Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Siegler et Kontopoulos (classification de) l.f.

Siegler and Kontopoulos’ classification

Classification en quatre stades des synéchies utérines en fonction de leur aspect à l’hystérographie.

A. M. Siegler et V. Kontopoulos, gynécologues américains (1979)

Sillence (classification de) l.f.

Sillence’s classification

Classification des différentes formes de l’ostéogénèse imparfaite selon des critères cliniques et évolutifs.
- Le type I est généralement décelé avant les premiers pas par des déformations des membres, une ostéoporose précoce avec fractures multiples, une laxité articulaire, des sclères bleues et une surdité : il correspond à l’ostéopsathyrose de Lobstein. Sa transmission est dominante autosomique.
- Le type II, forme à début prénatal, est subdivisé en un type II A létal, correspondant à la dystrophie périostale de Porak et Durante et à l’osteogenesis imperfecta congenita de Vrölik, et en un type II B, sévère, autosomique dominant ou récessif. Un type II C létal a été décrit par Sillence en 1984.
- Le type III est très proche du type II B, précoce et sévère, avec des os fragiles, des sclérotiques bleues, une dentinogénèse imparfaite (inconstante) et une surdité de transmission. L’hérédité est dominante autosomique. Une variété plus modérée, dite régressive, se stabilise dans l’enfance.
- Le type IV est très proche du type I : les sclères sont habituellement de couleur normale et la gravité est plus grande.
La multiplicité de ces types et leur fréquente intrication sont dues à la variété des mutations portant sur les gènes codant pour le collagène hétérotrimère avec deux chaînes α1 dont le gène COL1A1 est porté par le chromosome 17 en 17q21-q22 et une chaîne α2 dont le gène COL1A2 est situé sur le chromosome 7 en 7q21.1. Il a fallu associer ou subdiviser les différents types pour classer les très nombreuses formes cliniques liées à ces mutations. D’autres formes de l’ostéogénèse imparfaite ont été décrites, dont le type V, caractérisé par les cals hypertrophiques des fractures et l’ossification de la membrane interosseuse (Soua), le type VII, forme rhizomélique récessive, locus en 3p22-p24.1, et des formes récessives létales : le type VIII avec sclérotiques blanches, nanisme, os très fins hypominéralisés et épiphyses bulbeuses est lié à une mutation du gène LEPRE 1 codant pour l’enzyme P3-H1 (propyl3-hydroxylase1 ou protéine leprecan). 

J. Lobstein, anatomopathologiste français membre de l’Académie de médecine (1777-1835); J. Beau, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1806-1875), W. Vrolik, médecin néerlandais (1849), C. Porak, membre de l’Académie de médecine et G. Durante, médecins français (1905), D. Sillence, généticien australien (1979 et 1984)

ostéogénèse imparfaite, osteogenesis imperfecta de type IV, ostéopsathyrose

somatisation n.f.

somatization

Rubrique incluse dans les troubles somatoformes par la CIM (classification  internationale des maladies) et le DSM (diagnostic and statistical manual of mental disorders) pour désigner des symptômes physiques multiples, chroniques mais fluctuants, surtout gastro-intestinaux, cutanés et gynécologiques, sans relation avec une pathologie organique, sinon hors de proportion avec celle-ci.
Sans pour autant se référer au vocabulaire de la psychanalyse ni à une nosographie inspirée de celle-ci, un tel terme traduit la transcription au niveau du corps d'un conflit intrapsychique (refoulement d'une pulsion érotique ou agressive, p. ex.).
Ce terme a suppléé celui, traditionnel, de conversion.

stade fonctionnel l.m.

Deuxième des stades évolutifs du dommage corporel selon la classification de Wood.
A ce stade, qui fait suite à la consolidation médicolégale, se rattachent, en particulier, l’incapacité professionnelle définitive, le déficit fonctionnel personnel définitif et les préjudices d’agrément, esthétique et de nature sexuelle.

Ph. Wood, épidémiologiste britannique (1980)

Syn. stade séquellaire

classification de Wood, consolidation médicolégale, stade séquellaire

stade lésionnel l.m.

Premier des stades évolutifs du dommage corporel selon la classification de Wood.
A ce stade se rattachent la détermination de la période d’incapacité temporaire de travail, de déficit fonctionnel personnel temporaire ainsi que les souffrances endurées qui précèdent la consolidation médicolégale, c'est-à-dire les souffrances non permanentes.

