psychose alcoolique aigüe et subaigüe l.f.
alcohol-induced acute and subacute psychosis
Psychose confuso-onirique survenant chez l'alcoolique chronique, qui peut être précipitée par un accident, un épisode infectieux, une intervention chirurgicale ou un choc émotionnel, souvent à l'occasion d'un sevrage.
Très rare de nos jours, parfois précédé d'une crise comitiale, le delirium tremens est dominé par un travail hallucinatoire surtout zoopsique terrifiant, avec confusion profonde, agitation surtout nocturne, parfois forcenée, trémulation, mais suggestibilité. Le pronostic vital est engagé d'emblée (hyperthermie, déshydratation, sitiophobie, complications pulmonaires, etc.).
Bien plus fréquentes, les psychoses alcooliques subaigües présentent une déstructuration de conscience moins marquée, sans atteinte somatique notable.
Chez ces patients, une évolution est possible vers une encéphalopathie de Gayet-Wernicke-Korsakoff. Dans le cas de guérison, une aptitude délirophile a été relevée.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[H3,G3,G4]
psychose délirante aigüe ou subaigüe l.f.
acute delusional disorder
État délirant aigu ou subaigu, qui pose le problème de son évolution à court et à long terme.
Il peut s'agir notamment :
- de la classique bouffée délirante (non exclusive de certaines éventualités ci-après ;
- d'états réactionnels à un traumatisme psychique ou bien, dans certains systèmes socioculturels et ethniques traditionnels, d'une réponse à des circonstances vécues comme agressives ;
- de formes délirantes du post-partum (L.V. Marcé, 1858), le plus souvent favorables, moins fréquentes que les troubles thymiques ;
- de véritables psychoses expérimentales par des drogues hallucinogènes ;
- d'une poussée délirante ou d'un mode d'entrée dans une psychose au long cours, surtout schizophrénique. S'inscrivent dans ce sens une personnalité schizoïde, un début subaigu, une adaptation affective médiocre au monde délirant, des troubles du cours de la pensée.
Mais des formes schizophréniformes de bon pronostic sont également possibles et un recul de plusieurs mois est parfois nécessaire. Si bien que, parmi les nombreuses dénominations appliquées aux psychoses délirantes aigües, le terme de "schizophrénie aigüe" prête à diverses ambigüités.
L. Marcé, psychiatre français (1862)
complications neurologiques de l'intoxication alcoolique aigue. l.f.p.
neurological complications of acute alcohol intoxication.
Elles vont de l’ivresse simple au coma éthylique, en associant à l’ivresse des manifestations pathologiques caractérisées.
L’ivresse simple associe jovialité, parfois tristesses et pleurs, propos incohérents, dysarthrie, manifestations cérébelleuses et sensations vertigineuses. A un degré supplémentaire, l’ivresse peut s’accompagner d’agressivité, d’actes délictueux. Certains les dénomment ivresses pathologiques et distinguent les principales manifestations : excito-motrices, hallucinatoires, délirantes, anxieuses, binge driking ou alcoolisations ponctuelles importantes, convulsivantes. Par abaissement du seuil épileptogène, les crises d’épilepsie, dénommées plutôt convulsions sont fréquentes au cours des intoxications aigues et ne nécessitent pas de traitement antiépileptique. A un degré encore supplémentaire, une obnubilation, appelée par certains encéphalopathie, peut s’installer évoluant rapidement vers le coma éthylique avec aréactivité, hypotonie, détresse respiratoire, hypothermie, nécessitant une prise en charge en réanimation.
→ ivresse, épilepsie, encéphalopathie alcoolique, alcool éthylique, binge drinking
[H1, G4]
Édit. 2019
glomérulonéphrite aigüe endocapillaire avec insuffisance rénale aigüe l.f.
acute endocapillary glomerulonephritis with acute renal insufficiency
Crile (thyroïdite subaigüe de) l.f.
