Lyme (arthrite de) l.f.
Lyme arthritis
Arthrite succédant après un intervalle libre à l’erythema chronicum migrans dans le cadre de la maladie de Lyme due à Borrelia burgdorferi et transmise par morsure de tique.
Il peut s’agir de douleurs articulaires, tendineuses, musculaires, ou rapportées à une bursite survenant tôt dans l’évolution de la maladie. Plus tardivement peuvent survenir de véritables arthrites mono- ou oligo-articulaires, touchant les grosses articulations, surtout les genoux, et réalisant parfois une véritable polyarthrite. Ces arthrites peuvent durer des mois à des années et éventuellement devenir érosives.
A. C. Steere, médecin rhumatologue américain (1977)
Étym. Lyme, ville du Connecticut (USA) où la maladie a été identifiée pour la première fois par Steere
gr. arthron : articulation, ite : inflammation
[D1, I1]
Édit. 2019
borréliose de Lyme l.f.
Lyme borreliosis
Syn. maladie de Lyme
→ maladie de Lyme,borréliose, Borrelia burgdorferi
[D1]
Édit. 2019
Lyme (maladie de) l.f.
Lyme disease, Lyme borreliosis
Maladie infectieuse due à un spirochète du genre Borrelia et dont l'évolution clinique comporte classiquement trois phases : la première est dermatologique, la deuxième est dominée par des manifestations rhumatismales et nerveuses, la troisième, tardive, a une symptomatologie surtout cutanée, articulaire ou nerveuse.
Les principaux agents étiologiques sont Borrelia burgdorferi (en Eurasie et en Amérique du Nord), B. garinii, et B. afzelii (en Europe). La transmission est assurée par des tiques (principalement Ixodes ricinus et I. persulcatus en Eurasie, I. dammini et I. pacificus en Amérique) et les réservoirs sont constitués par des mammifères forestiers (rongeurs, cervidés,...) et peut-être des oiseaux.
La phase précoce du tableau clinique correspond à l'érythème migrant (erythema chronicum migrans). Au cours de la deuxième phase, marquée par une dissémination, peuvent survenir méningite lymphocytaire, paralysie faciale, neuropathie périphérique, polyradiculonévrite hyperalgique, arthrites, plus rarement des troubles cardiaques (bloc auriculo-ventriculaire principalement), des lésions oculaires, une hépatite fruste. La troisième phase, plus tardive, peut comporter une acrodermatite chronique atrophiante, un lymphocytome cutané bénin et des manifestations articulaires ou neurologiques prolongées. Tous ces symptômes peuvent survenir isolément ou être associés selon diverses modalités ; l'évolution, en l'absence de traitement, se fait sur plusieurs mois ou années. L'isolement des bactéries est très difficile. Le diagnostic est surtout clinique mais peut être confirmé par des examens sérologiques (immunofluorescence, test ELISA) qui demeurent toutefois assez peu sensibles aux phases 1 et 2. Le traitement, qui doit être entrepris précocement et durer de deux à quatre semaines, fait appel à l'amoxicilline, aux cyclines, aux macrolides ou à la ceftriaxone.
La borréliose de Lyme est reconnue comme maladie professionnelle en France depuis 1942, dans le régime général d'assurance maladie (n°19) et dans le régime agricole (tableau 5 bis) pour toutes ses manifestations primaires (cutanées avec ou sans signes généraux), avec un délai de prise en charge de 30 jours, secondaires (neurologiques, cardiaques et articulaires) avec un délai de prise en charge de 6 mois, et tertiaires (encéphalomyélite progressive, dermatite chronique atrophiante et arthrite chronique destructive) avec un délai de prise en charge de 10 ans, et ceci pour tous travaux dans des zones présentant un couvert végétal et tous travaux de soins aux animaux ou en laboratoire de bactériologie ou parasitologie.
A. C. Steere, médecin rhumatologue américain (1977), Ch. Garin et A. Bujadoux, médecins internistes français (1922)
Étym. Lyme, ville du Connecticut (USA) où la maladie a été identifiée pour la première fois par Steere
Syn. borréliose de Lyme
→ erythema chronicum migrans, lymphocytome cutané bénin, acrodermatite chronique atrophiante, Lyme (neuropathies de la maladie de), Bannwarth (syndrome de), Lyme (arthrite de), borréliose de Lyme, Ixodes ricinus, Borrelia burgdorferi,Ixodidae, erythema chronicum migrans, ELISA (technique), amoxicilline, tétracyclines, macrolide, ceftriaxone
[D1, D4, E3, H1, I1, J1, L1 ]
Édit. 2019
Lyme (neuropathies de la maladie de) l.f.p.
