Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

69 résultats 

théorie générale des systèmes l.f.

systems general theory

Courant conceptuel initialement introduit par L. von Bertalanffy (1968) afin de rendre compte, dans un objet complexe ("système"), de l'apparition de propriétés provenant de l'intégration de composants plus simples ("éléments"), ne prenant de sens que les uns par rapport aux autres et auxquels le tout est irréductible.
Notion corrélée avec celle de structure et souvent considérée comme plus riche, en particulier du fait que le système est à la fois "plus", par ses émergences et ses interactions avec le milieu que la somme de ses parties, et "moins", du fait de certaines contraintes et inhibitions. Selon le cas, le terme de structure couvre aussi un ensemble de concepts, une théorie, un modèle permanent visant à rendre compte de ces interférences.
En psychiatrie, les notions de causalité circulaire et de signification ajoutent à la complexité mais aussi à l'intérêt de telles approches dans la thérapie systémique. L'examen de la famille sur des bases cybernétiques est également utilisé.

L. von Bertalanffy, biologiste autrichien (1968)

agence des systèmes d'information partagés de santé l.f.

shared healthcare information systems agency

Cette agence a pour mission de promouvoir et encadrer le développement de l’informatique dans le domaine de la santé et du médico-social pour améliorer la qualité et la coordination des soins.
Le ministère de la Santé l’a désignée comme l’autorité administrative de certification, chargée de délivrer la carte électronique d’identité du professionnel de santé.
Avec cette carte, le ministère peut, entre autres, communiquer avec tous les télé-services de santé, créer, alimenter et consulter le dossier médical personnel de ses patients ainsi que transmettre leurs feuilles de soins électroniques.

Sigle ASIP santé

[E1,E3]

Édit. 2017

programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) l.m.

Disposition permettant d’obtenir des informations quantifiées et standardisée sur les activités des établissements de santé ayant pour objectif de réduire les inégalités de ressources en allouant des allocations budgétaires adaptées.
La loi du 31 juillet 1991 oblige les établissements de santé, publics et privés, à procéder à l'évaluation et à l'analyse de leur activité. L'arrêté du 20 septembre 1994 et la circulaire du 10 mai 1995 fixent l'obligation faite aux établissements hospitaliers sous compétence tarifaire de l'État (établissements publics, assimilés et privés à but non lucratifs) de transmettre leurs données sous la forme de résumés de sortie anonymes aux Agences régionales de santé. Cette obligation est étendue en 1997 aux établissements de santé privés à but lucratif qui doivent transmettre cette information aux Caisses nationales d’assurance maladie des travailleurs salariés.
Pour les séjours hospitaliers de médecine-chirurgie-obstétrique dits MCO, cette analyse est fondée sur le recueil systématique et le traitement automatisé d'une information médico-administrative minimale et standardisée, contenue dans le Résumé de sortie standardisé.
Depuis 2005, le PMSI est utilisé pour la mise en œuvre de la tarification à l'activité (T2A), nouveau système de rémunération des hôpitaux, basé sur leur activité.
Pour ce qui concerne le secteur des soins de suite et de réadaptation dits SSR, (ancien « moyen séjour »), le PMSI est obligatoire pour tous les établissements depuis 2003. Le recueil est différent, plus axé sur la notion de mode de prise en charge (convalescence, rééducation, etc.) et sur le degré de dépendance du patient. Par contre, la T2A n'est pas encore appliquée à ce secteur.
Dans le cas de l'hospitalisation à domicile, de même, existe un système spécifique de recueil d'information, qui a permis de mettre en place la T2A dans ce secteur en 2005 comme pour les disciplines MCO.
Les diagnostics sont codés d'après la CIM-10 (Classification internationale des maladies et recours aux services de santé no10) édité par l'OMS et faisant l'objet d'extensions régulières par le ministère de la santé français.
Il peut aussi contenir des actes techniques codés d'après la CCAM (Classification commune des actes médicaux).
En 2000, l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation est créée pour collecter des données du PMSI.

agence régionale de santé, caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés, classification internationale des maladies, classification commune des actes médicaux, agence technique de l'information sur l'hospitalisation

[E1]

Édit. 2018

inspection générale des affaires sociales l.f.

inspection of the social business

Service du ministère chargé de la santé et de la protection sociale chargé d’inspecter et d’exercer un contrôle sur tous les services, organismes, caisses, établissements ou autres participant à l’application des législations de santé publique, de protection sociale ou du travail.
Ce service ne peut diligenter des études, enquêtes ou inspections que sur instruction du ministre.

