Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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dédoublement de la personnalité l.m.

dual personality

personnalité multiple

dédoublement des bruits cardiaques l.m.

reduplication of heart sounds

Anomalie d’auscultation du cœur, utile dans le diagnostic et l’évaluation de nombreuses cardiopathies, même avec les méthodes modernes d’exploration cardiaque.
Le dédoublement du premier bruit (BB1) est perçu dans la région endapexienne, il est serré, (0,01à 0,03 s ou large > à 0,04 s) on peut l’entendre chez le sujet normal ou il représente l’exagération de l’asynchronisme de fermeture des valves tricuspides et mitrales ou peut apparaître en cas d’asynchronisme ventriculaire par bloc de branche droit.
Le dédoublement du deuxième bruit (BB2) s’entend au foyer pulmonaire. Il est pathologique s’il est fait d’un intervalle supérieur à 0,03 sec entre les deux composantes aortique et pulmonaire avec persistance de cette anomalie en expiration. Il s’observe dans les blocs de branche complets, certaines extrasystoles ventriculaires et certaines malformations cardiaques (canal artériel à gros débit, communication interauriculaire) ou lésions valvulaires (sténose pulmonaire, sténose aortique, insuffisance mitrale).

déefférentation motrice (syndrome de) l.f.

locked-in syndrome

Syndrome dit de verrouillage de la plupart des fonctions motrices, en particulier de l'expressivité, peu fréquent, presque toujours mortel à court terme, généralement lié à une thrombose du tronc basilaire responsable d'un infarctus protubérantiel bilatéral.
En résultent, dans sa forme complète : une tétraplégie, une diplégie faciale, une paralysie labioglossolaryngée, notamment de la phonation interdisant toute expression verbale, par lésions des faisceaux pyramidaux et géniculés, auxquelles s'associe habituellement une paralysie de la latéralité par atteinte des voies supranucléaires d'origine corticale et de la voie réticulée pontine paramédiane.
Chez ces patients incapables de parler et de mobiliser leurs membres ou les muscles du visage, en fait conscients, un examen attentif est souvent nécessaire pour éliminer un coma. On pensera à explorer les seuls mouvements volontaires subsistants : ouverture oculaire assurée par le releveur de la paupière supérieure et mouvements verticaux des yeux, permettant d'établir un code relationnel. La préservation de la conscience s'explique par l'intégrité des hémisphères cérébraux et de la partie rostrale mésodiencéphalique de la formation réticulée activatrice ascendante, qui assure l'éveil cortical.

Étym. néologisme lat. (suppression des efférences) formé sur le préfixe de : qui marque la cessation ; efferere : porter au dehors

défaillance autonomique progressive l.f.

autonomic failure, progressive

G. M. Shy, et G. A. Drager, neurologues américains (1960)

Shy-Drager (maladie de)

défaillance cardiaque l.f.

heart failure

Incapacité du cœur à remplir sa fonction de contraction myocardique et à assurer un débit sanguin normal : elle peut être soudaine et momentanée (défaillance cardiaque aigüe), ou progressive et durable (défaillance cardiaque chronique).
Le traitement de la défaillance cardiaque a fait des progrès considérables sur le plan pharmacologique comme sur celui de l’assistance circulatoire mécanique.

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

défaillance multiviscérale l.f.

multiple organ failure, MOF

Altération fonctionnelle intéressant tout l'organisme par atteinte des principaux organes (cœur, reins, poumons, intestin, pancréas, cerveau, système nerveux périphérique, etc.) à la suite d'une hypoxie tissulaire prolongée, par collapsus circulatoire aigu, en général.
Après un état de choc plus ou moins bien compensé, des lésions viscérales multiples se manifestent et se potentialisent (anurie, hémorragie digestive, ictère, infections, etc.). La principale cause du syndrome est une hypoxie tissulaire prolongée (les durées d'hypoxie successives se cumulent), c'est pourquoi il faut assurer une réanimation efficace dès les premiers secours, sinon les soins intensifs risquent de ne pas pouvoir faire face.
Plusieurs indices de gravité ont été établis pour suivre l'évolution du syndrome, ils sont en général établis en additionnant l'indice de gravité de l'atteinte de chacune des principales fonctions, p. ex. on prend le score de Glasgow pour le système nerveux. Le score LOD (logistic organ disfunction) de Le Gall et Lemeshow (1996) prend en compte les fonctions neurologique, cardiaque, pulmonaire, rénale, hépatique et sanguine (globules blancs ou plaquettes).
En traumatologie p. ex. la défaillance multiviscérale se manifeste vers la fin de la première semaine d'hospitalisation, elle est la principale cause de décès des blessés graves.

