allergie cutanée et psychisme
cutaneous allergy and psychism
Relation de cause à effet supposée entre la seule notion d'une tension anxieuse ou d'une situation difficile, avec une dermite allergique : urticaire, œdème de Quincke, angéites leucocytoclasiques apparentées au phénomène d'Arthus ou eczéma de contact.
Certains auteurs estiment que la tentation d'une recherche de facteurs psychiques est liée à notre ignorance étiologique, qui concerne par ex. 30 à 80% des cas d'urticaire ou d'œdème de Quincke.
→ Gell et Coombs (classification modifiée de), allergie cutanée
[F3,H4,J1]
Édit. 2018
asthmatique (maladie) et psychisme l.f.
asthmatic disease and psychism
1. Bien qu'une psychogénèse exclusive ne soit plus admise et que la prévalence de facteurs génétiques, immunologiques ou autres de la maladie asthmatique soit largement reconnue, son évolution est fréquemment parallèle aux divers avatars psychologiques conscients ou inconscients.
On a pu en tout cas observer chez ces patients la pensée opératoire, l'alexithymie, qui serait caractéristiques de la maladie psychosomatique. On a surtout insisté sur la relation d'objet allergique, comportant une relation fusionnelle mère-enfant, avec troubles profonds d'individuation-identité.
2. Des facteurs secondaires de risque psychiatrique peuvent s'observer, notamment : troubles anxiodépressifs ; interactions pathogènes entre l'inquiétude de la mère et la recherche par l'enfant de bénéfices secondaires ; conflit entre le désir de liberté de l'adolescent asthmatique et ses besoins accrus de soutien par les parents ; échecs et désinsertion professionnelle chez l'adulte.
Une relation psychothérapique peut être utile.
Étym. gr. asthma : respiration pénible, asthme
avortement pour motif thérapeutique et psychisme l.m.
medically induced termination of pregnancy, and psychism
→ grossesse chez une patiente psychiatrique chronique, grossesse et complications psychiatriques
avortement provoqué et psychisme l.f.
voluntary interruption of pregnancy and psychism
Acte volontaire qui traduit une situation de détresse de la femme enceinte, qu'elle seule peut apprécier (loi française de 1974).
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) représente souvent une réponse à l'inexpérience ou à l'ignorance d'une jeune femme qui n'a pas su, pu ou voulu employer des moyens contraceptifs. Elle pourrait même être vécue comme un moyen de contraception, comme le laisse à penser la relative fréquence de ses répétitions. Plus rarement, il s'agit d'une véritable compulsion abortive, répétitive, parfois rationalisée par le droit à la libre disposition de soi-même.
Généralement, l'avortement provoqué ne s'accompagne pas de problèmes psychiques particuliers dans l'immédiat.
À la suite de cet acte, un bref "post-abortum blues" est possible. Des manifestations anxiodépressives peuvent se pérenniser ou resurgir à distance, notamment à la date prévue de l'accouchement, lors d'une grossesse ou à la ménopause.
A contrario, s'il y a eu refus ou impossibilité de l'IVG, un profond ressentiment est susceptible d'apparaître chez les candidates. Nombreux sont les enfants non désirés qui, du moins jusqu'à l'entrée dans l'âge adulte, présentent des difficultés d'ordre social, scolaire et psychique.
avortement spontané et psychisme l.m.
miscarriage and psychism
Après un avortement spontané, état dépressif souvent peu sévère, d'une durée inférieure à une semaine, dominé par un chagrin avec déception, vécu de perte profonde et/ou culpabilité, observé chez la plupart des femmes.
Les troubles semblent plus accentués et peut-être plus prolongés en cas d'avortement antérieur, d'isolement social et affectif, de prédisposition. Des études au long cours seraient utiles, qui permettraient notamment d'apprécier les effets d'une relation de soutien et de conseil.
avortement thérapeutique et psychisme l.m.
medically induced interruption of pregnancy and psychism
Réactions de la mère après l'intervention légalement définie comme pouvant être pratiquée à tout moment en milieu hospitalier "si deux médecins attestent, après examen et discussion, que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic..." (code de la santé publique, art. 162-12 et 162-13).
