agent hémostatique l.m.
h(a)emostatic agent
Agent utilisé pour arrêter un saignement.
Il peut s'agir : d'un agent à action locale pouvant agir par action purement physique et/ou par dépôt d'une substance procoagulante sur le lieu du saignement ; d'une correction d'une anomalie connue du système hémostatique (traitement substitutif transfusionnel, vitamine K, agent antifibrinolytique).
Étym. gr. haimostasis (haima : sang ; stasis : arrêt)
[F1]
Édit. 2017
agglutinines irrégulières l.f.p.
red blood cell alloantibodies
Allo-anticorps immuns (immunoglobulines G -sous-classes 1 et 3-, ou M) synthétisés par l'organisme mis en contact d'antigènes érythrocytaires étrangers.
Ils peuvent être la cause d'accidents transfusionnels.
A côté des anticorps normaux qui déterminent les groupes sanguins, on peut voir dans certains cas d'autres anticorps capables d'agglutiner les érythrocytes. Les circonstances les plus fréquentes d'acquisition de ces agglutinines irrégulières sont la transfusion homologue et la grossesse. Les anticorps apparaissent quelques jours après le contact avec l'antigène (les rechercher 7 à 10 jours après une transfusion homologue). On les détecte au laboratoire par des techniques immunologiques spécifiques, regroupées sous le terme de test de Coombs, mettant en évidence la présence d'anticorps sur la paroi des globules rouges du receveur. Les allo- anticorps immuns sont permanents ou transitoires, les plus fréquents sont les anticorps anti-Rhésus (anti-D, anti-C, anti-E, anti-Kell, anti-Duffy, anti-Kidd).
L'apparition d’agglutinines irrégulières est souvent accompagnée ou précédée d'une allo-immunisation vis-à-vis d'autres antigènes cellulaires (plaquettes, leucocytes) notamment dans le système HLA.
Les agglutinines irrégulières doivent être recherchées, dans les 3 jours avant une transfusion de globules rouges (arrêté du 4 août 1994).
Étym. lat. glutinare : coller
→ Coombs (test de), Rhésus (facteur), groupes sanguins
[F1,F3]
Édit. 2017
agrine n.f.
agrin
Protéine présente dans le système nerveux, qui induit le regroupement des récepteurs de l'acétylcholine.
[C1,C2,C3,H1]
Édit. 2017
aide alimentaire l.f.
food aid
A l’intérieur d’un système de protection sociale, secours alimentaire qu’une collectivité territoriale, une organisation privée assurent aux personnes dénuées de ressources.
Dans les relations internationales, secours planifié ou non, rémunéré ou non, qu’un pays accorde pour une durée plus ou moins longue, à un autre privé de ressources alimentaires suffisantes du fait d’une circonstance exceptionnelle : séisme, sécheresse, etc.
[E1]
Édit. 2017
aide judiciaire l.f.
legal assistance
Système administratif d’assistance qui permet à une personne aux ressources insuffisantes soit d’intenter une action en justice comme plaignant, soit de s’y faire assister en défense gratuitement.
[E3]
Édit. 2017
aimant résistif l.m.
resistive magnet
C'est un électroaimant, constitué généralement par quatre enroulements coaxiaux de fils de cuivre ou d'aluminium.
Les aimants résistifs, faciles à fabriquer, de prix de revient peu élevé, ne permettent que des champs faibles (0,3 Tesla). Ils sont gros consommateurs d'électricité et dégagent beaucoup de chaleur, ce qui implique un système de refroidissement performant.
Ils ont peu employés en IRM.
Dans cette catégorie se situent les aimants "ouverts", permettant un accès direct au patient placé à l'intérieur. Suivant la disposition des enroulements, leur champ est le plus souvent horizontal, parfois vertical.
[B1,B2,B3]
Édit. 2020
albinisme n.m.
albinism
Ensemble de maladies génétiques dues à un déficit congénital du métabolisme de la mélanine, contrastant avec un nombre normal de mélanocytes et se manifestant par des macules cutanées dépigmentées ou peu pigmentées d'extension variable et par des troubles oculaires. .
