insomnie organique l.f.
organic insomnia
Ensemble de troubles qui se définit essentiellement comme une plainte portant notamment sur la lenteur et les difficultés d'installation du sommeil, sur de nombreux réveils et une baisse de son "efficacité".
L'enregistrement polysomnographique montre une diminution des proportions de sommeil paradoxal et lent profond, ainsi qu'une durée moyenne inférieure à celle des bons dormeurs, mais aussi un large recouvrement des courbes entre les deux populations.
Seront distinguées :
- les insomnies neurologiques, d'origine: traumatique (rupture du cycle veille-sommeil en phase aigüe, de mauvais pronostic, insomnie résiduelle, syndrome post-commotionnel) ; dégénérative (maladie de Parkinson, chorée de Huntington, démence d'Alzheimer, etc.) ; présumée infectieuse (maladie de Creutzfeldt-Jakob, insomnie familiale fatale, chorée fibrillaire de Morvan) ; vasculaire (insomnies sévères des lésions thalamiques et protubérantielles) ; épileptique (à l'extrême, effacement des stades du sommeil lors de crises fréquentes) ;
- les insomnies somatiques, notamment : le syndrome des jambes sans repos ; les infections à VIH (fréquence de la plainte insomniaque chez les séropositifs asymptomatiques) ; les affections douloureuses (céphalées, cancer, algies rhumatismales, en particulier) ; les troubles respiratoires (apnées du sommeil, bronchopneumopathies obstructives, etc.) ; les affections cardiovasculaires (crises nocturnes d'angor, p. ex.) ; diverses affections métaboliques et endocriniennes (dans le diabète du fait de la polyurie, de l'hypoglycémie, d'une neuropathie périphérique, dans l'hyperthyroïdie, etc.) Il est de fait que des facteurs non spécifiques (douleurs, fièvre, troubles respiratoires, toux, handicap fonctionnel, inconfort, anxiété) peuvent intervenir au moins partiellement.
J. Parkinson, médecin et paléontologue britannique (1817) ; G. Huntington, médecin américain (1872) ; A. Alzheimer, neuropathologiste allemand (1906) ; H. G. Creutzfeld, neuropathologiste allemand (1920) ; A. Jakob, neurologue allemand (1921) ; A. M. Morvan, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1890)
→ polysomnographie, Parkinson (maladie de), Huntington (chorée de), Alzheimer (maladie d’), Creutzfeldt-Jakob (maladie de), insomnie familiale fatale, chorée fibrillaire de Morvan, épilepsie, maladie des jambes sans repos, séropositif au VIH, syndrome des apnées du sommeil, bronchopneumopathie chronique obstructive, angor de décubitus, diabète, hyperthyroïdie
insuffisance érectile l.f.
erectile failure, erectile insufficiency, erectile impairment
Anomalie de l'érection qui ne peut soit être obtenue soit être maintenue de façon suffisante pour atteindre une rigidité pénienne permettant l'intromission.
Pathologie très fréquente, les causes en sont multiples, organiques ou fonctionnelles. L'origine psychogène est de loin la plus fréquente (environ 70% des cas). Les étiologies organiques sont très diverses : vasculaires, artérielles (surtout les lésions athéromateuses du carrefour aortique), ou fuites veineuses érectiles ; métaboliques (diabète) ; hormonales (insuffisances hypophysaires ou gonadiques) ; neurologiques (lésions dégénératives, vasculaires ou traumatiques de la moelle) ; traumatiques (fracture de l'arc antérieur du bassin, par lésion du plexus honteux) ; iatrogènes et alors soit médicamenteuses (β-bloquants, anxiolytiques, traitements anti-androgènes du cancer de prostate) soit post-chirurgicales, suivant des interventions lésant ou enlevant les nerfs érecteurs (amputation abdominopérinéale du rectum, prostato
Les moyens d'exploration sont, outre l'examen clinique et les dosages biologiques, la pléthysmographie pénienne, le doppler des vaisseaux péniens, éventuellement modifié par injection intra-caverneuse de prostaglandines, l'échographie, la cavernographie, plus rarement les artériographies aortiques ou hypogastriques.
Outre les thérapies attachées aux troubles psychogènes, le traitement peut être médicamenteux (sildénafil, hormonothérapie) avoir recours aux injections intra-caverneuses de produit vaso-actif (prostaglandines ou
α bloquants), utiliser des moyens physiques (vacuum), ou dans certains cas recourir à la chirurgie artérielle ou des fuites veineuses, ou enfin, dernier recours, à la mise en place de prothèses intra-caverneuses.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
interaction en épidémiologie l.f.
interaction
On dit qu’il y a interaction lorsque le risque relatif est différent selon la présence ou non d’une caractéristique chez un sujet.
