Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Caïn (complexe de) l.m.

Caïn’s complex

Attitude hostile d’un enfant vis-à-vis de ses frères et sœurs qui, à ses yeux, lui disputent l’amour et les soins des parents.

Étym. Caïn fils aîné d’Adam et d’Ève, tua son frère Abel, dont il était jaloux.

Syn. complexe d’intrusion (Lacan).

complexe

[H4,Q1]

calcinose n.f.

calcinosis

Présence de dépôts calciques dans les tissus mous qui survient à la suite de processus morbides, traumatiques, inflammatoire, dégénératifs ou néoplasiques.
Il s’agit de dépôts de cristaux d’hydroxyapatite entourés d’une réaction inflammatoire chronique avec fibrose. Les sites exposés aux microtraumatismes sont souvent touchés : doigts, avant- bras, coude et genoux, souvent de façon symétrique. L’importance de la calcification est variable, allant d’un dépôt punctiforme à une volumineuse masse pouvant ulcérer la peau sus-jacente. Selon l’aspect radiologique on distingue la calcinose circonscrite : opacités arrondies, isolées ou groupées, situées sous la peau ou en profondeur et la calcinose diffuse : traînées opaques d’aspect irrégulier.
Ce syndrome peut être idiopathique ou secondaire à une hypercalcémie ou à une maladie systémique : sclérodermie, dermatopolymyosite en particulier chez l’enfant.
La calcinose du rein ou néphrocalcinose, doit faire rechercher une hyperparathyroïdie. La calcinose artérielle ou médiacalcose, touche plutôt la couche médiale ; juvénile et idiopathique c’est la maladie de Mönckeberg ; plus tardive elle constitue un processus fréquent de vieillissement ; elle est fréquente dans la maladie diabétique et chez le dialysé rénal.

J. Mönckeberg, anatomopathologiste allemand (1903) ; A. Inclán, chirurgien orthopédiste cubain (1943)

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci-, calcium, gr. ôsis : action de pousser (suffixe utilisé pour les maladies chroniques)

calcinose circonscrite, calcinose cutanée, calcinose cutanée circonscrite, calcinose cutanée universelle, calcinose idiopathique du scrotum, calcinose métastatique, calcinose nodulaire, calcinose pseudotumorale d’Inclán, calcinose salivaire, calcinose sous-cutanée, calcinose strio-pallido-dentelée, médiacalcose, Mönckeberg (maladie de), néphrocalcinose, hydroxyapatite, hypercalcémie,sclérodermie, dermatomyosite de l’enfant

[N1]

cancer de la prostate l.m.

prostate cancer

Terme général désignant l'ensemble des tumeurs malignes de la glande prostatique dont l'adénocarcinome, développé aux dépens des acinus, est de loin la plus fréquente, à côté de rares cas de carcinomes neuroendocrines (purs ou associés à des lésions d'adénocarcinome) et de très rares sarcomes prostatiques (principalement rhabdomyosarcome chez l’enfant, leïomyosarcome chez l’adulte).
L’adénocarcinome prostatique est en fréquence le deuxième cancer de l’homme, après celui du poumon. En France son incidence annuelle a considérablement augmenté ces dernières années, augmentation due en grande partie à la pratique du dépistage par le dosage du PSA (Prostatic Specific Antigen, Antigène spécifique prostatique) avec 71 000 nouveaux cas annuels, (projection InVS 2011). En revanche, la mortalité qui lui est due a tendance à diminuer responsables de 8700 décès (projection InVS 2011=. Variable selon les pays, l’incidence la plus élevée se trouve chez les noirs des États-Unis. Aucun facteur étiologique ou environnemental n’a été formellement mis en évidence. Par contre des facteurs familiaux et génétiques sont prouvés, et certains gènes identifiés. Son développement est androgénodépendant, du moins au début de l’évolution.
L’intérêt du dépistage organisé (diminution de la mortalité), basé sur le dosage du PSA n’a pas été prouvé. Le diagnostic, souvent suspecté sur une élévation du taux de PSA, ne peut reposer que sur l’histologie. Il est parfois fait sur les copeaux d’une résection endoscopique pour adénome. La coexistence des deux affections est fréquente. Le pronostic dépend en partie du grade histologique de Gleason établi sur des critères architecturaux et de l’importance de l’extension. Celle-ci peut être locale, franchissement capsulaire, envahissement du plan séminal, des espaces cellulaires périprostatiques, du plancher vésical (avec retentissement sur le haut appareil), du rétro-péritoine, régionale (extension aux chaînes lymphatiques ilio-obturatrices), ou métastatique (squelette principalement, poumon, névraxe). Elle est codifiée par la classification TNM. Le taux de PSA est un témoin de l’importance de la masse tumorale. Le traitement repose sur la chirurgie, la radiothérapie et l’hormonothérapie anti-androgénique. Cette hormonothérapie repose sur divers moyens : pulpectomie testiculaire, agonistes de la LH-RH, anti-androgènes. Le traitement des cancers localisés est curatif et repose soit sur la chirurgie (prostatectomie totale associée à la lymphadénectomie pelvienne, associée éventuellement à une radiothérapie externe, soit sur la radiothérapie (brachythérapie ou radiothérapie externe); selon les données du bilan initial une hormonothérapie adjuvante peut être entreprise. Le traitement des formes évoluées localement et/ou métastatiques devient palliatif, associant de façon diverse chirurgie, radiothérapie et l’hormonothérapie, En cas d’échappement à celle-ci, une chimiothérapie peut être proposée. Le pronostic dépend du stade initial de la tumeur et de sa forme histologique.

