Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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chimiotropisme n.m.

chemotropism

Réaction d'orientation d'une cellule isolée et mobile, ou d'un organisme vivant, soumis à l'attraction ou la répulsion par une substance chimique.
Le chimiotropisme peut donc être positif, l'attraction entraînant une orientation dans la direction de la substance, ou négatif, la répulsion entraînant une orientation dans la direction opposée.

Étym. chimio ; gr. tropos : direction

[C3 ]

choc n.m.

shock

1) En accidentologie et en général, effet produit par un coup.
Il entraîne la projection du corps choqué ou sa déformation, réversible (choc élastique avec production de vibrations, voire d'une onde de choc dans le corps) ou irréversible qui produit des dommages et des écrasements si l'on dépasse une certaine limite.
2) En médecine, syndrome consécutif à une désadaptation du contenant cardiocirculatoire et du contenu sanguin. Il entraîne des troubles microcirculatoires et de l'utilisation de l'oxygène, avec augmentation de la lactacidémie, témoin du métabolisme anaérobie : c'est l'état de choc.
Même si le point de départ est local (ex. levée de garrot), les déchets toxiques, libérés dans le sang et transportés par la circulation dans tout l'organisme, produisent des lésions cellulaires et des troubles microcirculatoires. L'évolution se fait en trois temps.
1) En général, intense réaction neurovégétative avec production de catécholamines entraînant une vasoconstriction générale (choc froid), sauf dans les territoires à structure privilégiée du cœur et du cerveau. Si le système neurovégétatif est paralysé le sang artériel va directement vers les veines court-circuitant les capillaires (choc chaud).
2) Vasoplégie générale : l'endothélium capillaire a été lésé et a laissé fuir le plasma vers les tissus, ce qui augmente le collapsus et mène à l'arrêt cardiaque en quelques heures.
3) Même si le traitement a pu momentanément rétablir la situation, la défaillance multiviscérale apparaît après un intervalle libre de quelques jours (les reins sont bloqués, les poumons œdématiés, une fibrinolyse possible, etc.), l'issue fatale est très difficile à éviter : le choc est dit «irréversible».
L'exploration hémodynamique avec cathétérisation du cœur droit (cathéter de Swan-Ganz) permet de mesurer le débit cardiaque et les résistances circulatoires : ces données sont utiles pour classer le choc et guider le traitement.

Étym. moyen néerlandais schokken : heurter, recevoir un coup

→ classification des états de choc, état de choc, collapsus, défaillance multiviscérale généralisée, rein de choc, poumon de choc, classification des états de choc, syndrome de choc

[N1,K2]

choc anaphylactique l.m.

anaphylactic shock.
État de choc brutal de mécanisme immuno-allergique (réaction d'hypersensibilité immédiate de type I avec l'intervention de complexes antigène-anticorps, les anticorps sont les plus souvent des immunoglobulines E), traduisant un contact préalable, passé souvent inaperçu.
Il survient souvent sur terrain prédisposé (accidents allergiques antérieurs, atopie), après l'ingestion ou l'injection de certains produits (aliments, antibiotiques, curares, vaccins, hormones, antalgiques, produits iodés, venins d'hyménoptères, produits de désensibilisation, latex, etc.). Les délais d'apparition varient de 2 à 20 min et plus. Les signes cliniques sont ceux du choc vasogénique (ouverture des shunts précapillaires et effondrement des résistances vasculaires), c'est un choc chaud. Les signes associés peuvent comprendre : tachycardie, urticaire, éruptions, bronchospasme, œdème laryngé (œdème de Quincke), diarrhée.
L'évolution peut être mortelle par collapsus et arrêt cardiaque. Le traitement d'urgence consiste en l'administration d'adrénaline par voie sous-cutanée, endotrachéale et surtout intraveineuse (chez l'adulte, 0,25 à 1 mg dilué dans 10 mL de solution sodée physiologique, en injection lente, à répéter si besoin). Pour la prévention d'accidents ultérieurs, une enquête allergologique doit toujours être entreprise afin d'identifier la substance en cause.

