Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

828 résultats 

dépigmentant n.m.

depigmenting, demelanizing agent

Produit utilisé pour atténuer ou faire disparaître la pigmentation cutanée.

hydroquinone

déridage n.m.

lifting

Intervention chirurgicale visant à retendre tout ou partie de la peau du visage pour réduire une ptose cutanée et atténuer les rides.

rhytidectomie, ridectomie, lifting facial

dérivation urinaire continente l.f.

continent urinary diversion

Mode de dérivation externe de l'urine ne donnant pas lieu à un écoulement permanent.
Ce type de dérivation suppose la confection d'un réservoir intermédiaire entre le cours des urines et la peau, par utilisation en général d'un segment intestinal (iléal, colique, caecal), et d'un système à fonction de valve empêchant le passage spontané de l'urine vers la stomie cutanée, rendant ainsi inutile tout appareillage externe. L'opéré vide régulièrement ce réservoir urinaire intestinal par cathétérisme. Les variétés techniques opératoires sont complexes et nombreuses. Les inconvénients sont la stase urinaire, l'infection, les difficultés de cathétérisme.

N. Kock, chirurgien suédois (1982)

Kock (poche de), vessie caecale

dermatite auto-immune aux œstrogènes l.f.

autoimmune estrogene dermatitis

Éruption cutanée prurigineuse, généralisée ou localisée, éventuellement à la région anogénitale, soit à type d'urticaire soit faite de papules ou de vésicules inflammatoires, évoluant par poussées prémenstruelles.
Le diagnostic est précisé par la positivité de l'intradermo-réaction aux œstrogènes et par l'amélioration par l'administration d'antiœstrogènes.

W. B. Shelley, dermatologue américain (1995)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatite des chaufferettes l.f.

dermatitis of bedwarmers

Dyschromie érythématopigmentée, à disposition réticulée, de la face antérieure des jambes ou des cuisses ou, plus rarement, de toute autre région cutanée qui a été régulièrement exposée à une source de chaleur telle que chaufferette ou bouillotte.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. pigmentation a calore ou ab igne

pigmentation des chaufferettes

dermatite des nageurs l.f.

swimmer’s itch, cercarial dermatitis

Éruption papuleuse et très prurigineuse provoquée par la pénétration cutanée de cercaires de schistosomes parasites d'oiseaux, mais aussi parfois, en milieu marin, par exemple à la suite d'un contact avec un Bryozoaire.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. dermatite cercarienne, cercariose, gale des nageurs

dermatite cercarienne, cercaire, prurit aquagénique

dermatite exfoliative de Ritter von Rittershain l.f.

Ritter's disease, SSSS (staphylococcal scalded skin syndrome), Ritter-Lyell’s syndrome

Affection rare, fébrile, caractérisée par un exanthème scarlatiniforme diffus du nouveau-né et du nourrisson, suivi d'une nécrolyse épidermique avec un aspect d'enfant ébouillanté marqué par des décollements spontanés, faisant suite à une infection focale staphylococcique muqueuse ou cutanée à type d'omphalite ou d'impétigo périorificiel.
La guérison est obtenue par antibiothérapie spécifique. L'accord s'est fait sur la nature staphylococcique de cette affection.

G. Ritter von Rittershain, pédiatre tchèque (1878) ; A. Lyell, dermatologue britannique (1956);

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. syndrome de Ritter-Lyell, dermatite exfoliative des nouveau-nés ou des enfants à la mamelle, syndrome des enfants ébouillantés, épidermolyse staphylococcique aigüe

dermatite périorale l.f.

perioral dermatitis

Maladie cutanée touchant surtout les femmes jeunes et caractérisée par une éruption péribuccale remontant vers les ailes narinaires de petites papules, pustules ou papulopustules sur un fond érythémateux et parfois squameux.
La majorité des cas semble provoquée par l'utilisation prolongée de dermocorticoïdes sur cette zone. L'arrêt de ces applications et la prescription de tétracyclines en constitue un traitement efficace.

L. Brocq, dermatologiste français (1923)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatite pigmentée péribuccale de Brocq

dermatofibrose lenticulaire disséminée de Schreus l.f.

dermatofibrosis lenticularis disseminata

Dysplasie héréditaire du tissu conjonctif dont l'atteinte cutanée est principalement caractérisée par des papules jaunâtres disséminées apparaissant dans l'enfance et l'adolescence, de type soit histiocytaire soit hamartome conjonctif ou élastique et dont la transmission est autosomique dominante.
L'association de cette dermatofibrose lenticulaire disséminée à une ostéopathie condensante (ostéopoecilie) réalise le syndrome de Buschke-Ollendorff (1928)

H. T. Schreus, dermatologiste et radiologiste allemand (1930) ; A. Buschke, dermatologiste allemand, Helene Ollendorf-Curth, dermatologiste américaine d’origine allemande (1928)

élastome juvénile de Weidman

dermatome n.m.