Chez le sujet atteint, le mélanocyte, cellule spécialisée dans la fabrication du pigment, est présent mais il est incapable d'élaborer le pigment.
Il existe de nombreuses formes cliniques correspondant à des déficits différents du système pigmentaire ; certaines sont associées à d'autres anomalies. Ces formes sont très variables, depuis celles limitées à l'œil jusqu'aux atteintes cutanées diffuses L'albinisme peut être partiel et localisé : piebaldisme, albinisme oculaire ; ou généralisé (oculocutané) ou incomplet (albinoïdisme). Le risque évolutif majeur est l'apparition de cancers cutanés dus à l'absence de protection contre le rayonnement solaire.
L'albinisme existe chez l'Homme et chez tous les animaux, mammifères, batraciens, oiseaux, poissons, insectes, et mollusques. La fréquence globale de l'albinisme est estimée chez l'Homme à 1/2500. La transmission est variable, autosomique dominante ou récessive, ou liée au sexe, suivant les formes cliniques Le locus de l'albinisme humain a plus de soixante allèles (dont l'allèle pour l'albinisme mutant jaune) ; il est situé sur le gène de la tyrosinase (TYR) en 11q14.3.
Le diagnostic anténatal est fait par biopsie de peau fœtale.
Étym. lat. albus : blanc
→ tyrosinase positive (test d'incubation à la tyrosine du bulbe pilaire), achromie, leucodermie, Tietz (syndrome de), TYR gene
[J1,P2,Q2]
Édit. 2017
albinisme avec diathèse hémorragique et cellules pigmentées réticulo-endothéliales l.m.
albinism with hemorrhagic diathesis and pigmented reticuloendothelial cells
Albinisme oculocutané avec surcharge pigmentaire réticulo-endothéliale et défaut d'agrégation plaquettaire de type "pool vide".
Il y a hypopigmentation "tyrosinase positive". Le patient ressemble aux albinos tyrosinase négative "yellow mutant" avec cheveux blancs, peau rose, nystagmus, iris translucides, hypoplasie maculaire, grains de beauté et taches de rousseur ; il présente des hémorragies gingivales, des épistaxis (particulièrement après la prise d'aspirine), et un saignement intarissable lors des interventions chirurgicales. Il s'agit d'un défaut d'agrégation plaquettaire de type "pool vide". Il existe également un syndrome de surcharge avec accumulation de matériel céroïde dans les lysosomes du système réticuloendothélial, ce qui aboutit à une atteinte pulmonaire (fibrose interstitielle chronique), des ulcères digestifs, une gingivite, une colite granulomateuse hémorragique, une insuffisance rénale et une cardiomyopathie. Locus du gène en 10q23-q23.3. L’affection est autosomique récessive (MIM 203300).
F. Hermansky, interniste et P. Pudlak, hématologue tchèques (1959)
Étym. lat. albus : blanc
Syn. HPS, albinisme oculocutané d'Hermansky-Pudlak, Hermansky-Pudlak (syndrome d'), maladie du pool vide, albinisme oculocutané type VIa
[F4,J1,P2,Q2]
Édit. 2017
albuminorachie n.f.
albuminorachia
1) Présence ou concentration de sérumalbumine dans le liquide céphalospinal.
2) Par extension, et incorrectement, présence ou concentration de protéines dans le liquide céphalospinal.
L'albuminorachie, normalement de 0,22 g/L chez l'adulte, s'élève dans de nombreuses affections du système nerveux central ; au delà de 0,3 g/L, elle est un signe de compression médullaire ou de méningite.
Étym. lat. albumen : blanc d'œuf
Syn. incorrect de protéinorachie
[C1,H]
Édit. 2017
alcalose respiratoire l.f.
respiratory alkalosis.
Alcalose caractérisée par une diminution de la concentration artérielle en ions H+ (élévation du pH) par une hypocapnie due le plus souvent à une hyperventilation spontanée ou provoquée (hypoxémie, de cause neurogène, ou due à un mauvais réglage d'une ventilation mécanique).
