Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Rambaud-Galian-Touchard (syndrome de) l.m.

Rambaud-Galian-Touchard’s syndrome

Hyalinose des capillaires, des artérioles et des petites veines du tube digestif, des reins, associée à des calcifications cérébrales et une poïkilodermie.
Ce syndrome est caractérisé par une petite taille, une malabsorption, une insuffisance rénale, une protéinurie, une diarrhée et des hémorragies rectales. La peau est fine avec lipoatrophie. On note un blanchissement prématuré des cheveux à 20 ans, et des télangiectasies des muqueuses. Au niveau des yeux, il existe une dystrophie rétinienne périphérique de type ischémique et des cicatrices choriorétiniennes pigmentées. L’affection est autosomique récessive (MIM 277175).

J. C. Rambaud, A. Galian, G, Touchard, médecins français (1986)

Syn. hyalinose vasculaire

retard mental lié au chromosome X fragile l.m.

fragile X mental retardation syndrome

Retard mental sévère associé à une dysmorphie faciale et d’autres anomalies plus inconstantes dû à des anomalies du bras long du chromosome X à transmission dominante et à pénétrance variable.
La déficience mentale est plus fréquente et plus marquée chez les garçons (1/1500) que chez  les filles (1/7000). Le QI est inférieur à 50 chez le garçon, de 70 à 85 chez la fille. L’affection est décelée par un retard  du langage et des troubles du comportement. La dysmorphie faciale comporte une hypoplasie de l’étage moyen, un prognatisme modéré, une grande bouche aux lèvres épaisses et des grandes oreilles mal ourlées. D’autres signes sont inconstants : hyperlaxité articulaire, pectus arcuatum et scoliose, macro-orchidisme ou macrogénitosomie et dans environ 30% des cas, on peut trouver un ptosis, un nystagmus, un astigmatisme, une  myopie, un strabisme, une cataracte, et une dystrophie grillagée. Pour certains auteurs la couleur bleue de l'iris est constamment observée (dans les types FRAXA, C1 ou C2). L’examen IRM montre des malformations cérébrales et cérébelleuses
 Il existe plusieurs sites fragiles du chromosome X au bout du bras long, visibles uniquement sous certaines conditions de culture in-vitro (sites AC1, AC2, D, F, E). Le site pour la forme FRAXA est en Xq27.3 ; il est en Xq28 pour la forme FRAXE. Pour le gène FRAXA, la mutation correspond à l’expansion d’une séquence du triplet CGG répétée qui a pour conséquence une régulation négative du gène ; les garçons ayant une répétition de plus de 200 présentent toujours la maladie (mutation complète) ; entre 52 et 200 répétitions on considère les hommes comme porteurs sains et les femmes comme conductrices (sujets dits « prémutés). (MIM 309550).

H. A. Lubs, pédiatre américain (1969)

X fragile (chromosome), Martin-Bell (syndrome de)

rétinite pigmentaire autosomique récessive liée à la rhodopsine l.f.

retinitis pigmentosa autosomal recessive

Rétinite résultat d'une mutation nulle du gène de la rhodopsine (protéine inactive) qui a été trouvée sur une patiente canadienne d'origine française.
La maladie se traduit par une dystrophie mixte avec ERG éteint en scotopique et réduit en photopique, la pigmentation rétinienne est caractéristique, ostéoblastique en mi-périphérie et les parents hétérozygotes présentent une diminution des réponses scotopiques. Gène RHO en 3q21-q24 (RHO glu249ter). L’affection est autosomique récessive (MIM 180380.0023)

P. J. Rosenfeld, médecin généticien américain (1992)

électrorétinogramme, ERG, pigments de type ostéoblastiques, rhodopsine, scotopique, vision photopique, vision scotopique

rétinite pigmentaire péricentrale dominante l.f.

retinopathy, pericentral pigmentary dominant

Dystrophie rétinienne péricentrale qui a été décrite dans quatre familles du nord de la Norvège.
Dégénérescence rétinienne pigmentaire péricentrale avec héméralopie débutant dans l'adolescence et donnant une cécité vers la sixième ou septième décade de la vie avec la classique pigmentation ostéoblastique, une atrophie optique et des artères rétrécies. L'aspect est cependant entièrement différent de la rétinopathie décrite par Traboulsi en 1988 et qui est récessive. L’affection est autosomique dominante (MIM 180210).

