Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cuprémie n.f.

cupremia

Teneur du cuivre dans le plasma sanguin, normalement voisine de 1 mg/L.
Elle s'élève pendant la grossesse et au cours de certaines anémies, elle diminue dans la maladie de Wilson, avec le défaut de céruléoplasmine.

S. A. Wilson, neurologiste britannique (1912)

[C2,M1,O3,F1]

Cv CO2 symb.f. de la concentration en dioxyde de carbone dans le sang veineux mêlé

[C2]

cyanose n.f.

cyanosis

Couleur bleu sombre des téguments, caractéristique des états d'hypoxie grave, due à une concentration en hémoglobine désoxygénée dans le sang capillaire supérieure à 5 g/100 mL de sang.
La présence de méthémoglobine augmente la cyanose. Celle-ci peut être générale ou localisée (aux extrémités, p. ex).
Chez un sujet ayant un taux d'hémoglobine normal la cyanose apparaît pour une saturation oxyhémoglobinée de 70%. En fait, cette limite est difficile à apprécier à l'œil. D'autre part, en cas d'anémie, on n'atteint pas 5 g/100mL d'hémoglobine désoxygénée dans le sang même en cas d'hypoxie grave, au contraire en cas de polyglobulie la cyanose est permanente ou peut apparaître pour une hypoxie minime : la cyanose n'est pas un signe fidèle d'hypoxie.

Étym. gr. kuaneos : bleu sombre

livide, hypoxie, polyglobulie, méthémoglobine

[C2]

cycle n.m.

cycle

1) Suite de changements affectant un organisme ou de stades différents d'un phénomène, avec retour au point de départ et répétition indéfinie.
P. ex. cycle menstruel, cycle cellulaire.
2) Série complète des variations d'amplitude présentées par un phénomène périodique.
Le hertz est l'unité correspondant à 1 cycle par seconde.
3) En chimie, molécule ou groupe d'atomes se présentant sous forme d'une chaine fermée.
On distingue les carbocycles où tous les sommets du polygone cyclique sont des atomes de carbone et les hétérocycles lorsque certains sommets sont d'autres atomes. On distingue aussi les cycles aliphatiques, comme celui du cyclohexane, et les cycles aromatiques, non saturés comportant des électrons π.
4) En biochimie, série de transformations subies par un métabolite, qui revient à son état initial après avoir accompli une suite de réactions ayant une finalité biochimique ou physiologique.
P. ex. cycle tricarboxylique.

mitose

[C2,B1,C]

cycle biologique l.m.

biological cycle

Cycle des processus biologiques à l'échelle d'une cellule, d'un organisme, d'une population ou d'un peuplement.
Cycle saisonnier de la chute des feuilles, cycle de la reproduction, etc.

[C2]

cycle de Cori l.m.

Cori’s cycle

La glucogénèse à partir du lactate, qui ferme le cycle de Cori a tous les caractères d'une gluconéogénèse.
Ce cycle physiologique a été décrit par C.F. Cori et G.T. Cori, biochimistes américains d’origine tchèque (1929), prix Nobel de Médecine en 1947.

Cori (ester des)

[C1,C2]

cycle de Krebs et Henseleit l.m.

Krebs’ ornithine cycle

H. A. Krebs, Sir, biochimiste britannique, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1953 et K. Henseleit, biochimiste allemand (1932)

cycle de l'uréogénèse

[C1,C2]

cycle de l'uréogénèse l.m.

ornithine cycle

Cycle au cours duquel la biosynthèse de l'urée dans le foie à partir de l'azote ammoniacal utilise une molécule d'ornithine pour former l'arginine, celle-ci étant régénérée après avoir accompli un cycle de réactions aboutissant à l'urée.
Ce cycle a été appelé cycle de Krebs, puis cycle de Krebs et Henseleit quand il a fallu le distinguer du cycle de Krebs proprement dit, le cycle tricarboxylique.

H. A. Krebs, Sir, biochimiste britannique, prix Nobel de médecine en 1953 et K. Henseleit, biochimiste allemand (1932).

uréogénèse

[C1,C2]

cycle de Lynen l.m.

