Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Acanthamœba

Acanthamoeba
Genre d'amibes telluriques, normalement non parasites et qui ne contaminent l’Homme qu’accidentellement.
Elles existent sous deux formes : trophozoïte, d’environ 30µ de diamètre, peu mobile, à pseudopodes pointus et courts (acanthopodes) ; et  kyste à double paroi, avec une membrane externe plissée et une membrane interne de forme régulièrement étoilée, très caractéristique. Le genre Acanthamœba compte actuellement plus de 20 espèces différentes. Acanthamœba culbertsoni est responsable d’encéphalites granulomateuses. D’autres espèces, comme A. polyphaga et A. castellanii, provoquent des troubles divers, notamment oculaires (kératites amibiennes, en particulier chez les porteurs de lentilles cornéennes), sinusiens, cutanés, cardiaques ou pulmonaires.

kératite à Acanthamoeba 

[D2,D3]

Édit. 2016

kératite à adénovirus l.f.

adenovirus keratitis

Affection à virus à ADN, à tropisme humain et dont on connaît de nombreux types sérologiques, responsables d'épidémies de conjonctivite folliculaire parfois hémorragique, de fièvre pharyngoconjonctivale et de kératoconjonctivite.
La kératite à adénovirus présente des signes caractéristiques : 5 jours après l'atteinte conjonctivale, il survient une kératite ponctuée fine qui évolue en petites ulcérations douloureuses vers le 7ème jour. Après environ quinze jours, il apparaît des infiltrats sous- épithéliaux durables pouvant altérer la vision.

adénovirus

[D1, P2]

Édit. 2020

Adler (kératite sous-épithéliale d') l.f.

Adler’s subepithelial keratitis

H. Adler, ophtalmologiste autrichien (1889)

kératoconjonctivite épidémique

[P2]

Édit. 2017

Herbert (kératite ponctuée de) l.f.

Keratitis punctata superficialis

Kératite ponctuée unilatérale constituée par de fines ulcérations superficielles.
Affection rencontrée en Indes.

H. Herbert, ophtalmologiste britannique (1901)

[P2]

kératite n.f.

keratitis

Maladie inflammatoire de la cornée.
Elle peut être :
- superficielle, avec atteinte primitive de l'épithélium et envahissement secondaire des couches superficielles du stroma ;
- interstitielle avec atteinte primitive du stroma diffuse ou localisée ;
- postérieure, avec atteinte primitive de l'endothélium et de la membrane de Descemet et envahissement secondaire des couches superficielles du stroma.
Dans les formes superficielles, en cas de perte de substance évidente déjà visible à l'œil nu avec éventuellement extension en profondeur, on désigne la kératite sous le nom d'ulcère de la cornée.

kératite à Acanthamoeba l.f.

Acanthamoeba keratitis

Kératite provoquée par des amibes libres appartenant à diverses espèces du genre Acanthamoeba et favorisée (85% des cas) par le port de lentilles cornéennes insuffisamment désinfectées.
Le diagnostic se fait par la technique du "scraping" cornéen sur frottis coloré au Giemsa. Le traitement repose essentiellement sur des collyres à base d’iséthionate de propamidine.

kératite actinique l.f.

actinic keratopathy

Dépôts cornéens jaunâtres sous-épithéliaux localisés dans l'aire de la fente palpébrale.

kératite amibienne l.f.

acanthamoeba keratitis

Infection cornéenne parasitaire par une amibe libre du genre Acanthomoeba.

kératite dendritique l.f.

dendritic keratitis

Ulcération superficielle de la cornée d'aspect linéaire et arborisée, à bords irréguliers bien limités et légèrement décollés ; il s'y associe une hypoesthésie cornéenne ; elle a un caractère récidivant.
L'ulcération dendritique est pathognomonique de l'herpès.

kératite disciforme l.f.

disciform keratitis

Inflammation du stroma cornéen localisée, subaigüe, non suppurative, de nature torpide, chronique, caractérisée par une opacité discoïde.
Elle est habituellement consécutive à un traumatisme avec abrasion ou une infection virale, avant tout l'herpès.

kératite interstitielle

kératite en bandelette l.f.

kératopathie en bandelette

kératite filamenteuse l.f.

filamentary keratitis

Kératite caractérisée par la formation de fins filaments épithéliaux à la surface de l'épithélium, avec une évolution chronique ou récidivante.
L'origine est traumatique, infectieuse, dégénérative ou idiopathique. Elle se rencontre également dans la kératite sèche.

kératite héréditaire de Kivlin l.f.

Kivlin’s keratitis hereditary

Affection de la cornée dont le début se situe dans l'enfance avec des kératites récidivantes et vascularisées du stroma donnant secondairement un aspect de coagulation intracornéenne.
Peut-être asymétrique et récidive après kératoplastie. Une seule famille est signalée. L’affection est autosomique dominante (MIM 148190).

