Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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décapsulation rénale l.f.

renal decapsulation

Incision de la capsule rénale afin de décomprimer le parenchyme sous-jacent.
La décapsulation était autrefois préconisée dans le traitement de l'anurie. Elle l'a été également sur le greffon rénal pour traiter une crise de rejet après transplantation.

décompensation n.f.

decompensation

Altération progressive ou brutale de l’état de santé survenant au cours de l’évolution de diverses maladies jusque-là latentes ou bien tolérées après la disparition des processus de suppléance.
Ce sont les décompensations des insuffisances cardiaque, pulmonaire, hépatique et rénale.
En ophtalmologie, c’est la décompensation des processus sensoriels et moteurs de suppléance d’une perturbation de l’oculomotricité
ou de la vision binoculaire (décompensation d’une hétérophorie à l’origine d’une diplopie et d’une déviation oculaire).
La décompensation peut être de nature psychologique lorsqu’elle survient après un traumatisme physique ou affectif et revêtir différents aspects : dépression, agressivité, etc.

défaillance multiviscérale l.f.

multiple organ failure, MOF

Altération fonctionnelle intéressant tout l'organisme par atteinte des principaux organes (cœur, reins, poumons, intestin, pancréas, cerveau, système nerveux périphérique, etc.) à la suite d'une hypoxie tissulaire prolongée, par collapsus circulatoire aigu, en général.
Après un état de choc plus ou moins bien compensé, des lésions viscérales multiples se manifestent et se potentialisent (anurie, hémorragie digestive, ictère, infections, etc.). La principale cause du syndrome est une hypoxie tissulaire prolongée (les durées d'hypoxie successives se cumulent), c'est pourquoi il faut assurer une réanimation efficace dès les premiers secours, sinon les soins intensifs risquent de ne pas pouvoir faire face.
Plusieurs indices de gravité ont été établis pour suivre l'évolution du syndrome, ils sont en général établis en additionnant l'indice de gravité de l'atteinte de chacune des principales fonctions, p. ex. on prend le score de Glasgow pour le système nerveux. Le score LOD (logistic organ disfunction) de Le Gall et Lemeshow (1996) prend en compte les fonctions neurologique, cardiaque, pulmonaire, rénale, hépatique et sanguine (globules blancs ou plaquettes).
En traumatologie p. ex. la défaillance multiviscérale se manifeste vers la fin de la première semaine d'hospitalisation, elle est la principale cause de décès des blessés graves.

J. R. Le Gall, médecin réanimateur français membre de l’Académie de médecine et S. Lemeshow, médecin américain (1996)

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

accident, ASA, choc, défaillance viscérale, échelle de Glasgow-Liège, SAMU, urgence

déficit des cellules T l.m.

T-cell deficiency

À la différence des DICS (déficit immunitaire combiné sévère), les déficits atteignant sélectivement les cellules T sont caractérisés par la présence de lymphocytes T périphériques en nombre normal ou diminué avec des anomalies fonctionnelles très hétérogènes.
Ces malades ne meurent pas d’infection dans les premiers mois de la vie mais présentent des diarrhées par entéropathies, des allergies, des tumeurs, et surtout des maladies auto-immunes (anémie hémolytique, thrombopénie, neutropénie, hépatite, vascularites cérébrale et rénale).
Cinq anomalies génétiques ont été identifiées parmi ces déficits des lymphocytes T : le déficit en phosphorylase des nucléosides puriniques, le défaut d’expression des chaînes g ou e de CD3, le déficit en CD25 (chaîne a du récepteur de l’IL-2) et le déficit en ZAP-70 (protéine tyrosine-kinase associée aux chaînes e de CD3, nécessaire à la transduction du signal par le TCR).

déficit en glucocorticoïdes, achalasie, alacrymie l.m.

glucocorticoid deficiency and achalasia

Absence de larmes, mauvais relâchement des sphincters (spasme du cardia), et déficience secondaire en glucocorticoïdes.
Hyposécrétion lacrymale ou absence de larmes, insuffisance adrénocorticale chronique par résistance à l’hormone adrénocorticotrope, perte en sel, hypoglycémie, perte de connaissance, pigmentation anormale. Parfois dysmorphie avec voix nasillarde, nanisme, rachitisme et parfois également hyperkératose palmoplantaire. On trouve une atteinte rénale avec absence de la zone fasciculée et zone glomérulaire normale. La déficience glucocorticoïde n'est pas présente à la naissance. Plusieurs familles ont été décrites. L’affection est autosomique récessive (MIM 231550).