Par ex. il y a interaction entre le tabac et l’alcool dans la survenue d’un cancer de l’œsophage.
[E1]
Édit. 2020
iode radioactif l.m.
radio iodine
En médecine, 131I l'un des isotopes radioactifs de l'iode stable (élément 53 de la classification de Mendeleieff) émetteurs β et γ, ayant une importance particulière, à la fois diagnostique (γ) et thérapeutique (β), en pathologie thyroïdienne.
L'iode (stable) constituant essentiel des hormones thyroïdiennes, s'accumule préférentiellement dans les cellules qui constituent les vésicules de la glande. La concentration de l'iode y est plus de mille fois supérieure à celle des autres tissus. En découlent d'importantes applications diagnostiques, telles que le test de fixation, la scintigraphie ou l'étude de la vitesse de production d'hormones marquées. L'iode radioactif (essentiellement l'isotope 131) est utilisé en thérapeutique pour le traitement de certaines hyperthyroïdies et des cancers différenciés de la thyroïde.
Divers isotopes de l'iode peuvent être incorporés à des molécules d'utilisations variées : isotopes à vie courte de l'iode 123I (photons de 180 KeV ; période physique 15 h), pour obtenir des radiopharma
L'iode 131 est, en outre, l'un des principaux radioto
irradiation aigüe l.f.
acute radiation injury
Effet provoqué par une forte exposition à des radiations ionisantes pénétrantes (X ou γ) ou plus rarement, par contact ou par inhalation d'aérosols radioactifs générateurs de rayons β ou parfois α.
L'irradiation entraîne soit la mort immédiate des cellules touchées, soit l'arrêt de leur activité métabolique. Les cellules survivantes cessent de se diviser après une ou quelques mitoses de sorte que leur descendance finit par disparaître (mort différée). L'irradiation peut être globale par suite d'une action thérapeutique (irradiation avant une greffe de moelle osseuse) ou lors d'un accident atomique industriel ou militaire. Dans ce dernier cas (explosion atomique) la victime subit aussi des effets thermiques (rayonnements infrarouge et lumineux) et mécaniques (effet de souffle) pouvant entraîner des lésions traumatiques (l'urgence chirurgicale prime, après décontamination s'il y a lieu).
On distingue quatre groupes de victimes en fonction du niveau d'exposition (mesurée en grays, Gy) : 0 inférieure à 1 Gy ; I de 1 à 2 Gy ; II de 2 à 4 Gy ; III de 4 à 8 Gy ; IV au-dessus de 8 Gy.
Au-dessus de 5 Gy (= 500 rads) la mortalité est très grande. La dose semi-létale est de 4 Gy.
Cliniquement dans les deux premières heures apparaissent des troubles digestifs (surtout vomissements), une adynamie avec apathie et somnolence, une hypotension et une hyperthermie, des signes cutanés (épidermite), des œdèmes et une tuméfaction de la parotide. Les effets de l'aplasie médullaire apparaissent après une certaine latence : leucocytose puis leucopénie, thrombopénie et en conséquence des infections, un syndrome hémorragique, des troubles digestifs, une déshydratation. Enfin après un certain temps se produit une crise évoluant vers l'aggravation ou la rémission, mais des effets tardifs sont possibles (cataracte, cancer, leucémie). Les examens complémentaires à faire sont l'hémogramme, le caryotype et l'électroencéphalogramme.
Le syndrome d'irradiation locale, accidentelle est consécutif à une exposition du personnel à des émissions X ou γ en laboratoire, en radiologie médicale ou industrielle (installations défectueuses), à un contact avec des sources radioactives (par ex. cobalt pour la radiographie industrielle) ou à des dépôts d'aérosols radioactifs sur les téguments (après un essai atomique par ex.).
Les effets locaux sont essentiellement cutanés (brûlures).
L'inhalation de gaz ou de particules radioactives produit des effets généraux, l'iode (125 I) se fixe sur la thyroïde (d'où l'ingestion préventive d'iode stable en cas d'accident de centrale atomique).
→ demi-vie des corps radioactifs, dose radioactive, gray
Isaacs (syndrome d') l.m.