Lynen's cycle

F. F. Lynen, biochimiste allemand, prix Nobel de Médecine en 1964 (1911-1979)

Lynen (hélice de)

[C1,C2]

cycle de sommeil l.m.

sleep cycle, NREM-REM cycle

Alternance cyclique entre les deux états de sommeil : le sommeil lent et le sommeil paradoxal.
Un cycle comprend une phase de sommeil lent suivie d'une phase de sommeil paradoxal. Il est désigné par son numéro ordinal. Le premier cycle de sommeil correspond au sommeil écoulé entre le début du stade 2 et la fin du premier épisode de sommeil paradoxal.
Sa durée est de l'ordre de 80 à 90 minutes, avec un critère minimal de 15 à 30 minutes de sommeil lent entre deux épisodes de sommeil paradoxal.
Le sommeil de l'adulte comprend quatre à cinq cycles de sommeil.

[C2]

cycle gonotrophique l.m.

gonotrophic cycle,

Espace de temps séparant, chez un arthropode hématophage femelle, deux repas sanguins successifs.
Le plus souvent, la durée du cycle gonotrophique est plus ou moins constante chez une espèce donnée (sauf chez les individus en phase de repos, de diapause ou d'hibernation : phénomène de dissociation gonotrophique). Chez nombre d'arthropodes (moustiques par ex.) où chaque repas sanguin est suivi d'une ponte, la durée du cycle gonotrophique équivaut à l'intervalle de temps séparant deux pontes consécutives. Durant le cycle gonotrophique, l'activité comporte la recherche d'un hôte, l'ingestion et la digestion du sang comme aussi la recherche d'un lieu de ponte. Chez les anophèles, on admet qu'existent 5 à 8 cycles gonotrophiques durant chacun 2 à 3 jours. La durée du cycle gonotrophique entre dans le calcul de la probabilité quotidienne de survie des insectes et permet généralement de déterminer l'âge physiologique.

âge physiologique, vecteur, transmission vectorielle, hématophagie

[C2,O3]

cycle ovarien l.m.

ovarian cycle

Périodicité de sécrétion des stéroïdes ovariens commandée par les gonadotrophines hypophysaires, elles-mêmes contrôlées rétroactivement par les hormones ovariennes.
On distingue une phase de développement folliculaire puis de maturation précédant l'ovulation. Dans une deuxième phase le corps jaune connaît une période de sécrétion optimale, puis une phase de régression accélérée qui provoque le cycle suivant. Les ovocytes ont été recrutés plusieurs mois avant le cycle où ils sont une demi-douzaine à se développer. L'un d'entre eux, contenu dans le follicule dominant, est expulsé, lors de l'ovulation, vers le pavillon tubaire.

[C2,O3]

cycle pilaire l.m.

- phase catagène ou période de transition et d'arrêt de la pousse, courte, de quelques semaines,

- phase télogène ou période d'involution du follicule puis de chute, durant en tout quelques mois.
Sur le cuir chevelu, le cycle pilaire dure de 2 à 3 ans chez l'homme adulte et de 4 à 6 ans chez la femme. Il est très raccourci en cas d'alopécie androgénogénétique. La vie d'un follicule pileux est une succession de cycles pilaires au cours desquels le cheveu ou le poil croît, persiste, puis involue et tombe.

[C2,J1]

cycle respiratoire l.m.

breathing cycle

Succession d'une inspiration et d'une expiration : ce cycle a une durée dont la fréquence respiratoire est l'inverse.