Étym. gr. ana : contraire de ; phulaxis : protection : anaphylaxie = qui fait le contraire d'une protection

→ choc, envenimation

cholestéatome orbitaire l.m.

orbital cholesteatoma

Kyste sous-périosté, proche du dermoïde mais sans paroi épithéliale.
Le kyste est situé au niveau du toit de l'orbite et il se développe dans la cavité crânienne et dans l'orbite. Histologiquement, il s'agit de cristaux d'acide gras et de lipides dans un tissu conjonctif avec réaction macrophagique.

[F5,P2]

ciliocytophtorie n.f.

ciliocytophtoria

Petites masses sphériques, de à 3 μm, entourées d'une couche de cils sans nucléus, observées sur les cytologies d'aspiration bronchique, en cas de réaction inflammatoire aigüe.
Elles correspondent à l'expulsion du pôle cilié des cellules bronchiques.

Étym. lat. cilium : cil, paupière

[A2,K1]

citrate-déshydratase n.f.

citrate dehydrase

Enzyme catalysant une réaction de soustraction d'une molécule d'eau au citrate, produisant le cis-aconitate.
Différent de l'aconitase, il n'agit pas sur l'isocitrate et ne participe pas au cycle tricarboxylique.

[C1]

clustérine n.f.

clusterin

Glycoprotéine sécrétée par différents tissus de l'Homme et de mammifères, caractérisée par une capacité de provoquer l'agrégation de globules rouges ou d'autres cellules.
Initialement découverte comme la protéine la plus abondante de la sécrétion des cellules de Sertoli dans les tubes séminifères, elle fut identifiée à une protéine inhibitrice de la réaction cytolytique de la cascade du complément ; elle fut ensuite trouvée associée aux processus de lésions cellulaires telles que ischémie, apoptose, dégénérescence tissulaire, lésions cérébrales de la maladie d'Alzheimer, etc. Elle est liée dans le plasma à des HDL (lipoprotéines de haute densité) contenant de l'apo A-I, où on lui a donné le nom d'apolipoprotéine J. Dans les cellules neuroendocriniennes on en a mis en évidence sous le nom de sécrétogranine IV ; les cellules épithéliales de l'appareil urogénital sécrètent une protéine de masse 80 kDa appelée gp80, identique à la clustérine. C'est une protéine hétérodimère formée de deux sousunités a et b, unies par deux ponts disulfure, et portant des chaînes glucidiques fortement sulfatées. Les deux sous-unités proviennent d'une chaîne polypeptidique unique de 427 aminoacides, qui a subi une coupure protéolytique entre une arginine 205 et une sérine 206. La clustérine a une affinité pour les lipides, ce qui explique qu'elle soit présente dans le plasma sanguin (environ 50 µg/mL) sous forme de HDL dont elle peut être dissociée par les détergents non ioniques. Apparemment elle fait partie des particules HDL qui contiennent la CETP, protéine de transport des esters de cholestérol. On la considère comme un marqueur de la mort cellulaire. Mais elle joue sans doute un rôle physiologique, accompagnant des neuropeptides sécrétés par les cellules neuroendocriniennes. Elle sert peut-être à l'organisation des tissus pendant la période embryonnaire.

[C1]

cobalt 60 n.m.

60cobalt

Radionucléide se désintégrant par émission utilisé en téléradiothérapie, plus rarement en curiethérapie des cancers : β (0,31 MeV) et γ (1,17 et 1,33 MeV), de période 5,27 ans.
Il est obtenu dans les piles atomiques en irradiant du 59Co par un flux de neutrons, la grande efficacité de la réaction permet d’obtenir une activité spécifique élevée. Il s’est imposé en télécuriethérapie, pour laquelle sa période et l’énergie de ses γ sont convenables, car il permet de réaliser des sources de très grand débit (plusieurs Gy /min. à 1 m.) et de dimensions réduites (diamètre de l’ordre du cm). Il avait été initialement utilisé en curiethérapie sous forme de grains et d’aiguilles mais les problèmes de protection lui ont fait préférer des émetteurs γ de plus faible énergie ( 192Ir, 137Cs ).