Crile subacute thyroiditis
G. W. Crile Jr, chirurgien américain (1950) ; F. de Quervain, chirurgien suisse (1902)
[O4]
encéphalopathie nécrosante subaigüe de l'adulte l.f.
adult subacute necrotizing encephalomyelopathy
Syndrome de Leigh, encéphalomyélopathie subaigüe nécrosante, apparaissant progressivement chez l'adulte.
L’affection est autosomique dominante (MIM 161700).
H. Kalimo, neuropathologue finlandais (1979) ; A. D. Leigh, neuropathologue britannique (1951)
→ encéphalopathie nécrosante subaigüe de Leigh
[H1, P2, Q2 ]
Édit. 2019
glomérulonéphrite subaigüe extracapillaire l.f.
rapidly progressive extracapillary glomerulonephritis
Forme rare, rapidement progressive, de glomérulonéphrite, affectant plus de 80% des glomérules dans lesquels se forme une synéchie capsulo-floculaire due à une prolifération extracapillaire (croissant) occupant l’espace de Bowman.
Elle peut survenir au cours :
- d’une infection viscérale (abcès profond), d’une infection pulmonaire, d’une septicémie ou d’une endocardite : il existe alors, à côté des croissants, des dépôts glomérulaires granuleux d’IgG et de C3 et des infiltrats interstitiels de polyunucléaires ;
- d’un syndrome de Goodpasture avec hémoptysies, atteinte pulmonaire bilatérale et présence d’anticorps antimembrane basale glomérulaire (MBg) dans le sang circulant et dans les glomérules avec fixation linéaire sur les membranes basales ;
- de glomérulonéphrites extracapillaires idiopathiques avec ou sans anticorps anticytoplasme des polynuclaires neutrophiles (ANCA), alors caractérisées par des zones de nécrose glomérulaire sans prolifération endocapillaire ni dépôt d’immunoglobulines.
Dans tous les cas, l’insuffisance rénale aigüe est progressive, avec oligurie, hématurie micro- ou macroscopique, protéinurie) et hypertension.
E. W. Goodpasture, anatomopathologiste américain (1919)
Syn. glomérulonéphrite maligne, glomérulonéphrite rapidement progressive
[M1]
Édit. 2018
hypodermite nodulaire subaigüe migratrice de Vilanova et Piñol l.f.
erythema nodosum migrans, subacute nodular migratory panniculitis
Hypodermite subaigüe très rare, de cause inconnue, touchant le sexe féminin, considérée par certains comme une variante de l'érythème noueux et définie cliniquement par des nodules hypodermiques des membres inférieurs d'évolution lentement excentrique et favorable.
L'évolution se prolonge pendant des semaines, des mois ou des années.
X. Vilanova et J. Piñol, dermatologistes espagnols (1956)
[J1]
inflammation subaigüe l.f.
subacute inflammation
Inflammation aigüe qui traine en longueur, peut rétrocéder ou en revanche se transformer en une inflammation chronique.
L’anatomopathologiste la suspectera lorsqu'existe un hiatus entre l'agression-altération d'une part et la réaction-réparation d'autre part. Cette dernière est alors masquée par l'apparition de plasmocytes ou de lymphocytes et une défervescence de l'œdème et des granulocytes.
Étym. lat. flamma : flamme
Leigh (encéphalite nécrosante subaigüe de) l.f.
subacute necrotizing infantile, Leigh encephalomyelopathy
Encéphalomyopathie subaigüe nécrosante avec mouvements incoordonnés, hypotonie et paralysies oculomotrices.
La maladie débute dans les deux premières années de la vie, associant un retard staturo-pondéral, une hypotonie, des vomissements, une acidose, des réflexes rotuliens parfois vifs, une ataxie, des troubles respiratoires et des crises convulsives. On peut aussi observer des mouvements oculaires rapides et incoordonnés, des réflexes oculomoteurs diminués, une atrophie optique, une dégénérescence maculaire et une cécité. Histologiquement, on observe des foyers symétriques de spongiose dans la moelle épinière, le tronc cérébral, les noyaux gris et le cervelet, une nécrose de la matière grise et une prolifération capillaire. Les foyers de spongiose sont visibles en RMN. L'évolution se fait par rechutes sur plusieurs mois ou années et le décès survient par complications respiratoires.