J. Allgrove, pédiatre britannique (1978)

Syn. Allgrove (syndrome de), achalasie addisonienne (syndrome d'), achalasie et insuffisance surrénalienne, alacrymie-achalasie-addisonisme, triple-A (syndrome)

dégénérescence graisseuse aigüe du foie gravidique l.f.

acute fatty liver of pregnancy

Ictère maternel grave caractérisé par une infiltration graisseuse centrolobulaire des hépatocytes.
Elle survient au troisième trimestre de la grossesse. D'évolution rapide, elle associe un ictère, une insuffisance hépatique majeure avec hypoglycémie, une coagulation intravasculaire disséminée, une insuffisance rénale et une encéphalopathie. L'échographie montre une hépatomégalie avec des opacités en « carte de géographie ». En l'absence d'une interruption rapide de la grossesse, elle s'accompagne d'une mortalité maternelle et fœtale élevée.

Étym. lat. degenerare : dégénérer

Syn. stéatose hépatique aigüe gravidique, maladie de Sheehan de la grossesse

desferrioxamine n.f.

desferrioxamine

Agent chélateur du fer produit par Streptomyces pilosus.
En thérapeutique, cet agent lié au fer hépatocytaire et excrété par les selles et/ou les urines, exerce peut-être un effet antiradicalaire en piégeant les radicaux libres impliqués dans la peroxydation lipidique induite par le fer.
Administré par voie parentérale (sous-cutanée ou en perfusions continues) il est bien toléré (en dehors de quelques cas signalés de cataractes et de rétinopathies, de baisse de l'acuité auditive, d'insuffisance rénale) et efficace sur les lésions hépatiques, gonadiques et la prévention de la cardiomyopathie de l'hémochromatose génétique.
Son usage se heurte à son coût et aux difficultés de compliance surtout chez les jeunes patients atteints de thalassémie.

Syn. déferrioxamine, trihydroxamique

chélateur du fer

déshydratation extracellulaire et hyperhydratation cellulaire (syndrome de) l.f.

syndrome of extracellular dehydratation with cellular hyperhydratation

Syndrome associant une hémoconcentration avec hyponatrémie et une diminution de la pression osmotique du plasma (intoxication par l'eau).
Les téguments sont secs, la langue est humide, on note une céphalée, des nausées, des vomissements et un dégoût de l'eau. Il y a oligurie et hyperazotémie.
Une déperdition hydrosodée importante compensée uniquement par des apports d'eau entraîne un déficit simultané d'eau et de sels, cause du syndrome. Il se voit dans diverses maladies (insuffisance surrénale chronique, insuffisance rénale traitée par un régime sans sel, syndromes diarrhéiques divers, etc.). L'administration d'eau et de sel fait céder le syndrome.

diabète n.m.

diabetes

Affection caractérisée par une polyurie et une polydipsie.
Théoriquement diabète signifie traversée de l'organisme, et le terme a été appliqué au passage du glucose dans les urines, c’est-à-dire au « diabète sucré ». La polyurie et la polydipsie sont aussi des signes du diabète hydrique ou hydrurique, dit « diabète insipide ». Lorsque ce signe est la conséquence d'une altération des reins, on parle de diabète rénal ; lorsqu'il s'agit d'un trouble de l'hypophyse, on parle de diabète hypophysaire. Le diabète calcique est une hypercalciurie liée à une insuffisance tubulaire rénale avec une absorption intestinale excessive de calcium. Mais dans le langage médical courant « diabète » sans qualificatif est synonyme de diabète sucré.

Étym. gr. diabêtês : qui traverse

diabète rénal l.m.

renal glycosuria

Anomalie héréditaire, transmise selon le type dominant avec pénétrance incomplète, caractérisée par un défaut de la réabsorption tubulaire rénale du glucose.
Elle se traduit par une glucosurie, habituellement modérée, alors que le taux de glycémie est normal.
Le trouble peut être isolé ou associé à d'autres anomalies tubulaires telles qu'un défaut de la réabsorption des phosphates et des acides aminés comme dans le syndrome de Fanconi.