Isaacs' syndrome
Maladie sporadique (75 % des cas) ou héréditaire (souvent associée alors à une maladie de Charcot-Marie-Tooth), débutant par une raideur localisée permanente et indolore qui diffuse à la musculature axiale, périphérique et respiratoire, et s'associe à des difficultés de relaxation après contraction musculaire, sans myotonie de percussion.
Une hyperidrose et des fasciculations sont fréquentes. Une neuropathie périphérique, une dysglobulinémie ou un cancer sont parfois associés.
Des potentiels de fasciculations et des décharges myokimiques et myotoniques, mis en évidence à l'électromyogramme, peuvent revêtir un aspect de décharge continue, même au repos. Ils sont augmentés par la contraction, disparaissent après curarisation, mais persistent pendant le sommeil et sous anesthésie générale. Lors de la contraction volontaire, il existe souvent des doublets et des multiplets, puis une "after-discharge" persistante malgré l'arrêt de la contraction.
Le traitement repose principalement sur les antiépileptiques du type de la carbamazépine ou de la diphénylhydantoïne, ou sur les échanges plasmatiques, voire les immunoglobulines intraveineuses.
H. Isaacs, neurophysiologiste sud-africain (1961) ; J. M. Charcot et P. Marie, neurologues français, membres de l'Académie de médecine (1886) ; H. H. Tooth, médecin britannique (1886)
→ activité musculaire continue généralisée (syndromes d')
jéjuno-iléite ulcéreuse l.f.
protein losing enteropathy
Lésion d’allure inflammatoire du jéjunum et de l’iléon responsable de fuite protéique.
Cliniquement : œdème des membres inférieurs, douleurs abdominales, diarrhée (éventuellement stéatorrhée).
Des jéjuno-iléites ulcéreuses peuvent être dues :
1) à une anomalie primitive du revêtement cellulaire macroscopique (ulcération, cancer, entérocolite) ou microscopique (augmentation de la desquamation, maladie cœliaque, etc.)
2) à une hyperpression lymphatique primitive (lymphangiectasie intestinale primitive ou maladie de Waldmann), ou secondaire à un obstacle lymphatique
T. A. Waldmann, médecin américain (1961)
JO-1 antigène l.m.
JO-1 antigen
Protéine cytoplasmique de nature enzymatique (activité histidyl tRNA synthétase).
Des autoanticorps anti-JO-1 sont trouvés dans le sérum de 41 % des polymyosites, 18 % des dermatopolymyosites, 8 % des syndromes de chevauchement et 0 % des malades ayant un cancer associé à une dermatopolymyosite.
Kaplan-Meier (méthode) l.f.
Kaplan-Meier’s estimation
Moyen d’exprimer la survenue d’événements qui dépendent du temps, c’est-à-dire des variables tronquées ou censurées.
Les mesures reposent sur le principe des probabilités conditionnelles. Dans la méthode de Kaplan-Meier, les chutes des taux de survie sont déterminées par la date de survenue de l’événement « décès »
Par extension, cette notion de « décès » peut s’appliquer à tout événement non récurrent qui survient dans le temps, par exemple l’apparition d’une récidive ou de la métastase d’un cancer.
E. L. Kaplan, mathématicien et P. Meier, statisticien américains (1958)
→ variable tronquée, variable censurée
kératinisation n.f.
keratinization
Processus d’accumulation des filaments intermédiaires du cytosquelette de type kératine, au niveau de cellules épithéliales malpighiennes normales ou métaplasiques.
A l’état normal, l’enrichissement en kératine se fait progressivement au cours de la maturation des cellules dans le cas de la peau, aux dépens d’autres constituants cellulaires, jusqu’au stade où la cellule est totalement occupée par ce matériel ; dans ce dernier cas, le noyau disparaît : c'est l'orthokératinisation. Mais dans certaines pathologies, les noyaux des cellules en voie de kératinisation persistent : parakératose ou encore la kératinisation apparaît de façon isolée, unicellulaire, au sein de couches cellulaires par ailleurs normales : dyskératose. Au niveau des muqueuses malpighiennes, la kératinisation de quelque type qu’elle soit, répond à un processus pathologique.
Dans les cas de dystrophie ou de tumeur malpighienne ou épidermoïde et notamment de cancer, qu’il s’agisse de la peau ou des muqueuses, la kératinisation peut être importante et aboutir à une accumulation nodulaire concentrique, dite en bulbe d’oignon, de kératine ou globe corné
Aux paumes des mains et aux plantes des pieds, ces cellules cornées restent distinctes les unes des autres et forment une couche très épaisse (kératinisation selon le type A de Zander); sur presque tout le reste du tégument, elles fusionnent en une masse d'épaisseur réduite (type B).