Ph. Wood, épidémiologiste britannique (1980)

classification de Wood, consolidation médicolégale

syndrome du babouin l.m.

baboon syndrome

Forme clinique particulière de dermite allergique d'origine endogène, l'allergène étant introduit par voie souscutanée, intramusculaire ou digestive chez un sujet déjà sensibilisé, et se traduisant par des lésions érythématovésiculeuses, principalement localisées à la région fessière, d'où son nom, mais pouvant aussi atteindre les aisselles et les plis des coudes.
Des manifestations générales accompagnent parfois les signes cutanés : malaise, céphalée, vomissements, diarée. Ce syndrome est considéré comme une réaction d'hypersensibilité de type IV dans la classification de Gell et Coombs.

K. Andersen et N. Hjorth, dermatologistes danois (1984)

syndromes coronariens aigus l.m.p.

acute coronary syndromes

Ensemble de situations pathologiques résultant d’une révision nosographique de l’urgence coronaire, comprise comme le continuum des conséquences de l’instabilité de la plaque athéromateuse.
L’angor instable clinique est ainsi scindé en 2 entités distinctes : ou bien il existe un susdécalage du segment ST (>1mm sur 2 dérivations) durable, ayant signification de nécrose myocardique ; ou bien il n’existe pas de sus-décalage de ST, et la frontière de la nécrose devient le taux de troponine plasmatique. L’importance de cette classification tient à la stratégie thérapeutique et au pronostic qui en résulte.

systématique n.f.

systematics

Discipline scientifique dont l'objet est l'étude théorique des bases et des règles de la classification des organismes vivants.
On a tendance actuellement à considérer le terme systématique comme synonyme de taxinomie.

taxinomie

[D1,D2,D3]

Édit. 2017

systématique phylogénétique n.f.

phylogenic systematic

Classification méthodique des êtres vivants à partir de l’origine et de l’évolution des lignées.
Elle part d’un ancêtre commun et s’épanouit en arbre phylogénétique dont les branches divergent selon l’évolution des organes. Le classement repose sur la construction de groupes monophylétiques appelés clades. Si un caractère considéré ne s’est pas modifié entre l’ancêtre et les descendants, l’état est dit plésiomorphe (ou primitif) ; s’il est acquis au cours de l’évolution, l’état est dit apomorphe (évolué ou dérivé)
Etym. gr. sustêma : ensemble de choses, de données ; phulos : lignée ; génesis : origine, naissance, plesios : voisin, proche ; morphê : forme ; apo- :éloigné de.

W. Hennig, entomologiste allemand (1950)

Syn. cladistique, cladisme

cladistique

tableaux A,B,C l.m.p.

tables A,B,C (prescription of only medicine)

Classification périmée de médicaments dont les tableaux A et C contenaient des médicaments considérés comme toxiques (A) ou dangereux (C).
Ils ont été remplacés par les listes I et II respectivement. Le tableau B rassemblait les « stupéfiants » ; il a été remplacé par une liste des substances toxicomanogènes.

Tanner-Whitehouse (classification de) l.f.

Tanner Whitehouse’s classification

Classification en cinq stades, au cours de la puberté féminine, des étapes successives du développement des seins, de la pilosité axillaire et de la pilosité pubienne.
Elle permet une cotation chiffrée des retards pubertaires ou des pubertés précoces.

J.M. Tanner (1962 et 1966)et R.H. Whitehouse, pédiatres britanniques (1966)

taxon n.m.

taxon

Groupe taxinomique d'organismes vivants, de rang varié, constitué par des entités regroupés dans une même catégorie car présentant des caractéristiques communes.
L'ensemble des taxons, une fois ordonnés (hiérarchisés), constitue la classification des êtres vivants telle que l'établit la taxinomie.
Edit. 2017/1

Étym. gr. taxis : arrangement

taxinomie, classe, ordre, famille, genre, espèce

taxonomie n.f.

taxonomy

Terme largement usité pour désigner l'ensemble des règles de la classification des êtres vivants mais néanmoins impropre. On lui préfère aujourd'hui le terme de taxinomie

taxinomie

technétium 99m n.m.