G. Klemperer, médecin allemand (1896) ; G. Franconi, pédiatre suisse, membre de l'Académie de médecine (1951)

Étym. gr. diabêtês : qui traverse

néphropathie tubulaire chronique

diabète sucré l.m.

- soit par la présence de symptômes (polyurie, polydipsie, amaigrissement) associée à une glycémie supérieure ou égale à 2 g/L (11, 1 mmol/L),

- soit encore par une glycémie supérieure ou égale à 2 g/L, 2 heures après une charge orale de 75 g de glucose (épreuve d’hyperglycémie provoquée).
Les deux types principaux de diabète sucré sont le diabète insulinodépendant ou diabète maigre avec tendance acidocétosique (type 1) et le diabète non-insulinodépendant ou diabète gras (type 2).
La gravité du diabète sucré tient à ses complications majeures : oculaires (cécité), rénales (insuffisance rénale), cardiovasculaires (athérosclérose), nerveuses périphériques (neuropathies). Toutes ces complications sont généralement secondaires à une micro-angiopathie ou à une macro-angiopathie.

Étym. gr. diabêtês : qui traverse

diabète insulino-dépendant, diabète non–insulino-dépendant, micro-angiopathie diabétique, macro-angiopathie diabétique

dialyse n.f.

dialysis

Technique permettant des échanges entre deux liquides de composition différente séparés par une membrane semi-perméable, p. ex. échange entre le sang et un liquide dit de "dialyse".
Les petites molécules diffusent à travers la membrane allant du compartiment où la solution est la plus concentrée vers celui où elle est plus diluée (loi de Fick). En raison de leur taille, les grosses molécules telles que les protéines ne franchissent pas la membrane. L'eau se déplace suivant le gradient osmotique transmembranaire.
Les techniques de dialyse sont utilisées comme méthode "d'épuration" dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et chronique. Elles permettent la soustraction d'éventuelles substances toxiques et la correction de désordres hydro-électrolytiques (p.ex. l'hyperkaliémie). Elles font appel le plus souvent à des membranes artificielles - c'est la technique de l'hémodialyse - mais aussi à des membranes naturelles comme le péritoine et l'intestin.

A. Fick, physicien et physiologiste allemand (1829-1901)

Étym. gr.dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

diffusion, Fick (loi de), pression osmotique, hémodialyse, épuration extrarénale, membrane de dialyse

dialyse intestinale l.f.

intestinal dialysis

Méthode d'épuration extrarénale qui utilise la muqueuse intestinale comme membrane de dialyse.
Elle repose sur l'irrigation continue de l'intestin par un liquide introduit grâce à une sonde jéjunale et évacué par une sonde rectale. Cette technique utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe a été abandonnée au profit de l'hémodialyse et de la dialyse péritonéale.

Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

dilatations des bronches (causes des) l.f.p.

bronchiectasis etiology

Affection habituellement acquise et parfois congénitale.
Les formes congénitales correspondent à des formes diffuses qu'elles soient observées au cours d'une mucoviscidose, d'une polykystose rénale, d'un déficit immunitaire humorale ou cellulaire, ou d'un syndrome du cil immobile.
Les formes acquises secondaires sont localisées ou diffuses.
Les formes diffuses sont le plus souvent la conséquence d'une bronchopneumopathie sévère de l'enfance, telle une coqueluche, une rougeole, surtout une infection à virus respiratoire syncytial ou à adénovirus.
Les bronchectasies localisées sont des séquelles d'une sténose bronchique par traumatisme, corps étranger, tuberculose, ou de lésions infectieuses telles qu'abcès, mycoses, aspergilloses bronchiques.
Les dilatations des bronches doivent être distinguées de la bronchite chronique où l'inflammation des bronches ne s'accompagne pas de dilatations

dioctophymose rénale l.f.

renal dioctophymiasis

Parasitose rare, dont quelques cas ont été signalés dans les pays froids, et qui est provoquée par un nématode de grande taille (20 centimètre à un mètre), Dioctophyme renale, vivant normalement dans les reins du Chien, du Renard ou de différents petits carnivores (Putois, Visons etc.).
La contamination humaine fait suite à l’ingestion d’un poisson d’eau douce (poisson-chat, en particulier) qui est le deuxième hôte intermédiaire du parasite. L’affection est marquée par des douleurs lombaires avec hématurie, arthralgies, amaigrissement important

diphtérie n.f.