Cette décision difficile, très souvent vécue comme inhumaine, engage profondément le couple et l'équipe soignante au plan éthique, religieux et émotionnel. Un accompagnement pluridisciplinaire cohérent est indispensable.
Aux facteurs classiques de risque peuvent s'ajouter ici : l'appartenance à un groupe social et - ou religieux (principalement catholique) opposé à l'avortement ; des indications somatiques plutôt que psychiatriques (anomalies génétiques ou complications médicales majeures) ; la non-adhésion de la femme à une telle décision.
Basedow (maladie de) et psychisme l.
Basedow's disease and psychism
Les manifestations mentales sont pratiquement constantes au cours de la maladie de Basedow. Dans leur genèse, entrent habituellement une personnalité prédisposée "tempérament basedowien" : anxiété, labilité émotionnelle, instabilité, fatigabilité. Le rôle de la lutte contre une profonde angoisse de mort (F. Alexander) et celui des "émotions-chocs" (J. Delay) a été souligné. Parfois dominant ou même résumant la clinique, les manifestations psychiques permanentes sont variées : insomnie, asthénie, labilité de l'humeur, anxiété permanente, parfois paroxystique. Des formes aigües à type confusionnel surtout, fréquemment graves, parfois liées à la prise d'hormones thyroïdiennes, sont rencontrées. Des relations avec une psychose maniacodépressive ont été discutées. Les traitements antithyroïdiens sont le plus souvent efficaces.
F. Alexander, psychiatre américain (1891-1964) ; J. Delay, psychiatre français, membre de l’Académie française (1907-1987)
→ hyperthyroïdie et psychisme, Basedow (maladie de)
Édit. 2017
cardiopathie et psychisme l.m.
heart and psychism
Des liens étroits sont admis depuis longtemps par la sagesse populaire.
Seront seulement cités, à cet égard :
- des poussées évolutives, voire la mort subite chez certains coronariens devant des circonstances très éprouvantes ; de fréquentes fibrillations ventriculaires dans les infarctus à l'arrivée du SAMU ou à l'hospitalisation ; des torsades de pointe syncopales émotives chez des jeunes gens atteints d'un syndrome du QT long congénital, dont le cœur est par ailleurs normal ;
- la mobilisation des défenses psychologiques du patient après infarctus du myocarde, à type habituel d'angoisse de mort, de dépression, de déni ;
- l'effet le plus souvent iatrogène du diagnostic et/ou du sentiment d'insécurité créé par une valve qui peut se désinsérer, un greffon qui peut se thromboser, un stimulateur qui peut être défaillant ;
- a contrario, les effets positifs d'une prise en charge à type dominant d'information, d'empathie, de réassurance, d'appui sur les ressources affectives, cognitives et socioprofessionnelles du sujet.
→ cœur irritable (syndrome du), coronarite et psychisme
[K2,H4]
coronarite et psychisme
coronaritis and psychism
1) L'athérome coronarien, la décompensation d'une coronarite latente et surtout l'infarctus du myocarde surviendraient préférentiellement chez les personnalités de type A.
Dans ses caractères sont regroupés l'impatience, l'incapacité à attendre et à différer une décision, le sentiment de l'urgence du temps et la compétitivité permanente. Ces sujets seraient deux fois plus exposés à l'infarctus du myocarde que le type B, défini surtout par l'absence des caractéristiques du type A. Par contre, avec ce dernier, les suites seraient plus favorables.
En fait, l'accord n'est pas réalisé sur la spécificité ni même le rôle de cette disposition. Les diverses particularités psychologiques avancées semblent passer au second plan par rapport aux facteurs de risque classiquement décrits : tabagisme et hypercholestérolémie notamment.
2) De profonds dysfonctionnements neurovégétatifs secondaires à des circonstances plus ou moins éprouvantes peuvent conduire à des thromboses aigües.