D. F. Gleason, anatomopathologiste américain (1966)

Syn. carcinome de la prostate

adénocarcinome, rhabdomyosarcome, leïomyosarcome, antigène spécifique de la prostate, PSA, Gleason (score de), TNM (classification), hormonothérapie, agoniste de la LHRH, antiandrogène, pulpectomie testiculaire, brachythérapie

[F2,M2]

cancer embryonnaire du testicule l.m.

embryonal carcinoma of the testis

Tumeur germinale maligne du testicule survenant chez l'enfant et l'adulte jeune, curable par chirurgie et chimiothérapie spécifique.
La tumeur est uni ou bilatérale, souvent de petite taille. Le diagnostic est évoqué devant un gros testicule indolore et induré, sur un noyau intra-testiculaire mal limité perceptible, complété par échographie et le dosage des marqueurs tumoraux : taux d'α-fœtoprotéine presque toujours élevé (et utile pour la surveillance évolutive), Le bilan d'extension nécessite une échographie testiculaire et abdominale complétée par un scanner abdominal et thoracique. Le traitement est l'orchidectomie élargie associée selon le stade à une chimiothérapie spécifique, un curage lymphatique lombo-aortique chirurgical primaire ou après chimiothérapie. Le pronostic est favorable dans la majorité des cas, même métastatiques.

Syn. carcinome embryonnaire du testicule

cancer du testicule, cancer embryonnaire, sac de Yolk (tumeur du), α-fœtoprotéine

[F2,M2,M3]

candidose buccale l.f.

oral candidiasis, thrush

Infection buccale due à des levures appartenant au genre Candida et le plus souvent à Candida albicans.
Il s'agit de saprophytes très fréquents dans la muqueuse buccale et le tube digestif, qui deviennent pathogènes à la faveur de modifications du terrain comme immunodépression, traitement antibiotique, endocrinopathie. Selon l'âge et l'état immunologique du patient, on observe des aspects cliniques différents.
La forme aiguë est représentée par le muguet qui, banal chez le nourrisson, doit faire rechercher chez l'enfant, l'adulte ou le vieillard, une affection chronique sous-jacente ou une antibiothérapie : la muqueuse buccale est le siège d'un érythème plus ou moins diffus, rapidement recouvert de dépôts blanchâtres facilement détachables à l'abaisse-langue. Il existe des formes érythémateuses pures, des formes pseudomembraneuses, rares ou localisées, constituant p. ex. une glossite isolée. Ces lésions peuvent s'associer à une chélitite pustuleuse ou squamocroûteuse, et à une perlèche fissuraire bilatérale.
Les candidoses d'évolution chronique surviennent surtout chez des patients immunodéprimés. Les lésions sont rarement diffuses, plus souvent en foyers, réalisant soit une perlèche d'évolution chronique, soit une glossite losangique médiane, soit une ouranite médiane postérieure, soit encore des lésions localisées à la région rétro-commissurale à type de placard érythémateux semé de fines ponctuations leucoplasiques.

Étym. lat. candica : blanc

Syn. moniliase, moniliose

[D1,P3]

capsule de Tenon l.f.