On distingue les hyperventilations d'origine :
- centrale avec PaO2 augmentée en rapport avec un stimulus psychique, une hyperthermie, une affection du système nerveux central, une intoxication salicylée ;
- hypoxique avec une PaO2 abaissée d'origine ventilatoire (pneumopathie, traumatisme du thorax, pneumothorax suffocant), ou circulatoire (embolie pulmonaire, collapsus cardiovasculaire), sanguine (anémie, hypoxie exogène - par ex. altitude - intoxication méthémoglobinée ou oxycarbonée) ;
- mécanique passive en réanimation (ventilation mécanique réglée trop forte).
Étym. arabe al kali : cendre pour lessive, puis alcalinité
→ Davenport (diagramme de), hypocapnie.
[C2,K1]
Édit. 2017
alcoolopathie n.f.
alcoholopathy
Terme préféré par l'Organisation mondiale de la santé à celui d'«alcoolisme chronique» car il met mieux en valeur l'atteinte variable des différents organes, seule celle de l'appareil digestif est constante et retentit sur tout l'organisme.
1) Appareil digestif : l'absorption abusive et fréquente de boissons alcooliques cause l'inflammation de l'œsophage, de l'estomac et de la partie haute de l'intestin grêle. Il en résulte des saignements gastro-intestinaux parfois importants avec un risque de déchirure de la paroi de l'estomac en cas d'efforts violents de vomissement.
L'inflammation du tube digestif entraîne une exsudation de plasma, d'où des diarrhées, causes fréquentes d'un déséquilibre hydro-électrolytique.
Dans le tube digestif, l'absorption de l'éthanol entre en compétition avec celle des vitamines hydrosolubles (surtout la vitamine B1 et les folates qui jouent un rôle important dans le fonctionnement neuronal). Il en résulte une réduction des réserves vitaminiques. Comme le métabolisme du glucose fait appel à la vitamine B1, il est dangereux de perfuser une solution glucosée sans l'enrichir en vitamine B1. Sinon on risque de hâter l'évolution vers un syndrome de Wernike, qui se manifeste par une ataxie, des troubles de la mémoire et oculaires (paralysie des deux nerfs pathétiques, n. abducens, d'où paralysie de l'abduction, diplopie horizontale et strabisme interne).
L'absorption digestive de l'alcool, l'amène directement dans le foie où il devient un combustible de choix pour les hépatocytes, ce qui augmente la consommation d'O2, accroît le stock de NADH (nicotinamide adénine dinucléotide) et réduit la néoglycogénèse, d'où diminution de la production de glucose et augmentation de celle d'acide lactique. Ce dernier freine l'oxydation des acides gras par le cycle de Krebs, il en résulte une accumulation de graisse dans les hépatocytes et cela enclenche le processus de cirrhose alcoolique.
Enfin une atteinte pancréatique est fréquente.
2) Système nerveux : la diminution des réserves vitaminiques, aggravée par une malnutrition fréquente, entraîne la dégénérescence des cellules nerveuses :
- 5 à 15% des patients présentent des neuropathies périphériques ;
- l'encéphale est fréquemment atteint (troubles de l'humeur, de la mémoire, trouble de l'équilibre, etc.) évoluant vers le syndrome de Wernike.
3) Atteintes métaboliques et endocrines : l'abaissement de la production de testostérone amène des atrophies testiculaires et de même on voit des aménorrhées chez la femme.
Le métabolisme de la pyridoxine peut être perturbé par la carence en folates et la malnutrition. Il en résulte des troubles de l'hématopoïèse pouvant se manifester par une anémie sidéroblastique. Si non, on constate généralement une augmentation du volume des hématies.
L'augmentation de la cortisolémie favorise une légère hyperhydratation cellulaire. On note souvent une légère diminution de la teneur en thyroxine sérique (T4) et une plus marquée de la triiodothyroxine (T3).
4) Muscles et os : l'altération du métabolisme du calcium favorise les fractures osseuses et l'ostéonécrose de la tête du fémur.
