Palmer (manœuvre de) l.f.
Palmer's manœuvre
Technique consistant à imprimer une pression sur les lèvres du col grâce aux valves du spéculum : l'issue de sang peut être un signe de cancer de l'endocol.
R. Palmer, gynécologue français (1904-1985)
palpation abdominale obstétricale l.f.
obstetrical abdominal palpation
Procédé d'exploration clinique de l'utérus gravide.
La femme enceinte est couchée sur le dos, tête basse, membres inférieurs étendus ou très légèrement fléchis, membres supérieurs le long du corps. L'abdomen doit être complètement relâché. Les mains de l'opérateur, chaudes et souples, sont posées à plat sur l'abdomen dont la paroi est doucement déprimée par la pulpe des doigts. L'examen doit être indolore et effectué avec méthode, commençant par la région sus-pubienne, continuant par le fond utérin puis par les parties latérales. La palpation permet d'apprécier : la sensibilité de l'utérus, sa consistance souple ou tendue (des contractions indolores, irrégulières, peuvent apparaître qui doivent faire suspendre momentanément l'examen) ; le volume du fœtus ; la situation sagittale, oblique ou transverse du fœtus ; la présentation, en recherchant au niveau du détroit supérieur, entre les pulpes des doigts des deux mains, un pôle dur et régulier, arrondi (pôle céphalique) ou mou, irrégulier (siège) ; le pôle opposé au niveau du fond utérin le plan du dos (manœuvre de Budin) avec le sillon du cou ; le ballottement fœtal ; la quantité de liquide amniotique, en recherchant le signe du flot et du glaçon en cas d'hydramnios ; la présence de plusieurs pôles identiques en cas de grossesses gémellaires ou multiples. Pendant l'examen, la main abdominale peut ressentir des chocs brusques correspondant aux mouvements du fœtus.
P. Budin, obstétricien et pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1846-1907)
palpation thoracique l.f.
thoracic palpation
Examen pratiqué sur le thorax dénudé, après l'avoir inspecté, fait soit avec la pulpe des quatre derniers doigts à la recherche d'une masse ou d'une zone déformable, soit la main posée à plat pour étudier la transmission des vibrations vocales au niveau de chaque hémi-thorax.
Dans le premier cas, les doigts parcourent l'ensemble de la paroi thoracique recherchant une masse, une anomalie des structures dans la paroi thoracique mais aussi au niveau des seins. Cependant la partie haute et postérieure du thorax est protégée par l'omoplate et les muscles la recouvrant. En cette zone, côtes et espaces intercostaux ne peuvent être palpés.
Dans le second cas, on fait prononcer plusieurs fois à haute voix, le nombre "trente-trois", la main détecte tantôt une abolition des vibrations vocales, très bon signe d'un épanchement pleural gazeux ou liquidien, tantôt une augmentation des vibrations par rapport au côté opposé, témoin d'une condensation du poumon. En fait cette étude de la transmission des vibrations vocales n'est pratiquement plus utilisée car trop sensible à l'entraînement.
pancréatite (scores de gravité) l.m.
scores for pancreatitis
Estimation chiffrée du degré de l'atteinte pancréatique dans une pancréatite aigüe.
Souvent accompagné d'épanchements, un phlegmon pancréatique forme un bloc inflammatoire au contact d'une pancréatite aigüe. Le pronostic est souvent sombre, d'où l'intérêt de disposer de scores pronostiques ou d'estimation de la gravité.
Le score de Ranson (1974) utilise 11 paramètres cotés 1 chacun. Sauf l'âge, les 5 premiers sont évalués à l'admission sur l'intensité des processus inflammatoires, les autres le sont dans les 48 premières heures et correspondent aux retentissements circulatoires, rénaux ou métaboliques. Si le score est < 2, la mortalité est quasi nulle ;
= 3, le risque commence à être sérieux ;
> 6, la mortalité est de 62 % ;
> 7, la mortalité est proche de 100%.