Symb. 60Co

[C,F2,G5]

colipase n.f.

colipase

Protéine jouant un rôle co-enzymatique pour la lipase pancréatique, qu'elle protège contre l'effet inhibiteur exercé par les acides gras produits dans la réaction, ainsi que celui exercé par les sels biliaires qui servent à émulsionner les triglycérides dans l'intestin.
La colipase est biosynthétisée par le pancréas sous forme d'une procolipase qui est hydrolysée secondairement par la trypsine, qui détache un pentapeptide, l'entérostatine.

Étym. lipase

[C1]

collagène injectable l.m.

Produit utilisé dans la technique de comblement servant à la correction temporaire des rides profondes du visage (sillon nasogénien, rides péribuccales, intersourcillères et de la patte d’oie) ou pour gonfler les lèvres.
Présenté en ampoules à usage unique, à concentrations différentes selon les rides à traiter et destiné à être injecté sous l’épiderme, seul le collagène américain, d’origine bovine et extrait du derme, est actuellement disponible sur le marché français. Jusqu’à ce que soit discutée l’éventuelle responsabilité du collagène bovin dans la transmission de l’encéphalite spongiforme, la principale complication connue de cette intervention cosmétologique était le possible déclenchement de réactions allergiques, d’où l’obligation de réaliser un double test préalable dont la positivité contrindiquait l’injection. Quelques effets indésirables transitoires peuvent néanmoins survenir, tels que érythème ou réaction granulomateuse. Le comblement obtenu persiste de 3 à 9 mois.

→ hyaluronique (acide)

[G5]

collapsus cardiovasculaire l.m.

cardiac shock

État de défaillance cardiocirculatoire soudaine et profonde avec état de choc, qui exige d’urgence une intervention médicale précise et énergique : le collapsus cardiovasculaire se marque cliniquement par une pâleur avec prostration, des sueurs, une polypnée superficielle, un refroidissement des téguments, une tachycardie et, fait essentiel, un effondrement de la tension artérielle.
Il y a plusieurs causes possibles :
- certaines affections cardiaques aigües (infarctus myocardique, dissection ou rupture aortique, trouble rythmique paroxystique),
- une embolie pulmonaire massive,
- un choc traumatique, opératoire, obstétrical
- une infection toxique sévère,
- une réaction allergique grave,
- une insuffisance surrénale aigüe, etc.

[G2,K2]

coma n.m.

coma

État défini par l'absence d'ouverture des yeux, spontanée ou provoquée, l'absence d'émission verbale cohérente et de réponse aux ordres, traduisant la perte de la conscience et de la vigilance, les fonctions végétatives (respiration, circulation) étant normales ou altérées.
La réponse aux différentes sollicitations (réflexes photopalpébral, cornéen, photomoteur, oculocéphalique, tendineux, stimulations nociceptives) est appropriée ou non (réaction de décortication en flexion, de décérébration en extension). La profondeur du coma est classée en obnubilation, coma et coma profond. Cet état traduit une souffrance de l'encéphale, soit primitive (d'origine vasculaire, traumatique, infectieuse, tumorale), soit secondaire (hypoxique, métabolique, toxique). Le pronostic dépend de la cause.

Étym. gr. kôma : sommeil profond

→ échelle de profondeur des comas, œdème cérébral, position latérale de sécurité

[H1]

concentré érythrocytaire irradié l.m.

irridiated red blood cell unit

Produit transfusionnel irradié par des rayons gamma à une dose de 25 à 45 grays, injectés dans le cas d'immunodépression congénitale ou après conditionnement pour transplantation médullaire pour éviter une réaction des lymphocytes transfusés contre l'hôte.