Les perturbations métaboliques amènent une élévation du taux de la créatine-phospho-kinase alcoolique qui retentit sur le muscle et peuvent conduire à une atrophie. Des douleurs musculaires spontanées, surtout à la palpation, sont fréquentes chez les alcooliques.
5) Appareil circulatoire : l'atteinte musculaire n'épargne pas le myocarde, on peut observer une cardiopathie à bas débit.
6) Appareil respiratoire : la malnutrition, un tabagisme fréquent et les conditions de vie précaires des alcooliques favorisent les bronchopathies.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; gr. pathê : maladie
→ alcool éthylique, exogénose, transaminase, Wernicke (syndrome de), Gayet-Wernicke-Korsakoff (encéphalopathie de)
[E1, G3, G4, H1, K1, K2, I4, L1, O4]
Édit. 2020
aléatoire adj.
randomized
Se dit d'un phénomène régi par des lois physiques complexes, multiples ou même inconnues.
Un système aléatoire ne possède, par définition, aucune prévisibilité, sinon statistique, de son évolution. Il est soumis à des fluctuations apparemment sans aucun ordre. L'exemple type en est l'électroencéphalogramme, somme des très nombreuses activités particulières de neurones eux-mêmes régis par des évolutions soumises à des lois individuelles. La multiplicité des stimulations extérieures susceptibles de l'affecter achève de rendre indéterminable son évolution. Extraire de cet ensemble un signal significatif lié à la réponse du cortex visuel constitue précisément un des objectifs de l'électrophysiologie visuelle.
Étym. lat. alea, jeu de dés
→ potentiels évoqués visuels, aléa médical, aléa thérapeutique
[B1,B3,H1]
Édit. 2017
alexithymie n.f.
alexithymia
Fonctionnement mental de nombreux patients souffrant d'affections organiques chroniques à forte composante psychosomatique.
L'alexithymie comporte quatre composantes : l'incapacité à reconnaître, identifier et exprimer verbalement ses propres émotions ; la limitation de la vie imaginaire, notamment de l'aptitude à la rêverie diurne ; la tendance à recourir à l'action pour éviter ou résoudre les conflits ; la description détaillée des faits, évènements ou symptômes physiques.
Souvent considérée comme transnosographique, elle a été décrite également au cours d'addictions, de la maladie de Parkinson, d'affections dépressives, anxieuses, lors de troubles des conduites alimentaires, dans les schizophrénies (où elle serait liée aux symptômes négatifs, à l'anxiété et à la dépression), voire parmi la population générale. L'extension actuelle de ces traits de personnalité à la base de diverses affections donne lieu à discussions.
On a pu proposer une théorie neuropsychologique de l'alexithymie en tant que manifestation d'un déficit de transmission interhémisphérique ou d'un trouble de la connection entre système limbique et néocortex.
P.E. Sifneos, psychiatre américain d’origine grecque (1973)
Étym. gr. a : privatif ; lexis : dire ; thumos : émotion, sentiment
→ psychosomatique (pensée ou vie opératoire)
[H1,H3]
Édit. 2017
aliénation mentale l.f.
alienation, insanity
Etat d’un sujet devenu incapable, du fait d’un processus mental détérioré ou fonctionnel, de s’inscrire dans un système de relations sociales et donc devenu comme étranger au monde.
Ce terme très ancien est encore parfois repris par la terminologie administrative ou judiciaire. Dans ce sens l’individu est considéré comme n’ayant pas pleinement conscience des actes ou des faits dont il est l’auteur. Le droit protège la personne atteinte d’une telle affection. Elle peut être déclarée irresponsable.
La tâche essentielle du psychiatre est de lutter contre l’aliénation : c’est la désaliénation.
Étym. lat. alienus, étranger
[E,H3]
Édit. 2017
allèle n.m.
allele
Chacune des deux séquences d'ADN d'un même gène portées par les deux chromosomes appariés, pouvant être identiques en cas d'homozygotie ou différentes et caractéristiques de chacune des différentes formes structurales dans une espèce donnée.