Version simplifiée de celui de Ranson, le score d'Imrie n'utilise que 4 paramètres, mais il est moins sensible et peu spécifique.
Le score tomodensitométrique de Ranson et Balthasar (1985) définit 5 stades lésionnels de la pancréatite selon le nombre et la localisation des collections.
A - pancréas normal ;
B - élargissement localisé ou global de la glande ;
C - effacement des bords pancréatiques (témoin d'un environnement inflammatoire) ;
D - augmentation du volume pancréatique et collection liquidienne satellite unique ;
E - présence d'au moins deux collections liquidiennes extra-pancréatiques ;
F - présence de gaz intra- ou extra-pancréatique ou infiltration massive de l'espace intrapéritonéal.
On peut aussi créditer les stades de 0 à 4 points avec une majoration de 2, 4 ou 6 points en fonction du degré d'extension de la nécrose (Balthazar, 1990).
Le signe de l'îlot graisseux (Perez, 1990) correspond à la présence de zones intra- ou extra-pancréatiques de densité intermédiaire entre graisse et liquide. Il n'est pas modifié par l'injection de produits de contraste.
C. W. Imrie, chirurgien britannique (1978) ; J. H. Ranson, chirurgien américain (1974 bis) ; E. J. Baltazar, médecin radiologue et J. H. Ranson, chirurgien américains (1985) ; E. J. Baltazar, médecin radiologue américain (1990) ; C. Pérez, médecin radiologue espagnol (1990)
Étym. gr. pan : tout ; kreas : chair, « tout en chair », parce que cet organe ressemble à de la chair)
panniculite mésentérique l.f.
mesenteric panniculitis
Épaississement diffus ou localisé du mésentère, principalement au niveau de sa racine, d'origine inflammatoire, conduisant à la sclérose rétractile et à la formation d'adhérences entre les anses intestinales.
Un tableau anatomoclinique très voisin peut être fourni par la maladie de Weber-Christian, la maladie de Whipple, par une infiltration tumorale du mésentère ou associé à une maladie de Crohn. Dans le cas de la maladie de Crohn, la panniculite mésentérique est fréquemment associée aux poussées de la maladie. Une simple hyperdensité scannographique de la graisse mésentérique adjacente aux anses intestinales pathologiques est observée. Dans de rares cas, la panniculite peut préceder le diagnostic de maladie de Crohn et en être la manifestation révélatrice. Dans ces cas, les endoscopies digestives sont nécessaires et surtout, si celles-ci sont normales, en plus de l'entéro-IRM, une vidéocapsule du grêle est nécessaire. Le dosage de la calprotectine fécale est indiquée.
Les principales causes inflammatoires, la tuberculose en particulier et une néoplasie ne doivent pas être méconnues.
Bien qu'encore débattue, une association significative entre panniculite mésentérique et cancer a été rapportée principalement dans les lymphomes, le mélanome et le cancer colo-rectal et prostatique. Le seul signe radiologique associé à la malignité est la taille des ganglions mésentériques supérieure à 10 mm. Dans ce contexte, une biopsie radioguidée ou célioscopique des ganglions est recommandée.
Syn. mésentérite rétractile, lipodystrophie du mésentère, mésentérite sclérosante
→ mésentère, maladie de Weber-Christian, maladie de Whipple, maladie de Crohn, calprotectine, lymphome,mélanome
[L1, N3]
Édit. 2019
paralysie faciale périphérique l.f.
facial paralysis, Bell’s palsy
Atteinte motrice en rapport avec une lésion du nerf facial, de son origine à sa terminaison.
Si la lésion concerne le nerf avant sa division en branches terminales, les muscles paralysés sont ceux de la partie postérieure et inférieure d'une hémiface. On constate l'existence d'un signe de Charles Bell, c'est-à-dire que le globe oculaire se porte involontairement en haut et en dehors quand le patient fait effort pour abaisser sa paupière supérieure paralysée.