Un déséquilibre du même système autonome expliquerait le lien admis désormais entre la dépression et les cardiopathies ischémiques.
La distinction entre causes et effets reste bien difficile.
M. Friedman, RH Rosenman, médecins américains (1959)
[K2,H4]
diabète et psychisme l.m.
diabetes and psychism
1) Une psychogenèse du diabète reste discutée, sauf à retenir la notion de diabètes dits "émotionnels", faisant suite à des évènements vécus comme traumatiques par un sujet dont a été réactivée une angoisse de séparation et suscitée une angoisse de mort imminente.
C'est dire l'importance de l'histoire du patient et de sa personnalité.
Toutefois, il n'existe pas de profil type de celle-ci, sinon des traits communs au registre psychosomatique, fréquents dans d'autres affections associées (ulcus, asthme, dermatoses, etc.).
2) Le retentissement affectif de la blessure narcissique subie est sans doute le plus important de la pathologie chronique, surtout dans le diabète insulinodépendant, dont on sait les contraintes.
Lors du diagnostic, un syndrome dépressif est fréquent, avec parfois refus du traitement. L'attitude adoptée par le patient (notamment angoisse extériorisée, révolte, déni, régression, ritualisation obsessionnelle, et leurs intermédiaires) peut restreindre sa capacité fonctionnelle, retentir sur la famille, rompre le bien-être social. Par contre, peut s'instaurer une "transaction". Il est vrai que malgré des résultats scolaires souvent admis comme normalement répartis, l'enfant diabétique est mal accepté socialement.
En fait, les études sur le retentissement cognitif de l'hyperglycémie restent contradictoires
Étym. gr. diabêtês : qui traverse
eczéma et psychisme l.m.
eczema and psychism
Étym. gr. ekzein : sortir, bouillonner
→ peau et psychisme, somatique (complaisance), eczéma
[H4, J1]
Édit. 2019
greffe d'organe et psychisme l.f.
graft of organ and psychism
→ transplantations d'organes et psychisme
hypertension artérielle essentielle et psychisme l.f.
idiopathic high blood pressure and psychism
Une composante psychosomatique est fréquemment reconnue à cette affection, les modifications tensionnelles constituant une réponse au stress et aux émotions.
Il n'existe sans doute pas de profil psychologique spécifique de l'hypertension. On constate toutefois que les hypertendus répriment davantage que les normotendus leurs sentiments hostiles, et qu'en situation de compétition, les sujets à risque hypertensif témoignent d'une plus forte inhibition de l'action.
hyperthyroïdie et psychisme l.f.
hyperthyroidism and psychism
Manifestations mentales pratiquement constantes, participant au tableau clinique.
Dans la genèse et le maintien des syndromes basedowiens, sont imputées les TSI ("thyroid stimulating immunoglobins") extrathyroïdiennes, et habituellement une personnalité prédisposée, le "tempérament basedowien" : anxiété, labilité émotionnelle, instabilité, fatigabilité. Le rôle de la lutte contre une profonde angoisse de mort (F. Alexander) et celui des "émotions-chocs" (J. Delay) a été souligné. Parfois dominant ou même résumant la clinique, les manifestations psychiques permanentes sont variées : insomnie, asthénie, troubles labiles de l'humeur, anxiété permanente, parfois paroxystique. Des formes aigües confusionnellesl, fréquemment graves, parfois liées à la prise d'hormones thyroïdiennes, sont rencontrées.
Des relations avec une psychose maniacodépressive ont été discutées. Les traitements antithyroïdiens sont le plus souvent efficaces.
F. G. Alexander, psychanalyste américain (1891-1964)
Syn. thyréotoxicose
→ Basedow (maladie de), exploration fonctionnelle de la thyroïde, maladie bipolaire
[H3, O4]
Édit. 2018
hyperventilation alvéolaire et psychisme l.f.
alveolar hyperventilation and psychism
Augmentation du débit ventilatoire alvéolaire se traduisant par une hypocapnie avec chute du taux de l'anhydride carbonique dans le sang (PCO2) et alcalose respiratoire (ou alcalose gazeuse).