Manifestations neurologiques observées dans la deuxième phase de la maladie de Lyme.
Après une phase d'érythème migrant accompagné de douleurs diffuses et d'adénopathies, s'installe le tableau de neuroborréliose caractérisé par une méningo-polyradiculite hyperalgique, asymétrique, insomniante. Un syndrome méningé, une fréquente paralysie faciale uni ou bilatérale, peuvent être associés ou survenir isolément. L'électromyogramme confirme l'atteinte radiculaire. L'examen du liquide cérébrospinal montre une hyperprotéinorachie, une réaction lymphocytaire, et permet la recherche d'anticorps, plus spécifique que le sérodiagnostic par immunofluorescence indirecte. Une vascularite péri-endoneurale est visible sur la biopsie nerveuse. Le traitement repose sur les pénicillines, la ceftriaxone, les cyclines.
Étym. Lyme, ville du Connecticut (USA) où la maladie a été identifiée pour la première fois par Steeve (1976)
→ Lyme (maladie de), Bannwarth (syndrome de)
[D1, H1]
Édit. 2019
arthrite n.f.
Atteinte articulaire inflammatoire
Une arthrite peut être aigüe, subaigüe ou chronique, porter sur une articulation (mono- arthrite), un petit nombre d’articulations (oligo-arthrite) ou de nombreuses articulations (polyarthrite), être d’étiologie infectieuse, immunitaire ou métabolique. L’atteinte articulaire des arthrites est initialement synoviale, pouvant s’étendre ensuite aux autres structures de l’articulation (cartilage, fibrocartilages, os sous-chondral).
Étym. gr. arthron : articulation ; ite : inflammation
→ arthrite bactérienne, polyarthrite
arthrite à bactérie à Gram négatif l.f.
arthritis with Gram-negative bacterium
Arthrite infectieuse causée par une bactérie à Gram négatif.
Chez l’adulte la plupart des arthrites à bactéries Gram négatif sont dues à des bacilles : Escherichia coli le plus souvent mais aussi Proteus, Serratia et, chez les sujets atteints d’hémoglobinopathies, Salmonella.
Étym. gr. arthron : articulation ; ite : inflammation
arthrite à l'adjuvant l.f.
arthritis in the adjuvan
Arthrite expérimentale produite dans certaines souches de rat par l’injection dans les coussinets plantaires des pattes d’adjuvant complet de Freund.
L’arthrite à adjuvant considérée au départ comme un modèle expérimental voisin de la polyarthrite rhumatoïde est surtout utilisée maintenant dans l’évaluation pharmacologique de l’action des substances anti-inflammatoires.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à mycobactéries atypiques l.f.
atypical mycobacteria arthritis
Arthrite pouvant causer une suppuration chronique, le plus souvent mono-articulaire.
Les mycobactéries atypiques constituent un groupe particulier de mycobactéries qui sont occasionnellement pathogènes, parmi lesquelles on distingue des formes photochromogènes, des formes scotochromogènes et des formes à croissance rapide.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
Syn. arthrite à bacilles paratuberculeux
arthrite à parvovirus l.f.
parvovirus arthritis
Polyarthrite aigüe pouvant compliquer chez l’adulte une infection par le parvovirus humain (HPV).
Responsable chez l’enfant de la cinquième maladie ou érythème infectieux, le parvovirus B19 peut chez l’adulte être responsable d’une polyarthrite aigüe ou subaigüe, plus fréquente chez la femme que chez l’homme, touchant les mains et les genoux mais aussi les poignets, les pieds, les coudes et les épaules, accompagnée parfois d’un discret qyndrome pseudo-grippal et d’un rash érythémateux. Rapidement résolutives le plus souvent, ces arthrites peuvent parfois persister des semaines ou des mois, ce qui peut poser un problème diagnostique délicat avec une polyarthrite rhumatoïde débutante. Dans certains cas, le virus a pu être isolé directement à partir du sang ou d’une articulation atteinte ; la présence d’anticorps IgM spécifiques, au décours de la phase aigüe ou pendant la convalescence, est très en faveur du diagnostic.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à Pasteurella multocida l.f.
Pasteurella multocida arthritis
Atteinte mono-articulaire inflammatoire contigüe à une cellulite, elle-même déclenchée par une morsure ou une griffure par un animal infecté par Pasteurella multocida.
