Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

359 résultats 

troubles envahissants du développement l.m.p.

Dénomination actuelle de la classification internationale des maladies (CIM 10) regroupant l’ensemble du syndrome d’autisme.

autisme, autisme (modèles physiopathologiques)

trouble schizophréniforme l.m.

schizophreniform disorder

Cadre défini par le DSM-IV (diagnostic and statistical manual of mental diseases) comme répondant aux caractéristiques cliniques des états schizophréniques, mais d'une durée d'un à six mois et sans que soient obligatoires des troubles du fonctionnement social ou occupationnel à un moment quelconque de l'évolution.
En l'absence de certitude d'une guérison, le diagnostic est qualifié de provisoire pendant cette période. Si, dans les deux tiers des cas environ, les manifestations pathologiques persistent au-delà de six mois, le diagnostic devrait devenir celui de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif.
A fortiori, selon la CIM-I0 (classification internationale des maladies), ce trouble aigu d'allure schizophrénique doit persister moins d'un mois.
Auparavant, pour les Américains, tout accident délirant aigu était considéré comme schizophrénique. En France, les positions ont toujours été nuancées.

Syn. schizomorphe

 schizophrénie, psychose délirante aigüe ou subaigüe

Botal (trou de) l.m.

Botal’s defect

Communication interauriculaire isolée, du type ostium secundum.
Terme ancien, qui n’est plus guère utilisé et ne figure pas aujourd’hui dans la classification des défauts septaux congénitaux du cœur.

L. Botal, anatomiste italien établi à Paris (1530-1600)

foramen ovale, ostium secundum

[A1, K2]

Édit. 2018

trou maculaire idiopathique l.m.

idiopathic macular hole, full thickness macular hole

Présence d'un trou de pleine épaisseur au sein du neuro-épithélium maculaire conduisant à une baisse importante d'acuité visuelle.
La génèse de cette pathologie semble liée à l'existence d'une contraction du cortex vitréen postérieur prémaculaire entrainant une traction vitréomaculaire tangentielle. Cette thèse est à l'origine d'un traitement chirurgical comprenant une vitrectomie, un décollement de la hyaloïde postérieure et un tamponnement interne gazeux. On distingue, d'après la classification de Gass, quatre stades évolutifs : le stade 1 correspond à la tension de l'entonnoir fovéolaire (syndrome de menace de trou maculaire), le stade 2 correspond au début de la formation du trou maculaire, le stade 3, lorsque le trou constitué s'élargit avec un soulèvement de ses bords, le stade 4, lorsque le cortex vitréen s'est décollé du neuro-épithélium rétinien.

J.D. Gass, ophtalmologiste américain (1988)

typologie de Kurt Schneider l.f.

Schneider’s typology

Classification des types de personnalité fondée sur l’observation clinique des déviations et appliquée par extension à la personnalité normale.
Elle comporte dix types : hyperthymique, dépressif, inquiet, fanatique, mythomaniaque, instable, explosif, apathique, aboulique et psychasthénique.

Kurt Schneider, psychiatre allemand (1887-1957)

uranium n.m.

92e élément de la classification de Mendéléev, métal lourd qui possède 26 isotopes connus, tous radioactifs, dont 3 seulement sont présents à l'état naturel : 238U à 99,28% (période : 4,5 milliards d’années), 235U à 0,72%  (période : 704 millions d’années) et traces de 234U.
Le 233U est un isotopoe radioactif artificiel obtenu par irradiation du thorium. L’uranium est essentiellement utilisé dans l’industrie nucléaire.
La radioactivité naturelle des sels d'uranium a été mise en évidence en 1896 par Henri Becquerel. C'est du minerai d'uranium (pechblende) que Pierre et Marie Curie ont extrait en 1898 le polonium et le radium (le Prix Nobel de physique de 1903 fut partagé entre les trois physiciens).
La fission de l'uranium, décrite en 1938, a eu pour conséquence le développement de la bombe atomique, mais aussi de l'énergie nucléaire par fission maîtrisée.
Les cancers tardifs contractés par les premiers ouvriers extrayant le minerai ont été particulièrement étudiés en tant qu'exemple quasi-expérimental de cancérogénèse induite par les rayonnements. L'uranium est un radiotoxique faisant l'objet d'une surveillance systématique chez les personnes exposées.