On distingue les paralysies faciales primitives et secondaires. Les premières sont souvent dites "a frigore", bien que l'induction par le froid ait été suspectée mais jamais confirmée. Il s'agit du type le plus fréquent. Après un début brutal, l'évolution est presque toujours régressive en quelques semaines ou quelques mois. Les secondaires peuvent être dues à une cause compressive, à un mécanisme inflammatoire dans le cadre d'une maladie générale, ou à une étiologie infectieuse comme un zona.
C. Bell, Sir, chirurgien écossais (1821)
paralysie générale l.f.
general paralysis, paralytic dementia
Méningoencéphalite syphilitique survenant environ 15 années après la primo-infection, diffuse et progressive, devenue exceptionnelle depuis l'utilisation de la pénicilline.
Après un début progressif, parfois médicolégal, elle associe :
- un syndrome psychique avec signes frontaux (surtout euphorie béate et indifférence), idées délirantes mégalomaniaques absurdes (imaginatives et fabulatoires) et évolution vers une démence apathique profonde : d'où la dénomination elliptique de paralysie générale ;
- un syndrome neurologique avec tremblement fin, menu, rapide, des extrémités et de la région labiolinguale, dysarthrie particulière comportant un achoppement au milieu des mots longs, signe d'Argyll-Robertson, réaction cellulaire du LCR, hyperalbuminorachie et test de Nelson positif.
En fait, les expressions sont multiples. Il faut penser d'autant plus à une paralysie générale qu'elle est devenue exceptionnelle.
Sous traitement, institué le plus précocement possible, une régression, plutôt une stabilisation ou des résultats dissociés, sont possibles.
A. Bayle, neurologue français (1822) ; A. Fournier, dermatologiste et syphililologue français, membre de l’Académie de médecine (1894)
Syn. maladie de Bayle, méningo-encéphalite syphilitique
→ syphilis (troubles psychiques et )
paralysie vélopalatine l.f.
Paralysie du voile du palais avec reflux des liquides par le nez, qui s’observe au début d’une diphtérie maligne dont elle est souvent le premier signe.
pariétographie n.f.
parietography
1) Technique radiographique destinée à visualiser la paroi d'un organe creux, en particulier estomac ou vessie, soit entre deux couches d'air l'une externe (pneumopéritoine) l'autre intraluminale (par insufflation), soit en associant un pneumopéritoine à une opacification de la cavité.
2) Étude d'une paroi viscérale par artériographie sélective.
Ces techniques, de mise en œuvre compliquée, sont actuellement remplacées par l'imagerie de la scanographie et de l'IRM.
Une pariétographie peut apparaître spontanément au cours d'un pneumopéritoine pathologique (signe de Rigler).
Parker-Hare (signe de ) l.m.
Parker-Hare’s sign
Signe évocateur d’un syndrome de Marfan : le poing étant fermé sur le pouce fléchi, la phalange distale du pouce atteint ou dépasse le bord externe du 5ème métacarpien.
A. S. Parker Jr, médecin interniste et H. F. Hare, médecin radiologue américains (1945)
Parkinson (maladie de) l.f.
Parkinson disease, paralysis agitans
Affection neurodégénérative liée à une perte neuronale affectant principalement les neurones dopaminergiques du mésencéphale, et essentiellement mais non exclusivement la pars compacta de la substantia nigra.
Bien que non pathognomoniques, des inclusions appelées corps de Lewy sont observées dans les neurones dopaminergiques restants et constituent un stigmate histopathologique de la maladie.