Tenon's capsule

vagina bulbi
Capsule qui entoure la partie postérieure du globe et qui bute vers l'équateur contre les muscles oculomoteurs.
Elle se replie alors sur eux pour se continuer dans les gaines musculaires. Entre les muscles, elle s'attache sur le globe par une ligne festonnée. En avant des muscles, elle devient de plus en plus mince et se fixe sur le globe en se perdant avant le limbe sous la conjonctive. Sa faible adhérence au stroma conjonctival permet une dissection chirurgicale facile. Elle s’étend à partir de l’insertion des muscles droits où elle y est la plus épaisse, pour couvrir toute la surface de l’épisclère, s’amincissant en avant pour disparaitre juste avant le limbe cornéen. Elle est plus épaisse chez l’enfant et s’amincit progressivement au cours du vieillissement.

J. Tenon, chirurgien et anatomiste français (1803)

capsule de Tenon, gaine du bulbe de l'œil

[A1,P2]

Édit. 2015

myocardiopathie histiocytoïde infantile l.f.

infantile histiocytoid cardiomyopathy

Affection mitochondriale affectant le jeune enfant, âgé de moins de deux ans, plus fréquemment de sexe masculin, à début brusque, sous forme d’arythmie à évolution foudroyante, prenant le change pour la mort subite du nourrisson.
Des mutations du gène MT-CYB sont à l'origine de la maladie.

Étym. gr. mus, muos : muscle, souris ; kardia : cœur ; pathos : souffance, maladie

Syn. myocardiopathie xanthomateuse infantile

MT-CYB gene, mort subite du nourrisson

[K2,O1,Q2]

Édit. 2018

carence affective l.f.

affective deficiency, deprivation

Trouble psychique lié à un défaut de gratifications affectives.
Elle peut être liée à trois situations différentes concernant la relation mère-enfant : une insuffisance d'interaction du fait de l'absence de la mère ou d'un substitut maternel (placement précoce en institution) ; une distorsion en rapport avec la qualité de la relation avec la mère (celle-ci dépressive, psychiquement malade, aux réactions imprévisibles) ; des séparations répétées et brisantes.
La carence par insuffisance aboutit à l'hospitalisme (R. Spitz).
La carence par distorsion s'observe dans les "familles à problèmes", vivant dans une misère sociale chronique et constante. La répétition des séparations et leur durée jouent également un rôle important.

R. A. Spitz, psychiatre américain (1887-1974)

[H4]

carnet de maternité l.m.

maternity notebook

Document délivré par la Sécurité sociale aux femmes assurées sociales ayant déclaré leur grossesse avant trois mois.
Il comporte les feuillets qui correspondent au sept visites prénatales obligatoires puis aux visites pédiatriques du nourrisson permettant de bénéficier de l’assurance maternité : prise en charge des examens prénatals obligatoires, de l’hospitalisation en maternité à partir de six mois et de l’accouchement, paiement des indemnités du congé de maternité et en dessous d’un plafond de revenu, des allocations prénatales, prise en charge des consultations du nourrisson et de l’enfant jusqu’à six ans.

[E,O3]

carnet de santé l.m.

health notebook

1) Carnet délivré par la mairie sur lequel seront notés tous les événements médicaux, les vaccinations par exemple, intéressant la santé de l’enfant.
2) Carnet délivré par la Caisse primaire d’assurance maladie à chaque assuré social afin d’y faire transcrire par le médecin les éléments successifs du suivi médical et renforcer la cohérence des prescriptions.

[E]

cavalier (opération du) l.f.

talo-calcaneus fixation, Judet’s procedure

Procédé technique de fixation talo-calcanéenne par « remise en selle » de l’os talus sur le calcanéum (calcaneus) dans le cadre de la chirurgie correctrice du pied chez l’enfant, en particulier en cas de pied plat valgus persistant.
La fixation est faite par une ou deux vis passant du col de l’os talus vers le calcaneus par le sinus tarsi pour ne pas léser les surfaces articulaires. Après l’ablation des vis la fibrose résiduelle est sensée maintenir la correction.