[F1]

confusion mentale l.f.

mental confusion

Ensemble des états psychotiques aigus caractérisés par une obnubilation de la conscience, une désorientation temporospatiale et, dans plus de la moitié des cas, une activité hallucinatoire analogue au rêve, l'onirisme.
Les causes organiques de cette réaction aspécifique sont multiples : traumatisme crânien, état fébrile, intoxication (notamment psychose alcoolique aigüe ou subaigüe, souvent après sevrage), syndrome méningé (méningite, hémorragie méningée) ou méningo-encéphalitique, épilepsie non convulsivante, etc. Elle peut aussi être psychogène (effroi en particulier) et inaugurer ou jalonner une grande psychose. La recherche d'une étiologie est primordiale. Une confusion peut aussi inaugurer une grande psychose ou constituer un épiphénomène de celle-ci.
Un tel épisode est souvent recouvert d'une lacune mnésique ou suivi d'idées fixes postoniriques.

→ amentia, idiotisme

[H3]

conjonctivite allergique l.f.

allergic conjunctivitis

Réaction de défense de la conjonctive créée par un allergène mis à son contact soit par voie externe, contact direct ou diffusion de proximité (rhinopharyngite, paupières), soit par voie interne (allergie bactérienne, mycosique, etc.).
Elle est en général bilatérale.
Il y en a plusieurs types :
- aiguë type conjonctivite pollinique : larmoiement, photophobie, prurit, chémosis,
- subaiguë ou chronique : la conjonctive palpébrale a un aspect variable : papillaire, pseudofolliculaire, macropapillaire, pavimenteux ou seulement hyperhémié. Elle peut être associée à une kératite ponctuée superficielle ;
- allergique de contact : l'allergène en cause est très variable : cosmétiques, produits chimiques, médicaments, etc

[P2,N1,F3]

conjugué adj.

conjugated

Qualifie un constituant lié à un autre par une solidarité fonctionnelle.
En chimie on dit que des doubles liaisons sont conjuguées lorsqu'elles sont séparées par une simple liaison de sorte qu'une réaction d'addition peut se faire sur les éléments extrêmes avec création d'une seule double liaison intermédiaire. En biochimie on parle de composés conjugués, p. ex. glucuronoconjugués ou sulfoconjugués, pour désigner les formes de molécules hormonales ou toxiques, qui peuvent ainsi être éliminées par les urines.

[C]

constante de Michaelis l.f.

Michaelis’ constant

En enzymologie, pour les réactions qui suivent la théorie cinétique développée par Michaelis, concentration du substrat pour laquelle la vitesse initiale d'une réaction enzymatique atteint la moitié de la vitesse maximum.
La constante de Michaelis est à peu près égale à l'inverse de l'affinité de l'enzyme pour le substrat, c'est-à-dire la concentration du substrat pour laquelle l'enzyme est à moitié lié.

L. Michaelis, biochimiste américain et Maria Leonora Menten, biochimiste canadienne (1913)

Symb. Km.

→ Michaelis-Menten (constante de)

[C1]

contre-tranfert en psychiatrie n.m.

counter-transference

Ensemble des manifestations, conscientes et inconscientes, de l'analyste en réaction au transfert de l'analysant. Il ferait obstacle au bon déroulement de la cure qui, de ce fait, pourrait se trouver en impasse.
S. Freud n'a développé ce concept qu'en de très rares endroits de son œuvre. Cependant, il en a posé les enjeux fondamentaux : l'analyste doit être analysé et ses résistances internes constituent les limites de son acte. La dérive de certains auteurs postfreudiens a mis la notion de contre-transfert au centre de la cure, considérée comme une relation intersubjective où la communication se ferait d'inconscient à inconscient. Cette conception symétrique du transfert est fortement critiquée, principalement après les travaux de J. Lacan, qui en montrent la dimension imaginaire. La place que doit tenir l'analyste dans le dispositif de la cure n'est pas d'être sujet, en miroir de l'analysant, mais bien plus d'y faire fonction d'objet, essentiellement manquant.

[H3]

conversion n.f.