diphtheria

Due à Corynebacterium diphtheria ou bacille de Klebs-Löffler (ou Loeffler), la diphtérie classique est une maladie contagieuse associant la présence de fausses membranes sur certaines muqueuses rhino-pharyngées à des signes d'intoxication plus ou moins graves dus à une exotoxine, la toxine diphtérique.
A la suite d'une incubation de 2 à 5 jours, la forme la plus habituelle est l'angine diphtérique commune, dans laquelle les fausses membranes adhérant aux tissus sous-jacents, intéressent surtout le pharynx, les amygdales et la luette. Cette angine s'accompagne d'une fièvre modérée, d'un malaise général intense, d'une anorexie. En l'absence de traitement précoce, elle peut évoluer vers le croup, dû à l'extension des fausses membranes au palais, au larynx et à l'arbre respiratoire conduisant à l'asphyxie ou vers l'angine maligne liée à l'imprégnation par la toxine et dont le pronostic est très sévère. Elle s'accompagne alors de pâleur, d'une prostration, d'une tachycardie, d'une stupeur voire d'un coma, alors que la fièvre reste modérée. L'action de la toxine concerne surtout le myocarde, le système nerveux périphérique et les reins. Les formes malignes comportent donc des paralysies du voile du palais ou de l'accommodation survenant précocement, souvent d'un œdème du cou et d'adénopathies ; plus tardivement surviennent des polynévrites (entre la première semaine et le premier mois), des paralysies touchant les membres les nerfs crâniens ou le diaphragme, ou encore une myocardite, une insuffisance rénale. Il existe aussi une thrombopénie et une protéinurie.
Le mécanisme physiopathologique des troubles neurologique est une dégénérescence segmentaire périaxile touchant les gaines myéliniques.
L’antibiothérapie précoce (pénicilline G, macrolides) permet la guérison.
La vaccination par l’anatoxine diphtérique a éliminé cette maladie de nombreux pays. En France, où la déclaration est obligatoire ainsi que la vaccination avant l’âge de deux ans, il n’y a plus de cas autochtone depuis 1990. La diphtérie réapparaît si la couverture vaccinale est insuffisante (inférieure à 60-70%). Une épidémie en Russie et dans les pays de l’Europe de l’Est, entre 1990 et 1996, a entraîné plus de 250 000 cas et des milliers de décès. Des cas sporadiques ou épidémiques surviennent encore dans des pays où la couverture vaccinale ne peut être assurée, notamment en cas d'insécurité. On estime à 4 500 le nombre des cas de diphtérie survenus en 2015.
Les infections par Corynebacterium ulcerans et C. pseudotuberculosis se traduisent par des diphtéries cutanées habituellement assez bénignes et non contagieuses.

P. Bretonneau, médecin clinicien français, membre de l’Académie de médecine (1826)

Étym. gr. diphthera : membrane, peau (dénomination créée en 1826 par le médecin français P. Bretonneau)

vaccin diphtérie, diphtérie cutanée, Corynebacterium diphtheriae, toxine diphtérique

[D1,O1]

distension urinaire l.f.

urinary distension

État de dilatation extrême de l'ensemble de la voie excrétrice urinaire avec altération irréversible de sa paroi musculaire, au-dessus d'un obstacle chronique sous-vésical.
Cet état menace la fonction rénale et comporte un danger infectieux extrême, particulièrement en cas de cathétérisme vésical intempestif.

distension vésicale

diurèse aqueuse l.f.

water diuresis

Urine caractérisée par sa faible osmolalité et son abondance.
La diurèse aqueuse est observée soit en cas d'absence ou de diminution de la sécrétion d'hormone antidiurétique, soit en cas de dysfonctionnement de la réponse rénale à cette hormone. L'ingestion d'eau en abondance induit une diurèse aqueuse.