radium

utérus communicant bicorne et cloisonné cervical l.m.

uterus duplex bicornis (TA)

Variété d'utérus cloisonné, bicorne, complétant la classification de Musset : il présente un isthme unique et une cloison cervicale sagittale.

utérus,utérus cloisonné cervical, Musset (classification de)

van Nuys (index pronostique de) l.m.

van Nuys prognostic index

Index utilisé pour préciser le pronostic des cancers canalaires in situ du sein.
Il combine la taille de la tumeur, une classification anatomopathologique associant le grade nucléaire nécrose et l’étendue des marges saines de l’exérèse chirurgicale. A chacun  de ces éléments est accordé un score. La somme de ces trois scores constitue l’index prédictif du risque de rechute.  L’âge a été ultérieurement rajouté à celui-ci.

M.J.  Silverstein, chirurgien américain (1996)

Étym. van Nuys,  quartier de la ville de Los Angeles

cancers canalaires in situ du sein

[F2, O5]

Édit. 2019

Vaughan-Williams (classification de) l.f.

Vaughan-Williams’classification

Classification des médicaments actifs sur les troubles du rythme cardiaque en fonction de leurs mécanismes.

E.M. Vaughan-Williams, pharmacologue britannique (1970)

anti-arythmiques (médicaments)

Vellios (classification de) l.f.

Vellios classification

Classification du degré de gravité des états précancéreux de l'endomètre en cinq grades : polype adénomateux, hyperplasie kystique, hyperplasie glandulaire, hyperplasie atypique, cancer in situ.

F. Vellios, anatomopathologiste américain (1972 et 1974)

cancer de l'endomètre

[F2, O3]

Édit. 2020

Watanabe (lapin de) l.m.

Watanabe’s heritable hyperlipidemic (WHHL) rabbit

Souche de lapins, obtenue par sélection, caractérisée par une hypercholestérolémie spontanée, due à un déficit héréditaire partiel (forme hétérozygote) ou complet (forme homozygote) du récepteur des lipoprotéines de basse densité.
Chez les homozygotes, la concentration du cholestérol plasmatique se situe entre 6,5 et 9,5 g (16,8 et 24,6 mmol) par litre, et consiste à 90% en cholestérol lié aux LDL ; des lésions artérielles d'athérome spontané apparaissent dès les premiers mois de la vie, accompagnées de xanthomes cutanés. Les lapins de Watanabe ont le même défaut génétique que les humains atteints de xanthomatose hypercholestérolémique familiale (type IIa de la classification de Fredrickson), et sont souvent utilisés dans la recherche expérimentale sur l'athérosclérose.

Y. Watanabe, pharmacologue japonais, sélectionneur de la souche de lapin (1975) ; D. S. Fredrickson, biologiste moléculaire américain (1965)

hyperlipoprotéinémie de type II

Witt (classification de) l.f.

Witt's classification

Classification des modifications de l'endomètre au cours du cycle menstruel normal.
Elle comprend les phases suivantes :
- phase proliférative débutante : 5ème-7 ème jour,
- phase proliférative moyenne : 8 ème-10 ème jour,
- phase proliférative avancée : 11 ème-14 ème jour,
- phase sécrétoire débutante : 15 ème-18 ème jour,
- phase sécrétoire moyenne : 19 ème-23 ème jour,
- phase sécrétoire avancée : avec régression débutante : 24 ème-25 ème jour, avec régression avancée et ischémique : 26 ème-27 ème jour,
phase menstruelle : de desquamation : 28 ème-2 ème jour, et de régénération : 3 ème-4 ème jour.

H. J. Witt, physiologiste allemand (1963)

cycle menstruel, endomètre

[O3, O4]

Édit. 2019

X (chromosome) symb.m.

