtout chez les adolescents et adultes jeunes.
Par rapport aux tentatives, ils sont plus fréquents chez les sujets âgés, célibataires ou veufs ou divorcés, sans travail ou à la retraite. Il s'agit principalement de pendaisons, suivies de l'emploi d'armes à feu, puis d'intoxications.
Les tentatives de suicide connues sont environ 10 fois plus fréquentes selon des chiffres européens, avec une majorité féminine et plus d'un tiers concernant des sujets de moins de 25 ans. Elles constituent un important facteur de risque suicidaire ultérieur : de 10 à 14% des cas. Leur incidence est, ici aussi, en augmentation. Elles sont plus fréquentes en cas d'isolement social ou de famille dissociée. Il s'agit essentiellement d'intoxications médicamenteuses, puis de phlébotomies, bien plus rares et parfois associées.

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide

épidémiologie de l'urgence l.f.

Classement des urgences médicales selon leur cause et selon leur évolution dans le temps sur la base des données épidémiologiques

Ces données statistiques permettent de préciser l'évolution des différentes urgences médicales en fonction du temps.
Dans tous les cas l'évolution d'un groupe de patients atteints de la même affection se fait en trois phases, de durée variable selon la cause :

1) phase silencieuse d'incubation (pas de troubles graves) pouvant durer quelques secondes ou des heures et parfois plus (urgences potentielles),
2) phase critique, des troubles et, dans les cas les plus graves, des morts apparaissent progressivement,
3) phase de résolution : il n'y a plus de nouveau décès, soit parce que tous les patients sont morts, soit parce que les survivants évoluent vers la convalescence, avec des séquelles éventuelles plus ou moins importantes.
Les données montrent que cette évolution dans le temps suit une loi statistique logarithmiconormale. Sa connaissance permet d'organiser les secours de façon rationnelle : on ne peut, p. ex., faire face à un arrêt cardiaque avec une bonne efficacité que dans une unité de soins intensifs ou en salle d'opération, sinon le taux de succès est faible même avec des secours bien organisés.
Dans les situations de détresse, la statistique de mortalité en fonction du logarithme du temps permet de d'évaluer en première approximation (anamorphose de Henry de la courbe de Galton en droite) le temps d'apparition des premières morts, T1, le temps de fin de la phase critique, T2, temps létal médian, TL50, qu'il est facile d'obtenir par l'observation. Le tableau ci-dessous (Cara, 1990) donne le résultat de ces estimations dans quelques cas typiques (distribution log-normale).
 

M. Cara, anesthésiste réanimateur français, membre de l’Académie de médecine (1917-2009)

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

[E1, G2]

Édit. 2020

épidémiologie analytique l.f.

Etude des facteurs susceptibles de favoriser la survenue de maladies.

Syn. épidémiologie explicative et prédictive.

épidémiologie

[ E1]

Édit. 2020

épidémiologie explicative                      
 
 
l.f.

Syn. épidémiologie analytique

épidémiologie analytique

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie prédictive l.f.

Syn. épidémiologie analytique

épidémiologie analytique

[E1]

Édit. 2020

absorption intestinale (étude de l') l.f.

study of intestinal absorption

Techniques visant à démontrer une malabsorption par dysfonctionnement de l'intestin grêle.
L’intestin grêle est le site principal de l’absorption des nutriments, à laquelle participe à un moindre degré le colon.
L’étude de l’absorption intestinale fait appel à de multiples techniques. Le choix des examens s’appuie sur les données cliniques et les orientations diagnostiques.
- Le dosage des constituants plasmatiques ( hémoglobine,  calcium, fer, folates, vitamine B12, carotène, pré-albumine, albumine, magnésium, cholestérol, taux de prothrombine etc…) permet d’apprécier le retentissement sanguin de la malabsorption. La citrullinémie est un marqueur de la fonctionnalité intestinale. L'alpha1 antitrypsine témoin d'inflammation.
- Les examens endoscopiques  du tube digestif haut permettent de réaliser des biopsies en particulier de l’intestin grêle proximal.
- Un fécalogramme complet, le dosage de l’élastase fécale, la clairance de l’alpha1 antitrypsine sont utiles au diagnostic.
- Le breath test ou test respiratoire à l’hydrogène,non invasif,  permet de diagnostiquer une colonisation bactérienne chronique de l’intestin grêle ; des tests respiratoires spécifiques de la malabsorption des glucides, telle que l’intolérance au lactose, au fructose ou au sorbitol peuvent être prescrits.
- Des tests dynamiques précisent l'importance de la malabsorption et orientent le diagnostic étiologique :
       test au D-xylose qui explore l'absorption au niveau du jéjunum proximal (Il est peu utilisé et remplacé par des biopsies du grêle proximal);
       test de Schilling qui mesure la capacité d'absorption de la vitamine B12 par l'iléon terminal (mais il n’est plus disponible actuellement);
       test de déconjugaison des sels biliaires qui explore l'absorption iléale des sels biliaires, mais également l'existence d'une pullulation
       microbienne intestinale.