[C2,K1]

cycle veille-sommeil l.m.

wakefulness-sleep cycle

Interruption sur un mode cyclique de l'état de veille par le sommeil.
Lors de la veille, le sujet normal au repos, les yeux fermés, a un tracé EEG désynchronisé, formé d'ondes alpha (8 à 13 cycles/seconde). Celui-ci disparaît lors de l'endormissement, remplacé par un rythme à prédominance thêta (2 à 7 c/s). Il se modifiera dans la suite du sommeil.
Obéissant aux fluctuations périodiques du rythme circadien et surtout nycthéméral, donc ajusté à 24 heures, le sommeil est un processus fonctionnel actif de restauration, sous l'influence habituelle de facteurs endogènes et de stimulations extérieures (synchroniseurs externes) : alternance lumière-obscurité, activité-repos du monde extérieur, repas. Parmi ses diverses modifications neurophysiologiques, ne seront citées que les sécrétions hormonales, qui suivent le rythme veille-sommeil.
Il correspond à une suspension d'activité de la formation réticulée activatrice ascendante, qui tient un rôle prépondérant dans de grandes fonctions de l'organisme, dont l'éveil cortical, au profit de structures différentes. Les relations étroites entre l'activité du tronc cérébral et le niveau de conscience sont, en tout cas, bien établies.

noyau suprachiasmatique, réticulée (formation) et fonction d'éveil, sommeil normal de l'adulte

[C2,H1]

cycline B/cdk1 l.f.

cyclinB/Cdkl, cyclin-dependent kinase 1

Enzyme intervenant dans la phosphorylation des protéines, en particulier des lamines.
Les lamines A/C ont un site de phosphorylation de chaque côté du domaine central entre celui-ci et les segments C- et N-terminaux. La phosphorylation entraîne la rupture de la polymérisation et la désorganisation de la lamina. Les lamines ainsi libérées sont solubles dans le plasma nucléaire et interviennent dans la régulation du cycle mitotique.

Syn. complexe cycline B activée, Cdc2 (Cell division cycle protein 2)

lamina nucléaire, lamine, cycline

[C1]

cyclo-oxygénase n.f.

cyclooxygenase

Enzyme impliqué dans la biosynthèse des prostaglandines, catalysant l'oxydation par un anion superoxyde de l'acide arachidonique avec formation d'un radical peroxyde sur le carbone 11, suivie d'une cyclisation entre les C8 et 12, et obtention d'un endoperoxyde entre les C9 et 11.
L'oxydation est achevée par une peroxydation du C15, aboutissant à une prostaglandine PGG2,, hydroperoxyde cyclique instable, rapidement transformé en PGH2,. On connaît deux cyclooxygénases, l'une, dite constitutive (COX-1), est impliquée plus spécialement dans la synthèse des prostacyclines ; l'autre (COX-2), est induite par les stimulus inflammatoires.
Une cyclo-oxygénase est présente dans les membranes plasmiques de toutes les cellules des eucaryotes. Son site catalytique comporte un atome de fer ferreux. Elle est inhibée de façon plus ou moins importante par la plupart des anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l'aspirine.

[C1,C2]

cylindres urinaires l.m.p.

urinary casts

Formations cylindriques qui moulent les portions distales des néphrons.
Les cylindres s'observent au sein des tubes sur les coupes histologiques rénales et dans le sédiment urinaire. Ils sont formés de mucoprotéine de Tamm et Horsfall avec insertion éventuelle dans le gel protéique d'éléments figurés de l'urine et de granules et dépôts divers donnant aux cylindres des aspects très différents, évocateurs du type anatomoclinique de la néphropathie sous-jacente.
Les cylindres hyalins, formés du seul gel protéique sont, à eux seuls, sans signification pathologique. Les cylindres hématiques, granuleux, graisseux, parfois cireux, sont souvent présents au cours de l'évolution des divers types de glomérulopathies avec ou sans syndrome néphrotique. Les cylindres leucocytaires témoignent d'une inflammation rénale de causes variées. Des cylindres larges sont le reflet d'une dilatation tubulaire importante telle qu'on l'observe en cas d'insuffisance rénale avancée.

I. Tamm et F.L. Horsfall Jr, virologues américains (1950)

[C2,M1]

cynuréninase n.f.

kynureninase

Enzyme à pyridoxal-phosphate catalysant la scission de la cynurénine en acide anthranilique et alanine et l'hydroxy-3-cynurénine en acide hydroxy-3-anthranilique et alanine.
Cet enzyme est présent dans le foie et le rein. Un déficit de cet enzyme peut être cause d'hydroxycynuréninurie. Un autre défaut serait aussi la cause d'une acidurie xanthurénique sensible à la pyridoxine. Ces deux affections congénitales s'accompagnent de retard mental.

xanthurénique (acide)

[C1,C2,Q2]

cystinémie n.f.

cystinemia

Teneur de la cystine dans le plasma sanguin, en moyenne de 14 mg/L.