J. R. Le Gall, médecin réanimateur français membre de l’Académie de médecine et S. Lemeshow, médecin américain (1996)

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

accident, ASA, choc, défaillance viscérale, échelle de Glasgow-Liège, SAMU, urgence

défaillance psychique sénile l.f.

psychical failure in the old

glissement (syndrome de), réaction catastrophique

défaillance viscérale l.f.

organ failure

Altération fonctionnelle d'un organe le rendant inapte à maintenir la vie à assez court terme.
Il faut distinguer la défaillance d'une fonction, dont la forme terminale est la détresse vitale, de l'insuffisance de la fonction, qui peut être compensée par une autre fonction. Par ex. l'insuffisance respiratoire peut être compensée par un travail cardiaque accru et par une rétention des bicarbonates par les reins : l'organisme réalise ainsi un nouvel équilibre anormal mais compatible assez longtemps avec la vie.
Différents critères ont été proposés pour définir la limite de défaillance de chaque organe, le tableau ci-dessous donne celle de Fagon et al. (1993).
Défaillance d’une fonction viscérale : au moins un des critères donnés ci-dessous

respiratoire PaO2 < 60 mm Hg=80hPa ; ventilation artificielle.
cardio-vasculaire (en l’absence d’hypovolémie) : pression artérielle systolique < 90 mm Hgavec signes d’hypoperfusion périphérique ; utilisation de médicaments inotropes ou vasopresseurs pour maintenir une PA systolique > 90 mm Hg.
rénale (en l’absence d’insuffisance rénale chronique) créatininémie > 300 µmoles/L ;diurèse < 500 mL /24 h ;nécessité d’une épuration extra-rénale.
neurologique score de Glasgow6 (en l’absence de sédation) ; apparition brutale d’un syndrome confusionnel
hépatique Bilirubine>100 µmol/L ; phosphatase alcalines> x3
hématologique hématocrite20% ; leucocytes < 2 000/mm; plaquettes< 40 000/mm3

J-Y. Fagon, médecin réanimateur français (1993)

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

défaillance multiviscérale

défaut (condition de premier) l.f.

first failure condition

Après un premier défaut, le fonctionnement d'un dispositif ne doit pas être affecté par une panne ou, du moins, il doit encore assurer un fonctionnement de sécurité.
La panne (défaut) doit être immédiatement signalée par une alarme afin que le personnel de surveillance puisse y remédier, évitant ainsi qu'un second défaut risque d'arrêter le fonctionnement. La surveillance automatique d'un premier défaut est importante pour les dispositifs de sécurité, notamment ceux assurant une fonction vitale en réanimation (ventilateurs, cœur-poumon, etc.). Le relevé des pannes est important pour la maintenance de l'appareil, celui des incidents critiques pour la matériovigilance.

Étym. lat. de : préfixe intensif, fallo : tromper, manquer à ce qu'on aurait dû faire

matériovigilance

défaut de croissance fœtale intra-utérine l.m.