Jane D. Kivlin, ophtalmologiste américaine (1986)

kératite herpétique l.f.

herpetic keratitis

kératite disciforme, kératite dendritique

kératite-ichtyose-surdité l.f.

keratitis-ichthyosis-deafness

Ichtyose séche avec déficit visuel, auditif et hépatomégalie.
La maladie existe dès la naissance avec ichtyose, surdimutité, érythème diffus, plaques verruqueuses des pommettes, du nez et des oreilles. On trouve également une hyperkératose palmoplantaire, une alopécie partielle ou diffuse et une dystrophie unguéale. Les sujets font des infections sans déficit immunitaire. Il peut exister une cataracte congénitale zonulaire et le déficit visuel survient au décours d'une kératite grave vascularisée donnant une opacification cornéenne progressive (nécessitant souvent une greffe). Il peut également exister une atteinte hépatique comme dans la forme récessive. L'ancienne maladie de Spannlang-Tappeiner fait probablement partie de cette affection. L’affection est autosomique dominante (MIM 148210).

T. P. Senter, dermatologiste américain (1978)

Syn. Senter (syndrome de), Spannlang-Tappeiner (syndrome de)

kératite-ichtyose-surdité (syndrome récessif) l.m.

autosomal recessive, keratitis-ichthyosis-deafness

ichtyose érythrodermique avec atteinte cornéenne et surdité

kératite interstitielle l.f.

interstitial keratitis

Inflammation du stroma cornéen n'intéressant pas au départ les surfaces antérieure et postérieure de la cornée.
Elle peut être diffuse avec des étiologies variées mais la syphilis et la tuberculose doivent être évoquées en premier. Il s'y associe en général des précipités rétrocornéens. Elle peut être aussi localisée ; on la désigne alors sous le nom de kératite disciforme.

kératite microponctuée allergique l.f.

kératite ponctuée superficielle

kératite neuroparalytique l.f.

neuroparalytic keratitis

Kératite observée dans les atteintes du trijumeau et caractérisée par la survenue d'érosions larges récidivantes non douloureuses sur un épithélium dépoli, épaissi, ponctué d'érosions fines.
Elle s'observe dans les lésions neurologiques atteignant le trijumeau et dans le zona ophtalmique ainsi que dans la section traumatique du nerf trijumeau.

kératite neurotrophique l.f.p.

kératites, kératite neuroparalytique

kératite nodulaire de Salzmann l.f.

Salzmann's corneal degeneration, nodular keratitis

M. Salzmann, ophtalmologue autrichien (1925)

Salzmann (kératite nodulaire de)

kératite nummulaire l.f.

nummular keratitis

Kératite qui se manifeste par l'apparition progressive d'une inflammation cornéenne sans conjonctivite associée et qui se caractérise par des opacités en forme de pièces de monnaie siégeant dans le stroma à n'importe quel niveau et de préférence dans la région centrale.
Ces opacités ont de 0,5 à 1,5 mm de diamètre. En regard des opacités, l'épithélium peut être surélevé et irrégulier. L'affection guérit spontanément en 9 à 12 mois ; les opacités cornéennes peuvent mettre 6 à 8 ans pour se résorber entièrement mais avec une incidence minime sur l'acuité visuelle.

Étym. lat. nummus : pièce de monnaie

kératite phlycténulaire l.f.

phlyctenular keratitis

Apparition de un ou plusieurs nodules grisâtres près du limbe avec photophobie.
Ces nodules peuvent s'ulcérer avec vascularisation superficielle. Contemporaine de la primo-infection, elle traduit un processus allergique vis à vis de la tuberculine.

pannus

kératite ponctuée superficielle l.f.

superficial punctata keratitis

Kératite caractérisée par un dépoli affectant tout ou partie de la surface cornéenne.
Le test à la fluorescéine 2% est positif : le colorant s'infiltre entre les pertes de substances cellulaires. Les signes fonctionnels sont variables : douleurs, trouble visuel, photophobie, blépharospasme. Il peut y avoir hypersécrétion lacrymale. La kératite ponctuée superficielle peut se compliquer d'érosions épithéliales ou d'ulcère de la cornée.
Les étiologies sont très nombreuses : sécheresse oculaire par non fermeture de la fente papébrale (atteinte du nerf VII), par hyposécrétion lacrymale au cours de maladies générales spécifiques, d'avitaminoses A ou PP, par kératite microbienne et virale, par kératites dystrophiques (neuroparalytique, secondaire aux agents physiques ou chimiques), par kératite allergique, parasitaire, etc.

kératite ponctuée superficielle de Thygeson l.f.

P. Thygeson, ophtalmologiste américain (1950)

Thygeson (kératite ponctuée superficielle de)

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