J. Grøndahl, généticien norvégien (1987) ; E. I. Traboulsi, ophtalmologiste américain (1988)

héméralopie

rétinite pigmentaire péricentrale récessive l.f.

retinopathy pericentral pigmentary recessive

Dystrophie rétinienne péricentrale peu évolutive.
Dégénérescence rétinienne pigmentaire avec héméralopie débutant dans l'enfance avec la classique pigmentation ostéoblastique péricentrale mais sans atrophie optique et avec des vaisseaux normaux. Il existe également, associée à cette dégénérescence rétinienne, une hypermétropie, un astigmatisme et un strabisme. L’affection semble, pour Traboulsi, ne pas s'être modifiée sur une dizaine d'années d'observation, elle est donc de bon pronostic. L’hérédité est autosomique récessive (MIM 180210).

J. Grøndahl, généticien norvégien (1987)

rétinohépatoendocrinologique (syndrome) l.m.

retinohepatoendocrinologic syndrome

Syndrome caractérisé par une cécité totale aux couleurs, une dystrophie progressive des cônes, une dégénérescence hépatique et une dysfonction endocrinienne.
Il peut s’y associer également un hypothyroïdisme, un diabète, des avortements à répétition ou une stérilité. Le fond d'œil montre une atrophie optique, des vaisseaux rétrécis et une rétine atrophique sans pigmentations. La fonction photopique est éteinte. L’affection est autosomique récessive (MIM 268040).

Ingegerd Frøyshov Larsen, médecin interniste norvégienne (1978)

rétinopathie cristalline de Bietti l.f.

Bietti crystalline retinopathy

Dystrophie cristalline marginale cornéenne, associée à une rétinite ponctuée albescente atypique.
Débute vers 35 à 40 ans, touche habituellement les hommes. On trouve de nombreuses ponctuations rétiniennes cristallines disséminées dans toutes les couches de la rétine, avec une atrophie géographique de l'épithélium pigmenté au pôle postérieur et en mi-périphérie visibles en fluorographie. La vision reste bonne et l'ERG et l'EOG sont normaux au tout début, puis l'EOG s'altère. L’affection est autosomique récessive (MIM 210370, parfois dominante).

R. Nyssen et L. van Bogaert, baron, membre de l'Académie de médecine, neuropathologistes belges (1934) ; GB. Bietti ophtalmologiste italien (1937)

Syn. dystrophie de Bietti

EOG, ERG

RTPG gene l.angl. pour retinitis pigmentosa GTPase regulator

Gène, situé sur le locus chromosomique Xp21.1, codant pour une protéine importante pour la structure des cellules ciliaires qui sont des éléments indispensables pour la perception sensorielle de l’audition, l’odeur et la vision.
Des mutations de ce gène entraînent la rétinite pigmentaire, la dystrophie des cônes et des bâtonnets, la dyskinésie ciliaire primitive

dystrophie des cônes et des bâtonnets, rétinite pigmentaire, dyskinésie ciliaire primitive

Ruvalcaba-Myhre-Smith (syndrome de) l.m.

Ruvalcaba-Myhre-Smith’s syndrome

Syndrome de Sotos (gigantisme cérébral) avec polypose intestinale et anomalies pigmentées génitales.
Il associe une grande taille, une macrocéphalie, un retard de fermeture de fontanelle, un retard psychomoteur, une myopathie, une polypose colique et des taches café au lait sur le pénis. On peut trouver au niveau des yeux une dystrophie de cornée. L'affection est autosomique dominante (MIM 117550, Gendiag 5175).

R. H. Ruvalcaba, Selma A. Myhre, D. W. Smith, pédiatres américains (1980)

Sammartino-de Creccio (syndrome de) l.m.

Sammartino-de Creccio’s syndrome

Association d’une microcéphalie avec retard mental modéré, d’une ichtyose et d’une dystrophie cornéenne.
Le faciès microcéphale est dysmorphique avec prognathisme, nez long et gros en bulbe, lèvres minces et rétractées. La maladie n’est pas retrouvée dans le Mendelian Inheritance in Man (MIM). L’hérédité est indéterminée (Gendiag 5216).