Pasteurella multocida est un coccobacille à Gram négatif présent dans la flore orale de près de la moitié des Chiens et des Chats. Après la contamination, l’infection humaine se développe, en 48 heures, sous la forme d’une cellulite locale avec parfois tendinite ou arthrite de voisinage, fébricule, voire bactériémie. La pénicilline en est le traitement de choix.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à Salmonella l.f.
Salmonella arthritis
Arthrite englobant deux ordres de faits différents : d’une part, les arthrites suppurées à Salmonella avec présence du germe dans l’articulation qui sont en fait le plus souvent des ostéo-arthrites et surviennent avec prédilection chez les sujets atteints de drépanocytoses, d’autre part les arthrites réactionnelles à Salmonella typhymurium qui, comme les autres formes d’arthrites réactionnelles, sont surtout le fait de sujets porteurs de l’antigène HLA- B27.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
→ arthrite réactionnelle, Salmonella
arthrite à Streptobacillus moniliformis l.f.
Streptobaccillus moniliformis arthritis
Atteinte polyarticulaire inflammatoire touchant les grosses articulations, survenant au cours des septicémies à Streptobacillus moniliformis secondaires à une morsure de rat et guérissant sans séquelles, même en l’absence de traitement antibiotique.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite avec enthésite l.f.
enthesitis-related arthritis
[I1,I4]
Édit. 2017
arthrite bactérienne l.f.
bacterial arthritis
Arthrite infectieuse causée par une bactérie présente dans l’articulation.
Les arthrites bactériennes peuvent être dues surtout à des pyogènes (staphylocoque, gonocoque, streptocoque, pneumocoque, méningocoque, bactéries à Gram négatif, Salmonella, Hemophilus influenzae surtout chez l’enfant, etc.), au bacille tuberculeux, à Brucella melitensis et, exceptionnellement, à des germes tels que Pasteurella multocida ou Streptobacillus moniliformis. L’infection articulaire résulte le plus souvent d’une diffusion hématogène. Elle peut aussi résulter d’une inoculation directe de l’articulation au cours d’une ponction ou d’une infiltration articulaire ou encore de la diffusion d’une infection de voisinage (ostéomyélite par ex.). Il faut enfin rapprocher des arthrites infectieuses l’infection survenant sur une prothèse articulaire de remplacement.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite brucellienne l.f.
brucellar arthritis
Ensemble des manifestations articulaires survenant au cours des brucelloses.
S’observant surtout dans les brucelloses à Brucella melitensis, il peut s’agir d’arthralgies fréquentes au cours de la période fébrile (d’où le terme de fièvre sudoro-algique), de mono- arthrites, de polyarthrites aigües, de spondylodiscites et d’arthrites chroniques suppurées pouvant ressembler aux arthrites tuberculeuses, touchant sacro-iliaque, hanche, poignet, etc., mais moins destructrices que ces dernières.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite chronique juvénile (OMS 1977) l.f.
Still’s disease
→ arthrite juvénile idiopathique
[I1,O2]
Édit. 2017
arthrite de l'acné conglobata l.f.
Arthrite destructive survenant chez des malades atteints d’acné conglobata.
Les arthrites de l’acné conglobata débutent généralement après l’acné ; elles peuvent être périphériques ou axiales touchant alors les sacro-iliaques et la colonne lombaire; elles peuvent continuer à évoluer alors que l’acné est apparemment guérie. L’acné conglobata peut s’accompagner également d’atteintes osseuses : hyperostose sternocostoclaviculaire, ossifications intersterno-costoclaviculaires, atteinte condensante localisée à un os (sternum, manubrium, clavicule, côte, os plat tel que le pubis, l’aile iliaque, os long, voire un corps vertébral). Certains ont proposé le regroupement de ces manifestation osseuses et articulaires sous le terme de SAPHO (Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose, Ostéite).
Étym. gr. akmê : pointe, efflorescence (faute de copistes pour acmé devenu acné) ; lat. conglobatus : mis en boule
[I1,J1]
arthrite de la colite ulcéreuse l.f.
Atteinte articulaire survenant dans environ 15 à 20% des colites ulcéreuses et évoluant sous la forme d’un rhumatisme périphérique, d’une sacro-iliite isolée ou d’une pelvispondylite rhumatismale
A côté de ces arthrites on peut observer l’association à la colite ulcéreuse d’autres manifestations ostéo-articulaires type ostéo-arthropathie hypertrophiante, hippocratisme digital et SAPHO
Syn. ovite, Acné pustuleuse Palmoplantaire, Hyperostose et Ostéite
→ arthrite réactionnelle, arthrites de l'acné conglobata, colite ulcéreuse
[L1,I1]
arthrite de l'agammaglobulinémie l.f.