Vörner (kératodermie épidermolytique de ) l.f.
epidermolytic palmoplantar keratoderma
Variété de kératodermie palmoplantaire transmise sur le mode autosomique dominant, marquée par une hyperkératose strictement localisée aux paumes et aux plantes, nettement délimitée par un liseré érythémateux, à surface jaune, avec quelques zones de desquamation superficielle et de rares poussées bulleuses.
L'examen histologique permet de la différencier de la maladie de Thost-Unna par la présence d'un trouble de l'agencement des tonofilaments dans les couches moyennes de l'épiderme sous une importante hyperkératose. L'anomalie moléculaire se situe au niveau du gène de la kératine 9 sur le chromosome 17. Une association a été notée avec un cancer familial du sein et de l'ovaire.
H. Vörner, dermatologiste allemand (1901)
Étym. gr. keras : corne; derma : peau
Syn. kératodermie acanthokératolytique
→ kératodermie, Thost-Unna (kératodermie de)
[J1, Q3]
Édit. 2019
kératodermie palmoplantaire l.f.
palmoplantar keratoderma
Localisation aux paumes et aux plantes d'un épaississement plus ou moins durable de la couche cornée de l'épiderme, c'est-à-dire d'une hyperkératose.
En fait, il s'agit d'une localisation sinon exclusive, du moins prédominante, ce qui rend les deux termes synonymes, surtout si l'on en précise le type. Il en existe de nombreuses variétés classées selon leurs conditions d'apparition, leur aspect clinique et leur éventuelle association à d'autres manifestations. Acquises, elles peuvent être de causes traumatique, infectieuse - syphilis, blennorragie -, ou toxique - arsenic -, ou être le symptôme, isolé ou non, d'une dermatose telle que psoriasis, eczéma, lichen plan, maladie de Darier, pityriasis rubra pilaire, voire mycose, etc. Familiales ou héréditaires ou congénitales, on classe les principales d'entre elles en formes diffuses - de Thost-Unna, de Meleda, ou intermédiaire de Greither -, de Papillon-Lefèvre, aïnhumoïde et mutilante de Vohwinkel, génodermatose scléroatrophiante des extrémités de Huriez, et en formes circonscrites qui se présentent sous l'aspect d'ilots kératosiques - papuloverrucoïde de Brauer-Buschke-Fischer-, ou en bandes de Brünauer-Fuchs. La forme épidermolytique de Vörner et celle d'Olmsted méritent une place à part, de même que la porokératose de Mantoux. Quelques cas ont été décrits de kératodermie palmoplantaire transmise en dominance associés à un cancer œsophagien.
Étym. gr. keras : corne; derma : peau
→ Fiessinger-Leroy-Reiter (syndrome de), tylosis, pachyonychie congénitale, tyrosinose oculocutanée ou syndrome de Richner-Hanhart, syndrome de Howell-Evans, Papillon-Lefèvre (syndrome de)
kératose laryngée l.f.
keratosis
Anomale de maturation de l’épithélium malpighien se traduisant par l’apparition de grains de kératine dans les cellules superficielles de la muqueuse des cordes vocales.
Ce phénomène est lié à l’inflammation chronique ou à certains toxiques comme la fumée de tabac. La kératinisation peut se faire sous forme de tache blanche surélevée et plane, appelée leucoplasie, ou de forme verruqueuse hérissée de nombreux spicules appelé papillome corné. Ce type de lésion peut correspondre à un cancer très différencié ou à un état pré-cancéreux. Une biopsie exérèse est nécessaire.
kératose par PUVA l.f.
PUVA keratosis
Forme particulière de kératose souvent observée en zone cutanée non exposée au soleil chez des sujets ayant subi des traitements de longue durée par photochimiothérapie (PUVAthérapie).
Les lésions sont des papules larges, à surface kératosique, parfois verruqueuses, qui se distinguent de la kératose actinique par la rareté des atypies cellulaires et par l’absence d’élastose actinique. Elles comportent aussi un risque de développement de cancer cutané autre que le mélanome. Le traitement consiste en une destruction par cryothérapie ou laser.
Kroener (technique de) l.f.
Kroener's technique
Exérèse de la trompe et de son extrémité (pavillon ou fimbria) ainsi que de la partie de l’ovaire adhérant au pavillon, mais laissant en place la plus grande partie de l’ovaire.
