glomérulonéphrite extramembraneuse l.f.
membranous glomerulonephritis
Néphropathie atteignant essentiellement l'adulte habituellement révélée par la découverte d'une protéinurie avec hématurie microscopique ou par la survenue d'un syndrome néphrotique impur.
Cette glomérulopathie peut être secondaire à de multiples affections, maladies de système, prise de médicaments, infections, tumeurs etc. Certaines formes sont le résultat de complexes immuns déposés sur le versant externe de la membrane basale glomérulaire dont l’antigène est une molécule du podocyte (endopeptidase neutre ou récepteur M de la phospholipase A2) ou de la BSA Dans certains cas aucune cause n’est retrouvée.
L'atteinte histologique, d'intensité variable, est caractérisée par des dépôts, d’immunoglobuline G et de la fraction C3 du complément, situés sur le versant épithélial de la membrane basale glomérulaire. Plusieurs types sont reconnus : le type I correspond à l’existence isolée de dépôts, le type II avec des dépôts séparés les uns des autres par des expansions de la membrane basale appelées massues ou spikes et le type III où les dépôts sont en plusieurs couches entremêlés dans des remaniements complexes des parois.
L'évolution est variable, le plus souvent lente. La rémission complète est possible. L'effet bénéfique des corticoïdes est inconstant. L'évolution progressive vers l'insuffisance rénale irréversible peut s'observer, tout particulièrement chez le sujet âgé.
Syn. glomérulonéphrite membraneuse
glomérulonéphrite membranoproliférative l.f.
membrano proliferative glomerulonephritis
Néphropathie atteignant plus particulièrement l'adolescent et l'adulte jeune, parfois précédée d’un épisode infectieux, caractérisée par une protéinurie pouvant s’intégrer dans un syndrome néphrotique corticorésistant, une hématurie micro- ou macroscopique et souvent une hypertension artérielle.
Il existe habituellement une baisse de la concentration du complément sérique et de sa fraction C3. Histologiquement, les lésions sont caractérisées par une prolifération mésangiale ou endocapillaire, des épaississements irréguliers des parois capillaires avec aspects en double contour et des dépôts sous endothéliaux. Trois formes sont distinguées : type I avec prolifération mésangiale et dépôts de complexes immuns (IgG, C3 et C1q) ; type II avec transformation de la lamina densa de la paroi capillaire glomérulaire mais aussi dépôts de C3 situés dans les tiges mésangiales et sous forme conique extramembraneuse ; type III semblable à un type I comportant de très nombreux dépôts extramembraneux. Certains patients présentent un type I ne fixant que le complément. Dans ces cas, certains patients ont des mutations concernant le facteur H, le facteur I et le facteur MCP, molécules impliquées dans la cascade d’activation de la voie alterne du complément I. Cela suggère le rôle important joué par le complément dans ce type de glomérulonéphrite. L'évolution plus ou moins rapide vers l'insuffisance rénale est fréquente et la récidive survient après transplantation dans la plupart de cas.
Syn. glomérulonéphrite mésangiocapillaire
Sigle GNMP
glomérulonéphrite subaigüe extracapillaire l.f.
rapidly progressive extracapillary glomerulonephritis
Forme rare, rapidement progressive, de glomérulonéphrite, affectant plus de 80% des glomérules dans lesquels se forme une synéchie capsulo-floculaire due à une prolifération extracapillaire (croissant) occupant l’espace de Bowman.
Elle peut survenir au cours :
- d’une infection viscérale (abcès profond), d’une infection pulmonaire, d’une septicémie ou d’une endocardite : il existe alors, à côté des croissants, des dépôts glomérulaires granuleux d’IgG et de C3 et des infiltrats interstitiels de polyunucléaires ;
- d’un syndrome de Goodpasture avec hémoptysies, atteinte pulmonaire bilatérale et présence d’anticorps antimembrane basale glomérulaire (MBg) dans le sang circulant et dans les glomérules avec fixation linéaire sur les membranes basales ;
- de glomérulonéphrites extracapillaires idiopathiques avec ou sans anticorps anticytoplasme des polynuclaires neutrophiles (ANCA), alors caractérisées par des zones de nécrose glomérulaire sans prolifération endocapillaire ni dépôt d’immunoglobulines.
Dans tous les cas, l’insuffisance rénale aigüe est progressive, avec oligurie, hématurie micro- ou macroscopique, protéinurie) et hypertension.
E. W. Goodpasture, anatomopathologiste américain (1919)
Syn. glomérulonéphrite maligne, glomérulonéphrite rapidement progressive
[M1]
Édit. 2018
glomérulopathie extra-membraneuse anténatale par allo-immunisation materno-fœtale l.f.