R. Judet et J. Judet, chirurgiens orthopédistes français (1966)

[I2]

CEBPA gene sigle angl. pour CCAAT/enhancer-binding protein alpha

Gène situé sur le locus 19q13.1, encodant pour une protéine qui peut moduler l’expression des gènes impliqués dans la régulation du cycle cellulaire aussi bien que dans l’homéostasie du poids corporel.
La mutation biallélique de ce gène est reconnue comme un facteur de bon pronostic dans les leucémies aigües myéloïdes de l’adulte et de l’enfant.

leucémie aigüe myéloblastique  (paysage génomique)

[Q1,F1]

cécité centrale l.f.

central blindness

Cécité ou malvoyance d'origine cérébrale dont les critères ne recouvrent pas forcément ceux de la cécité corticale.
Chez l'enfant, on parle de cécité centrale quand les critères du diagnostic de cécité corticale ne sont pas accessibles, comme l'anosognosie, ou incomplets, comme la préservation de certains comportements visuels.

[P2]

cellule spumeuse l.f.

foam cell, foamy cell

Cellule dont le cytoplame présente de petites vacuoles claires, sans préjuger de leur contenu lipidique, glucidique, mucineux, etc.
Ces cellules sont le plus souvent des macrophages ou des cellules musculaires lisses de la média artérielle contenant dans leurs vacuoles distendues des esters de cholestérol, sous la forme de gouttelettes soudanophiles. Dans les plaques d’athérosclérose, ces cellules sont groupées autour du cœur lipidique de la lésion. La transformation spumeuse des macrophages est en partie sous la dépendance d’une voie particulière de captation et de métabolisme des lipides, le système éboueur.
La transformation spumeuse des cellules musculaires artérielles n’est pas encore expliquée de manière aussi claire.
Les cellules spumeuses sont communément observées dans l’intima artérielle longtemps avant l’existence de la plaque d’athérosclérose. Leur présence caractérise le type I, vu chez le nouveau-né et le nourrisson quand elles sont éparses et le type II chez l’enfant et l’adolescent quand elles sont groupées en amas.
Dans les xanthomes, existent des cellules histiocytaires mononuclées, appelées cellules de Chambard, souvent de grande taille, remplies de microvacuoles lipidiques donnant au cytoplasme un aspect clarifié dû à la dissolution des graisses lors des techniques histologiques d’inclusion. Sur des coupes faites en congélation, le contenu de ces très fines vacuoles peut toutefois être coloré par le rouge Soudan. Avec ou sans les cellules de Touton, les cellules de Chambard constituent la partie la plus importante de l’infiltrat des xanthomes.
Le terme cellule spumeuse de Virchow a été attribué aux histiocytes du granulome de la lèpre lépromateuse.
Dans la vésicule biliaire, la surcharge des macrophages sous-muqueux entraîne une cholestérolose

K. Touton, dermatologue allemand (1885) ; R. Virchow, pathologiste allemand (1863)

Étym. lat. spume : écume

Syn. cellule xanthomateuse, cellule lipophagique, lipophage, cellule spumeuse

athérosclérose (classification des lésions d'), stries graisseuses, système éboueur, xanthomes, Touton (cellule de), Virchow (cellule de), lèpre lépromateuse, cholestérolose, Chambard (cellule de), achalasie, tumeurs stromales gastro-intestinales

[A2,K4]

centre maternel l.m.

center for single mothers

Établissement qui fait à la fois fonction de maison maternelle et de centre maternel, qui donc reçoit les femmes enceintes à partir de sept mois et ensuite leur enfant jusqu'à l'âge de trois ans.

[E,O3]

centre médico-pédagogique de cure ambulatoire l.m.

Etablissement pratiquant sans hospitalisation le diagnostic et le traitement des enfants présentant des troubles neuropsychique ou d’une restauration psychothérapeutique ou psychopédagogique sous autorité médicale.
Son objectif est de réadapter l’enfant en le maintenant dans son milieu familial, scolaire ou professionnel et social.

Syn. centre médico-pyscho-pédagogique

Sigle CMP ou CMPP

[E,O1,H4]

césarienne postmortem l.f.

post-mortem cesarean section

Césarienne effectuée après le décès de la mère dans l’espoir de faire naître un enfant vivant.

[O3]

charnière obstétricale de Budin l.f.

Bande cartilagineuse qui, chez le fœtus et le jeune enfant, unit l’écaille de l’os occipitale et les deux os exo-occipitaux.
Elle constitue la synchondrose intra-occipitale postérieure dans l’accouchement avec présentation du sommet, cette bande non rigide permet un mouvement de bascule de l’écaille et facilite l’expulsion ou l’extraction de la tête.

P. Budin, gynécologue obstétricien français (1846-1907)

Syn. charnière occipitale

synchondrose interoccipitale postérieure

[A1,O1,O3]

charte sociale européenne l.f.