Technique de stérilisation actuellement obsolète du fait de son taux d'échecs important par fistulisation et son manque de réversibilité. Elle est utilisée dans la prévention des carcinomes pelviens séreux (cancers de l’ovaire, des trompes de Fallope et du péritoine) chez les femmes porteuses des mutations BRCA1 ou BRCA2. Elle réduit le risque de cancer tout en préservant la fonction hormonale ovarienne.
W. F. Kroener Jr, gynécologue obstétricien américain (1969)
Syn. fimbriectomie
[O3]
Édit. 2019
Krukenberg (tumeur de) l.f.
Krukenberg's tumour
Tumeur maligne de l'ovaire, solide, ovoïde, réniforme ou nodulaire, souvent bilatérale, caractérisée par la présence de cellules « en signet » ou en « chaton de bague ».
Dans 80% des cas, ce sont des métastases d'un cancer digestif, du pylore ou de l'estomac, et dans 20% des cas elles sont primitives.
F. E. Krukenberg, anatomopathologiste allemand (1896)
kyste du foie l.m.
En dehors des kystes parasitaires et de la maladie polykystique du foie, c'est un kyste solitaire, parfois présent à la naissance (kystes congénitaux non héréditaires), en général asymptomatique (volontiers découvert par échographie).
Un tel kyste peut être secondaire à un traumatisme (après hémorragie intrahépatique), à un infarcissement localisé du foie ou associé à un cancer (forme kystique), voire traduire l'existence d'une tumeur bénigne (hamartome mésenchymateux, hémangiome caverneux).
Rarement, il existe des multiples petites cavités kystiques contenant du sang circulant (péliose hépatique).
kyste du sein l.m.
breast cyst
Formation à contenu liquidien du tissu mammaire pouvant atteindre le volume d'une noix.
Le plus souvent bénigne, elle doit cependant faire l'objet d'une démarche diagnostique approfondie à la recherche d'un cancer associé. Cliniquement, elle est sensible, bien limitée, rénitente, le plus souvent mobile par rapport aux plans voisins. La mammographie montre une image opaque, bien limitée, refoulant les tissus. La cytoponction ramenant un liquide verdâtre ou café au lait permet en général de préciser le diagnostic, qui devra également s'appuyer sur l'analyse cytologique.
Syn. kyste solitaire du sein
kyste mucineux de l'ovaire l.m.
ovarian mucoïd cyst
Kyste ovarien caractérisé par la présence de cellules contenant de la mucine d'aspect endocervical ou intestinal.
On le classe schématiquement en cystadénome mucineux bénin et cystadénocarcinome mucineux malin, avec possibilité de tumeur frontière ou à malignité atténuée. Il est généralement volumineux (parmi les kystes ovariens, il est de ceux qui atteignent la plus grande taille) et multiloculaire à paroi mince. Il représente 20% des kystes organiques de l'ovaire. Il se révèle le plus souvent par une symptomatologie tumorale de masse, torsion, ou douleur. Bilatéral dans 5% des cas, il présente une surface externe blanche et opaque. Il contient un liquide citrin, parfois rouge, voire chocolat, et d'aspect filant à muqueux, parfois épais mais dans certains cas fluide. Aux complications habituelles des kystes de l'ovaire, il faut ajouter le risque d'ascite gélatineuse ou pseudomyxome péritonéal compliquant une rupture ou une fissuration du kyste. Il se traite par la chirurgie, selon les cas comme un kyste simple ou comme un cancer de l'ovaire.
kystographie rénale l.f.
renal cystography
Technique consistant à injecter un produit de contraste iodé hydrosoluble dans un kyste rénal afin d'en étudier la cavité.
L'injection est faite par ponction guidée au cours d'une urographie préalable ou sous échographie ; elle peut être combinée à un prélèvement du contenu aux fins d'examens cytochimiques. Son but essentiel consiste à différencier le kyste simple du rein des formes kystiques du cancer. Les techniques actuelles d'imagerie ont fait reculer ses indications.
Lambert-Eaton (syndrome myasthéniforme de) l.m.
Lambert-Eaton’s myasthenic syndrome
Syndrome atteignant surtout l'homme vers la quarantaine, qui se manifeste par un déficit moteur proximal des membres inférieurs avec aréflexie tendineuse, une fatigabilité excessive et parfois des signes myasthéniformes minimes et transitoires à type de ptosis, diplopie, troubles de la phonation et de la déglutition.