Le rôle de l'hyperventilation dans le déclenchement de l'anxiété, de manifestations phobiques et surtout d'attaques de panique reste discuté, malgré les très nombreuses études effectuées.
Ainsi, pour certains auteurs, sur un fond de personnalité prédisposée, en particulier chez l'hystérique, l'anxiété peut s'accompagner d'une hyperventilation. S'y associent souvent des paresthésies et une tétanie. peut-être liées à une hypocalcémie en rapport avec l'alcalose respiratoire. Celles-ci contribueraient à maintenir l'état anxieux, donc l'hyperpnée, malgré le déclin de la PACO2 (PCO2 alvéolaire). Plus généralement, sera rappelée la relative fréquence des dyspnées, voire des blocpnées, dans un contexte névrotique.
On a parlé également de "phobie intéroceptive", liée aux sensations internes provoquées par l'hyperventilation et à leur interprétation dramatique. Une causalité circulaire complexe est, en fait, vraisemblable.
hypothyroïdie et psychisme l.f.
hypothyreosis, hypothyroidism and psychism
Manifestations mentales d'une sécrétion insuffisante d'hormones thyroïdiennes.
1. Chez l'enfant, l'excès de sagesse et la passivité du bébé, puis le retard psychomoteur et intellectuel, plus rarement des formes frustes avec difficultés scolaires, s'associent aux autres signes classiques (myxœdème p. ex.) en l'absence de dépistage systématique à la naissance et de traitement.
2. Chez l'adulte, les troubles psychiques sont constants et précoces : ralentissement et apathie d'aspect parfois subconfusionnel ou pseudodémentiel, indifférence affective, irritabilité, parfois morosité, contrastant avec une somnolence diurne et l'hyposexualité. Rares, sans lien toujours net avec le déficit hormonal, les psychoses dites myxœdémateuses sont très polymorphes. Les traitements peuvent les améliorer.
L'hypothyroïdie semble rendre plus précoce la sénescence cérébrale et favoriser les démences.
[O4,H3]
infécondité et psychisme l.
barreness, infertility and psychism
Attente, échecs souvent répétés, danger pour la cellule conjugale, éventuellement dévalorisation sociale, caractérisent plus ou moins cette situation anxiogène dominée par l'incertitude, la durée, les investigations complémentaires et des traitements parfois agressifs, qui peuvent contraster avec les annonces parfois spectaculaires des médias concernant l'assistance médicale à la procréation.
Une douleur morale, une culpabilité, des sentiments d'injustice, de désespoir et/ou d'agressivité peuvent prévaloir de façon quasi obsessionnelle, souvent partagés entre la femme et l'homme. L'aide psychique du généraliste et au besoin du psychiatre est indispensable.
Il est vrai que l'existence de stérilités psychogènes ne doit pas être sous-estimée.
→ infécondité, fécondation in vitro (FIVETE) avec transfert d'embryon, insémination artificielle et psychisme, procréation médicalement assistée et psychisme
insémination artificielle et psychisme l.f.
artificial insemination and psychism
Des répercussions psychiques positives sont décrites, surtout s'il s'agit du sperme du partenaire habituel.
Dans ce cas, l'aide portera principalement sur la mise en situation infantile créée par cette demande et sur la symbolique d'un geste substitutif de la relation conjugale.
Après insémination artificielle par donneur (IAD), les psychiatres semblent plus réservés que les obstétriciens, malgré des entretiens systématiques préalables et une attente d'un an pour des raisons techniques dans les CECOS (centres d'étude et de conservation du sperme). Les manifestations psychiatriques après l'insémination ou peu après l'accouchement sont plus fréquentes que lors de l'appel au sperme du conjoint. Le médecin peut également être « fantasmé » comme le donneur.