Tentative de transposition, dans l'hystérie, d'un conflit psychique non résolu par le sujet en des symptômes somatiques de la vie de relation à haute charge symbolique

Les investigations somatiques restent négatives devant des manifestations souvent bruyantes mais atypiques, notamment : motrices (paralysies, contractures, dyskinésies), sensorielles (troubles de la vue, de l'audition), dysphoniques.
Néanmoins, l'accent est parfois mis sur la fréquence d'une affection organique ultérieurement révélée (plus de 30% des cas selon certains).
Reprenant divers concepts antérieurs, la dissociation est jointe à la conversion dans la CIM 10, en tant que "réaction dissociative" (en tout cas un état voisin de l'hypnose) au moment de l'installation de la conversion.

S. Freud, neuropsychiatre autrichien (1854-1939)

→ complaisance somatique, dissociatif (trouble)

[H3]

cot n.m.

cot value

Produit de la concentration d'un ADN (Co) par la durée de son incubation (t) lors d'une réaction de renaturation.
Une faible valeur du Cot caractérise un ADN riche en séquences répétées, une forte valeur, un ADN riche en séquences uniques.
Symb. Cot

→ dénaturation de l'ADN

[Q1]

coxite n.f.

coxitis, coxarthritis

Atteinte inflammatoire de l'articulation coxofémorale.
Cette atteinte se différencie de l'atteinte mécanique par une douleur à recrudescence nocturne et, radiologiquement, par un pincement circonférentiel de l'interligne coxofémoral sans réaction de condensation ou d'ostéophytose.

[I1,I2]

créatine-kinase n.m.

creatine-kinase

Enzyme catalysant réversiblement une réaction de transfert de radical phosphoryle d'une molécule d'ATP à une molécule de créatine, formant un créatine-phosphate, molécule "riche en énergie".
La créatine-kinase du cytoplasme, à structure dimérique, est utilisée au cours de l'effort pour reformer des molécules d'ATP à partir de l'ADP. La créatine-kinase de l'espace intermembranaire des mitochondries, à structure octamérique, est utilisée au repos pour resynthétiser les réserves de créatine-phosphate, grâce aux ATP formés par la chaine respiratoire.
La créatine-kinase(CK) existe sous forme de 3 iso-enzymes appelées CK-MM, abondante dans le muscle strié, CK-MB, abondante dans le myocarde et CK-BB, abondante dans le cerveau. Une élévation de la concentration sérique de CK est observée dans les lésions cardiaques et musculaires. Une augmentation rapide (quelques heures) de la CK-MB est observée dans l’infarctus du myocarde. Une augmentation de la CK-MM est observée dans les myopathies et au cours des syndromes d’écrasement musculaire.

→ créatine-phosphokinase, phosphagène, infarctus du myocarde, écrasement musculaire

[C1,C2]

créatine phosphokinase (CPK) n.f

creatine phosphokinase

Enzyme trouvée essentiellement dans les muscles intervenant dans la mise en réserve de l’énergie par la phosphorylation de la créatine à partir de l’adénosine triphosphate (ATP) pour donner la créatine phosphate ou phosphagène, lequel, par une réaction inverse, va redonner de l’ATP par phosphorylation de l’adénosine diphosphate (ADP) en cas de besoin énergétique du muscle.
On connaît trois types de créatine phosphokinase : CPK- BB dans le cerveau, CPK-MB dans le cœur et CPK-MM dans les muscles (97 à 99% de la CPK totale). La concentration normale dans le plasma de la CPK est très faible (moins de 195 UI /L chez l'homme et moins de 170 UI /L chez la femme). Cette concentration s’élève en cas de nécrose du muscle (infarctus du myocarde où son dosage est maintenant supplanté par celui de la troponine), de traumatisme musculaire, d’exercice musculaire extrême et d’administration de statines. Il s’élève également dans de nombreuses maladies neuromusculaires : dystrophies musculaires progressives et myopathies métaboliques (glycogénoses).

Creutzfeldt-Jakob (maladie de) (MCJ) l.f.