X chromosome

Chromosome sexuel féminin, rattaché au groupe C du caryotype dans la classification de Denver, le génotype XX s'accompagnant normalement d'un phénotype féminin.
L'un de ces deux chromosomes X est physiologiquement inactivé, phénomène dit de « lyonisation ». Les protéines ou les substances dépendant de l'X sont en quantité identique chez l'homme et la femme, sauf pour quelques gènes de la partie terminale du bras court de l'X : le gène de l'antigène érythrocytaire Xg p. ex. produit deux fois plus de protéines chez la femme que chez l'homme. Dans le noyau des cellules somatiques (un frottis jugal p. ex.), l'existence de deux chromosomes X se traduit par la présence d'un corpuscule chromatinien dit de Barr. Ce corpuscule est absent p. ex. dans le syndrome de Turner de formule chromosomique XO. Les génopathies dominantes liées à l'X (il en existe sept identifiées, dont le pseudohypoparathyroïdisme et le rachitisme vitaminorésistant) s'expriment dans les deux sexes. Les maladies récessives liées à l'X (il en existe 32 connues, dont l'hémophilie, le daltonisme ou la myopathie de Duchenne) sont transmises par les filles et ne s'expriment en principe que chez les garçons.

[Q1]

xanthoastrocytome pléomorphe l.m.

pleomorphic xantho-astrocytoma

Variété rare de tumeur astrocytaire (1%) décrite par Kepes, observée chez le sujet jeune, en règle avant 18 ans, révélée le plus souvent par des manifestations épileptiques.
Elle est de siège supratentoriel superficiel, située essentiellement dans le lobe temporal ou dans la région pariéto-occipitale au contact des leptoméninges et de l’espace sous arachnoïdien avec un possible foyer d’invasion parenchymateux où les cellules néoplasiques infiltrent les espaces lymphatiques intra-adventitiels ; elle se présente parfois comme un petit nodule dans un kyste bien circonscrit; les formes infratentorielles sont très rares (2% des xanthoastrocytomes pléomorphes).
Elle se caractérise par un très grand polymorphisme cellulaire mêlant cellules géantes et cellules fusiformes à des astrocytes plus typiques, entourés de fibres de réticuline et de manchons lymphocytaires périvasculaires. La surcharge lipidique est variable d'une zone à l'autre et d'un cas à l'autre. Classiquement, il n'y a ni mitose, ni nécrose, ni prolifération vasculaire encore qu’une prolifération endothélio-capillaire soit possible. La tumeur serait formée à partir des astrocytes sous-apicaux qui ultérieurement se chargeraient de lipides et formeraient une basale.
Le diagnostic différentiel principal, en imagerie comme en histologie, est le glioblastome gigantocellulaire.
Le pronostic peut se fonder sur la classification des astrocytomes établie par l’OMS en 1993. L'évolution est souvent mais inconstamment favorable, ce qui rend très important le diagnostic histologique différentiel, notamment avec certains glioblastomes riches en lipides. L'existence de cas moins typiques comportant des mitoses, plus infiltrants, avec une évolution défavorable, doit conduire à émettre des réserves pronostiques. Le traitement idéal est l’exérèse chirurgicale complète souvent réalisable. La récidive est possible.

J. J. Kepes, neuropathologiste américain (1979)

Étym. gr. xanthos : jaune ; aster : étoile, ou astron : constellation ; kutos : cellule ; pleistos : beaucoup ; morpho : forme

astrocytome, glioblastome, espace lymphatique intra-adventitiel

[F2,F5,H1,H2]

insuffisance ventriculaire gauche (IVG) l.f.