Une dysautonomie avec troubles de l'accommodation pupillaire, de la sudation, sécheresse des yeux et de la bouche, impuissance sexuelle, est fréquente, de même que des paresthésies. Les réflexes tendineux sont faibles mais plus nets après un effort musculaire. Un déficit moteur apparaît rapidement à la fatigue.
Le diagnostic différentiel avec la myasthénie vraie se fait par l'examen électromyographique. En effet, l'étude électrophysiologique montre une diminution nette de l'amplitude du potentiel d'action musculaire. Comme dans la myasthénie, la stimulation répétitive à basse fréquence entraîne un décrément de la réponse mais, contrairement à la myasthénie, une stimulation unique du muscle après un effort prolongé ou après tétanisation est suivie d'une augmentation de l'amplitude de la réponse (potentialisation ou facilitation). À haute fréquence, on observe un "incrément" anormal.
Cette affection est due à une insuffisance de libération présynaptique de l'acétylcholine causée par des anticorps dirigés contre les canaux calciques présynaptiques voltage-dépendants. Considéré d'abord comme un syndrome paranéoplasique (surtout cancer bronchique à petites cellules), son cadre nosologique s'est élargi car cette association ne se rencontre que dans la moitié des cas alors que l'association à d'autres cancers ou à d'autres maladies auto-immunes est fréquente. Dans 10% des cas, le syndrome reste isolé.
La guanidine ou la 3' 4' diaminopyridine apporte une amélioration de la symptomatologie. Le traitement repose encore sur les anticholinestérasiques, les corticoïdes, les immunoglobulines, l'azathioprine, les échanges plasmatiques.
E. H. Lambert, L. M. Eaton, neurologues américains (1956)
Syn. syndrome myasthénique de Lambert-Eaton
laryngocèle n.f.
laryngocele
Poche kystique développée dans l’appendice ou saccule laryngé (sacculus laryngis) du ventricule laryngé.
Sous l’effet de la pression aérienne (toux), cette poche gonfle, refoule la bande ventriculaire et peut entraîner une dyspnée. On distingue des laryngocèles internes développées dans l’endolarynx et des laryngocèles externes qui sortent du larynx à travers la membrane thyro-hyoïdienne et forment une poche aérique sous cutanée. Il existe enfin des formes mixtes (interne et externe).
Les laryngocèles sont fréquentes au cours des cancers du larynx. La tumeur peut se développer à l’intérieur de celle-ci. La présence d’une laryngocèle doit faire rechercher un cancer associé.
Étym. gr. larunx : larunx; kêlê : hernie
laserthérapie urologique l.f.
urologic lasertherapy
Utilisation de l'énergie laser pour la cure de diverses affections en urologie.
Les principaux domaines intéressés sont l'adénome et le cancer prostatiques, les tumeurs vésicales, les rétrécissements uréthraux, les condylomes vénériens.
leucémie aigüe myéloblastique (LAM) : paysage génomique l.f.
acute myeloid leukemia : genomic landscape
Etude du génome de la leucémie aigüe myéloblastique (LAM) par de nouvelles techniques génomiques.
Ces techniques faisant appel au séquençage de l’ensemble du génome et de l’exome ont montré que de nombreuses leucémies sont caractérisées par une hétérogénéité clonale au moment du diagnostic avec la présence d’un clone fondateur et d’au moins un sous-clone. Ces données obtenues par des études de l’évolution clonale sont un support pour un modèle dans lequel les gènes impliqués dans la régulation épigénétiques (DNMT3A, ASXL1, IDH2, et TET2) sont présents dans les cellules souches hématopoïétiques préleucémiques et interviennent très tôt dans l’évolution de la LAM. De telles cellules souches ancestrales préleucémiques sont capables d’une différenciation en plusieurs lignées, peuvent survivre à la chimiothérapie, et se développer durant les rémissions conduisant à d’éventuelles rechutes. Cette hématopoïèse clonale avec des mutations somatiques, portant sur les mêmes gènes (DNMT3A, ASXL1 et TET2), s’accroît avec l’âge et est associée avec un risque accru de cancer hématologique et de décès.
Le modèle mutationnel peut être indicatif de l’ontogénie de la LAM : c’est-à-dire, soit que la leucémie apparaît au diagnostic comme une maladie primaire, soit comme une affection secondaire à une pathologie myéloïde préalable telle qu’un syndrome myélodysplasique. C’est ainsi que les mutations de gènes SRSF2, SF3B1, U2AF1, ZRSR2, ASXL1, EZH2, BCOR, STAG2 définissent un sous-type génétique distinct de LAM qui partage des caractéristiques cliniques et pathologiques avec des LAM secondaires cliniquement confirmées.