A. Sammartino et G. de Crecchio, ophtalmologues italiens (1982)

sarcoglycane n.m.

sarcoglycan

Glycoprotéine musculaire associée à la dystrophine et aux dystroglycanes.
On distingue un α-sarcoglycane, un β-sarcoglycane et un -sarcoglycane. Le gène de l'α-sarcoglycane est localisé sur le chromosome 17q ; il a été trouvé muté dans une famille atteinte de dystrophie musculaire progressive de survenue tardive. Celui du β-sarcoglycane est localisé sur le chromosome 4q12 ; il a été trouvé muté dans une famille atteinte de myopathie des ceintures de survenue tardive. Celui du -sarcoglycane est localisé sur le chromosome 13q12 ; il a été trouvé muté dans des familles tunisiennes et japonaises atteintes de myopathie des ceintures de survenue précoce.

scaphoïdite carpienne l.f.

Preiser's disease

Dystrophie de l'os scaphoïde caractérisée par des douleurs du poignet et une condensation irrégulière de l'os sur les radiographies.
Elle est considérée comme une nécrose aseptique d'origine traumatique ou microtraumatique.

G. Preiser, chirurgien orthopédiste allemand (1910) ; A. Köhler, médecin radiologue allemand (1908) et A. Mouchet, chirurgien français (1898)

Syn. maladie de Köhler-Mouchet

ostéonécrose

scaphoïdite tarsienne l.f.

tarsal scaphoïditis, Köhler’s disease

Altération de l'os naviculaire du tarse chez l'enfant vers 4 à 8 ans, évoluant vers la guérison spontanée.
Elle se traduit par des douleurs à la marche et un léger gonflement ; la radiographie montre un aspect irrégulier, aplati et condensé de l'os : elle répond à une dystrophie de croissance avec phénomène de nécrose partielle de l'os.

A. Köhler, radiologue allemand (1908)

Syn. maladie de Köhler

Scheuermann (maladie de) l.f.

Scheuermann’s disease

Dystrophie rachidienne de croissance à l’origine d’une hypercyphose thoracique, en général douloureuse.
La maladie de Scheuerman est classiquement définie par une déformation cunéiforme antérieure d’au moins trois vertèbres thoraciques adjacentes, occasionnant une accentuation de la cyphose thoracique physiologique. Assez fréquente, cette affection - bien que pouvant parfois être asymptomatique - se manifeste habituellement chez un adolescent par des dorsalgies ou des lombalgies mécaniques et une hypercyphose thoracique réductible, au moins initialement.
A l’état normal, les faces crâniale et caudale du corps vertébral de l’enfant et de l’adolescent, sont recouvertes par un disque cartilagineux, équivalent de l’épiphyse de la vertèbre. La périphérie de ce disque (listel marginal), s’ossifie entre 14 et 25 ans et sert d’ancrage aux fibres périphériques de l’annulus fibrosus ou fibres de Sharpey.
L’ostéochondrose de Scheuerman est liée à une fragilité temporaire, présente chez certains adolescents, de l’ensemble fonctionnel constitué par le plateau vertébral, le listel et le disque intervertébral.
Elle se traduit en imagerie (radiographies, EOS, IRM, scanner) par des anomalies de ces trois structures : fissures, amincissement, ulcérations, aspect feuilleté des plateaux vertébraux ; aspect cunéiforme des corps vertébraux dû au ralentissement de leur croissance antérieure ; discopathies dégénératives ; hernie de matériel discal dans le corps vertébral à travers le plateau vertébral (hernies intra-spongieuses ou nodule de Schmorl) ; hernie discale antérieure entre listel marginal antérieur décollé et corps vertébral (hernie rétromarginale antérieure) ; hernie discale postérieure vers le canal vertébral entre listel marginal postérieur décollé, refoulé en arrière dans le canal et corps vertébral (hernies pré-marginale postérieure).
L’imagerie doit être source de l’irradiation la plus basse possible : examen EOS de la statique spino-pelvienne, IRM, et scanner seulement si c’est indispensable.
Le traitement de la maladie de Scheuerman est en général rééducatif, parfois orthopédique (corset), exceptionnellement chirurgical.

H. W. Scheuermann, chirurgien orthopédiste et radiologue danois (1920)

Syn. ostéochondrose vertébrale de croissance, épiphysite vertébrale, ostéochondrite vertébrale, ostéochondrose juvénile dorsale, cyphose juvénile, cyphose des adolescents

Schmorl (nodule de)

[I,O1]

Édit. 2017

Scheuthauer (syndrome de) l.m.

Scheuthauer’s syndrome, cleidocranial dysostosis

Dystrophie congénitale des os de membrane associant une absence de clavicule, un élargissement de la fontanelle antérieure et une cyphose dorsale.
Elle se transmet sur le mode autosomique dominant.