technetium 99m

Élément 43 (99mTc) de la classification de Mendeleïev, radioélément artificiel le plus utilisé en médecine sous forme de générateur ; descendant du molybdène 99, c'est le seul élément qui n'existe pas sur terre à l'état naturel car tous ses isotopes sont radioactifs et constituent la première espèce chimique créée artificiellement (1937).
Le technétium 99m, radiopharmaceutique courant, présente des propriétés physiques particulièrement bien adaptées à la détection (période physique de 6 heures ; émission de photons gamma monoénergétiques de 142 KeV facilement décelés par les gamma-caméras  (irradiation faible du patient).
Sur le plan clinique, il est relativement facile à incorporer à des molécules très variées (complexes phosphatés se fixant sur le squelette; microsphères d'albumine utilisées en scintigraphie de perfusion pulmonaire, molécules détoxiquées par le foie) permettant d'effectuer les examens de divers organes. Sous forme d'ion pertechnétate, il est utilisé en scintigraphie thyroïdienne. Actuellement, on l'associe à un colorant pour la détection d'adénopathies axillaires dans le cancer du sein et d’adénopathies iliolomboaortiques dans le cancer du testicule ou de la maladie de Hodgkin.
A noter que le technétium 99m (période de 200 000 ans) constitue un rejet mineur des centrales nucléaires.

terpène n.m.

terpene

Terme générique pour un composé chimique acyclique ou cyclique de formule générale (C5H8)n de type isoprénique. La classification de ces très nombreuses substances naturelles, principalement végétales, est faite selon le degré de condensation et l’on parle d’hémiterpènes en C5 (ex. isoprène), de terpènes proprement dits en C10, de sesquiterpènes en C15, de diterpènes en C20, de triterpènes en C30, de polyterpènes.
Nombre de ces substances possèdent des substituants très diversifiés ce qui explique la richesse de ce groupe chimique et la possession de propriétés pharmacologiques diverses. des terpènes sont liés à la biosynthèse des stérols dont le cholestérol.

Étym. gr. terebinthos : térébinthe

Thévenard (maladie de) l.f.

Thévenard's disease

Acropathie ulcéromutilante familiale, autosomique dominante, comportant des variations phénotypiques importantes d'une famille à l'autre, reflet probable d'une hétérogénéité génétique.
Elle se traduit par un mal perforant plantaire, des ostéopathies, une aréflexie et une dissociation syringomyélique de la sensibilité distribuée en chaussette. L'aggravation des troubles trophiques est progressive.
Considérée d'abord comme une syringomyélie lombosacrée et actuellement comme une axonopathie distale par dégénérescence rétrograde des fibres sensitives de petit calibre Au terme de maladie de Thévenard, on préfère actuellement celui de neuropathie sensitive héréditaire, selon selon la classification de Dyck.

A.Thévenard médecin français (1942), P.J. Dyck, neurologue américain (1975)

acropathie ulcéromutilante

Thoms (classification de) l.f.

Thoms’ classification

Classification radiologique des bassins obstétricaux en quatre catégories en fonction des diamètres du détroit supérieur : brachypellique (légèrement aplati d’avant en arrière), platypellique (très aplati d’avant en arrière), dolichopellique, aplati transversalement et mésatipellique, ou bassin rond.

H. Thoms, gynécologue obstétricien américain (1935)

TNM (classification) sigle angl. pour Tumor Node Metastasis

TNM System

Système d’évaluation du stade évolutif des cancers avant tout traitement, fondé sur la taille de l'extension tumorale directe (tumeur primitive T : de T1 à T4, T0 désignant le cancer in situ), sur l’extension aux nœuds lymphatiques locorégionaux (N, de N1 à N3, N0 désignant l’absence d’atteinte ganglionnaire), sur la présence de métastases à distance (M, soit absentes : M0, soit présentes, désignées alors M1 ou M2 suivant leur nombre).
Cette classification a été proposée par Pierre Denoix entre 1940 et 1950 et adoptée par la communauté internationale pour de nombreuses localisations cancéreuses.

P. Denoix chirurgien français (1946)

troubles envahissants du développement l.m.p.