Néanmoins, dans l'ensemble, un couple équilibré suivra une évolution positive à la suite de la naissance. Les soins matériels assurés aux enfants et leur développement psychomoteur et affectif apparaissent harmonieux. Le secret sur ce type de procréation est gardé le plus souvent, malgré les fréquentes interrogations du couple à ce sujet.
interruption volontaire de la grossesse (IVG) et psychisme l.f.
voluntary interruption of pregnancy, abortion, and psychism
Souvent liée à l'inexpérience ou à la naïveté d'une jeune femme qui n'a pas su, pu ou voulu employer des moyens contraceptifs, l'IVG peut traduire un état de crise, particulièrement en face de la famille, ou parfois être vécue comme un moyen de contraception et plus rarement, traduire une véritable compulsion abortive, répétitive, quelquefois rationalisée dans le droit à la libre disposition de soi-même.
Généralement, l'avortement provoqué ne s'accompagne pas de problèmes psychiques particuliers dans l'immédiat. Un bref "post-abortum blues" est cependant possible. Des manifestations anxiodépressives peuvent se pérenniser ou resurgir à distance, notamment à la date prévue de l'accouchement, lors d'une grossesse ou à la ménopause. Un regret de la gestation rejetée se fait jour parfois.
A contrario, s'il y a eu refus ou impossibilité de l'IVG, un profond ressentiment est susceptible d'apparaître chez les candidates. Nombreux sont les enfants non désirés qui, du moins jusqu'à l'entrée dans l'âge adulte, présentent des difficultés d'ordre social, scolaire et psychique.
→ interruption volontaire de grossesse
lombalgies et psychisme l.
lumbar pain and psychism
Anomalie psychologique ou psychiatrique apparaissant dans les formes prolongées de la lombalgie et si la douleur irradie sur une zone étendue.
En raison de la valeur symbolique du rachis lombaire dans la station debout, la marche, le travail manuel et la vie sexuelle, des manifestations anxiodépressives, plus souvent d'origine mixte, organopsychique, sont fréquemment rencontrées. Le rôle respectif d'une personnalité prédisposée et/ou de facteurs psychosociaux d'une part, celui d'éléments réactionnels au handicap, voire sinistrosiques (surtout après traumatisme) d'autre part, sont bien difficiles à préciser.
Comme 15 % seulement des radiographies sont sans anomalies chez un non-lombalgique, elles doivent souvent être dites normales pour éviter les réactions hypocondriaques.
En milieu militaire, c'est chez les pilotes de char que domine une composante psychologique. La prévention comprend non seulement la sélection individuelle, mais aussi des mesures ergonomiques concernant les contraintes psychologiques et physiques liées à la tâche, et si possible la prise en compte de la personnalité du chef et du "moral" du groupe.
maladies inflammatoires chroniques intestinales et psychisme l.
intestine chronic inflammatory diseases and psychism
→ amibiase (troubles psychiques et), rectocolite hémorragique
ménopause et psychisme l.
menopause and psychism
Conséquences psychologiques et sexuelles de la ménopause et leur traitement.
Lorsqu'existent des troubles, surtout dépressifs ou hypocondriaques, des facteurs sans relation directe avec la ménopause, fréquents au milieu de la vie, surtout d'ordre psychosocial (fin de la jeunesse, problèmes de couple, d'argent, etc.), de même que la personnalité foncière, peuvent intervenir.
L'apparition d'un dysfonctionnement sexuel semble rare, parfois liée notamment à la sécheresse de la muqueuse vaginale et à une faible lubrification pendant la stimulation précoïtale. Cette sécheresse serait prévenue par une activité sexuelle régulière et par l'œstrogénothérapie substitutive, qui serait également utile sur les bouffées de chaleur et dans la prévention osseuse et cardiovasculaire. Les effets psychiques proprement dits de ce traitement ne sont pas évidents, mais indirects, par amélioration des troubles somatiques. Après ménopause chirurgicale, cependant, il améliorerait les fonctions cognitives et la sexualité. Un traitement global des différents facteurs en cause est indispensable.