[C2]

cystinurie n.f.

cystinuria

1) Présence ou concentration de cystine dans l'urine, normalement de l'ordre de 10 mg/j.
2) Syndrome pathologique caractérisé par une élimination importante de cystine dans les urines.
La principale cystinurie est constituée par la cystinurie-lysinurie dans laquelle l'élimination de cystine peut atteindre 1g/j.

[C2,R1,M1]

cytokine n.f.

cytokine

Protéine ou glycoprotéine de masse moléculaire comprise entre 8 et 50 kDa intervenant comme médiateur soluble ou membranaire dans les interactions cellulaires.
Ce terme regroupe un ensemble hétérogène de molécules dont certaines sont appelées interleukines (IL, médiateurs agissant entre les leucocytes), lymphokines (médiateurs produits par les lymphocytes), interférons, facteur stimulant les colonies (CSF), facteurs de nécrose des tumeurs (TNFα et ß), facteurs transformants de croissance (TGFα et ß) auxquels s’ajoutent les facteurs de croissance dérivés des plaquettes (PGDF), les facteurs de croissance des fibroblastes (FGF) ou des cellules épidermiques (EGF, etc.).
À la différence des hormones dont le taux de sécrétion est continu bien que modifié par des signaux physiologiques, les cytokines sont synthétisées principalement en réponse à un signal activateur. Chaque cytokine peut être produite par de nombreux types de cellules. Les cytokines agissent sur des cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques de haute affinité, les concentrations actives étant de l’ordre de la nanomole ou de la picomole. Ces récepteurs sont, en général, exprimés en très faible densité sur différents types cellulaires, ce qui explique les effets pléiotropiques des cytokines. Selon la localisation de la cellule-cible par rapport à la cellule sécrétrice, les cytokines peuvent avoir une action autocrine (sur la cellule sécrétrice elle-même), paracrine (sur la cellule voisine) ou endocrine (sur des cellules situées à distance de la cellule productrice). L’action juxtacrine est exercée par les cytokines membranaires sur les cellules voisines.
La liaison d’une cytokine à son récepteur induit un ensemble de signaux d’activation, de prolifération, de différenciation ou de mort cellulaire.
La plupart des cytokines entrainent des réactions en cascade en induisant la production d’une autre cytokine par leurs cellules-cibles. Leurs effets sont très souvent redondants : l’induction d’une même réponse cellulaire peut être obtenue avec différentes cytokines se fixant chacune sur son récepteur spécifique.

Étym. gr. kutos : cellule ; kinein : stimuler

interleukine

[C1,C2]

cyte suffixe m.

cyte

En physiologie et en médecine, cellule : p. ex. leucocyte, globule blanc.-

Étym. gr. kutos : objet creux, globule, d'où en biologie cellule

[A2,C2]

cytochrome f . n.m.

cytochrome f

Cytochrome présent dans les chloroplastes des feuilles vertes, jouant un rôle dans le transfert d'électrons de la chaîne d'oxydoréduction phosphorylante à partir de la plastoquinone.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

[C1,C2]

cytochrome-oxydase n.f.

cytochrome oxidase

Enzyme qui catalyse l'oxydation du cytochrome c ferreux par le dioxygène moléculaire et transférant 4 électrons de 4 cytochromes c pour former 2 molécules d'eau.
C'est l'enzyme respiratoire, présent dans les crêtes mitochondriales, responsable des oxydations cellulaires chez les animaux. Sa structure dimérique comprend plusieurs cytochromes a ou a3 et un nombre équivalent de cuproprotéines, ainsi que des cardiolipides. Elle est inhibée par les cyanures, le monoxyde de carbone et le monoxyde d'azote.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

[C1,C2]

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