dermatome

1) Territoire cutané limité par les lignes de Voigt et innervé par les fibres sensitives issues d'une racine nerveuse postérieure, qui correspond aux somites embryologiques ou métamères.
Chacune de ces racines sensitives reçoit les fibres nerveuses provenant d’un territoire tégumentaire déterminé, donc l’information relevant exclusivement d’un dermatome. Une division de la surface cutanée est ainsi possible.
Un certain degré de chevauchement entre deux dermatomes adjacents existe néanmoins. De plus, les dermatomes concernant divers types de sensibilités ne se superposent pas nécessairement. Il reste qu’une telle organisation segmentaire par laquelle chaque partie du corps correspond à un groupe de fibres nerveuses, se reproduira tout au long du trajet des voies de la sensibilité. Elle représente le modèle de l’organisation somatotopique.
2) Portion dorsale du somite ou dermomyotome se différenciant, par sa face externe, en une couche de cellules qui se disperseront sous l’ectoblaste sus-jacent pour former le derme.
3) Instrument chirurgical servant à prélever un fragment cutané d'une certaine surface et d'épaisseur variable que l'on utilise pour les greffes de peau.

C. A. Voigt, anatomiste autrichien (1862)

Étym. gr. derma : peau ; tomê : section

dermatomycose n.f.

dermatomycosis

Toute infection cutanée provoquée par des champignons dermatophytes.

Étym. gr. derma : peau ; mukês : champignon

dermatomyosite calcifiante l.f.

calcifying dermatomyositis

Forme calcifiante de la dermatomyosite, survenant plus particulièrement chez l'enfant et au cours des formes poïkilodermiques de l'adulte traitées tardivement, caractérisée par une induration sous-cutanée et musculaire réalisant un véritable blindage avec parfois des ulcérations laissant apparaître une bouillie crayeuse.
La radiographie ou la scintigraphie au technetium confirment l'existence de lésions calcifiées et précisent leur étendue. Certaines dermatomyosites calcifiantes étendues peuvent constituer des formes très invalidantes.

Étym. gr. derma : peau ; mus : muscle; suffixe –ite : soulignant le caractère inflammatoire

dermatose à IgA linéaire de l'adulte l.f.

linear IgA dermatosis of adult

Maladie bulleuse cutanée et muqueuse auto-immune débutant après l'adolescence, sensible à un traitement par les sulfones et dans laquelle un dépôt linéaire d'auto-anticorps de type IgA est observé au niveau de la jonction dermo-épidermique, ce qui a priori la distingue de la dermatite herpétiforme et surtout du groupe de la pemphigoïde et de l'épidermolyse bulleuse acquise.
Elle pose en fait des problèmes nosologiques avec ces deux dernières dermatoses dans lesquelles, outre les ressemblances cliniques, il peut parfois exister un dépôt linéaire d'IgA en plus du dépôt d'IgG.

dermatose à IgA linéaire

dermatose de surcharge l.f.

dermatosis of excess load

Maladie cutanée caractérisée par la présence, surtout dans le derme, de dépôts variés, caractéristiques de la maladie en cause, et dont la traduction clinique est variable.
Ex. amylose (dépôts de substance amyloïde), mucinose (dépôts de mucine)

Syn. dermatose dysmétabolique, dermatose d'accumulation, thésaurismose cutanée

dermatose neutrophilique l.f.

neutrophilic dermatosis

Affection cutanée inflammatoire caractérisée histologiquement par un infiltrat dermique et/ou épidermique de polynucléaires neutrophiles, sans cause infectieuse.
Il est habituel d'inclure dans cette définition la pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson, le syndrome de Sweet, l'erythema elevatum diutinum, et le pyoderma gangrenosum, ainsi que des formes de chevauchement et de passage. On intègre également dans ce cadre la dermatose neutrophilique des mains, la dermatose neutrophilique rhumatoïde, la pustulose neutrophilique, le pemphigus à IgA et la panniculite neutrophilique. Les dermatoses neutrophiliques sont remarquables par la fréquence de leur association avec des maladies associées.

D. Wallach, dermatologiste français (1991) ; R. D. Sweet, dermatologiste britannique (1964) ;

dermatose pigmentaire réticulée l.f.

reticular pigmented dermatosis

Génodermatose très rare, caractérisée par une pigmentation cutanée réticulée, associée à une hyperkératose palmoplantaire, apparaissant vers l'âge de deux ans sans être précédée par une phase inflammatoire ce qui la distingue de l'incontinentia pigmenti de Bloch-Sulzberger ou dermatose pigmentaire en éclaboussures.
On peut observer un nystagmus, un strabisme, une altération cornéenne, un pseudogliome, une papillite et une atrophie optique.
L’affection est autosomique dominante (MIM 161000).