G. Scheuthauer, anatomo-pathologiste hongrois (1871)

Syn. dysostose cléidocrânienne héréditaire, syndrome de Pierre Marie et Sainton, syndrome de Scheuthauer-Marie-Sainton

sclérose aréolaire centrale l.f.

central areolar choroïdal dystrophy

Dystrophie choroïdienne et épithéliale de la région maculaire.
Cette affection rare, autosomique dominante, débute à l’adolescence et altère la vision centrale au cours de la quatrième décennie.

Syn. sclérose choroïdienne aréolaire centrale

Seitelberger (dystrophie neuroaxonale de) l.f.

Seitelberger’s disease, Seitelberger’s neuroaxonal dystrophy

Dystrophie neuroaxonale infantile avec atrophie du cortex cérébral, tétraparésie spastique, démence, et cécité.
La maladie débute entre un et dix ans mais devient évidente plutôt à la fin de l'enfance, vers l’âge de dix ans, par  hypotonie musculaire, arrêt du développement, hyposensibilité, aréflexie puis syndrome pyramidal. Comme manifestations ophtalmologiques on trouve : nystagmus pendulaire, kératite sèche avec hyposécrétion lacrymale, et atrophie optique en secteur. L’électrorétinogramme (ERG) est normal et les potentiels évoqués visuels (PEV) sont perturbés. Le décès survient après quelques années d'évolution. Le diagnostic peut être fait par biopsie nerveuse. L’affection est autosomique récessive (MIM 256600), due aux mutations du gène PLA2G6 (22q13.1). Elle représente la forme récessive de la leucodystrophie de Pelizaeus-Merzbacher.

F. Seitelberger, neuropathologiste autrichien (1952) ; F. C. Pelizaeus, neurologue allemand (1885), L. Merzbacher, neurologue allemand (1910) ; H. Bernheimer et F. Seitelberger, neuropathologistes autrichiens (1968)

Syn. dystrophie neuroaxonale infantile

Bernheimer-Seitelberger (maladie de), Pelizaeus-Merzbacher (maladie de)

Sensenbrenner (syndrome de) l.m.

Sensenbrenner's syndrome

Dysplasie crânioectodermique, ciliopathie rare, caractérisée par des malformations congénitales multiples liée à  une anomalie du transport  moléculaire intraciliaire.
L’enfant est de petite taille, le crâne est dolicocéphale avec saillie de la suture sagittale ; les cheveux sont rares, les ongles et les dents déformés ; les mains présentent une brachydactylie et un pli palmaire unique, le thorax est étroit. Les troubles visuels avec photophobie, rétinite pigmentaire et anomalies à l’électrorétinogramme sont dus à une dystrophie des photorécepteurs. On note de plus une néphropathie tubulo-interstitielle, une fibrose hépatique, des anomalies cardiaques. Le décès survient dans l’enfance ou l’adolescence  par insuffisance rénale ou troubles respiratoires.
Sa transmission se fait sur le mode autosomique récessif ; elle est le plus souvent sporadique. Elle est liée à une mutation des gènes IFT (Intra Flagella Transport) : IFT 122, locus en 3q21-q24, WRD 35 locus en 2p24.1-p24.3 et IFT 43 en14q24.3. Ils codent pour des protéines impliquées dans la migration moléculaire dans les cils vibratiles le long des microtubules de l’axonème. Ces protéines sont des sous unités du complexe ITFA qui intervient dans le transport rétrograde  dans le cil, de son extrémité jusqu’à sa base intracellulaire sous l’action de la dynéine1. Le transport antérograde (de la base du cil jusqu’à son extrémité) où interviennent les protéines du complexe IFTB, régulé par la kinsine2,  n’est pas altéré dans ce syndrome.
Des mutations de gènes codant pour les protéines du complexe IFTA sont aussi responsables de syndromes voisins de morphotype différend : un syndrome létal côtes courtes polydactylie (WRD35), le syndrome de Jeune (IFT144) ainsi que d’autres syndromes : de Meckel-Gruber, de Bardet-Bield et certaines néphronoptisies qui entrent actuellement dans le cadre des ciliopathies.

Judith A. Sensenbrenner, ophtalmologiste américaine (1975) ; Heleen Arts, généticienne néerlandaise (2011)

néphronophtise, rétinopathie pigmentaire, ciliopathie, axonème, dystrophie thoracique asphyxiante.

Sillence (classification de) l.f.