Plus fréquente chez l'homme que chez la femme, débutant en moyenne vers l'âge de 55 ans, son incidence initiale, de l'ordre de 1p.1000, atteint 1% après 60 ans. L'étiologie est inconnue. Les cas familiaux sont peu fréquents (environ 10%). Dans certaines populations, en particulier juifs et arabes – la mutation du gène LRRK2 (leucine rich repeat kinase 2), responsable d'une mutatation de la parko,est présente chez quasiment 40 % des maladies de Parkinson. Une seule mutation explique l'importance de la transmission. Il s'agit de la mutation G2019S localisée dans l’exon 41 du gène LRRK2, dont la taille est de 144 kb avec 51 exons codants. Cette mutation initialement associée à 6-7 % des formes familiales de la maladie de Parkinson d’origine européenne et à 2 % des cas apparemment isolés. Depuis, de nombreuses études montrent que la fréquence de la mutation G2019S varie considérablement selon l’origine géographique et ethnique des populations
Dans les formes complètes, établies au fil des années, elle comporte classiquement une triade majeure : akinésie avec amimie et perte du balancement automatique des bras ; hypertonie à type de rigidité plastique ; tremblement de repos sous forme d'émiettement. En résultent principalement, et de façon variable : des modifications posturales avec attitude générale en flexion ; une démarche caractéristique, à petits pas, les bras semblant collés au corps, parfois hâtive (dite festinante), le patient paraissant courir après son centre de gravité ; des kinésies paradoxales. Sont associés des troubles végétatifs (problèmes génito-vésico-sphinctériens, constipation, sécheresse buccale fréquente), des douleurs et paresthésies diverses dans un contexte de contrariété, d'hyperémotivité, de fatigue, par raideur musculaire, déformations vertébrales et/ou attitudes vicieuses, ainsi que des difficultés croissantes à communiquer (troubles de la voix, gêne pour l'écriture avec micrographie).
Le rythme du malade se ralentit avec les années. Ses difficultés de relation s'accroissent. Contrôle émotionnel instable, insomnie, fatigabilité et amaigrissement sont habituels. Des troubles psychiques, notamment dépressifs, se développeraient dans près de la moitié des cas.
La physiopathologie de la maladie est encore incomplètement connue. Néanmoins deux orientations sont étudiées.
La maladie de parkinson se caractérise par la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la susbtance noire, provoquée par l'agrégation d'une protéine l'alpha-synucléine signe cardinal de la maladie. Cette protéine a des propriétés d'aggrégation mais aussi de propagation proche des maladies à prions. On connait depuis longtemps la connexion bidirectionnelle entre l'intestin et le cerveau. Or, l'alpha-synucléine est présente dans le système nerveux entérique, avant son apparition dans le cerveau suggérant une propagation intestin cerveau et confortant l'hypothèse d'une maladie à prions.
Un autre axe est la constatation d'une accumulation anormale de fer labile au niveau de la sustance noire, qui entraine une production importante de radicaux libres et, à terme, la mort des neurones dopaminergiques. La mort cellulaire non apoptotique , dépendante du fer appelé ferroptose, prédominante dans la maladie de Parkinson ouvre des perspectives thérapeutiques par les chélateurs du fer.
Le traitement de base, qui doit être retardé jusqu'à l'apparition d'une gène motrice significative est constitué par la L-Dopa, précurseur de la dopamine qui passe la barrière hémato encéphalique. L'apparition progressive de signes secondaires tels que les dyskinésies indiquent des traitements adjuvants tels des agonistes dopaminergiques ou des inhibiteurs de COMT.
La stimulation électrique cérébrale profonde, mise au point en France par L.A. Benabid à Grenoble, est une alternative séduisante, dont la complexité fait qu'ele ne peut s'appliquer qu' à un très petit nombre de patient.
En une dizaine d'années environ, malgré l'amélioration apportée notamment par les substances dopaminergiques, à une période de "lune de miel" relative succèdent inexorablement la maladie installée avec sa gène et sa restriction d'activité, puis la période de déclin d'efficacité du traitement avec des mouvements anormaux induits par celui-ci, des troubles majeurs de la marche, des chutes, une existence grabataire et des complications de décubitus.