Un allèle est dominant quand, à l’état hétérozygote, il produit un phénotype dit dominant. Un allèle est récessif quand il ne peut s’exprimer que lorsqu’il est à l’état homozygote ou accompagné d’un autre allèle récessif. Au cours de la mitose le gène transmet l’information génétique aux cellules filles.
Les allèles sont des séquences faiblement divergentes situées au même locus (gène polyallélique) sur l'ADN génomique. Par ex., il existe six allèles différents pour le gène C des groupes Rhésus.
En immunologie, les principales protéines alléliques sont les molécules du Complexe majeur d’histocompatiblité et les immunoglobulines. Il existe un polymorphisme allélique de la protéine elle-même ou des séquences régulatrices pour la plupart des protéines du système immunitaire : récepteurs des lymphocytes T, cytokines, complément.
Étym. gr. allos : autre
[F3,Q1]
Édit. 2017
Allgrove (syndrome de) l.m.
Allgrove’s syndrome
Affection génétique rare se caractérisant par l’association d’une maladie d’Addison, d’une achalasie du cardia et d’une alacrymie, auxquels s’associent parfois une dysautonomie et d’autres atteintes neurologiques.
Prédominant en Afrique du Nord, elle débute dans l’enfance, se révèle par l’absence de larmes et la sécheresse oculaire. La dysphagie liée à l’achalasie du cardia apparaît ordinairement à l’adolescence, de même que l’insuffisance surrénale lente liée à une résistance à l’action de la corticotrophine (ACTH) responsable de la mélanodermie et d’un risque de décompensation aigüe. Parfois une atteinte du système nerveux végétatif entraîne des altérations sudorales, des signes de dysfonctions urinaire, sexuelle, digestive. Une atteinte pyramidale, une neuropathie périphérique sont possibles, de même qu’une neurodégénérescence bulbaire, rendant compte d’amyotrophie, de difficultés de la marche, de troubles sensitifs, sensoriels, oropharyngés et vélopalatins.
L’affection est invalidante et sévère, améliorée par la substitution hormonale, les dilatations œsophagiennes ou la myotomie cardiale, et les larmes artificielles.
La transmission se fait selon un mode autosomique récessif, en liaison avec des mutations du gène AAAS (12q13), codant pour la nucléoporine ALADIN.
J. Allgrove, endocrinologue et pédiatre britannique (1978)
Syn. : syndrome triple A, syndrome des 4 A
→ maladie d'Addison, achalasie, alacrymie congénitale, dysautonomie, nucléoporine ALADIN
[Q2]
Édit. 2018
allo-immunisation n.f.
isoimmunisation
Sécrétion par un individu d'anticorps dirigés contre des antigènes étrangers appartenant à la même espèce, mais dont il est dépourvu.
Une allo-immunisation peut se développer après une transfusion ou une grossesse et concerner différentes lignées cellulaires telles que les érythrocytes, les plaquettes, les polynucléaires. En obstétrique, l'allo-immunisation fœto-maternelle dans le système rhésus est la mieux connue et la plus fréquente.
[F3]
Édit. 2017
alpha 1-antitrypsine n.f.
alpha1-antitrypsin, alpha1-protease inhibitor
Glycoprotéine du plasma humain de masse moléculaire 54 kDa, qui migre en électrophorèse dans la zone des alpha1-globulines et dont le passage dans la lumière digestive est fortement augmenté au cours des entéropathies exsudatives.
L alpha1-antitrypsine est le plus important des inhibiteurs des protéases mais elle n'agit pas sur la trypsine. Elle protège les tissus de l'action protéolytique de certains enzymes, en particulier l'élastase ; on l'appelle plutôt alpha1-protéinase-inhibiteur. Sa concentration plasmatique est mesurée par immuno-néphélémètrie ou immuno-turbidimètrie. Normalement voisine de 2 g/L, elle augmente au cours de la phase aigüe du syndrome inflammatoire, atteignant 4 à 6 g/L.
Cette glycoprotéine est biosynthétisée dans le foie sous l'influence d'un gène situé sur le chromosome 14. On connaît plus de 60 variants génétiques dans le système Pi (protease inhibitor). Les sujets normaux possèdent l'allèle M qui se transmet en codominance (PiMM) et ont une concentration plasmatique en alpha1-antitrypsine normale.
