Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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antigènes (détection immunochimique d') l.f.

immunochemical detection of antigens

1) Méthode directe : un anticorps (Ac), conjugué à un fluorochrome, est appliqué directement sur une préparation histologique ou cytologique et se lie à l'antigène (Ag) présent dans la cellule ou le tissu.
Ce complexe Ag-Ac est détecté grâce à un microscope à fluorescence.
2) Méthode indirecte, dite en couches multiples : l'Ac est appliqué directement sur le tissu et visualisé après traitement par un sérum anti-immunoglobuline, ou Ac secondaire, qui peut être lié à un fluorochrome.
Cette technique accroît la force du signal ; la puissance de celui-ci peut encore être amplifiée par des cascades ultérieures de révélation de la présence de l'Ac secondaire.

antirepliement en IRM l.m.

no phase wrap

Technique permettant de supprimer l’artéfact de repliement en IRM.

artéfact de repliement (en IRM)

[B2,B3]

Édit. 2018

antireflux (dispositif) l.m.

antireflux technique

Point particulier de technique chirurgicale qui s'applique à une anastomose urétérovésicale pour lui permettre de s'opposer à un reflux vésico-urétéral.
La base de ce dispositif est dans la plupart des cas la confection d'un tunnel sous-muqueux dans lequel est glissé l'uretère avant son anastomose.

opération antireflux

antireflux urinaire (dispositif) l.m.

urinary antireflux technique

Technique chirurgicale qui s’applique à une anastomose urétérovésicale pour lui permettre de s’opposer à un reflux vésico-urétéral.

opération antireflux, reflux vésico-urétéral acquis, reflux vésico-urétéral congénital

[M2]

Édit. 2017

aortographie abdominale l.f.

abdominal aortography

Examen radiographique, après opacification de l'aorte abdominale et de ses branches (tronc cœliaque, artères mésentériques et artères rénales en particulier).
Dans le passé, deux techniques ont été proposées :
1- voie veineuse après mise en place d'un cathéter de gros calibre dans une veine fémorale ou dans les deux veines basiliques;
2- ponction directe de l'aorte par voie postérolatérale à l'aide d'un trocart spécial (technique de Dos Santos).
La méthode de Seldinger a détrôné les deux précédentes ; effectuée par voie fémorale à l'aide d'un cathéter monté jusqu'en D11-D12, elle nécessite des clichés faits à une cadence très rapide.

aortoraphie n.f.

aortorrhaphy

Procédé technique utilisé pour refermer une aorte blessée ou délibérément ouverte (aortotomie). L’aortoraphie utilise soit des points séparés de fil non résorbable, soit un surjet. Ces sutures peuvent s’appuyer sur des attelles si la paroi aortique est fragile (attelles de tissu ou de feutre).

apicolyse n.f.

apicolysis

Intervention chirurgicale complémentaire d'une thoracoplastie, consistant à libérer tout le sommet d'un poumon adhérent massivement à la coupole pleurale ainsi que son versant interne pour obtenir un collapsus pulmonaire équilibré. On sépare ce sommet de ses attaches de voisinage.
On distingue :
- l'apicolyse extrafasciale consistant à sectionner les éléments de l'appareil suspenseur de la plèvre et à libérer les 2 ou 3 espaces intercostaux. Cette technique de Semb est pratiquement abandonnée.
- l'apicolyse extrapleurale est réalisée en décollant l'apex au tampon dans le plan extrapleural sur une hauteur de 5 à 6 cm.

Étym. gr. apex : sommet ; lysis : destruction.

appertisation n.f.

appertization

Technique de traitement thermique en récipients hermétiques, destiné à prolonger la durée de conservation de certaines denrées alimentaires.

N. Appert, confiseur français (1749-1841)

aquaculture n.f.

Activité ayant pour objet l’élevage et la production à des fins commerciales, d’espèces aquatiques végétales et animales en eau douce, saumâtre ou salée, dans des milieux naturels ou artificiels.
Aquaculture et pisciculture nécessitent l’usage d’eaux exemptes de polluants chimiques ou microbiologiques. Les productions font l’objet d’une surveillance de qualité de la part des services vétérinaires et de l’institut scientifique et technique des pêches maritimes.

santé publique vétérinaire

Arcelin (profil d') l.m.

Arcelin's view

Incidence radiographique de profil de hanche permettant, sur un sujet en décubitus, une bonne visualisation du col fémoral du côté à examiner, en ne mobilisant que le membre inférieur du côté opposé.
Elle est utilisée dans les examens en urgence en cas de suspicion de fracture du col fémoral et s'emploie également dans la mesure de l'angle d'antéversion selon la technique de Magilligan.

F. Arcelin, médecin radiologue français (1876-1942)

arcthérapie n.f.

arctherapy

Méthode d'irradiation d'une tumeur profonde, la source de rayonnement X ou γ se déplaçant sur un arc de cercle dont l'axe passe par le centre du volume tumoral.
La tumeur (vésicale, prostatique, utérine) reçoit ainsi une dose optimale alors que les organes sains voisins sont épargnés.
Cette technique est plus simple que la cyclothérapie qu'elle a remplacée, mais on lui préfère généralement l'irradiation par 3 ou 4 faisceaux croisés.