J. Parkinson, médecin britannique (1817)
→ dopamine, Lewy (corps de), akinésie, amimie, rigidité, alpha-synucléine, prions (maladies à), apoptose, ferroptose, parkine, LRRK2 gene, L dopa, dyskinésie,
agoniste dopaminergique, inhibiteurs de la COMT
[H1, Q2]
Édit. 2019
pattern (dystrophie en) l.f.
pattern dystrophy
Pigmentation rétinienne d'aspect réticulée ou en filet de pêche, avec mailles plus visibles en angiographie fluorescéinique qu'à l'ophtalmoscopie.
L’affection, sans signe fonctionnel majeur, est probablement secondaire à une altération peu évolutive de l'épithélium pigmenté ou de la membrane de Bruch. Cet aspect rétinien peut être également retrouvé de façon sénile en périphérie, ou après une hypotonie majeure du globe, ou dans certaines affections rénales chroniques.
→ dystrophie maculaire en aile de papillon, dystrophie réticulée de l'épithélium pigmenté rétinien, Sjögren (dystrophie réticulée récessive de), Mesker (dystrophie macroréticulaire de), dystrophie en réseau de l'épithélium pigmenté rétinien, Paget (maladie de)
pemphigus foliacé l.m.
pemphigus foliaceus,
Forme de pemphigus auto-immun exceptionnelle sauf au Brésil où elle existe à l'état endémique sous l'appellation de pemphigus foliacé brésilien.
Le pemphigus séborrhéique de Senear-Usher et le pemphigus érythémateux sont considérés comme des formes cliniques localisées de pemphigus foliacé en raison de similitudes cliniques, histologiques et immunologiques : toutes ces formes, qui ont en commun un siège très superficiel de l'acantholyse, constituent le groupe des pemphigus superficiels par opposition au pemphigus vulgaire au cours duquel l'acantholyse est située plus profondément, en position suprabasale. La lésion élémentaire est à type de bulle flasque, plate, extrêmement fragile donnant rapidement un décollement superficiel suintant. Les lésions s'étendent progressivement à l'ensemble de la peau aboutissant à un tableau d'érythrodermie desquamative superficielle et suintante. Le signe de Nikolsky est particulièrement net. Il n'y a généralement pas d'atteinte muqueuse. L'état général, assez longtemps conservé, s'aggrave progressivement en raison d'un suintement continu. L'image histologique est celle des pemphigus superficiels, avec une acantholyse très haut située sous la couche cornée de l'épiderme, et les auto-anticorps, mis en évidence dans les lésions, reconnaissent la desmogléine 1, constituant normal de la plaque desmosomiale des kératinocytes. Le traitement repose sur la corticothérapie générale, associée ou non à un traitement immunosuppresseur. Une issue fatale n'est pas rare en raison des complications infectieuses et hydro-électrolytiques.
A. Cazenave, dermatologue français (1844)
pemphigus végétant de Neumann l.m.
pemphigus vegetans
Forme de pemphigus auto-immun considéré comme un sous-type du pemphigus vulgaire en raison d'une caractéristique immunologique qui leur est commune : la présence d'auto-anticorps reconnaissant un antigène kératinocytaire de 130 kDa, la desmogléine III.
Il débute à l'âge adulte, par des lésions bulleuses ou parfois bullopustuleuses, confluentes, prédominant dans les plis axillaires, inguinaux ou sous-mammaires, qui se couvrent rapidement de formations végétantes plus ou moins humides et macérées. On trouve souvent en bordure des lésions un signe de Nikolsky traduisant la fragilité cutanée. Les lésions peuvent atteindre le reste du tégument et les muqueuses où elles gardent un aspect érosif. L'examen histologique montre, au sein d'un épiderme plus ou moins acanthosique et papillomateux selon le degré de végétation, soit des fentes ou des bulles intra-épidermiques suprabasales par acantholyse avec plus ou moins de kératinocytes monstrueux, ou cellules de Tzanck, soit des abcès à éosinophiles; le cytodiagnostic de Tzanck est positif. Des auto-anticorps sont retrouvés dans les lésions par immunofluorescence directe, au niveau des espaces interkératinocytaires de l'épiderme, et dans le sérum par immunofluorescence indirecte. L'évolution est habituellement moins sévère que celle du pemphigus vulgaire et la réponse à la corticothérapie générale, avec ou sans immunosuppresseurs, est relativement bonne.