Rhumatisme inflammatoire ressemblant à la polyarthrite rhumatoïde d’observation fréquente au cours des agammaglobulinémies congénitales liées au sexe (maladie de Bruton) et des agammaglobulinémies acquises (hypogammaglobulinémie à expression variable ou H
Le début des arthrites est plus précoce dans les formes congénitales d’agammaglobulinémie que dans les formes acquises. Ces arthrites sont polymorphes ; il peut s’agir de mono- arthrites touchant une grosse articulation (genou, hanche, coude, etc.), parfois d’une oligo- arthrite inflammatoire, ou encore d’une véritable polyarthrite généralement non érosive ressemblant à la polyarthrite rhumatoïde. Ces arthrites sont bien entendu séronégatives, c’est à dire latex et Waaler-Rose négatives. Dans certains cas elles répondent favorablement au traitement par les gammaglobulines.
[I1,F3,Q2]
arthrite de la lèpre l.f.
leprosy arthritis
Arthrite due à l’infection par Mycobacterium leprae.
Arthrite polymorphe, soit polyarthrite ressemblant à la polyarthrite rhumatoïde, souvent facteur rhumatoïde-positive, survenant au cours de la lèpre lépromateuse et accompagnée d’érythème noueux, soit lésions septiques contenant du bacille lépreux, souvent inaugurales de la maladie, touchant le tissu synovial. Ces arthrites doivent être distinguées des arthropathies nerveuses propres à la lèpre.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
→ lèpre
arthrite de la lymphogranulomatose vénérienne l.f.
lymphogranuloma venereum arthritis
Complication de la lymphogranulomateuse vénérienne se traduisant par une polyarthrite aigüe, guérissant en une à deux semaines, mais susceptible de récidiver en l’absence d’antibiothérapie.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite de l'amylose primitive l.f.
primitive amyloidosis (arthritis)
Complication rare de l’amylose primitive et de l’amylose associée à un myélome spécialement de type IgD, elle réalise un tableau qui ressemble à celui de la polyarthrite rhumatoïde.
Le « rhumatisme amyloïde » se caractérise par une atteinte peu inflammatoire touchant essentiellement les genoux, les poignets, les mains et les épaules où les dépôts para-articulaires réalisent un aspect particulier en épaulette avec hypertrophie visible de l’articulation. On peut aussi y observer des rétractions tendineuses avec déformation des doigts en demiflexion, des nodules sous-cutanés olécrâniens et un syndrome du canal carpien. L’histologie démontre l’existence de dépôts amyloïdes synoviaux et cartilagineux.
Étym. gr. amulon : amidon
→ amylose primitive systémique
[I1,N3]
Édit. 2017
arthrite de la rubéole l.f.
rubella arthritis
Complication de la rubéole s’observant surtout chez la femme à l’âge adulte.
Il s’agit de poly-arthralgies ou d’une véritable polysynovite pouvant ressembler à une polyarthrite rhumatoïde débutante, contemporaines de l’éruption ou lui succédant de peu et guérissant sans séquelles au bout de trois semaines d’évolution.
Le fait qu’exceptionnellement le rhumatisme rubéoleux puisse avoir une évolution prolongée jusqu’à un an et plus et que les réactions de détection du facteur rhumatoïde soient parfois positives au cours de la rubéole a pu faire discuter le rôle du virus de la rubéole comme agent étiologique possible de la polyarthrite rhumatoïde.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
→ rubéole
arthrite de la sarcoïdose l.f.
sarcoidosis arthritis
Arthrite habituellement aigüe, rarement chronique, entrant, avec les atteintes osseuses et musculaires, dans le cadre des manifestations rhumatismales de la sarcoïdose.
Les arthrites aigües constituent la manifestation rhumatismale la plus commune de la sarcoïdose (15% des cas), survenant précocement dans son évolution, s’associant parfois avec les autres éléments du syndrome de Löfgren et guérissant sans séquelles. Les arthrites chroniques, au contraire, surviennent tardivement, sont le fait de formes multiviscérales et agressives de la maladie et tendent à être ostéodestructrices.
arthrite de l'hypogammaglobulinémie l.f.
→ arthrite de l'agammaglobulinémie
[F1,I1]