Plusieurs gènes sont responsables de l'affection; outre la forme autosomique récessive, la plus habituelle (MIM 256000), il existe une forme liée au sexe (MIM 308930) et une forme mitochondriale (MIM 516060). Les principaux gènes impliqués dans cette affection sont : SURF1 et MT-ATP6.
A. D. Leigh, neuropathologiste britannique (1951)
[H1, P2, Q2]
Édit. 2019
leucoencéphalite sclérosante subaigüe l.f.
van Bogaert's encephalitis
L. van Bogaert, baron, neuropathologiste belge, membre de l'Académie de médecine (1945)
→ panencéphalite sclérosante subaigüe de la rougeole
lymphadénite histiocytaire nécrosante subaigüe l.f.
subacute necrotizing histiocytic lymphadenitis
→ Kikuchi-Fujimoto (maladie de)
myélite nécrotique subaigüe de Foix-Alajouanine l.f.
Foix-Alajouanine's myelitis
Fistule artérioveineuse durale à type de malformation extramédullaire se drainant dans les veines périmédullaires au sein desquelles elle entretient une hyperpression par insuffisance de drainage local épidural.
Il s'agit habituellement d'une myélopathie progressive de niveau dorsal ou lombaire, survenant généralement chez un homme de la cinquantaine et aboutissant à une paraplégie en deux années environ. La souffrance reste dorsolombaire, quel que soit le siège de la fistule. Examen de choix, l'IRM peut montrer des dilatations veineuses et surtout un hypersignal du cône en T2. L'angiographie sélective objective la fistule et l'absence de retour veineux de l'artère spinale antérieure (a. spinalis anterior) (qu'irrigue surtout l'artère radiculaire d'Adamkiewicz) du cône.
Une section ou une embolisation précoce de la veine du drainage représente un traitement efficace.
Ch. Foix et Th. Alajouanine, membre de l'Académie de médecine, neurologues français (1926)
Étym. gr. muelos : moelle ; -ite : suffixe indiquant l’inflammation, nekrosis : mortification
panencéphalite sclérosante subaigüe de la rougeole (PESS) l.f.
measles subacute sclerosing panencephalitis
Encéphalite à évolution retardée, se manifestant plusieurs années après la rougeole, lentement progressive, généralement mortelle, survenant principalement chez les enfants de sexe masculin âgés de sept à huit ans en moyenne.
Exceptionnelle, son incidence annuelle est d'un cas pour un million d'enfants. Due à la persistance du virus de la rougeole dans le système nerveux central sous une forme incomplète dite défective, elle se manifeste par une détérioration intellectuelle, des altérations du comportement, de fréquents signes ophtalmologiques, puis des troubles moteurs avec en particulier des myoclonies. L'EEG est caractéristique quand il montre des complexes pseudopériodiques de deux ou trois cycles/seconde, survenant toutes les huit secondes. Dans le LCR, il existe une élévation des IgG et le titre des anticorps anti-rougeoleux y est augmenté ainsi que dans le sérum. La mort survient en un à trois ans, mais des formes davantage prolongées sont connues, avec stabilisation, voire amélioration possible.
Les lésions associent démyélinisation et infiltrats inflammatoires, ainsi que des inclusions correspondant à des structures virales.
Aucun traitement n'est efficace. La prévention par le vaccin anti-rougeoleux chez les enfants a permis une nette réduction de l'incidence de la PESS, avec diminution du risque d'environ 20 fois.
Syn. encéphalite subaigüe à inclusions de Dawson, leucoencéphalite sclérosante subaigüe de van Bogaert
thyroïdite subaigüe de Crile l.f.
Crile subacute thyroiditis
G. W. Crile Jr, chirurgien américain (1950) ; F. de Quervain, chirurgien suisse (1902)
[O4]
thyroïdite subaigüe de de Quervain l.f.
de Quervain’s thyroiditis
Inflammation de la thyroïde d’origine probablement virale.