Syn. alpha1-protéinase-inhibiteur
Sigle alpha 1PI
→ serpine
[C1,C2,C3,L1]
Édit. 2017
déficit én alpha 1-antitrypsine l.m.
alpha1-antitrypsin deficiency
Affection congénitale de transmission autosomique codominante, caractérisée par le déficit en alpha1-antitrypsine, responsable d'une atteinte respiratoire, hépatique, rénale et plus exceptionnellement pancréatique.
L'atteinte respiratoire s'observe chez l'adulte jeune homozygote PiZZ avec une fréquence de près de 50 %. Elle est caractérisée par un emphysème pulmonaire bilatéral de type panlobulaire qui entraîne des signes fonctionnels à partir de 30-40 ans et aboutit en quelques années à une insuffisance respiratoire grave. La fréquence et la gravité de l'emphysème sont accrues par le tabagisme et l'exposition aux poussières. Des perfusions répétées d' alpha1-antitrypsine pourraient atténuer les conséquences de l'emphysème.
L'atteinte hépatique s'observe chez 10 à 20 % des sujets PiZZ ; il s'agit d'une cholestase néonatale prolongée qui peut disparaître spontanément avant l'âge de 6 mois mais qui peut parfois évoluer vers une cirrhose, alors seulement curable grâce à une transplantation hépatique ; celle-ci est alors suivie d'une synthèse d' alpha1-antitrypsine normale. Quelques rares atteintes rénales (glomérulopathie membranoproliférative), et pancréatiques ont été décrites. Les sujets atteints d'une maladie du collagène pourraient éventuellement être porteurs d'un variant de l’alpha1-antitrypsine.
Le dépistage de ce déficit se fait simplement sur la constatation d'une disparition du pic d'alpha1-globuline sur le tracé électrophorétique simple des protides sanguins ; il est confirmé par le dosage immunologique de l' alpha1-antitrypsine et par sa caractérisation phénotypique dans le système Pi. Un déficit plasmatique complet en alpha1-antitrypsine s'observe chez d'exceptionnels sujets dont le phénotype est Pi nul.
Le diagnostic anténatal est réalisé par dosage de l’enzyme dans le sang du cordon ou par analyse de l'ADN sur les villosités choriales.
P. Strnad, médecin interniste allemand (2020)
[C2, C3, L1, M1, Q2]
Édit. 2020
alphabet Braille l.m.
Braille’s alphabet
Procédé d’écriture et de lecture destiné aux aveugles, utilisant le sens du toucher.
Ce système utilise le principe de la cellule braille formée de 6 points en relief. Les 63 combinaisons possibles de cette cellule, permettent d’obtenir une écriture qui peut aussi être utilisée pour les mathématiques ou pour la musique. Le braille est un moyen de communication facile pour les aveugles. Il existe des livres en braille couvrant à peu près tous les sujets, ainsi que de nombreux objets d’usage courant (montre, jeux de société etc.). Son apprentissage demande du temps et de la patience, deux ans environ pour être en mesure de lire et d’écrire la version abrégée.
L. Braille (1809-1852), inventeur français aveugle, organiste (mises au point successives de l’écriture braille:1821, 1825, 1829)
→ braille
[E,P2]
Édit. 2017
amastigote n.f.
amastigote
Stade évolutif des Leishmania, se présentant comme un corpuscule ovoïde de 2 à 6 µm de grand axe, renfermant un noyau sphérique et un kinétoplaste au niveau duquel on peut voir inconstamment l’amorce d’un embryon de flagelle, le rhizoplaste intracellulaire.
Il s’agit d’une forme immobile, apparemment aflagellée, parasite intracellulaire du système réticulohistiocytaire. Cette forme se retrouve chez l’hôte vertébré et dans les cultures cellulaires.
[D1]
Édit. 2020
amibiase hépatique l.f.
amoebic liver abscess
Maladie due à un protozoaire, Entamoeba histolytica, consécutive à une amibiase intestinale soit actuelle, soit survenue plusieurs semaines ou plusieurs mois auparavant et qui a pu n'être pas reconnue.