Creutzfeldt-Jakob disease

Encéphalite spongiforme, dégénérative progressivement, survenant classiquement après la cinquantaine de façon sporadique dans la population (prévalence environ 1 par million d'habitants) ; elle évolue en six mois vers la mort.
Il existe des formes cliniques, dites «nouvelle variante» (abréviation nvMCJ), survenant chez des sujets plus jeunes, évoluant en un an environ et vraisemblablement dues à une infection alimentaire par ingestion de viande bovine contaminée.
Décrite en 1920, la maladie se manifeste cliniquement par des troubles psychiques à type de démence, accompagnée de mouvements anormaux, diplopie, troubles de la marche, rigidité, syndrome pyramidal, puis cécité corticale et mutisme akinétique. Quand la maladie est assez avancée, la ponction lombaire ramène un liquide céphalorachidien contenant de la protéine cérébrale 14-3-3.
Anatomiquement la MCJ est caractérisée par :
- la spongiose de la structure grise du cortex cérébral et cérébelleux, avec vacuolisation des cellules nerveuses et gliales formant des cavités à l'intérieur du cytoplasme ;
- une perte neuronale progressive sans réaction inflammatoire, très difficile à apprécier, pouvant conduire à l'atrophie corticale ;
- la présence de volumineux astrocytes, visibles surtout dans les couches superficielles du cortex cérébral ;
- des dépôts amyloïdes de protéine prion formant des plaques, qui se développent progressivement de façon diffuse, au niveau des synapses et sous forme de bourgeons, le long des neurones du cortex et du cervelet.
Dans la forme nvMCJ, ces plaques amyloïdes sont entourées d'une corolle de vacuoles qui leur donne une forme en fleur caractéristique.
Des maladies analogues sont rapportées à une atteinte avec présence de prions :
- le kuru de Nouvelle Guinée (décrit vers 1900), lié à des rites funéraires cannibales avec ingestion de la cervelle du parent mort, pour l'honorer ;
- des maladies à transmission autosomale dominante, maladie de Gerstmann-Straüssler-Scheinker (1936) ; l'insomnie familiale fatale (1986);
- certaines démences considérées, avant autopsie, comme des maladies d'Alzheimer.
De nombreuses espèces animales peuvent être atteintes d'encéphalopathie spongiforme.
La transmission interhumaine peut être digestive ou à l'occasion de scarifications cutanées comme dans le kuru ; il ne semble pas que l'allaitement soit en cause, mais il est possible qu'elle puisse se faire par le placenta (prouvée chez l'animal). La transmission entre espèces (prouvée expérimentalement) est très vraisemblable chez l'homme par ingestion de viandes bovines contaminées. La transmission iatrogène peut se faire par injections de médicaments (extraits de préparations biologiques à base de tissus nerveux telles les hormones de croissance extractives), par les greffes de tissus ou par contact avec des instruments contaminés lors d'une intervention antérieure sur un malade atteint de MCJ.

J. Gerstmann, neuropsychiatre américain, E. Sträussler, neuropsychiatre autrichien et I. Scheinker, neuropathologiste russe (1936) ; H. G. Creutzfeldt, neuropathologiste allemand (1920) ; A. M. Jakob, neurologue allemand (1921)

→ prion, Gerstmann-Straüssler-Scheinker (syndrome de), insomnie familiale fatale, Alzheimer (maladie d'), PRNP gene

[D1,E1,H1]

Édit. 2017  

crise amygdalienne l.f.

amygdalian seizure

Crise épileptique partielle, liée à des décharges au niveau de l'amygdale dite aussi complexe amygdalien, structure sous-corticale qui fait partie de la portion limbique du lobe temporal.
Elle se manifeste par une gêne épigastrique ascendante, des sensations nauséeuses, des automatismes oro- alimentaires, des mâchonnements, des signes végétatifs marqués (rougeur de la face, dilatation pupillaire, éructations, borborygmes), une réaction de peur et de panique, des hallucinations olfactogustatives.
Ses étiologies sont communes aux autres crises du lobe temporal.

Étym. gr. amygdalê : amande 

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