Son diagnostic est évoqué devant une thyroïde douloureuse et augmentée de volume, avec fièvre et thyrotoxicose discrète transitoire. Les examens complémentaires mettent en évidence une vitesse de sédimentation très augmentée, des teneurs en T3 et T4 libre légèrement élevées, l’absence de fixation à la scintigraphie. L’évolution est spontanément favorable avec parfois une hypothyroïdie transitoire et un rebond possible.
F. de Quervain, chirurgien suisse (1902) ; G. W. Crile Jr, chirurgien américain (1950)
Syn. thyroïdite subaigüe de Crile
→ exploration fonctionnelle thyroïdienne
Foix-Alajouanine (myélite nécrotique subaigüe de) l.m.
Foix-Alajouanine's myelitis
C. Foix et T. Alajouanine, membre de l’Académie nationale de médecine, neurologues français (1926)
→ myélite nécrotique subaigüe, Foix-Alajouanine (maladie de)
[H1]
Édit. 2018
ataxie cérébelleuse cataracte, surdité et démence ou psychose l.f.
cerebellar ataxia, cataract, deafness, and dementia or psychosis
Syndrome associant un tremblement intentionnel, une psychose paranoïaque ou une démence en fin de vie.
Au niveau ophtalmologique apparaît entre 20 et 30 ans une cataracte polaire postérieure qui est associée à une surdité. L’affection est autosomique dominante (MIM 117300).
E. Strömgren, psychiatre danois (1970)
Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)
hallucinatoire chronique (psychose) l.f.
hallucinatory chronicle psychosis
Variété de délire chronique, caractérisée notamment par l'activité hallucinatoire1.
Survenant en règle après 30 ans, elle est classiquement dominée au début par un "petit automatisme mental", puis par de très riches phénomènes psychosensoriels, surtout acousticoverbaux, le plus souvent à thèmes de persécution, en fait assez bien systématisés. Des poussées jalonnent l'évolution. Habituellement, le suivi médical et paramédical, avec les neuroleptiques, réduit ces troubles, mais sans véritable disparition. On respecte au besoin des franges délirantes, afin de prévenir des états dépressifs, pseudodéficitaires ou régressifs éventuels.
Une tentative de démembrement selon trois structures délirantes2 n'a pas supprimé cette entité propre à l'école française, souvent considérée à l'étranger comme une forme de schizophrénie à début tardif. La CIM 10 l'inclut dans les "autres troubles psychotiques non organiques" ne répondant pas, en particulier, aux critères schizophréniques, ni à ceux d'une pathologie thymique de type psychotique.
1G. Ballet, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1911-1913) ; 2 C-H. Nodet, psychiatre français (1937)
Étym. lat. hallucinare : se tromper
[H3]
Édit. 2015
infantile (psychose) l.f.
psychosis in childhood
Étym. lat. infans, in fari : enfant, qui ne parle pas
maniacodépressive (psychose) l.f.
manic-depressive psychosis
→ bipolaire (psychose, maladie, trouble), circulaire (folie)
post-partum (psychose du) l.
post-partum psychose
Affection rare, débutant le plus souvent au premier mois après l'accouchement (parfois retardée : psychose de la lactation), chez des primipares de 25 à 35 ans avec, pour un tiers d'entre elles, environ des antécédents psychiatriques, en particulier maniacodépressifs, et ayant fréquemment subi une césarienne ou le décès d'un enfant en période prénatale.
Environ 55% des cas de psychose de la grossesse se déclarent pendant la quinzaine qui suit l’accouchement et 30% plus tard. 15% surviennent pendant la grossesse proprement dite.
Quatre tableaux cliniques principaux sont décrits : psychose délirante aigüe à forte charge anxieuse (non-reconnaissance de l'enfant, négation de son existence), accès maniaque, accès mélancolique, psychose d'allure schizophrénique. Un tiers environ de l'ensemble comporte également un niveau confusionnel incitant à la recherche d'une organicité. Une hospitalisation est souvent nécessaire, avec essai de maintien du lien mère-enfant, prévention d'un risque médicolégal (hétéro-agressivité possible), traitement psychotrope et au besoin sismothérapie.