I. Neumann, dermatologue autrichien (1886) ; F. H. Hallopeau, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1898)
→ pyodermite végétante d'Hallopeau
pemphigus vulgaire l.m.
pemphigus vulgaris
Forme la plus fréquente de pemphigus auto-immun ou dermatose bulleuse acquise liée au dépôt dans l'épiderme d'auto-anticorps entraînant une acantholyse intra-épidermique.
Il constitue avec le pemphigus végétant l'un des 2 groupes de pemphigus auto-immuns, l'autre groupe étant celui des pemphigus superficiels. Il débute à l'âge adulte, par des lésions bulleuses, flasques, facilement rompues, faisant place à des érosions, qui apparaissent en peau saine ou érythémateuse en n'importe quel point du tégument, avec cependant une prédilection pour le visage, le cuir chevelu, les aisselles. Des lésions muqueuses, en particulier buccales, à type d'érosions post-bulleuses douloureuses, sont habituelles et peuvent même précéder de plusieurs mois les lésions cutanées. Un signe de Nikolsky, traduisant la fragilité cutanée, est généralement observé à proximité des lésions. L'examen histologique montre des bulles intra-épidermiques suprabasales par acantholyse, contenant des kératinocytes monstrueux ou cellules de Tzanck, également retrouvées dans le produit de raclage du plancher de la bulle par la méthode du cytodiagnostic de Tzanck. Des auto-anticorps sont mis en évidence dans les lésions, déposés dans les espaces interkératinocytaires sur tout ou partie de l'épiderme (en immunofluorescence directe), et circulants dans le sérum (par immunofluorescence indirecte). Ces auto-anticorps reconnaissent un antigène kératinocytaire de 130 kDa, la desmogléine III. En l'absence de traitement, l'évolution est fatale avec extension des lésions cutanées et muqueuses. Le traitement repose sur la corticothérapie générale avec ou sans immunosuppresseurs.
périaqueducal (syndrome) l.m.
periaqueductal syndrome
Déficit de la verticalité et de la convergence oculaire.
Il peut comporter également des anomalies pupillaires du fait de la proximité de l'arc réflexe photomoteur, et s'accompagner de mouvements anormaux tels qu'un nystagmus convergent ou un nystagmus retractorius (rétraction rythmique des globes oculaires). Ceux-ci apparaissent plus particulièrement lorsque le patient tente de regarder vers le haut ou lors de la recherche d'un nystagmus optocinétique dont la secousse rapide devrait battre vers le haut. L'association à une rétraction de la paupière supérieure (signe de Collier) est aussi possible.
Des accidents ischémiques dans le territoire vertébrobasilaire sont les étiologies les plus fréquentes.
H. Koerber, ophtalmologiste allemand (1903) ; R. Salus, ophtalmologiste autrichien (1911) ; A. Elschnig, ophtalmologiste autrichien (1933) ; H. Parinaud, ophtalmologiste français (1883)
Syn. aqueduc de Sylvius (syndrome de l'), Koerber-Salus-Elschnig (syndrome de), Parinaud (syndrome de)
péricarde (ponction du) l.f.
puncture of the pericardium
Ponction, évacuatrice ou diagnostique en cas de péricardite pratiquée par voie sous-xiphoïdienne gauche après contrôle de la position du cœur.