Sous sa forme végétative pathogène histolytica, le parasite peut traverser la paroi intestinale dont il a lésé la muqueuse, pénétrer dans les capillaires mésentériques et, par le système vasculaire porte, parvenir au foie qui devient le siège d'une infection amibienne. L'amibiase hépatique provoque des abcès parfois très volumineux, visibles en échographie. Le traitement est un nitro-5-imidazol (métronidazole), amoebicide diffusible administré per os pendant 7 à 10 jours. La vidange d’abcès volumineux par ponction transpariétale doit être quelque fois envisagée.
Syn. hépatite amibienne, abcès amibien du foie
→ Entamoeba histolytica, amibiase, métronidazole
[D1, G5, L1]
Édit. 2020
amidation n.f.
amidation
Transformation d'une fonction acide en une fonction amide, généralement réalisée in vivo par transfert d'un radical-NH2.
La formation de la glutamine à partir de l'acide glutamique se fait avec de l'ammoniac et de l'ATP. Plusieurs processus d'amidation utilisent la glutamine comme donneur de ce radical : biosynthèse de l'asparagine, formation de l'amide nicotinique. D'autres transfèrent l'azote de l'acide aspartique en libérant un acide fumarique : c'est le cas de l'uréogénèse ou de la Synthèse des nucléotides puriques. L'amidation de peptides ou de protéines sur le carboxyle terminal met en jeu un système enzymatique spécifique, la peptidylglycine alpha-amidating monooxygenase (PAM) : cette réaction, qui porte sur une glycine COOH-terminale, s'effectue en deux temps : une hydroxylation du C alpha de la glycine par une molécule d'oxygène en présence d'acide ascorbique, catalysée par la fonction peptidylglycine alpha-hydoxydating mono- oxygénase de l'enzyme (PHM), puis un clivage en glyoxylate et peptide amidé, catalysé par la fonction peptidyl alpha-hydroxyglycine alpha-amidating lyase (PAL). Parmi les nombreux peptides biologiquement actifs ainsi amidés, on peut citer le TRH, la calcitonine, la cholécystokinine, la gastrine, la sécrétine, la pancréastatine, l'alpha-MSH, l'arg-vasopressine, etc.
[C1,C3]
Édit. 2017
ampère n.m.
ampere
Unité S.I. d’intensité de courant électrique.
Lorsque deux fils conducteurs rectilignes, de longueur infinie, parallèles et distants de un mètre, situés dans le vide, sont parcourus par un courant continu d’intensité un ampère, il s’exerce entre les deux conducteurs une force de 2.10-7 newton par mètre de conducteur.
L’ampère est une des unités fondamentales du système international (S.I.)
Symb. A
[C1]
Édit. 2017
amplificateur de luminance l.m.
image intensifier
Système électronique transformant l'image radioscopique en une image plus petite et considérablement plus lumineuse, destinée à être photographiée ou reprise par un circuit de télévision.
Il est constitué par un tube à vide dont la grande base (de 13 à 45 cm de diamètre), qui reçoit le faisceau de rayons X, porte une couche fluorescente (écran primaire) où se produit une image lumineuse. L'écran primaire est recouvert d'une couche photo-émissive dans laquelle les photons lumineux libèrent des électrons. Ceux-ci sont accélérés vers l'autre extrémité du tube par une différence de potentiel (environ 25 kV) en restant focalisés par une optique électronique et sont absorbés dans un écran fluorescent (écran secondaire) de diamètre nettement petit (environ 2,5 cm). Ils y produisent une image, qui est la réplique de l'image de l'écran d'entrée, avec une luminance 1000 à 6000 fois plus élevée.
La reprise de l'image secondaire par télévision a remplacé la radioscopie directe, car elle permet un examen de l'image en lumière ambiante, c'est-à-dire avec de meilleures performances visuelles, et une réduction significative de la dose de rayons X délivrée au sujet.
→ ampliphotographie, fluoroscopie numérique, gain, radiocinématographie
[B2, B3]
Édit. 2020