Dénomination actuelle de la classification internationale des maladies (CIM 10) regroupant l’ensemble du syndrome d’autisme.

autisme, autisme (modèles physiopathologiques)

trouble schizophréniforme l.m.

schizophreniform disorder

Cadre défini par le DSM-IV (diagnostic and statistical manual of mental diseases) comme répondant aux caractéristiques cliniques des états schizophréniques, mais d'une durée d'un à six mois et sans que soient obligatoires des troubles du fonctionnement social ou occupationnel à un moment quelconque de l'évolution.
En l'absence de certitude d'une guérison, le diagnostic est qualifié de provisoire pendant cette période. Si, dans les deux tiers des cas environ, les manifestations pathologiques persistent au-delà de six mois, le diagnostic devrait devenir celui de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif.
A fortiori, selon la CIM-I0 (classification internationale des maladies), ce trouble aigu d'allure schizophrénique doit persister moins d'un mois.
Auparavant, pour les Américains, tout accident délirant aigu était considéré comme schizophrénique. En France, les positions ont toujours été nuancées.

Syn. schizomorphe

 schizophrénie, psychose délirante aigüe ou subaigüe

Botal (trou de) l.m.

Botal’s defect

Communication interauriculaire isolée, du type ostium secundum.
Terme ancien, qui n’est plus guère utilisé et ne figure pas aujourd’hui dans la classification des défauts septaux congénitaux du cœur.

L. Botal, anatomiste italien établi à Paris (1530-1600)

foramen ovale, ostium secundum

[A1, K2]

Édit. 2018

trou maculaire idiopathique l.m.

idiopathic macular hole, full thickness macular hole

Présence d'un trou de pleine épaisseur au sein du neuro-épithélium maculaire conduisant à une baisse importante d'acuité visuelle.
La génèse de cette pathologie semble liée à l'existence d'une contraction du cortex vitréen postérieur prémaculaire entrainant une traction vitréomaculaire tangentielle. Cette thèse est à l'origine d'un traitement chirurgical comprenant une vitrectomie, un décollement de la hyaloïde postérieure et un tamponnement interne gazeux. On distingue, d'après la classification de Gass, quatre stades évolutifs : le stade 1 correspond à la tension de l'entonnoir fovéolaire (syndrome de menace de trou maculaire), le stade 2 correspond au début de la formation du trou maculaire, le stade 3, lorsque le trou constitué s'élargit avec un soulèvement de ses bords, le stade 4, lorsque le cortex vitréen s'est décollé du neuro-épithélium rétinien.

J.D. Gass, ophtalmologiste américain (1988)

typologie de Kurt Schneider l.f.

Schneider’s typology

Classification des types de personnalité fondée sur l’observation clinique des déviations et appliquée par extension à la personnalité normale.
Elle comporte dix types : hyperthymique, dépressif, inquiet, fanatique, mythomaniaque, instable, explosif, apathique, aboulique et psychasthénique.

Kurt Schneider, psychiatre allemand (1887-1957)

uranium n.m.

92e élément de la classification de Mendéléev, métal lourd qui possède 26 isotopes connus, tous radioactifs, dont 3 seulement sont présents à l'état naturel : 238U à 99,28% (période : 4,5 milliards d’années), 235U à 0,72%  (période : 704 millions d’années) et traces de 234U.
Le 233U est un isotopoe radioactif artificiel obtenu par irradiation du thorium. L’uranium est essentiellement utilisé dans l’industrie nucléaire.
La radioactivité naturelle des sels d'uranium a été mise en évidence en 1896 par Henri Becquerel. C'est du minerai d'uranium (pechblende) que Pierre et Marie Curie ont extrait en 1898 le polonium et le radium (le Prix Nobel de physique de 1903 fut partagé entre les trois physiciens).
La fission de l'uranium, décrite en 1938, a eu pour conséquence le développement de la bombe atomique, mais aussi de l'énergie nucléaire par fission maîtrisée.
Les cancers tardifs contractés par les premiers ouvriers extrayant le minerai ont été particulièrement étudiés en tant qu'exemple quasi-expérimental de cancérogénèse induite par les rayonnements. L'uranium est un radiotoxique faisant l'objet d'une surveillance systématique chez les personnes exposées.

radium

utérus communicant bicorne et cloisonné cervical l.m.

uterus duplex bicornis (TA)

Variété d'utérus cloisonné, bicorne, complétant la classification de Musset : il présente un isthme unique et une cloison cervicale sagittale.

utérus,utérus cloisonné cervical, Musset (classification de)

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