Elle doit être faite prudemment avec une aiguille ou un trocard assez long pour vérifier que l'on ne lèse pas une cavité cardiaque (rejet de sang à l'aspiration). En cas de tamponnade ou de péricardite hémorragique (par ex. tuberculeuse) il est évidemment difficile de tenir compte de ce signe, le laboratoire permettra de distinguer le sang du liquide de l'épanchement qui n'a pas la même composition et où se rencontre des bactéries ou des cellules cancéreuses, par ex. L'évacuation d'un gros épanchement péricardique doit se faire lentement en surveillant les réactions cardiaques afin de ne pas réduire la précharge ventriculaire.
péritonite aigüe l.f.
acute peritonitis
Inflammation aigüe généralisée ou localisée de la cavité péritonéale consécutive soit à une perforation du tube digestif ou d'un organe annexe (vésicule biliaire, canal cholédoque, canal pancréatique) par traumatisme ou plaie de l'abdomen, soit à une infection locale (appendicite ou diverticulite colique), à une infection générale ou à un cancer.
La péritonite peut être d'origine iatrogène et compliquer une intervention chirurgicale ou un drainage du péritoine (pour dialyse, notamment). Les péritonites infectieuses produisent des ulcérations qui sont susceptibles d'entraîner des perforations intestinales.
Outre des signes fonctionnels digestifs (douleurs, nausées, vomissements), le principal signe est la contracture abdominale réflexe, parfois localisée en face du foyer infectieux (point de Murphy de l'appendicite, p. ex). A moins qu'elle ne soit évidente (plaie de l'abdomen, par ex.), la localisation à l'origine de la péritonite se fait par échographie et par les différents moyens d'imagerie. Si l'origine est gastrique, l'endoscopie est utile.
L'évacuation par avion d'un patient suspect de péritonite ou d'un blessé de l'abdomen doit tenir compte de la baisse de pression barométrique avec l'altitude lors de la montée car elle entraîne une dilatation des gaz intestinaux, d'où risque de perforation et sortie de matières fécales dans le péritoine s'il y a une perforation. Les différences d'altitude étant plus faibles en hélicoptère le risque est faible. Pour éviter cette complication il est indispensable d'évacuer les gaz de l'estomac au départ et d'établir avec le pilote un plan de vol évitant une montée notable de l'altitude cabine.
Le traitement est chirurgical. Un traitement médical précoce (glace sur le ventre, antibiotiques) permet de gagner du temps.
Étym. gr. peri : autour (des intestins) ; teinein : tendre
péritonite puerpérale généralisée l.f.
generalized acute peritonitis
Infection péritonéale diffuse de la grande cavité cœlomique au cours des suites de couches.
Rare aujourd'hui, son pronostic d'une effroyable gravité a été transformé par l'antibiothérapie. Le germe en cause est classiquement un streptocoque. Elle survient au bout de quelques jours, pouvant succéder à un accouchement laborieux ou prolongé, une césarienne, une rupture d'un cul-de-sac vaginal à la suite d'application de forceps. Elle évolue en trois phases : stade d'endométrite, puis lymphangite simple, enfin péritonite confirmée. Les variantes cliniques sont nombreuses : forme franche sthénique, avec défense abdominale confinant à la contracture, forme asthénique avec signes toxi-infectieux sévères et signes digestifs trompeurs où dominent le météorisme et la diarée mais sans signe physique net, pas de douleur au palper, ni de défense ni de contracture.
phlébite de la grossesse l.f.
thrombophlebitis of pregnancy
Phlébite survenant pendant la grossesse, le plus souvent au 3e trimestre.
Elle est favorisée par l'hypercoagulabilité et la stase veineuse induites par la grossesse, et par des facteurs individuels : varices, antécédents thrombo-emboliques, alitement prolongé, hémorragies obstétricales, âge supérieur à 35 ans, grande multiparité. La phlébite peut être superficielle, se traduisant par un cordon veineux douloureux et inflammatoire, situé sur le trajet d'une varice superficielle. Sans gravité, elle nécessite alors une contention locale et des anti-inflammatoires. La phlébite peut être surale profonde, se traduisant par de la fièvre, avec accélération du pouls, douleur du mollet, augmentation du diamètre du membre atteint, signe de Homans. Elle se traite par l'héparine. La phlébite iliofémorale est plus rare, elle se distingue par une douleur plus haut située, dans la région rétro-crurale ou inguinale, et par un risque emboligène plus important. En fait, le diagnostic est difficile. Le moindre doute impose aujourd'hui un examen Doppler pour vérifier la perméabilité des troncs veineux. Le meilleur traitement est préventif : contention élastique en cas de varices importantes et traitement anticoagulant préventif chez les patientes à haut risque.