Sillence’s classification

Classification des différentes formes de l’ostéogénèse imparfaite selon des critères cliniques et évolutifs.
- Le type I est généralement décelé avant les premiers pas par des déformations des membres, une ostéoporose précoce avec fractures multiples, une laxité articulaire, des sclères bleues et une surdité : il correspond à l’ostéopsathyrose de Lobstein. Sa transmission est dominante autosomique.
- Le type II, forme à début prénatal, est subdivisé en un type II A létal, correspondant à la dystrophie périostale de Porak et Durante et à l’osteogenesis imperfecta congenita de Vrölik, et en un type II B, sévère, autosomique dominant ou récessif. Un type II C létal a été décrit par Sillence en 1984.
- Le type III est très proche du type II B, précoce et sévère, avec des os fragiles, des sclérotiques bleues, une dentinogénèse imparfaite (inconstante) et une surdité de transmission. L’hérédité est dominante autosomique. Une variété plus modérée, dite régressive, se stabilise dans l’enfance.
- Le type IV est très proche du type I : les sclères sont habituellement de couleur normale et la gravité est plus grande.
La multiplicité de ces types et leur fréquente intrication sont dues à la variété des mutations portant sur les gènes codant pour le collagène hétérotrimère avec deux chaînes α1 dont le gène COL1A1 est porté par le chromosome 17 en 17q21-q22 et une chaîne α2 dont le gène COL1A2 est situé sur le chromosome 7 en 7q21.1. Il a fallu associer ou subdiviser les différents types pour classer les très nombreuses formes cliniques liées à ces mutations. D’autres formes de l’ostéogénèse imparfaite ont été décrites, dont le type V, caractérisé par les cals hypertrophiques des fractures et l’ossification de la membrane interosseuse (Soua), le type VII, forme rhizomélique récessive, locus en 3p22-p24.1, et des formes récessives létales : le type VIII avec sclérotiques blanches, nanisme, os très fins hypominéralisés et épiphyses bulbeuses est lié à une mutation du gène LEPRE 1 codant pour l’enzyme P3-H1 (propyl3-hydroxylase1 ou protéine leprecan). 

J. Lobstein, anatomopathologiste français membre de l’Académie de médecine (1777-1835); J. Beau, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1806-1875), W. Vrolik, médecin néerlandais (1849), C. Porak, membre de l’Académie de médecine et G. Durante, médecins français (1905), D. Sillence, généticien australien (1979 et 1984)

ostéogénèse imparfaite, osteogenesis imperfecta de type IV, ostéopsathyrose

sillon unguéal pathologique l.m.

pathological nail groove

Modification de la surface de la tablette unguéale caractérisée par des dépressions linéaires longitudinales ou transversales (lignes de Beau).
Les sillons longitudinaux s'observent dans plusieurs types d'affections chroniques et sont uniques ou multiples. Uniques, ils résultent de tumeurs du repli susunguéal comprimant la matrice unguéale (p. ex. : kyste mucoïde, verrues vulgaires), d'une dystrophie unguéale de Heller, ou de microtraumatismes répétés. Multiples, ils correspondent, soit à une simple accentuation du relief des lignes longitudinales de l'ongle (qui sont physiologiques au cours de la sénescence, mais peuvent se voir dans le lichen plan, la polyarthrite rhumatoïde, etc.), soit à de fins sillons longitudinaux parallèles, comme tracés au poinçon, dans l'onychorrhexie.

J. Beau, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1806-1875)

Beau (lignes de), Heller (dystrophie unguéale de), onychorrhexie

Sjögren-Larsson (syndrome de) l.m.

Sjögren-Larsson’s syndrome

Syndrome rare à transmission autosomique récessive associant une ichtyose congénitale, discrètement papillomateuse, avec cheveux clairsemés, des dystrophies dentaires, un bec de lièvre, et des anomalies neurologiques à type de paraplégie ou de quadriplégie, d’ataxie spino-cérébelleuse, de dysarthrie ou de dysphagie.
L’examen oculaire peut montrer un hypertélorisme, une microphtalmie, parfois une dystrophie maculaire faite de petites taches brillantes ou d’une atrophie aréolaire centrale avec dépôts cristallins périmaculaires. D’autres signes ophtalmologiques sont plus exceptionnels : opacités cornéennes, kératite ponctuée, blépharoconjonctivite.
Le mécanisme physiopathologique est une diminution marquée de l’oxydoréductase des alcools gras NAD+.