Incapacité du ventricule gauche à assurer un débit adapté aux besoins métaboliques de l'organisme dans toutes les circonstances de la vie courante.
Affection dont la fréquence augmente avec l’âge qui atteint 1 % de la population générale est avec une mortalité de l'ordre de 50 % à 5 ans.
Elle est la conséquence d’une élévation permanente ou paroxystique des pressions de remplissage ventriculaire entraînant des phénomènes congestifs d'amont et une réduction du volume d'éjection systolique responsable d'une chute du débit cardiaque.
Le symptôme essentiel est la dyspnée : dyspnée d’effort (à graduer selon la classification de la New York Heart Association ; dyspnée de
décubitus ; dyspnée paroxystique : accès dyspnéique aigu nocturne, oedème pulmonaire aigu, pseudo asthme cardiaque).

Causes d'IVG:
- surcharges de pression : rétrécissement aortique, hypertension artérielle permanente, ancienne négligée, coarctation aortique ;
- surcharges de volume : insuffisance mitrale chronique ou aiguë, insuffisance aortique chronique ou aiguë, communication interventriculaire, hyper-débit chronique (anémie, hyperthyroïdie, maladie de Paget, fistule artério-veineuse, avitaminose B1) ;
- cardiopathies ischémiques dans toutes ses formes ;
- cardiomyopathies de toutes formes et de toutes origines ;
- fibro-élastoses et fibroses endomyocardiques ;
- myocardites infectieuses, et parasitaires.

[K2]

Édit. 2018

Campbell et Barter (classification de) l.f.

Campbell and Barter’s classification

Classification en trois grades des hyperplasies atypiques, précancéreuses, de l’endomètre.

P. E. Campbell et R. A. Barter, anatomopathologistes australiens (1961)

cancer du corps de l'utérus

[A3,O3]

Caldeyro-Barcia (classification de) l.f.

Caldeyro-Barcia’s classification

Classification des ralentissements du rythme cardiaque fœtal pendant le travail en deux groupes ou « dip » :
- le dip 1 définit un ralentissement strictement contemporain, et image en miroir, d’une contraction utérine ;
- le dip 2 définit un ralentissement dont le nadir est retardé par rapport au zénith de la contraction utérine et qui persiste après la fin de la contraction.

R. Caldeyro-Barcia, gynécologue uruguayen, membre de l’Académie de médecine (1964)

ralentissement du rythme cardiaque fœtal ralentissement irrégulier du rythme cardiaque fœtal ralentissement précoce du rythme cardiaque fœtal

[O2,K2]

Caldwell et Moloy (classification de) l.f.

Caldwell and Moloy‘s classification

Classification radiologique du bassin obstétrical en quatre types : gynécoïde ou rond, androïde ou triangulaire, platypelloïde, aplati d’avant en arrière, et anthropoïde, aplati transversalement.

W. E. Caldwell et H. C. Moloy, gynécologues américains (1938)

[B2,O3]

classification de Harris et Salter l.f.

Harris et Salter’s classification

Classification des décollements épiphysaires et des fractures atteignant le cartilage de conjugaison.

R.B Salte et W. R. Harris, chirurgiens orthopédistes canadiens (1963)

Salter et Harris (classification de)

[I2]

Édit. 2015

nœuds lymphatiques broncho-pulmonaires l.m.p.

nodi lymphoidei bronchopulmonales (TA)

bronchopulmonary lymph nodes

Nœuds lymphatiques intrathoraciques viscéraux situés au niveau des ramifications broncho-vasculaires intrapulmonaires, à proximité du hile ou sous la plèvre pulmonaire.
On distingue donc les nœuds intrapulmonaires proprement dits et les nœuds sous-pleuraux. Ils reçoivent les lymphatiques du poumon homologue. Ils se drainent dans les nœuds lymphatiques trachéo-bronchiques supérieurs homologues et dans les nœuds lymphatiques trachéo-bronchiques inférieurs.
Dans la classification internationale des tumeurs malignes broncho-pulmonaires, l’atteinte tumorale isolée des nœuds lymphatiques hilaires est classée N1. L’atteinte des nœuds lymphatiques médiastinaux associée ou isolée est par contre classée N2.

Syn. anc. ganglions lymphatiques intrapulmonaires, ganglions lymphatiques hilaires, ganglions lymphatiques des pédicules pulmonaires

consolidation médicolégale l.f.