Étym. gr. mên : mois ; pausis : cessation ; psukhê : âme
migraine et psychisme l.f.
migrain and psychism
Lien souligné par divers cliniciens mais qui reste discuté notamment depuis la description chez ces patients de "traits de personnalité" à type prévalent de rigidité, perfectionnisme, méticulosité, ambition et tendances concurrentielles, autoritarisme, agressivité inhibée et culpabilisée, hyperesthésie, anxiété, inaptitude à déléguer.
En fait, les patients présentant ce type de personnalité paraissent d'autant moins représentatifs qu'ils sont vraisemblalement davantage consultants que les autres migraineux.
En revanche, une comorbidité dépressive et anxieuse est significativement plus élevée chez les migraineux que chez les non migraineux. Elle semble un facteur péjoratif dans l'évolution de cette affection, susceptible de favoriser, p. par exemple, l'abus d'antalgiques.
Quels que soient les liens de causalité, qui restent imprécis, une attitude thérapeutique à l'égard de ces troubles est indiquée. Du reste, les antidépresseurs tricycliques comme l'amitryptilline, ainsi que les IMAO, se sont montrés efficaces dans le traitement de fond de la migraine. Plus généralement, l'intervention de psychiatres dans les centres spécialisés est très utile. Elle devrait permettre aussi une plus sûre appréciation des facteurs psychogènes.
H. G. Wolff , neuropsychiatre américain (1937)
Étym. gr. hèmi : demi : kranion : crâne ; psukê : esprit, âme
obésité et psychisme l.m.
obesity and psychism
Le rôle d'une psychogenèse dans l'excès pondéral demeure incertain.
Très souvent installée avant six ans, l'obésité a été attribuée notamment au don indistinct et souvent inapproprié de la nourriture par la mère, indépendamment des manifestations de l'enfant (H. Bruch). Considérée comme un mode de fixation à l'oralité, elle aurait plusieurs fonctions : lutte contre la dépression, résistance à la sexualité, entrave à l'élaboration mentale. Dès lors, en face de toute tension, s'établirait une sorte de conditionnement conduisant au recours alimentaire. Dans quelques cas chez l'adolescent, une forme d'équivalent d'un processus de défense pourrait être qualifiée de psychosomatique.
La plupart des obèses sont hyperphagiques. Il est classique de décrire les anxieux qui "se remplissent" pour mieux contrôler une tension mal tolérée, mais sans toujours aboutir à une obésité. Les boulimiques proprement dits ont en général un poids normal du fait des vomissements qu'ils provoquent, des laxatifs et diurétiques qu'ils prennent et d'une possible anorexie intercurrente.
D'autre part, déjà affectés sur le plan esthétique, les obèses peuvent être inquiétés par les prédictions médiatiques pessimistes concernant leur santé, souffrir de préjugés sociaux défavorables et manquer d'aisance dans la relation à autrui. Quelles que soient leurs composantes étiologiques, les états dépressifs sont fréquents.
Les prises de poids sous neuroleptiques (surtout sédatifs) ne sont pas systématiques, et cèdent en règle à leur arrêt.
Hilde Bruch, psychanalyste américaine (1964)
Édit. 2017
paraplégie et psychisme l.
paraplegia and psychism
Troubles observés lors d'une myélopathie et surtout après traumatisme médullaire.
Singulièrement chez les tétraplégiques, l'état initial de choc spinal provoque une stupeur du sujet devant son corps-cadavre désapproprié, pourtant douloureux. Un désarroi domine, lié également aux conséquences possibles, y compris la mort, avec passivité, hypomanie défensive, tentatives de mise à distance ou de maîtrise de l'inconnu. Le corps est dépossédé de sa symbolique d'investissement libidinal.
Par la suite, et de façon particulière à chacun, se développeront les modes de lutte contre l'angoisse : dépendance régressive, vécu d'abandon plus ou moins persécutoire, alternance de périodes dépressives avec désespoir, et expansives, plus ou moins détachées de la réalité, etc.