Les investigations génétiques menées auprès de fratries atteintes de leucémie myéloïde mettent en évidence chez ces patients atteints de pathologies héréditaires une association avec des mutations germinales dans 10 gènes : ANKRD26, CEBPA, DDX41, ETV6, GATA2, RUNX1, SRP72, TERC, TERT, TP53.
H. Döhner, médecin interniste allemand, D. J. Weisdorf, hématologiste américain, C. D. Bloomfield, oncologue américaine (2015)
→ leucémie aigüe myéloblastique (définition et critères), leucémie aigüe myéloblastique (classification), ANKRD26, ASXL1, BCOR, CEBPA, DDX41, DNMT3A, ETV6, EZH2, GATA2, RUNX1, SF3B1, SRSF2, SRP72, STAG2, TERC, TERT, TET2, TP53, U2AF1, ZRSR2, leucémie aigüe myéloblastique (apport de la génétique et des données moléculaires)
[F1,Q1]
leucémies aigües myéloïdes (classification OMS des) l.f.p.
Révision en 2016 de la classification de 2008 ayant pour but l’intégration des informations récentes concernant la clinique, le pronostic, la morphologie, l’immunophénotype et la génétique.
1. LAM avec anomalies cytogénétiques récurrentes :
- LAM avec t(8;21) (q22;q22) ; RUNX1-RUNX1T1,
- LA promyélocytaire avec PML-RARA,
- LAM avec inv(16)(p13.1q22) ou t(16 ;16)(p13.1q22) ; CBFB-MYH11,
- LAM avec t(9;11)(p22;q23) ; MLLT3-KMT2A,
- LAM avec t(6;9)(p23;q34) ; DEK-NUP214,
- LAM avec inv(3)(q21q26.2) ou t(3;3)(q21;q26.2) ; GATA2, MECOM,
- LAM (mégacaryoblastique) avec t(1;22)(p13;q13) ; RBM15-MKL1,
- LAM avec mutation NPM1,
- LAM avec mutation bi allélique CEBPA,
- Entités provisoires : LAM avec BCR-ABL1 et LAM avec mutation RUNX1.
2. LAM avec anomalies associées aux myélodysplasies :
- soit faisant suite à un syndrome myélodysplasique (SMD) ou un syndrome myéloprolifératif/myélodysplasique,
- soit avec anomalie(s) cytogénétique(s) de syndrome myélodysplasique (voir le tableau ci-dessous).
3. Néoplasies myéloïdes post chimiothérapie :
Correspondent soit à une LAM-t soit à un SMD-t.
4. LAM sans autre spécification par ailleurs (NOS) :
- LA Myéloblastique avec différenciation minime,
- LA Myéloblastique sans maturation,
- LA Myéloblastique avec maturation,
- LA myélomonocytaire,
- LA monoblastique / monocytaire,
- LA mégacaryoblastique,
- LA Myéloblastique à composante basophile,
- LA avec myélofibrose (panmyélose aigüe.)
5. Sarcome granulocytaire :
6. Proliférations myéloïdes associées à la trisomie 21 constitutionnelle :
- réaction leucémoïde transitoire,
- LAM associée à la trisomie 21 constitutionnelle.
Ce sont souvent des proliférations mégacaryoblastiques, soit transitoires (découvertes à la naissance et persistant quelques semaines à quelques mois], soit une LAM (survenant souvent dans les 3 premières années de vie, précédées ou non d’une myélopoïèse anormale transitoire (Transient Abnormal Myelopoiesis, TAM) ; la blastose sanguine et médullaire est variable ; il y a fréquemment des mutations de GATA1 et de la voie JAK/STAT.
Modifications par rapport à la classification OMS de 2008 :
1. LAM avec anomalies cytogénétiques récurrentes
-LAM avec t(15 ;17) : dénommée maintenant : leucémie aigüe promyélocytaire avec PML-RARA,
- inv(3)(q21.3q26.2) ou t(3;3)(q21.3;q26.2) : ne correspond pas à un gène de fusion, mais à un repositionnement distal de l’enhancer de GATA2 pour activer l’expression de MECOM et simultanément entraîner l’haplo-insuffisance de GATA2,
- entité provisoire : LAM avec mutation RUNX1 :n’est pas associée à des anomalies liées aux myélodysplasies ; semble dotée d’un mauvais pronostic,
- entité provisoire LAM avec BCR-ABL1 : parce qu’il est parfois difficile, sans anamnèse ou renseignements cliniques, de séparer crise blastique de LMC et LAM de novo avec BCR-ABL1. La délétion de gènes de récepteurs d’antigènes (IGH, TCR), de IKZF1 et/ou de CDKN2A peut permettre le diagnostic différentiel entre la LAM de novo et la phase blastique de LMC.