Sigle : IGAS

nomenclature générale des actes professionnels l.f.

Liste des actes professionnels pouvant être accomplis, dans la limite de leur compétence par les membres des professions médicales (médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes) ainsi que par certaines autres professions de santé, ces actes étant susceptibles d’être pris en charge par les organismes d’assurance-maladie.
La nomenclature fait l’objet d’un arrêté ministériel après avis d’une commission qui propose les cotations.
1) Chaque acte fait l’objet d’une cotation chiffrée qui, multipliée par une lettre-clé dont la valeur s’exprime en francs, fixe l’honoraire dû à l’auteur de l’acte.
2) Certains actes simples de diagnostic sont cotés avec la lettre-clé K, les chirurgiens cotent leurs interventions avec la lettre-clé KC, les sages-femmes avec la lettre-clé SF, etc.

nomenclature des actes de biologie

systèmes génitaux l.m.

systema genitalia (TA)

genital systems

Ensemble des organes qui, chez la femme et chez l’homme, concourent à la reproduction sexuée.

Étym. gr. sustêma : ensemble d'objets, de bêtes, d'hommes ou de doctrines

Syn. anc. appareil de la génération, appareil de la reproduction, organa genitalia (PNA)

système génital féminin, système génital masculin

[A1,M2]

transduction (systèmes de) l.m.p.

transduction systems

Systèmes qui permettent de transmettre l'information au travers de la membrane cellulaire faisant le lien (ou "couplage") entre les récepteurs situés dans la partie superficielle de la membrane et les systèmes intracellulaires.
Ainsi, le signal chimique est transformé en signal électrique.
Des anomalies de structure ou de fonctionnement de ces éléments peuvent constituer un axe de recherche étiopathogénique dans les affections psychiatriques, notamment les états dépressifs.

anatomie générale l.f.

anatomia generalis
general anatomy
Branche de l’anatomie qui étudie les structures fondamentales des organes et l’appartenance de ceux-ci à des systèmes de même structure et à des appareils constitués en vue d’une fonction.

[A1]

Édit. 2017

caisse générale de sécurité sociale l.f.

general cash of social security

Caisse propre à chacun des quatre départements d’outre-mer (Guyane, la Réunion, Martinique, Guadeloupe) qui par différence avec les caisses de la métropole recouvre les cotisations, gère conjointement les risques maladies, accidents du travail et vieillesse pour les travailleurs salariés du régime général et du régime agricole, et pour les travailleurs indépendants.

Sigle  : CGSS

[E]

direction générale de la santé l.f.

head office of the health

Direction appartenant au ministère chargé de la Santé, principalement chargée de l’ensemble des questions sanitaires du pays.
Elle comprend quatre sous-directions :

médecine générale l.f.

general practice, general medicine

Activité médicale qui vise le diagnostic et le traitement de toutes les maladies, quels qu’en soient le siège et la nature, survenant chez des personnes de tout âge.
La médecine générale s’oppose ainsi à la médecine de spécialité.

généraliste

paralysie générale l.f.

general paralysis, paralytic dementia

Méningoencéphalite syphilitique survenant environ 15 années après la primo-infection, diffuse et progressive, devenue exceptionnelle depuis l'utilisation de la pénicilline.
Après un début progressif, parfois médicolégal, elle associe :
- un syndrome psychique avec signes frontaux (surtout euphorie béate et indifférence), idées délirantes mégalomaniaques absurdes (imaginatives et fabulatoires) et évolution vers une démence apathique profonde : d'où la dénomination elliptique de paralysie générale ;
- un syndrome neurologique avec tremblement fin, menu, rapide, des extrémités et de la région labiolinguale, dysarthrie particulière comportant un achoppement au milieu des mots longs, signe d'Argyll-Robertson, réaction cellulaire du LCR, hyperalbuminorachie et test de Nelson positif.
En fait, les expressions sont multiples. Il faut penser d'autant plus à une paralysie générale qu'elle est devenue exceptionnelle.
Sous traitement, institué le plus précocement possible, une régression, plutôt une stabilisation ou des résultats dissociés, sont possibles.