Fluctuante, l'évolution de ces psychoses est en règle favorable, sous réserve de rechutes possibles à très court terme, surtout de type thymique, d'un mode d'entrée schizophrénique, d'un risque de récidive 100 fois plus élevé lors d'une autre grossesse qu'en l'absence de cet antécédent, et de l'ordre de 30% en dehors de la puerpéralité.
S'agissant de la prévention des formes thymiques, dans les seules études ouvertes publiées, le lithium, prescrit après l'accouchement, paraît utile malgré son délai d'action de plusieurs jours. Classiquement, il nécessite l'interruption de la montée laiteuse par d'autres traitements que la bromocriptine, agoniste dopaminergique considéré parfois comme inducteur d'états maniaques.
Syn. psychose puerpérale
psychose (caractères cliniques généraux d'une) l.
clinical general characteristics of a psychotic disorder
Terme qui désigne actuellement les affections mentales les plus sévères, comportant pour l'essentiel une atteinte globale et profonde de la personnalité (E. von Feuchtersleben).
Formant une opposition pertinente, au sens des linguistes, avec les névroses, les aspects typiques des psychoses comportent : une symptomatologie majeure, caractéristique s'il s'agit par ex. d'idées délirantes ou d'hallucinations ; une altération du contact avec ce qu'il est convenu d'appeler la réalité ; une diminution ou une absence de conscience et de critique vis-à-vis du vécu pathologique, avec croyance à son égard ; d'importantes altérations de la personne, fréquemment accompagnées de perturbations de la relation au monde extérieur, en particulier des conduites, avec parfois isolement ; une impression générale d'étrangeté des troubles ; une évolution le plus souvent réservée.
Certes, de tels critères sont inconstants, voire controversés. Mais dans la pratique quotidienne, ce sont bien à ces caractéristiques cliniques que fait appel la majorité des psychiatres.
E. von Feuchtersleben, psychiatre autrichien (1806-1849)
psychose cannabique l.f.
cannabic psychosis
Pharmacopsychose liée à la consommation de cannabis.
Il s'agit le plus souvent d'une décompensation psychotique chez un sujet prédisposé ou d'une rechute chez un schizophrène connu.
Cependant l'existence de psychoses aiguës cannabiques ne fait aucun doute. Leur symptomatologie ne présente pas de particularités : angoisse psychotique, dépersonnalisation et déréalisation, hallucinations visuelles et auditives, état confusionnel, idées de persécution.
En revanche, les psychoses cannabiques chroniques font l'objet de controverses.
Étym. gr. kannabis : chanvre (emprunt à l’akkadien ?)
→ cannabis
psychose collective l.f.
collective delusion
Ensemble pathologique assez disparate, réuni par l'adhésion partagée, dans une population donnée, à un discours ou à des rumeurs délirants, devenus la propre réalité psychique de la population.
Selon J. Delay, la collectivité concernée se comporte comme une cellule nouvelle, unique et cohésive, véritable "personnalité en plusieurs personnes". Chacun des participants contribue au délire commun, dont le thème est généralement la persécution.
Seront seulement citées : les "épidémies" de possession démoniaque ou de délire mystique (ce dernier ayant par ex. suscité le suicide collectif de Guyana en 1978) ; les hallucinations collectives ; les psychoses de quartier (avec surtout incrimination du comportement de certaines ethnies) ; dans certains cas, les désignations de boucs émissaires et les lynchages (notamment après une catastrophe).
Les prédispositions individuelles, la nature et l'intensité du ou des facteurs déclenchants, la fragilité psychique du groupe en soi, l'identification de chacun à celui-ci et à un chef, agissent de façon très variée dans ces troubles et leur évolution. Quand il est possible, le retour à la vie sociale est habituellement difficile et douloureux.
J. Delay, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1967)
→ contagion mentale, délire à deux ou à plusieurs, océanique (sentiment, vécu), persécution (sentiment de).
[H3,H4]