2. LAM avec dysplasie multilignée.
- La présence d’une dysplasie multilignée ne suffit plus pour le classement dans ce groupe (pas de caractère pronostique isolé, mais seulement s’il existe des anomalies cytogénétiques de myélodysplasie),
- Si une mutation de NPM1 ou biallélique de CEBPA est retrouvée : classement dans les nouvelles entités correspondantes.
Tableau des anomalies cytogénétiques suffisantes pour diagnostiquer une LAM avec modifications liées aux myélodysplasies quand il y a plus de 20% de blastes dans le sang ou la moelle et qu’une thérapeutique préalable a été exclue :
| Caryotype complexe (3 anomalies ou plus) | |
| Anomalies déséquilibrées : -7/del(7q) del(5q)/t(5q) i(17q)/t(17p) -13/del(13q) del(11q) del(12p)/t(12p) idic(X)(q13) | Anomalies équilibrées : t(11;16)(q23.3;p13.3) t(3;21)(q26.2;q22.1) t(1;3)(p36.3;q21.2) t(2;11)(p21;q23.3) t(5;12)(q32;p13.2) t(5;7)(q32;q11.2) t(5;17)(q32;p13.2) t(5;10)(q32;q21.2) t(3;5)(q25.3;q35.1) |
| OMS 2008 | FAB |
| Groupe avec anomalies cytogénétiques récurrentesLAM avec t(8;21) (q22;q22) ; RUNX1-RUNX1T1 LAM avec t(15;17) (q22;q12) ; PML-RARA LAM avec inv(16)(p13.1q22) ou t(16 ;16)(p13.1q22) ; CBFB-MYH11LAM avec t(9;11)(p22;q23) ; MLLT3-MLL LAM avec t(6;9)(p23;q34) ; DEK-NUP214 LAM avec inv(3)(q21q26.2) ou t(3;3)(q21;q26.2) ; RPN1-EVI1 LAM (mégacaryoblastique) avec t(1;22)(p13;q13) ; RBM15-MKL1Entités provisoires : LAM avec mutation NPM1 LAM avec mutation CEBPA Groupe avec anomalies associées aux myélodysplasies- Faisant suite à un syndrome myélodysplasique ou un syndrome myéloprolifératif/dysplasique- Ou présentant des anomalies cytogénétiques identiques à celles des myélodysplasies- Ou présentant une dysplasie sur > 50% des cellules d’au moins 2 lignées myéloïdes Groupe des LAM post chimiothérapieUne seule entité quel que soit le traitement Groupe sans spécification particulièreLAM avec différenciation minime LAM sans maturationLAM avec maturation LA myélomonocytaire LA monoblastique / monocytaire LA érythroïde : LA érythroïde pureErythroleucémie : n'existe plus dans la classification OMS 2016 LA mégacaryoblastiqueLAM à composante basophileLA (panmyélose aigüe) avec myélofibrose | LAM avec maturation (LAM2 – FAB) LA à promyélocytes (LAM3 – FAB) LA Myélomonocytaire aiguë avecéosinophiles anormaux(LAM4eo – FAB) LA Monoblastique (LAM5 – FAB) LAM avec maturation et excès debasophiles (LAM2 – FAB) LAM avec mégacaryocytes anormaux(voir LA à mégacaryocytes) LA mégacaryoblastique(LAM7 – FAB) Divers types de LAM (souvent LAsans maturation, myélomonocytairesou monoblastiques) Divers types morphologiques :souvent LAM sans ou avec maturation,ou LA myélomonocytaires Divers types morphologiques : souventLAM sans ou avec maturation ou LA myélomonocytaires LAM 0 – FAB LAM 1 – FAB LAM 2 – FAB LAM 4 – FAB LAM 5 – FAB LAM 6 – FAB LAM 7 – FAB |
D. A. Arber. The 2016 revision to the World Health Organization (WHO) classification of myeloid neoplasms and acute leukemia (Blood 2016)
[On classe ici uniquement les sarcomes myéloïdes de novo sans évidence de maladie médullaire,les sarcomes myéloïdes s’observent soit de novo (présentation inaugurale unique de n’importe quelle leucémie aigüe myéloblastique (LAM),soit accompagnant une LAM]