intrauterine growth retardation

Anomalie de la croissance du fœtus qui se traduit par un poids de naissance inférieur à ce qu'il devrait être pour l'âge gestationnel.
Il peut être dû à une diminution du débit utéroplacentaire au cours d'un syndrome vasculorénal, à une lésion placentaire vasculaire ou tumorale, un chorio-angiome, à une anomalie funiculaire, une insertion vélamenteuse du cordon, une artère ombilicale unique, ou à un déséquilibre circulatoire entre deux jumeaux, à un état de malnutrition ou à une cardiopathie cyanogène maternelle. Il est alors dysharmonieux, affectant le tronc et les membres, respectant la tête. Il peut aussi être secondaire à une embryofœtopathie virale (la rubéole, l’herpès, le cytomégalovirus, le parvovirus) ou parasitaire (la toxoplasmose), ou toxique (l’alcool ou le tabac) ou tératogène ou enfin malformative, chromosomique ou génétique. Il est alors harmonieux, affectant en même temps le tronc, les membres et la tête. Le diagnostic est suspecté par la mesure de la hauteur utérine et confirmé par des mesures biométriques échographiques. La gravité de la souffrance fœtale chronique est attestée par l'augmentation de la résistance vasculaire ombilicale mesurée en vélocimétrie Doppler, et les ralentissements tardifs à l'enregistrement du rythme cardiaque fœtal. En l'absence de traitement médical efficace, il nécessite souvent une interruption prématurée de la grossesse.

Étym. lat. de : préfixe intensif, fallo : tromper, manquer à ce qu'on aurait dû faire

Syn. hypotrophie fœtale, malnutrition fœtale intra-utérine, souffrance fœtale chronique, retard de croissance intra-utérin

défaut de masse l.m.

mass defect

Différence DA entre la masse A d’un noyau atomique et la somme des masses des nucléons qui le constituent et qui est supérieure à A ; elle équivaut à environ 1% de la masse atomique A.
Le défaut de masse correspond à l'énergie de liaison W de l'ensemble des nucléons dans le noyau :
W = DA.c2 (c : vitesse de la lumière).
Le rapport W/A représente l'énergie de liaison moyenne d'un nucléon et exprime la cohésion du noyau.
Une réaction nucléaire exoénergétique, par ex. désintégration radioactive, fission, fusion, entraîne un accroissement du défaut de masse total de l'ensemble des corpuscules résultants, qui correspond au dégagement d'énergie.

Étym. lat. de : préfixe intensif, fallo : tromper, manquer à ce qu'on aurait dû faire

défaut de plicature de l'anthélix l.m.

unfolded antihelix

Déformation fréquente du pavillon de l’oreille correspondant à l’ouverture anormale de l’angle compris entre la face postérieure de l’anthélix et la face postérieure de la conque.
C’est une des causes habituelles de l’oreille « décollée ».

Étym. lat. de : préfixe intensif, fallo : tromper, manquer à ce qu'on aurait dû faire

défaut métabolique en vitamine A l.m.

vitamin A metabolic defect

D. S. McLaren et Beatrice Zekian, médecins américain et libanaise (1971) ; P. Bitôt, chirurgien et anatomiste français (1863)

vitamine A (défaut métabolique en)

défécation n.f.

defecation

1) Évacuation des matières fécales par l'anus.
Chez l'adulte, cette fonction s'exerce périodiquement et volontairement après une sensation de besoin, acquise dans le jeune âge.
2) En chimie : élimination par précipitation des impuretés d'une solution.

encoprésie

défécographie n.f.

defecography

Technique radiologique visant à évaluer les différentes phases de la défécation.
La méthode consiste à introduire un produit radio-opaque semi-liquide dans le rectum et à préciser lors de l'examen radiologique du pelvis de profil la qualité de l'évacuation ainsi que les modifications fonctionnelles ou morphologiques de la paroi rectale et du canal anal.
Cet examen permet d'étudier la statique rectale, l'angulation anorectale et l'empreinte du muscle puborectal, la longueur du canal anal, la position du périnée par rapport aux structures osseuses (descente périnéale) et la qualité de l'expulsion du contenu rectal.
Ces renseignements sont intéressants dans le bilan de l'incontinence fécale et de la dyschésie (rectocèle) mais ne précisent pas l'état des autres filières pelviennes, urinaire et génitale.