Syn. aquarèse

ADH, aquarétique

diurèse résiduelle l.f

residual urine output

Volume d'urine qui persiste chez les patients atteints d'insuffisance rénale terminale après la mise en route du traitement par les méthodes de dialyse, dialyse péritonéale ou hémodialyse.
Il diminue au fil du temps et peut être quasi nul.

diurétique (traitement) l.m.

diuretic treatment

Traitement administré par voie orale ou intraveineuse destiné à augmenter la diurèse et l'excrétion urinaire du sodium.
Trois classes principales de diurétiques sont individualisées en fonction du lieu de leur activité :
- au niveau de la branche descendante de l’anse de Henlé, les « diurétiques de l'anse » (furosémide);
- au niveau de la partie haute de la branche ascendante de l'anse de Henlé qui est le segment cortical de dilution, les diurétiques thiazidiques et apparentés (hydrochlorothiazide, indapamide) ;
- au niveau du tube distal, diurétiques distaux épargneurs de K+ (amiloride, triamtérène) ou antagonistes de l'aldostérone (spirolactone).
Les diurétiques de l'anse qui inhibent la réabsorption du Na+ sont puissants et provoquent une fuite importante de Na+ et de K+. Les diurétiques thiazidiques, sont moins puissants. Les diurétiques distaux qui agissent sur la réabsorption distale du Na+sont faiblement natriurétiques, ils diminuent l'excrétion du K+ par effet antialdostérone ou par action tubulaire directe.
Certaines présentations associent deux classes de diurétiques dont la complémentarité évite la fuite potassique urinaire (par ex. spirolactone ou triamtérène +hydrochlorothiazide).
Les principales indications sont l'insuffisance cardiaque globale avec rétention hydrosodée, l'insuffisance ventriculaire gauche, l'hypertension artérielle. L’œdème aigu pulmonaire et l'insuffisance rénale fonctionnelle sont les indications privilégiées du furosémide intraveineux.
Il existe un autre agent diurétique utilisé pour le traitement du glaucome, du mal des montagnes et de certaines formes de paralysie périodique : l’acétazolamide, inhibiteur de l’anhydrase carbonique qui diminue la formation de l’humeur aqueuse et du liquide céphalo-rachidien. Il augmente l’élimination urinaire CO3H-, du Na+, du K+ et diminue celle du Cl- pouvant ainsi provoquer une acidose hyperchlorémique et hypokaliémique.

Étym. gr. diouretikos : diurétique (dia : à travers ; ourô : uriner)

dose n.f.

dose

Quantité de médicament, de toxique ou d'un agent physique administrée à un patient ou reçue par une victime, en une fois ou en un temps donné.
Les solides ou liquides peuvent être administrés en une fois per os ou par injection, la quantité administrée s'évalue en grammes, milligrammes ou gouttes, etc.
La dose est le principal paramètre corrélé à un effet médicamenteux ou toxique.
Les doses inférieures à une certaine limite ne produisent pas d'effet (loi de Haber). Les très faibles doses de toxiques peuvent produire un effet inverse (phénomène d'hormesis). Conformément à la similitude biologique il faut rapporter les doses au poids corporel. Lors de perfusion, d'inhalation d'un mélange gazeux anesthésique ou toxique et de l'exposition à un agent physique (chaleur, radiations, etc.), le processus est continu, la dose administrée est alors proportionnelle à la durée d'application et à la concentration du produit ou à l'intensité du processus physique, ceci pour une courte durée. Pour une exposition de plus longue durée, entrent en jeu des phénomènes d'élimination et de neutralisation métaboliques qui compensent les apports dans une certaine limite. Cette notion est prise en compte en anesthésie pour optimiser l'administration des agents anesthésiques (AIVOC).
Les médicaments, toxiques ou agents physiques administrés agissent selon deux modes différents : certains suivent une loi déterministe et présentent une dose seuil pour l'effet visé, qui est souvent précoce, divers mécanismes naturels (épuration pulmonaire ou rénale, métabolisme cellulaire, etc.) sont capables de neutraliser une certaine dose nocive en un temps relativement court, la dose efficace est alors égale à la différence entre la dose administrée et la dose seuil. Dans d'autres cas, la probabilité d'apparition de l'effet augmente avec la dose et la durée d'application, tandis que les effets surviennent après une longue latence : on ne sait pas déterminer la limite au-dessous de laquelle il n'y a pas d'effet observable. Pour des concentrations ou des intensités faibles appliquées sur de longues durées, les effets ne sont pas fonction linéaire de la dose.
On ne peut définir qu'une limite arbitraire en observant un nombre suffisamment grand de sujets. En épidémiologie la détermination d'une limite de toxicité doit être faite sur de larges populations pour être significative. Pour certaines maladies dues à des causes multiples (p. ex. les cancers) les populations doivent être très larges.