phlébographie poplitée l.f.
popliteal venography
Étude radiographique de la veine poplitée après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen était fait sur le malade debout, par ponction directe de la veine poplitée au niveau du creux poplité avec une aiguille-cathéter. Tout reflux du contraste dans le système veineux superficiel était alors le signe d'une insuffisance valvulaire. Technique obsolète.
pityriasis versicolor l.m.
pityriasis versicolor, tinea versicolor, tinea flava
Mycose cutanée opportuniste, bénigne mais inesthétique, due à une levure lipophile, Malassezia furfur.
La mycose réalise des taches cutanées de taille variable, dues à la coalescence de petites macules folliculaires, finement desquamatives après grattage. La couleur des lésions est variable : chamois ou café au lait sur peau claire, rose sur peau brune. Ces taches deviennent ensuite achromiques (pityriasis achromiant, surtout sur peau halée par le soleil). Il existe des formes localisées, diffuses et récidivantes (recrudescences saisonnières en début d’été).
Essentiellement clinique, le diagnostic peut être facilité par la recherche du « signe du copeau » (squames fines et molles se détachant facilement). En cas de nécessité, il peut être confirmé par application sur les lésions d’un ruban adhésif permettant de de visualiser au microscope les levures groupées en « grappes de raisin » ainsi que les filaments mycéliens (scotch-test),
Le diagnostic est fait par application sur les lésions d’un ruban adhésif transparent qui permet de visualiser au microscope optique les levures groupées en “grappes de raisin” et leur forme filamenteuse parasitaire retrouvée dans 100% des cas de pityriasis versicolore.
Le traitement par un antifongique actif est le plus souvent local, les formes récidivantes nécessitant toutefois un traitement systémique.
→ Malassezia furfur, malassezioses, scotch test
[Le champignon Malassezia furfur (autrefois dénommé Pityrosporum orbiculare ou P. ovale) appartenant à la flore saprophyte cutanée,est présent dans l’infundibulum des follicules pilosébacés. Ses spores sont capables de parasiter le stratum corneum lorsque]
plaie thoraco-abdominale l.f.
thoracoabdominal penetrating wound
Plaie des viscères à la fois thoraciques et abdominaux.
Elle s'observe dans près de 20% des plaies thoraciques en pratique civile et encore plus fréquemment dans les plaies de guerre.
L'association d'une plaie thoracique et d'une plaie abdominale est toujours à craindre lorsque le trajet de la plaie passe en une zone située au-dessous de l'arc antérieur de la 4èmecôte. Même en l'absence de défense ou de contracture, il faut pratiquer un examen échographique ou tomodensitométrique qui seuls permettent d'affirmer l'existence d'une lésion intrapéritonéale avant tout signe de décompensation.
plan de gestion des risques l.m.
plan of risks management
Plan établi par la société productrice d’un médicament à faible coefficient bénéfice/risques sous la responsabilité de l’ AFSSAPS.
Plan qui comporte un programme d’information et d’éducation des malades et des professionnels de santé (guide et lettre d’information aux professionnels de santé, remise à chaque malade d’un carnet où est signé un accord de soins et de contraception).
Sigle : PGR
pli rétinien avec microphtalmie et microcéphalie l.m.
retinal fold with microcephaly and microphthalmos
Microcéphalie sévère avec plis rétiniens et déficit visuel.
La microcéphalie est le signe le plus constant, il peut s'y associer un retard mental léger, une petite taille, une peau marbrée, une clinodactylie et un strabisme. L’affection est autosomique dominante (MIM 180060).
Audre L. Jarmas, généticienne américaine (1981)