       test au lactulose/mannitol  utilisé pour mettre en évidence une augmentation de la perméabilité intestinale (atrophie villositaire, maladie         inflammatoire).                 

-

Étym. lat. absorbere : absorber

D-xylose, Schilling (test de), élastase fécale, clairance de l'alpha1 antitrypsine, test respiratoire à l'hydrogène

[L1]

Édit. 2020

centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains l.m.

center of study and preservation of human eggs and sperm

Centre chargé de la gestion des dons de gamètes.
Quatre missions sont assurées : conservation du sperme et des embryons issus de fécondation in vitro, don de gamètes et recherche concernant la fertilité et le traitement de l’infertilité.
Acr. CECOS

G. David, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1973)

[E,O]

centre national d'étude et de recherche sur la nutrition et l'aliment l.m.

Laboratoire du conseil national de la recherche scientifique (CNRS) dont le rôle est de synthétiser et de valoriser les travaux scientifiques portant sur l’alimentation.
Ces travaux peuvent avoir pour origine des scientifiques venus d’horizons divers (université, industrie, etc.). Le CNERNA n’a pas pour mission d’effectuer lui-même des recherches.

Sigle CNERNA

conseil national de l'alimentation, conseil supérieur d'hygiène publique de France

[E,C]

cohorte (étude de) l.f.

cohort study

Par analogie à la cohorte romaine de 600 soldats, en épidémiologie, une cohorte est l’étude dite longitudinale d’un échantillon de sujets les uns exposés à un risque, les autres non exposés.
L’objectif est de mesurer la survenue d’événements de santé au sein de cet ensemble de personnes, tout en enregistrant l’exposition aux facteurs de risque, et de comparer l’évolution du nombre de nouveaux cas entre sujets exposés et non exposés.
P. ex. ce sont des études de cohorte qui ont permis de trouver un lien entre l’exposition à l’amiante et le mésothéliome pleural.

[E1]

effectif d'une étude l.m.

Dans un essai randomisé, la détermination des effectifs est nécessaire pour limiter le risque de deuxième espèce.
L’estimation des effectifs est une des difficultés des essais randomisés, source fréquente de malfaçons. Elle doit être estimée en fonction de la connaissance des résultats du traitement de référence, du gain espéré avec le nouveau traitement et du risque de deuxième espèce que l’on accepte de prendre.

essai randomisé, risque de deuxième espèce

[E1]

Édit. 2019

Framingham (étude de) l.f.

Framingham study

Etudes prospectives sur l'épidémiologie des maladies cardiovasculaires, conduites depuis 1949, dans la ville de Framinghame (localité du Massachusetts) qui inclut 14 000 personnes.
Un des objectifs de l'étude de Framingham est de mieux déterminer les liens existant entre les affections cardiaques et la génétique. Elle a permis de préciser l'incidence des différents types d'accidents vasculaires cérébraux, hémorragiques et ischémiques, et d'en déterminer les facteurs de risque vasculaire. Elle englobe aussi d’autres affections : arthrose, ostéoporose, troubles de l’audition et de la vision…

[E1, K2]

Édit. 2019

haut comité d'étude et d'information sur l'alcoolisme l.m.

High committee of study and information about the alcoholism

Organisme qui, en France, met, conformément à sa mission éducative, gratuitement à la disposition des bibliothèques des centres hospitaliers universitaires une documentation législative, économique et médicale destinée aux étudiants préparant le certificat optionnel d’alcoologie.
Institué en application d’une circulaire du 15 juillet 1971 des ministres de l’Education nationale et de la Santé, il est placé auprès du Premier Ministre.
Ce haut comité a été remplacé le 3 décembre 1991 par le haut comité de la santé publique qui reprend les missions mais dont les fonctions sont plus larges.

Sigle  : HCEIA

alcoolisme

[L1,E1]

Édit. 2015

incidence pour l'étude du canal optique l.f.

incidence for the study of the optic foramen

canal optique

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