Charte adoptée par les Etats membres du Conseil de l’Europe, par laquelle les Etats s’engagent à poursuivre par tous les moyens utiles, sur les plans national et international, la réalisation de conditions propres à assurer à toutes les personnes l’exercice effectif de certains droits et principes.


  1. Par exemple sur les plans sanitaires, la charge garantit à tous le droit à la sécurité et à l’hygiène dans le travail, le doit à la protection de la santé, le droit à la protection de la santé, le droit à l’assistance sociale et médicale, le droit de la mère et de l’enfant à une protection sociale et économique, etc.

  2. La charge sociale européenne est le pendant de la convention des droits de l’homme pour ce qui est des droits économiques et sociaux. Elle a été intégralement adoptée par la Communauté Européenne.

[E3]

children apperception test l. angl.

Technique projective pour enfants qui s'inspire largement du "thematic apperception test" (TAT) (L. et S.S. Bellak).
Les enfants s'identifiant beaucoup plus aisément aux animaux qu'à des personnages, le matériel consiste en 10 planches mettant en scène des animaux à évoquer et des situations particulièrement significatives en psychologie de l'enfant.
La technique d'administration et l'interprétation suivent les mêmes principes que le TAT. Des normes ont été établies pour les différents thèmes présentés dans les histoires, afin de repérer plus facilement les réponses déviant de la norme.
Ce test est validé en France pour des enfants âgés de 3 à 10 ans.

[H4,O1]

Chilomastix mesnili

Chilomastix mesnili
Protozoaire flagellé, parasite de l’intestin, cosmopolite, surtout fréquent chez l’enfant.
Chilomastix mesnili existe sous deux formes : kystique et végétative. La forme végétative (14 à 20µm de long sur 5 à 6µm de large) est piriforme et très mobile. L’extrémité antérieure qui contient un noyau volumineux est arrondie, alors que l’extrémité postérieure est effilée et légèrement arquée. La partie médiane du corps cellulaire présente un sillon de torsion. L’appareil locomoteur comporte trois flagelles antérieurs libres et un quatrième situé à l’intérieur d’une dépression antérieure du cytoplasme. Le kyste est lui aussi piriforme, de 8µ de long sur 5 à 7µ de large, prolongé dans sa partie rétrécie par un petit mamelon caractéristique.

[D1]

chimère n.f.

chimera

1) Organisme constitué de deux ou, plus rarement, plusieurs variétés de cellules d’origine génétique différente.
Le chimérisme complet est exceptionnel dans l’espèce humaine. Il résulte de la fusion de 2 œufs au cours d’une grossesse gémellaire provenant d’une double fécondation qui aurait dû normalement aboutir à la naissance de 2 jumeaux dizygotes. Le fœtus possèdera ainsi des cellules avec des génomes différents.
Plus fréquent est le chimérisme hématopoïètique lorsqu’il y a connexion circulatoire entre les placentas de 2 jumeaux dizygotes. Cette anomalie est suivie de la greffe de cellules souches d’un jumeau dans la moelle osseuse de l’autre et, parfois, vice versa. L’étude des groupes sanguins constate la présence de 2 populations d’hématies de groupes différents. Dans ce cas, le génome déterminé sur les cellules du sang est différent de celui observé dans d’autres cellules de l’organisme, ce qui a conduit à des erreurs lorsque les recherches de paternité étaient effectuées à partir des groupes sanguins.
Enfin, il faut citer le microchimérisme qui est un phénomène physiologique constant qui consiste dans le transfert de cellules fœtales dans l’organisme maternel et vice versa. L’isolement et l’étude du caryotype de ces cellules chez la mère permet le diagnostic prénatal du sexe de l’enfant et de la trisomie 21 par une méthode non invasive.
2) Chez les végétaux, une chimère de greffe possède à la fois des caractères du porte-greffe et certains caractères issus du greffon.
Des chimères naturelles peuvent résulter de mutations somatiques et des chimères polyploïdes peuvent être créées par la colchicine.
3) Poisson venimeux.