Glomérulopathie due au passage transplacentaire d’anticorps maternels qui se fixent sur les podocytes des glomérules fœtaux.
Les anticorps pathogènes sont dirigés contre la néprilysine ou endopeptidase neutre (EPN)/CD10. La maladie glomérulaire est caractérisée par un syndrome néphrotique à la naissance, qui évolue rapidement vers l’insuffisance rénale sévère au cours des premières semaines de vie.
Elle est due à une immunisation développée par la mère pendant la grossesse liée au passage transplacentaire des anticorps néphritogènes. Les mères, apparemment bien portantes, sont génétiquement déficientes en EPN et s’immunisent dès la première grossesse contre l’EPN/CD10 présente sur les cellules placentaires.
Cette maladie représente la première cause prouvée de pathologie d’organe induite par allo-immunisation materno-fœtale. Les futures grossesses chez les mères immunisées sont à haut risque pour le fœtus.
P. Ronco, médecin néphrologue français, membre de l’Académie de médecine (2012)
glucosurie n.f.
glucosuria
Présence de glucose dans l'urine.
Infime à l'état physiologique, elle peut s'élever légèrement en cas d'ingestion importante de glucose ou après une hyperglycémie provoquée.
La réabsorption tubulaire rénale du glucose est totale jusqu'à un seuil de glycèmie plasmatique d'environ 10 mmol/L. La glucosurie est donc le témoin d'une hyperglycémie, généralement associée au diabète, ou d'un abaissement du seuil de réabsorption tubulaire du glucose (diabète rénal).
Syn. glycosurie
→ hyperglycémie provoquée, diabète, diabète rénal
glycinurie familiale n.f.
glycinuria
Maladie héréditaire transmise selon le mode dominant, caractérisée par une excrétion urinaire accrue de glycine consécutive à un défaut de la réabsorption tubulaire rénale de cet acide aminé.
Elle expose au risque de lithiase dès l'enfance. Elle est distincte de la glycinose avec hyperglycinurie.
→ néphropathie tubulaire chronique
glycopeptides n.m.p.
glycopeptides
Antibiotiques bactéricides inhibant la synthèse de la paroi bactérienne, actifs sur les bactéries à Gram positif.
La vancomycine et la teicoplanine sont des glycopeptides qui s’administrent par voie parentérale. Leur toxicité est essentiellement rénale et auditive.
goutte n.f.
gout
Arthropathie métabolique due à l'élévation sanguine de la teneur en acide urique qui est un produit de la dégradation des nucléotides puriniques en acides nucléiques, aboutissant à l’accumulation intra-articulaire de cristaux d’urate dans les articulations périphériques.
Les variations de l’uricémie entraînent des mouvements de l’acide urique entre les articulations et le sang circulant : ce sont ces mouvements qui provoquent l’accès de goutte. L'atteinte se traduit par trois principaux tableaux cliniques : l'hyperuricémie asymptomatique, l'accès goutteux et la goutte tophacée.
- Dans le premier cas, il existe une simple élévation de la teneur sanguine d'acide urique qui n'impose pas de traitement, mais conduit à une recherche étiologique pour la corriger : p. ex. erreur de régime, prise médicamenteuse.
- L'accès goutteux se caractérise par une atteinte articulaire inflammatoire aigüe survenant par accès, très douloureuse, siégeant le plus souvent sur une seule articulation, classiquement la première articulation métatarso-phalangienne du premier orteil. Le médiotarse, la cheville, le genou, le poignet, les doigts et les coudes peuvent également être atteints. Les crises débutent en général au petit matin.
- La goutte tophacée est caractérisée par des déformations et une impotence des articulations des doigts et des orteils secondaires à des dépôts d'urate de sodium au niveau de ces articulations mais aussi, du pavillon de l'oreille, de la bourse olécranienne ou du tendon d'Achille.
Des dépôts rénaux d’urate de sodium peuvent être à l’origine d’une lithiase rénale.
Des manifestations ophtalmologiques sont possibles : blépharite, conjonctivite, épisclérite, iritis exsudatif très douloureux, glaucome chronique à angle ouvert.
Le diagnostic, essentiellement clinique, est confirmé par les examens biologiques et, lorsqu'il est possible, par l'examen du liquide synovial mettant en évidence les cristaux d'urate de sodium typiques.
Le traitement de l’accès aigu repose sur la colchicine, tandis que l’hyperuricémie peut être combattue par la suppression des éventuelles causes d'hyperuricémie et des inhibiteurs de la xanthine-oxydase qui réduisent la synthèse de l’acide urique.