O. Naegeli, dermatologue suisse (1927), A. Franceschetti, dermatologue suisse et J. Jadassohn, dermatologiste allemand (1954)

Syn. dermopahia pigmentosa reticularis, syndrome de Naegeli, syndrome de Franceschetti-Jadassohn

dermite de friction l.f.

frictional (juvenile) eruption

Réaction cutanée à des frottements répétés provoquant l’apparition de papules grisâtres surtout sur les convexités : genoux dans certaines professions, par exemple carreleurs, et coudes et genoux chez les enfants.

dermite lichénoïde des toboggans

dermite séborrhéique l.f.

seborrheic dermatitis

Affection cutanée fréquente, généralement peu prurigineuse, récidivante, caractérisée par des plaques érythémateuses et une desquamation jaunâtre un peu grasse (d'où le qualificatif erroné de "séborrhéique") siégeant dans des territoires cutanés riches en glandes sébacées : sourcils, plis nasogéniens, cuir chevelu, région médiothoracique.
Son étiologie est inconnue mais on pense que la prolifération de levures, telle que Pityrosporon ovale et diverses espèces de Malassezia (M. restricta, M. globosa, M. sympodialis, M. furfur) joue un rôle important. Le traitement, purement local, fait en général appel à des antifongiques.
Chez le nourrisson, elle survient généralement dans le premier mois de la vie et se localise surtout au cuir chevelu et aux fesses.
La dermite séborrhéique infantile, qui correspond à la maladie de Leiner-Moussous, est une dermatose érythématosquameuse du nourrisson, atteignant surtout le siège, les grands plis et le cuir chevelu qui peut être recouvert de squames épaisses, débordant sur le front, réalisant un véritable "casque séborrhéique". Cette dermite peut se généraliser et réaliser une érythrodermie.

C. Leiner, pédiatre autrichien (1908) ; A. Moussous, pédiatre français (1857-1926)

Syn. dermatite séborrhéique, eczéma séborrhéique de Unna, 1887 (obs.), séborrhéide (obs.)

dermocorticoïde n.m.

topical steroid

Spécialité pharmaceutique contenant un dérivé stéroïdien à activité anti-inflammatoire formulé dans une émulsion, pommade, crème, gel ou lotion, destinée à être appliquée sur la peau ou éventuellement une muqueuse.
Les dermocorticoïdes sont classés en quatre groupes selon leur puissance anti-inflammatoire qui est très variable, depuis l'hydrocortisone, peu active (groupe IV) jusqu'au propionate de clobétasol, très puissant (groupe I). Les plus utilisés sont des dérivés de la bêtaméthasone, de forte activité (groupe II), et à un moindre degré la triamcinolone. Les effets secondaires des dermocorticoïdes, notamment une atrophie cutanée et un risque de surinfection, sont parallèles à leur puissance anti-inflammatoire.

corticothérapie locale

dermogramme n.m.

dermogramme

Méthode d'examen cytologique, par apposition sur lame de la tranche de section d'une biopsie cutanée, pour l'étude des infiltrats dermiques tumoraux des hématodermies.
Actuellement peu utilisée.

R. Degos, membre de l'Académie de médecine et B. Ossipovski, dermatologues français (1957)

dermographisme n.m.

dermographism

Réaction cutanée caractérisée par l'apparition, en quelques minutes, après friction de la peau avec une pointe mousse, d'une raie blanche puis rouge, formant une saillie urticarienne de 1 cm environ de largeur, prurigineuse ou non, disparaissant en 10 à 30 minutes, pouvant être isolée, sans gêne particulière pour le malade, ou associée à une urticaire ou encore à un prurit généralisé.
Certaines formes sont retardées, associant un dermographisme vrai immédiat résolutif puis, quelques heures plus tard, sur le même site, des papules peu prurigineuses pouvant persister pendant plusieurs heures. La recherche étiologique est celle d'une urticaire commune.

dermojet n.m.

dermojet, high-pressure-jet therapy

Appareil qui permet de faire une injection sous pression, sous-cutanée ou intradermique, sans employer d'aiguille, et qui s'utilise au contact direct de la peau.
Cette seringue sert pour certaines anesthésies locales, notamment du cuir chevelu, ou pour des injections intralésionnelles, p. ex. de corticoïdes dans les chéloïdes.

dermomycose n.f.

dermomycosis

Lésion cutanée provoquée par un champignon microscopique pathogène.

désenlisement de verge l.m.

penoscrotal transposition

Intervention chirurgicale de plastie cutanée qui, dans le cadre d'un hypospadias moyen ou postérieur, vise à libérer une verge enfouie dans le scrotum en effectuant une transposition pénoscrotale.
Cette intervention constitue donc souvent un temps préliminaire à une uréthroplastie.

hypospadias, enfouissement de verge

désensibilisation n.f.

hyposensitization

Technique destinée à atténuer ou à supprimer l'hypersensibilité vis-à-vis d'un allergène par administration répétée de celui-ci à doses croissantes.
La désensibilisation peut être effectuée rapidement dans le cas d’allergie au venin d’hyménoptères. Cependant dans la plupart des cas l’antigène est administré deux fois par semaine pendant plusieurs semaines par injection sous-cutanée. La désensibilisation peut aussi être réalisée par voie nasale ou par voie orale, en utilisant des antigènes chimiquement modifiés ou sous forme de conjugués avec la sous-unité B de toxines bactériennes qui se lient aux gangliosides GM1 des cellules épithéliales.

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