Passage du stade lésionnel au stade fonctionnel conformément à la classification de Wood.

classification de Wood, stade lésionnel, stade fonctionnel, retentissement situationnel, handicap, consolidation médicolégale (date de)

[E3]

Édit. 2018

LAM3 acr. pour leucémie aigue prolymphocytaire

Désignation de la leucémie aigüe promyélocytaire dans la classification FAB.

leucémie aigüe promyélocytaire, classification FAB

[F1]

Édit. 2018

biotechnologie blanche l.f.

white biotechnology

Les applications industrielles des biotechnologies ont proposé une classification colorée des biotechnologies, attribuant la couleur blanche à la biotechnologie basée sur la fermentation et la biocatalyse qui utilise des levures et des bactéries agissant par les enzymes qu’elles possèdent.
B3Les biotechnologies rouges correspondent aux applications médicales, les biotechnologies vertes aux applications agricoles, les biotechnologies bleues à la biologie marine.

[B3]

Édit. 2018

syndrome du grêle court l.m.

short bowel syndrome

Le syndrome dit du « grêle court » est secondaire à une résection chirurgicale (par exemple après infarctus mésentérique) laissant en place moins de 150 à 200 cm d'intestin grêle chez l’adulte.
Il s'agit d'une maladie rare (environ 1 cas pour 1 000 000 de personnes en France). Elle est caractérisée par une diarrhée, une malabsorption des nutriments, des troubles hydroélectrolytiques. Le grêle court peut aussi être d’origine congénitale. L’évaluation de l’insuffisance intestinale tient compte du grêle restant, du type d’anastomose, de la longueur du colon restant et de la préservation de la valvule iléo-caecale. La longueur de l’intestin réséqué n’a que peu de valeur, variant si elle est mesurée fraiche ou fixée, mais surtout en raison de la variabilité anatomique l’intestin grêle allant de 3 à 7 mètres. La longueur de l’intestin restant est mesurée au bloc opératoire ou évaluée à partir des données de l’imagerie (scanner). Le côlon restant est estimé en pourcentages, en divisant le côlon en 7 parties, supposées de longueur égales, et correspondant chacune à 14 % de la totalité.
Le type de SGC est distingué par une classification anatomique : l’entérostomie terminale (type I anatomique), l’anastomose jéjuno-colique (type II anatomique) et l’anastomose jéjuno-iléocolique (type III anatomique). Les types II et III sont de meilleur pronostic car la malabsorption est moins sévère. Le côlon peut en partie pallier l’insuffisance intestinale, en particulier pour les glucides.
Les principales causes du SGC sont, chez l’adulte, l’ischémie intestinale, la maladie de Crohn, les cancers et les traumatismes. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, ce sont les conséquences de l’entérocolite nécrosante néonatale et le syndrome du grêle court congénital, trouble intestinal rare des nouveau-nés d'étiologie inconnue. Les patients naissent avec un intestin grêle court (moins de 75 cm de long) compromettant l'absorption intestinale se manifestant par une diarrhée chronique, des vomissements et un retard de croissance staturo-pondérale.
 Le taux de citrulline plasmatique (acide aminé produit par les entérocytes) est un marqueur d’insuffisance intestinale. Il est corrélé à la longueur de grêle restant et donc abaissé chez les patients atteints du SGC. La citrulline plasmatique permet de discriminer les patients pouvant être sevrés de nutrition parentérale  (> 20 μmol/L) de ceux qui restent dépendants de la nutrition parentérale deux ans après la résection intestinale, témoignant d’une insuffisance intestinale permanente.
Les troubles sont définitifs dans 50 % des cas. Ils peuvent régresser, au moins en partie, après une période d'adaptation intestinale de 6 à 12 mois. La prise en charge en centre spécialisé est très complexe et difficile pour les patients. Après une phase de réanimation hydro-éléctrolytique et une phase d’alimentation orale hypercalorique et hyperprotéique, en favorisant les solides par rapport aux liquides,  une autonomie nutritionnelle est possible. Dans 50 % des cas, la nutrition parentérale à domicile de longue durée reste le traitement de référence.
Les alternatives à la nutrition parentérale peuvent être l’utilisation des facteurs de croissance de la muqueuse intestinale, tel le téduglutide, polypeptide recombinant, analogue du GLP2 (Glucagon Like Peptide 2), qui diminue le débit des selles et augmente la citrullinémie, mais dont l'efficacité n'a été établie que sur la réduction des besoins en nutrition parentérale. Les données à long terme sont limitées. La surveillance d'éventuelles proliférations de cellules muqueuses digestives (polypes colorectaux, néoplasie gastro-intestinale ou biliaire, etc.) est recommandée. La transplantation intestinale est une alternative à la nutrition parentérale, isolée ou associée à la transplantation hépatique en cas d’insuffisance hépatique.
Les principales causes d’échec de la nutrition parentérale sont l’hépatopathie, les infections et les thromboses veineuses liées au cathéter,  le refus de la nutrition parentérale. Ces situations sont des indications potentielles à une transplantation intestinale.
 