Syn. radiothérapie pendulaire

cyclothérapie

ARM par soustraction l.f.

subtraction MRA

Méthode d'ARM consistant à soustraire pixel par pixel deux images, les vaisseaux de l'une d'elles présentant un signal élevé par rapport à ceux de l'autre.
La technique la plus utilisée est l'angiographie par contraste de phase.

ARM par contraste de phase

Édit. 2018

arme biologique l.f.

biological weapon

Emploi des agents biologiques, bactéries, virus, parasites, mycètes et toxines, comme armes au cours des guerres ou des actions terroristes.
De nos jours, ces agents risquent d’être redoutables dans les mains de terroristes (« bombe atomique du pauvre »), étant donné leur facilité de production.
Les principaux agents sont les bacilles du charbon, de la peste, de la typhoïde, les virus de la variole, de la grippe, des fièvres hémorragiques, les toxines botuliques (dose létale per os 0,1 µg, par voie parentérale 0,1 ng) et des toxines végétales telle que la ricine ou l’abrine, extraites des graines de ricin ou d’abrus (légumineuse tropicale). Les agents biologiques sont déposés sur des petites plumes, qui facilitent la dispersion lors de l'explosion de la bombe.
Pour être efficace et provoquer de graves dommages, la dispersion de l'agent biologique doit se faire par aérosols, ce qui suppose une technique militaire assez complexe. Les terroristes peuvent difficilement atteindre ce degré d'efficacité de sorte que leurs attentats ne peuvent pas faire généralement de nombre

bioterrorisme

artefact n.m.

artefact, artifact

En imagerie, image anormale créée par la technique, sans signification diagnostique, mais pouvant gêner l'interprétation.
En radiologie conventionnelle, les artéfacts ont de multiples causes : contraintes mécaniques sur le film, défauts de développement, électricité statique, ombres parasites sur le faisceau RX, etc.
En scintigraphie, ils sont dus essentiellement aux mouvements du malade et aux fluctuations statistiques.
En scanographie, ils relèvent surtout des mouvements des malades, des corps étrangers et prothèses diverses, et du phénomène de volume partiel.
En échographie, en plus du phénomène d'aliasing, on note surtout des échos de répétition et des ombres de réfraction.
En IRM, les causes d'artéfacts sont nombreuses : déplacements du patient ou d'organes mobiles (battements cardiaques, respiration, péristaltisme intestinal, pulsation du liquide cérébrospinal, mouvements oculaires) ; phénomènes de flux ; présence de matériel ferromagnétique (prothèses métalliques, valves de dérivations, clips chirurgicaux, corps étrangers métalliques) ; phénomène d'aliasing ; artéfacts de susceptibilité magnétique, de troncature (artéfact de Gibbs), de déplacement chimique, voire artéfacts liés à des émissions d'ondes de radiofréquences externes (insuffisance de la cage de Faraday).

Étym. lat. artis facta : effet de l'art

contrindication

artérialisation n.f.

arterialization

En andrologie, technique chirurgicale peu usitée d'anastomose artérielle à la veine distale de la verge en vue de traiter certaines insuffisances érectiles.

artériographie de l'artère iliaque interne l.f.

arteriography of the internal iliac artery

Étude radiographique du pelvis après opacification de l'artère iliaque interne (artère hypogastrique) et de ses branches par un contraste iodé hydrosoluble.
L'examen est sélectif, voire hypersélectif, utilisant la technique de Seldinger; la voie préférentielle par ponction de l'artère axillaire gauche permet de descendre un cathéter dans l'artère iliaque interne, puis dans les branches de celle-ci.

Syn. artériographie hypogastrique

artériographie pudendale l.f.

pudendal arteriography

Examen radiographique de l'artère pudendale, au cours de l'injection d'un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'artère pudendale nait de l'hypogastrique et se termine principalement par l'artère pénienne.
L'examen peut être pratiqué dans le bilan des impuissances d'origine vasculaire après étude des vaisseaux de la verge par échodoppler. Le cathétérisme selon la technique de Seldinger est plus aisé par voie axillaire bilatérale.
La visualisation des branches artérielles péniennes recourt habituellement à l'injection intra- caverneuse préalable d'agents vaso-actifs (prostaglandine E1 par ex.).

Syn. artériographie honteuse interne

artériographie supra-rénale l.f.

suprarenal arteriography

Étude radiographique des glandes supra-rénales (surrénales) après opacification de leurs pédicules artériels par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen s'effectuait par cathétérisme sélectif des deux pédicules principaux qui vascularisent de chaque côté la glande supra-rénale : l'artère supra-rénale inférieure (surrénale inférieure) née de l'artère rénale et l'artère phrénique (diaphragmatique), née directement de l'aorte ou du tronc cœliaque. Cette technique a pratiquement perdu ses indications au profit de la scanographie et de l'IRM.