A. Bayle, neurologue français (1822) ; A. Fournier, dermatologiste et syphililologue français, membre de l’Académie de médecine (1894)

Syn. maladie de Bayle, méningo-encéphalite syphilitique

syphilis (troubles psychiques et )

recombinaison générale l.f.

general recombination

recombinaison homologue

doublets (théorie des) l.f.

doublets theory

Théorie destinée à expliquer les phénomènes électriques observés dans le muscle cardiaque pendant son excitation.
- La dépolarisation d’une région myocardique excitée peut être figurée par le cheminement, le long de l’onde d’excitation d’un train de

tiraillement des membranes (théorie du) l.f.

stretching of the membranes theory

Hypothèse selon laquelle les métrorragies du placenta prævia seraient dues à un tiraillement par les contractions utérines des membranes insérées bas sur le segment inférieur de l’utérus.

théorie des graphes l.f.

Selon le théorème d’Euler1 un graphe est constitué d'un ensemble non vide d'éléments appelés sommets et d'un ensemble de paires de divers sommets appelées arêtes2.
Les graphes sont essentiellement des objets topologiques plutôt que des objets géométriques, c’est à dire qu’ils expriment les liens entre des sommets plutôt que de définir la position des sommets et des arêtes dans l’espace. Un graphe peut donc être dessiné en une infinité de graphes différents mais équivalents2.
La structure cérébrale en réseau se prête à une interprétation selon la théorie des graphes.
Des mesures de l'activité du cerveau humain peuvent être obtenues par diverses techniques d'imagerie neuro-fonctionnelle. Dans le domaine des neurosciences, les études menées grâce à ces nouvelles techniques sont appelées études d'activation. Elles mettent en évidence l'organisation en réseau des aires cérébrales mises en jeux lors de la réalisation de tâches cognitives particulières. La complexité du traitement de l'information cérébrale et l'incomplétude de l'observation rendent difficile l'interprétation de ce fonctionnement et rendent nécessaire la construction d'un outil de modélisation et de simulation. La nécessité de comprendre l'organisation fonctionnelle du cerveau humain, nous impose en plus de recourir à des formalismes permettant d'en avoir une représentation explicite. Les graphes d'influences 2 sont tout à fait appropriés à la représentation de la double organisation du cerveau, en réseaux anatomiques (structurels) et fonctionnels. L'originalité de cette approche est double. D'une part, elle propose une architecture hiérarchique fondée sur la notion de composant et qui permet de réduire la complexité des modèles tout en augmentant leur réutilisabilité. D'autre part, elle utilise un formalisme unique pour décrire les niveaux structurels et fonctionnels cérébraux. La modélisation explicite de l'information cérébrale nous a conduit à proposer une représentation qualitative mixte sous la forme de couples (intervalle, symbole). Ceci permet à la fois de prendre en compte l'amplitude de cette information, bruitée par les techniques d'imagerie, et sa catégorie. La simulation consiste en la propagation des influences à chaque instant d'une horloge discrète. Ce mécanisme permet de prendre en compte les processus automatiques qui constituent la majeure partie du fonctionnement cérébral. L’exploration du fonctionnement du cerveau humain réside dans la mise à disposition des chercheurs en neurosciences, d'un formalisme permettant d'exprimer explicitement, à un haut niveau d'abstraction, les hypothèses sur la propagation de l'information cérébrale et d'un simulateur permettant de les mettre en œuvre. Les hypothèses sont décrites dans des modèles où l'architecture causale offre un support à l'expression des réseaux anatomiques d'aires cérébrales, chacune d'entre elles étant représentée par un sous-réseau fonctionnel de processeurs d'information 3.