Syn. rectographie dynamique, proctographie dynamique

défectif adj.

defective

Se dit d'un bactériophage ou d'un virus qui, par suite d'une ou plusieurs mutations, est incapable d'accomplir son cycle infectieux.
Ainsi peuvent se produire des virions en infection mixte, en présence d'un phage (ou d'un virus) capable de lui apporter la ou les fonctions qui lui manquent : un tel phage (ou un tel virus) est dit auxiliaire.

complémentation in vitro, bactériophage, mutation, virion

[Q1]

Édit. 2019

défense abdominale l.f.

muscular defense

Sensation d'une paroi abdominale qui, à la palpation appuyée, ne se laisse pas déprimer, parce qu'elle a perdu sa souplesse habituelle.
Cette tension et rigidité par contracture de la musculature est due à un phénomène irritatif infectieux intrapéritonéal diffus (appendicite aigüe, cholécystite aigüe, perforation appendiculaire, ulcéreuse, viscérale, diverticulaire, etc.). Elle s'accompagne souvent d'une hyperesthésie cutanée.

ventre de bois

défense immunitaire l.f.

immune defense

immunité

défense (mécanismes de) l.m.p.

mechanisms of defense

Fonction primordiale du moi d'abord considérée comme liée au refoulement de représentations insupportables, constitutif de l'inconscient.
Puis S. Freud envisage différents types d'opérations défensives qui marquent le style des principales affections auxquelles il s'intéresse : la conversion somatique pour l'hystérie, les formations réactionnelles, l'annulation rétroactive, l'isolation pour la névrose obsessionnelle, le déplacement pour la phobie, la projection pour la paranoïa. S. Freud décrira plus tard d'autres procédés défensifs.
Ces mécanismes sont mis en œuvre par le moi pour parer au danger que présentent pour lui certaines satisfactions pulsionnelles.

défense musculaire l.f.

muscle guarding

Réaction en contraction durable des muscles de la paroi abdominale quand la main de l'examinateur approche ou palpe une région douloureuse de l'abdomen.
C'est un symptôme d'inflammation péritonéale. Elle peut être localisée ou généralisée, c'est-à-dire étendue à toute la paroi abdominale.

défensine n.f.

defensin

Groupe de polypeptides ayant une activité bactéricide et cytotoxique.
Elles sont constituées de 29 à 34 acides aminés comportant six cystéines formant entre elles des ponts disulfures. Elles sont localisées dans les granulations azurophiles des polynucléaires neutrophiles non stimulés.

déférent (canal ou conduit) l.m.

ductus deferens (TA)

vas deferens

Conduit spermatique interposé entre l'épididyme et les vésicules séminales.
De paroi épaisse et contractile, de lumière très fine, il a un long trajet en quatre portions : épididymotesticulaire, funiculaire, inguinale et abdominopelvienne. Il se termine en rejoignant le conduit excréteur de la vésicule séminale.

Étym. lat. defero : je porte

déférent vestigial (conduit) l.m.

ductus deferens vestigialis (TA)

deferential vestigial duct

Vestige embryonnaire du canal mésonéphrique chez la femme, situé dans le mésomètre et la paroi latérale du vagin.

H. T. Gartner, anatomiste et chirurgien danois (1822) ; M. Malpighi, anatomiste italien (1678)

Étym. lat. defero : je porte

Syn. canal de Gartner, canal de Malpighi

déférentite n.f.

deferentitis

Inflammation aigüe ou chronique d'un canal déférent.
Elle accompagne souvent une épididymite ou une prostatite. La déférentite chronique de la tuberculose ou de la bilharziose urogénitale a un aspect clinique particulier (déférent moniliforme).

Étym. lat. defero : je porte

déférentographie n.f.

deferentography

Exploration radiologique consistant à opacifier le canal déférent en injectant dans la lumière du canal une substance opaque aux rayons X au moyen d'une aiguille ou d'un fin cathéter.
Cet examen permet d'opacifier la totalité du canal déférent, l'ampoule déférentielle, la vésicule séminale, le canal éjaculateur homolatéral, et d'apprécier le passage ou non du produit de contraste dans l'urèthre postérieur et la vessie, affirmant alors la perméabilité de la voie séminale en aval du point de ponction. Cet examen est généralement fait au cours d'une exploration chirurgicale du contenu scrotal pour azoospermie excrétoire, avant de réaliser une anastomose épididymo-déférentielle.
Il diffère de la vésiculographie par ponction sous échographie transrectale ou par voie transpérinéale. Ces techniques sont actuellement moins utilisées car l’imagerie dans ces domaines s’adresse plutôt à l'échographie avec sonde à haute fréquence et à l'IRM avec antenne de surface endorectale.

Étym. lat. defero : je porte, graphein : écrire

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