Syn. artériographie surrénale, angiographie surrénale

artériographie thyroïdienne l.f.

thyroïd arteriography

Étude radiographique de la glande thyroïde après opacification des artères thyroïdiennes supérieures et inférieures par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
Cette technique n'a jamais connu un grand développement.

Syn. angiographie thyroïdienne

artériographie vertébrale l.f.

vertebral arteriography

Exploration radiologique d'une artère vertébrale et de son territoire après injection d'un produit de contraste iodé hydrosoluble, réalisée par montée sélective d'un cathéter dans l'artère vertébrale par voie fémorale (méthode de Seldinger).
L'artériographie vertébrale était, à l'origine, effectuée par ponction directe de l'artère vertébrale au cou, technique très délicate actuellement abandonnée en raison des risques. Les clichés en série étaient traités par soustraction. Sur les installations modernes, un système de numérisation de l'image permet la soustraction électronique (angiographie numérisée).

arthrodèse vertébrale intersomatique l.f.

inter-body fusion

Technique de fusion entre deux vertèbres par excision discale, avivement des plateaux vertébraux et apport de greffons osseux avec ou sans insertion de matériel destiné à maintenir la hauteur de l’espace discal.

Étym. gr. arthron : articulation ; dèsis : fusion, lat. inter : entre ; gr. sôma : corps

arthrodèse vertébrale postérieure l.f.

posterior spine fusion

Fixation de deux ou plusieurs vertèbres par intervention sur les arcs postérieurs avivés, greffés et éventuellement fixés par du matériel métallique, destinée à assurer la correction de déformations et à maintenir la rigidité de la zone greffée durant le temps de consolidation.
De très nombreuses techniques ont été décrites selon le mode d’avivement, le type de greffon osseux, le matériel d’ostéosynthèse employé, la méthode d’immobilisation postopératoire. La greffe d’Albee par greffon osseux encastré dans les apophyses épineuses dédoublées parait très insuffisante. La technique de Hibbs comporte l’avivement des interarticulaires postérieures avec ou sans encastrement de copeaux osseux. Les techniques les plus utilisées associent un avivement très large de toute la face postérieure de l’arc postérieur depuis les apophyses épineuses jusqu’aux apophyses transverses à l’apport de greffons corticospongieux et spongieux et une fixation métallique. D’autres techniques sont plus spécifiques à la fixation lombosacrée et cervico-occipitale.

R. A. Hibbs, chirurgien américain (1911)

Étym. gr. arthron : articulation ; dèsis : fusion

Albee (greffe d'), Harrington (instrumentation de), Hibbs (opération de)

arthrographie n.f.

arthrography

Ensemble des radiographies d'une articulation réalisées, sous diverses incidences, après injection intra-articulaire d'un produit de contraste iodé hydrosoluble (arthrographie opaque) ou d'air (arthrographie gazeuse ou pneumo-arthrographie) ou des deux associés (double contraste).
Cette technique permet d'étudier en détail les surfaces articulaires, la face profonde de la capsule, ses expansions, sa capacité ou sa rupture éventuelle, ainsi que, pour certaines articulations, les ménisques et les ligaments qui les traversent. Éventuellement, elle met en évidence des corps étrangers intra-articulaires, voire des tumeurs. Elle peut se compléter par une arthroscanographie.
Cet examen, sauf cas particuliers, est de plus en plus remplacé par l'IRM et / ou l'arthro IRM.

Étym.  gr. arthron : articulation ; graphein : écrire

arthroscintigraphie n.f.

arthroscintigraphy

Image scintigraphique d'une articulation obtenue après injection intra-cavitaire d'un radio-isotope. Technique obsolète.

Étym. gr. arthron : articulation

scintigraphie

ASA (classification) l.f. sigle angl. pour American Society of Anesthesiologists.

ASA physical status

Cotation en cinq classes des patients devant subir une anesthésie, proposée par l’American Society of Anesthesiologists.
Classe 1 : patient en bonne santé.
Classe 2 : patient atteint d’une maladie générale modérée.
Classe 3 : patient atteint d’une maladie générale grave mais non invalidante.
Classe 4 : patient atteint d’une maladie générale mettant en jeu le pronostic vital.
Classe 5 : patient moribond qui ne survivrait pas 24 heures sans l’intervention, dont le résultat est aléatoire.
Cette cotation, très utilisée en anesthésiologie, est basée sur l’évaluation clinique du patient et la limitation par la maladie de ses activités dans la vie courante. La lettre U est ajoutée au numéro de la classe si l’intervention est réalisée en urgence.
Les catégories ASA sont assez bien corrélées aux risques péri-opératoires liés au patient et au type de chirurgie. Par contre, cette catégorisation est moins performante dans la prévision du risque anesthésique proprement dit qui, la plupart du temps, est indépendant de l’état du patient, mais lié à une défaillance humaine ou technique.

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