Syn. syndrome  de l'intestin court

Réf. Nuzzo A, Corcos O, Joly F . Syndrome du grêle court: de la nutrition à la greffe intestinale. Post'U 2014.

citrullinémie, analogue du GLP2, transplantation intestinale, infarctus mésentérique, entérostomie, maladie de Crohn, entérocolite nécrosante, alimentation parentérale

[L1, L2]

Édit. 2018

tumeurs neuroendocrines l.f.p.

neuroendocrine tumours

Les tumeurs neuroendocrines (TNE) appelées aussi tumeurs endocrines sont des tumeurs définies par un phénotype commun caractérisé par l’expression de marqueurs généraux (neurone spécifique énolase, chromogranine, synaptophysine) et par leur capacité à secréter des hormones.
Il s’agit de tumeurs très hétérogènes qui peuvent secréter différentes hormones ou pas. Les hormones sécrétées sont le plus souvent la sérotonine, plus rarement l’insuline, la gastrine, le glucagon ou d’autres hormones. On parle de tumeurs fonctionnelles. Les tumeurs fonctionnelles sont rares
(< 20 %). Les plus fréquentes sont les carcinoïdes, les insulinomes, les gastrinomes. Elles peuvent être classées selon leur siège pouvant néanmoins naître en tout point de l’organisme, mais les TNE les plus fréquentes sont gastro-intestinales, pancréatiques ou pulmonaires.  Elles se différencient par leurs caractéristiques histologiques : tumeurs bien différenciées  et peu différenciées. Les tumeurs sécrétantes sont souvent bien différenciées.  Certaines TNE bien différenciées sont appelées aussi carcinoïdes. Il s’agit le plus souvent de TNE du poumon ou du tube digestif. Les TNE peu différenciées sont moins fréquentes (20 %) que les TNE bien différenciées (80 %).La classification OMS de 2010 pour les TNE gastro-entéro-pancréatiques propose  3 grades : G1 (TNE de bas grade) pour les tumeurs bien différenciées, dont l’index mitotique est < 2, et le Ki67 <  2 %, G2 (TNE de haut grade) pour les tumeurs bien différenciées, dont l’index mitotique est 20, Ki 67 > 20 %. Certaines TNE (< 5 %) sont d’origine génétique et surviennent dans le cadre de syndromes héréditaires de prédisposition aux  néoplasie endocrinienne de type 1, maladie de Von Hippel Lindau, sclérose tubéreuse de Bourneville et neurofibromatose de type 1.

Syn. tumeurs endocrines

neurone spécifique énolase, chromogranine; sérotonine, insuline, gastrine, glucagon, carcinoïde, insulinome, Hippel-Lindau (maladie de von), sclérose tubéreuse de Bourneville, neurofibromatose de type 1

[ K1, L1, O4, Q3]

Édit. 2018

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