F. Haber, chimiste allemand, prix Nobel de chimie en 1918 (1868-1934)

Étym. gr. dosis : action de donner, ce qui est donné (déverbal de didômi : donner)

AIVOC, analyse dimensionnelle, Haber (loi de), hormesis, pharmacocinétique

drépanocytose (manifestations rénales de la) l.f.

sickle cell nephropathy

Lésions rénales très diverses, de survenue fréquente, tout particulièrement chez les sujets homozygotes.
L'hématurie macroscopique est le symptôme le plus courant. On peut observer des atteintes glomérulaires avec syndrome néphrotique, des atteintes tubulaires distales avec acidose, des nécroses papillaires souvent cliniquement latentes et parfois une évolution vers l'insuffisance rénale terminale.

duplicité urétérorénale l.f.

complete ureteral duplication

Dédoublement complet de la voie excrétrice supérieure aboutissant au drainage des cavités rénales par deux uretères distincts dans la totalité de leur trajet.
La masse rénale est unique et les cavités se divisent en deux pyélons. Les deux uretères qui les drainent vont s'aboucher séparément dans la vessie, par deux orifices urétéraux distincts. Par suite d'un croisement des uretères dans la région paravésicale, l'orifice supérieur va s'aboucher en bas et en dedans de son homologue. Les deux uretères dans la région intramurale et paravésicale sont dans une gaine conjonctive commune.
Une pathologie assez fréquente s'attache à la duplicité urétérale. L'orifice "inférieur", le plus haut situé, ayant un trajet plus court et direct dans la paroi vésicale, est souvent siège de reflux. La pathologie correspondant au pyélon supérieur est celle des abouchements ectopiques et des urétérocèles ectopiques.

Syn. duplicité urétéropyélocalicielle

dysplasie n.f.

dysplasia

Terme générique désignant toutes lésions liées à une anomalie du développement d’un tissu, d’un organe ou d’une partie d’organe.
On distingue :
1° les dysplasies survenant au cours du développement embryonnaire, mieux appelées les dysembryoplasies, aboutissant à des ensembles malformatifs et déformatifs fixes et définitifs (dysplasie. fibreuse des os, dysplasie rénale, dysplasie ectodermique etc.) ;
2° les dysplasies frappant les tissus ayant conservé au-delà naissance leur capacité de reconstruction et de différenciation. Ces dernières sont acquises réversibles et touchent préférentiellement les tissus à renouvellement rapide, en particulier les surfaces épithéliales, la moelle osseuse. Ces dysplasies sont essentiellement d’origine trophique ou infectieuse (les dysplasies du col utérin, la métaplasie malpighienne des carences en vitamine A).
Les liens unissant la trophicité et la reconstruction et la différenciation d’un tissu sont si intimes que les termes de dysplasie et de dystrophie sont, à tort, usés l’un pour l’autre. Les dysplasies ne sont pas des cancers mais la chronicité d’une lésion dysplasique peut conduire peu à peu à la transformation maligne. Dans les épithéliums, p. ex. cutanéomuqueux ou digestifs, le terme dysplasie est souvent considéré comme synonyme de lésion précancéreuse : il s’agit alors d’une prolifération néoplasique intraépithéliale ou carcinome in situ. Cette interprétation pourrait être considérée comme abusive.

Étym. gr : dus : difficile ; plassein : faire, façonner

dyspnée de Cheyne-Stokes l.f.

Cheyne-Stokes’ breathing, Cheyne-Stokes’ dyspnea

Variété particulière de respiration pathologique, caractérisée par une pause respiratoire plus ou moins prolongée, à laquelle succède une série de respirations d'amplitude croissante, suivie d'une autre série d'amplitude décroissante, aboutissant à une nouvelle pause, et ainsi de suite.
Elle peut s'observer dans l'insuffisance cardiaque ou rénale, chez l'obèse et lors de certaines atteintes du tronc cérébral.

J. Cheyne, médecin irlandais (1818) ; W. Stokes, médecin interniste irlandais (1854)

Étym. gr. dyspnoia : dyspnée

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