Étym. gr. chimaera : jeune chèvre, la Chimère : monstre mythologique soufflant du feu, à tête de lion, corps de chèvre et queue de serpent.

sélacien venimeux

[D2,Q1 ]

cholestases intrahépatiques progressives familiales l.f.p.

progressive familial intrahepatic cholestasis

Les cholestases intrahépatiques progressives familiales constituent un groupe hétérogène de maladies autosomiques récessives rares, apparaissant chez le nouveau-né ou au cours de la croissance chez  l'enfant ou l’adolescent et affectant la sécrétion biliaire.
La prévalence exacte n'est pas connue, elle est estimée à la naissance entre 1/50 000 et 1/100 000. Trois types de PFIC ont été identifiés sur le plan moléculaire. Les gènes impliqués codent pour des transporteurs hépatocytaires jouant un rôle dans la sécrétion biliaire. Les PFIC1 et PFIC2 se manifestent le plus souvent dès les premiers mois de vie alors que la PFIC3 peut se révéler plus tard dans la petite enfance, l'enfance voire chez l'adulte jeune.
Les principales manifestations cliniques sont une cholestase, un prurit, un ictère et une hépatomégalie. Des atteintes extrahépatiques peuvent compliquer l'évolution des PFIC1. Tandis que les enfants atteints de PFIC1 ou de PFIC2 présentent une activité gamma-glutamyltransférase sérique (γGT) normale, les enfants atteints de PFIC3 ont une γGT élevée.
Les PFIC1 et PFIC2, toutes deux dues à un défaut de sécrétion des acides biliaires dans la bile, sont liées respectivement à des anomalies des gènes ATP8B1 (codant la protéine FIC1) et ABCB11 (codant la protéine BSEP, pompe d'export des sels biliaires). Des mutations du gène ABCB4, codant la protéine MDR3 (Multi-Drug Resistant 3), impliquée dans la sécrétion biliaire des phosphatidylcholines, sont responsables de la PFIC3.
Le diagnostic se base sur l'examen clinique, l'échographie hépatique, la cholangiographie, l'histologie hépatique et sur l'exclusion des autres causes de cholestase par des tests spécifiques. L'étude par immunomarquage de l'expression hépatocytaire des protéines MDR3 et BSEP et l'analyse de la composition en lipides de la bile peuvent orienter le diagnostic qui est confirmé par biologie moléculaire. Un diagnostic prénatal peut être proposé aux familles lorsque les mutations causales ont été identifiées.
Une surveillance du risque de carcinome hépatocellulaire, notamment chez les patients PFIC2, doit être assurée dès la première année de vie.

Sigle PFIC

Réf. Orphanet, C. Baussan, E. Gonzales, E. Jacquemin, A. Spraul (2011)

syndrome d'Alagille, , cholestase intrahépatique progressive familiale de type 1, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 2, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 3, Byler (maladie de)

[A4, C1, C3, L1, O1, O6, Q2]

Édit. 2018

cholestérolose hépatique l.f.

hepatic cholesterolosis

Affection génétique se transmettant sur le mode autosomique récessif et due à un déficit en un enzyme lysosomique, une lipase acide dont le gène est situé sur le chromosome 10.
Elle est caractérisée par une hépatomégalie parfois importante, observée chez le grand enfant ou l'adulte et parfois par une splénomégalie. Des douleurs abdominales, une fibrose hépatique peuvent compliquer l'évolution qui peut être sévère (insuffisance hépatique, artériosclérose).
Le diagnostic repose sur la mise en évidence d'une surcharge en esters du cholestérol et en glycérides dans les hépatocytes et les cellules de Kupffer du foie ainsi que dans d'autres tissus : moelle, rate, etc. et sur l'étude enzymatique. La cholestérolose hépatique est considérée comme la forme relativement bénigne d'une affection grave, la maladie de Wolman, due au même déficit enzymatique, qui entraîne la mort avant l'âge de un an.

M. Wolman, pathologiste israélien (1961)

Wolman (maladie de)

[R1,Q2]

chondrolyse de hanche l.f.

chondrolysis of hip

Tableau clinique et radiologique observé chez l'enfant, associant une douleur de hanche et un pincement circonférentiel de l'articulation coxofémorale.
La coxite laminaire touche des enfants de 12 à 15 ans, avec une prédominance féminine, au décours d'une épiphysiolyse. L'aspect radiologique associe une déminéralisation régionale, un pincement circonférentiel de l'interligne articulaire et une soudure prématurée du cartilage de conjugaison. Un tel tableau a également été observé chez des adolescents au décours de traumatismes ou d'immobilisations prolongées. L'évolution se fait vers un enraidissement, parfois en attitude vicieuse

Syn. coxite laminaire

[I1,O1]

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