Réf. 1 - L. Euler -« Solutio problematis ad geometriam situs pertinentis » - Commentarii academiae scientiarum Petropolitanae 8, 1741, pages 128-140
2 - F Somon, A Fraysse – « Théorie des graphes » - mémoire - math.univ-toulouse.fr

connectomique, connectivité fonctionnelle

[B2,H1,H5]

appui pelvien (théorie de l') l.f.

Jarrousse’s theory

Hypothèse selon laquelle l'appui de la tête fœtale contre la symphyse pubienne conditionne son supplément de flexion pour les présentations en variété antérieure, et son supplément de déflexion pour les présentations en variété postérieure : la tête tourne, le tronc suit.

Syn. théorie de Jarrousse

Bandl Frommel (théorie de) l.m.

Bandl Frommel’s theory

Théorie selon laquelle la rupture de l'utérus gravide serait due, lors de contractions utérines d'une intensité excessive, à la conjonction de deux forces opposées : la distension du segment inférieur ou méchystase, et le raccourcissement du corps utérin ou brachystase.
L. Bandl (1842-1898) et R. Frommel (1854-1912), gynécologues obstétriciens allemands

[O3]

Édit. 2019

bloc progestéronique de Csapo (théorie du) l.f.

Csapo's progesterone block theory

Théorie selon laquelle l'activité contractile de l'utérus gravide dépend de la concentration intramyométriale et de l'action locale de la progestérone dans le myomètre.
La distension utérine diminue progressivement cette influence et entraîne la disparition du blocage progestéronique à partir de la 32ème semaine.

A. I. Csapo, médecin endocrinologue américain  (1956)

Édit. 2017

Borell et Fernström (théorie de) l.f.

Borell and Fernström’s theory

Théorie selon laquelle la présentation du front est due à l'ouverture malencontreuse de la bouche du fœtus, la mandibule venant alors se bloquer sur la margelle du petit bassin.

U. Borell et I. Fernström, gynécologues suédois (1957)

Édit. 2017

Breus (théorie de) l.f.

Breus’ theory

Théorie selon laquelle les ruptures utérines spontanées au cours du travail prolongé succèderaient à une compression localisée du myomètre par la présentation, la rupture utérine étant consécutive à une ischémie liée à cette compression.

C. Breus, gynécologue obstétricien autrichien (1852-1914)

Édit. 2017

Burger (théorie de) l.f.

Burger's theory

Théorie selon laquelle les anomalies de la rotation intrapelvienne de la tête fœtale variété occipitosacrée sont dues à une asymétrie contractile des éléments antérieurs et postérieurs de l'utérus.

Édit. 2017

butée sacro-iliaque (théorie de la) l.f.

sacro-iliac abutment theory

Théorie mécanique expliquant la flexion de la tête au cours de l'accouchement normal du fœtus en présentation du sommet en occipito-antérieure.
La tête fœtale est soumise à l'action des contractions utérines et aux contre-pressions du détroit supérieur ; la partie de la tête située en avant de l'articulation atloïdo-occipitale étant plus longue que la partie située en arrière tend à se fléchir.

Édit. 2017

Csapo (théorie de) l.f.

Csapo's theory

A. I. Csapo, physiologiste américain (1962)

bloc progestéronique de Csapo

[O3]

Demelin (théorie de) l.f.

Demelin’s theory

Théorie selon laquelle la rotation de la tête fœtale dans l'excavation pelvienne dépend de son degré de flexion.
Après contact de la tête fœtale avec l'arc antérieur du bassin sous l'effet de la contraction utérine, la tête tourne en avant si elle est bien fléchie, car tous les points de contact, le menton, les os malaire, pariétal et mastoïde, se trouvent en avant du pivot vertébral de rotation alors que la tête tourne en arrière, si elle est mal fléchie, car deux des points de contact se trouvent alors en arrière du pivot de rotation constitué par l'apophyse odontoïde de l'axis.

L. A. Demelin, acccoucheur français (1861-1921)

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