K. G. T. Sjögren, psychiatre et généticien suédois ; T. Larsson, statisticien suédois (1957)

Smith-Magenis-like (syndrome) l.m.

1p terminal deletion disorder

Syndrome associant  un retard de croissance avec petite taille, une dystrophie craniofaciale des troubles importants du comportement évoquant un syndrome de Smith-Magenis. Evoquent ce syndrome : l’hypoplasie de l’étage moyen de la face, un prognatisme, des anomalies dentaires, oculaires, des oreilles, une brachydactylie, une scoliose, des troubles du comportement, un retard moteur et de la parole, des automutilations.
L’examen génétique montre une monosomie 1p36.32-p36.33 dont c’est une forme clinique particulière, différente de la délétion du syndrome de Smith-Magenis en 17q11.2

William, généticien américain (2010) Ann C. Smith, Ellen Magenis, généticiennes américaines (1986)

monosomie 1p36, Smith-Magenis (syndrome)

sous-unité bêta de la phosphodiestérase du GMPc des photorécepteurs bâtonnets rétiniens l.f.

retinal rod photoreceptor cGMP phosphodiesterase, β subunit

Partie de la phosphodiestérase du GMP (guanosine-monophosphate) cyclique qui est un enzyme clef de la phototransduction des bâtonnets rétiniens.
Les souris homozygotes pour la mutation rd (dégénérescence rétinienne héréditaire) sont considérées comme un modèle expérimental de rétinite pigmentaire humaine (MIM 180072). Cette dégénérescence est précédée par une accumulation dans la rétine de GMP cyclique en rapport avec un déficit de l'enzyme phosphodiestérase du GMPc. Il s'agit d'une protéine hétérotétramérique avec une sous-unité alpha, une bêta et deux gamma. Le gène de la sousunité bêta, PDEB, est localisé en 4p16.3 ; il est porteur de mutations dans au moins deux formes de rétinite pigmentaire humaine et dans la dystrophie rétinienne du chien setter irlandais.

S. J. Pittler, biologiste américain (1990)

transduction visuelle, GMP, GMP cyclique

Spielmeyer-Vogt (maladie de)

Spielmeyer-Vogt’s disease

Les premiers signes apparaissent vers cinq ans par une atteinte visuelle, une dystrophie rétinienne prédominant sur les cônes et une rétinite pigmentaire. L’électrorétinogramme est précocement altéré voire éteint. Les troubles du comportement, de la scolarité et les crises convulsives surviennent plus tardivement (accès myotoniques et crises généralisées tonico-cloniques). L’évolution est progressive aboutissant au décès six à huit ans après le début.
Le diagnostic est histologique par la constatation de lymphocytes à grandes vacuoles en microscopie optique et d’inclusions lipofusciniques intracellulaires au microscope électronique. La transmission est autosomique récessive ; l’affection est liée à une mutation du gène CLN 3, locus en 16p11.2-12.1 codant une protéine transmembranaire.

C. Stengel, médecin allemand (en Norvège) fit la première description en 1826 ; F.E. Batten neurologue et pédiatre britannique (1902) M.S. Mayou, ophtalmologiste britannique (1904)

Syn. idiotie amaurotique familiale de type juvénile, céroïde lipofuscinose neuronale de type 3, maladie de Batten-Mayou (en Angleterre), maladie de Batten-Mayou-Spielmeyer-Vogt

céroïde  lipofuscinose neuronale

dégenerscence spinocérébelleuse et dystrophie de cornée l.f

spinocerebellar degeneration and corneal dystrophy

Dégénérescence spinocérébelleuse lente avec dystrophie cornéenne majeure.
Le visage est triangulaire, avec micrognathisme, et oreilles mal implantées. Il existe une ataxie avec hypertonie et incoordination. L’EEG est anormal et le muscle également histologiquement anormal. L’examen oculaire, montre un ptosis et une opacification cornéenne ayant nécessité une kératoplastie transfixiante (cornée présentant histologiquement un œdème, avec épaississement de la membrane de Descemet, et un pannus dégénératif). L’affection est autosomique récessive (MIM 271310).

V.M. Der Kaloustian, pédiatre, N.I. Jarudi, ophtalmologue, M.J. Khoury, biologiste libanais  (1985)

Syn. Der Kaloustian-Jarudi-Khoury (syndrome de)

Descemet (membrane de)

[H1, P2]

Édit. 2018

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