M. Lesch, médecin cardiologue et W. L. Nyhan, pédiatre américains (1964)
Étym. lat. gutta: goutte d’un liquide, humeur
→ tophus, accès goutteux, Lesch-Nyhan (maladie ou syndrome de, ou hyperuricémie primaire héréditaire), xanthine-oxydase
grossesse (retentissement rénal de la) l.
renal effect of pregnancy
Conséquence de la grossesse sur le fonctionnement de l’appareil urinaire.
Toute grossesse normale augmente le flux plasmatique rénal et le taux de filtration glomérulaire dans une proportion de 30 à 50%. Elle accroît la protéinurie physiologique qui peut atteindre 250 mg/j.
La grossesse peut se compliquer d'hypertension et de manifestations rénales spécifiques qui s'intègrent dans le cadre de la toxémie gravidique. Dans le postpartum immédiat, on peut observer la survenue d'une insuffisance rénale aigüe associée à un syndrome hémolytique et urémique. La grossesse peut révéler et aggraver une hypertension préalable et des lésions rénales préexistantes. Une bactériurie asymptomatique chez la femme enceinte expose à un risque accru de pyélonéphrite et doit être traitée.
Hantavirus
Hantavirus
Genre de virus à ARN de la famille des Péribunyaviridae, hébergés chroniquement par des rongeurs Muridae et Cricetidae ou, pour certains, par des insectivores (Soricidae, Talpidae), et transmis à l’Homme par inhalation de poussières souillées par les excreta de ces animaux.
Au total, on connait une cinquantaine d'Hantavirus différents. En Eurasie, ils sont responsables des diverses formes de fièvre hémorragique, de gravité variable, souvent accompagnées d'un syndrome d'insuffisance rénale aigüe et dues notamment aux virus Hantaan, Séoul, Puumala, ou Dobrava. Sur le continent américain, les Hantavirus entraînent des syndromes cardiopulmonaires aigus (virus Sin Nombre et Andes par ex.). Ces virus peuvent être isolés en culture cellulaire.
Étym. Hantaan, nom de la rivière qui sépare les deux parties de la Corée, donné au premier virus de ce genre isolé dans ce pays
→ fièvre hémorragique avec syndrome rénal, syndrome pulmonaire à Hantavirus
[D1]
Édit. 2018
HAS-BLED (score) acr. angl. pour Hypertension, Abnormal liver/renal function, Stroke history, Bleeding predisposition, Labile INRs, Elderly, Drugs/ alcohol usage
Score de risque de saignement majeur chez des patients en fibrillation atriale et soumis à un anticoagulant oral.
Les items cliniques et biologiques étudiés sont :
- hypertension artérielle (pression systolique > 160 mm Hg),
- fonctions rénale et ou hépatiques anormales,
- antécédent d’accident vasculaire cérébral,
- antécédents de saignements importants,
- INR labile (valeur cible thérapeutique dans moins de 60% des examents,
- âge supérieur à 65 ans,
- médicaments prédisposant au saignement (antiagrégants, anti-inflammatoires non stéroïdiens),
- abus d’alcool (8 boissons/semaine),
Chaque item vaut un point. Un score supérieur à trois conduit à assurer une surveillance particulière au cours d’un traitement anticoagulant en raison du risque élevé de saignement.
R. Pisters, médecin cardiologue néerlandais (2010)
Étym. angl. has bled : a saigné
[F4]
Édit. 2015
hémangiome rénal l.m.
renal hemangioma
Tumeur mésenchymateuse bénigne du rein.
La plupart du temps de petite taille et asymptomatique, elle n'est habituellement diagnostiquée que par une imagerie occasionnelle, et sa structure histologique reconnue seulement lors d'une chirurgie rénale intercurrente ou dans les séries autopsiques.
→ angiome
[K4,M1]
hémangio-péricytome rénal l.m.
renal hemangiopericytoma
Tumeur conjonctive de haute malignité et très vascularisée se développant à partir de la capsule rénale et du rétropéritoine.
[K4,M1]
hématome rénal sous-capsulaire n.f.
renal subcapsular hematoma
Épanchement sanguin collecté entre la capsule rénale et le parenchyme.
L'hématome, s'il est important refoule le parenchyme et peut le comprimer, source d'atrophie ultérieure et d'HTA. Ses causes peuvent être traumatiques externes ou iatrogènes, telle une lithotritie extracorporelle. Son drainage est rarement nécessaire.
Étym. gr. haïma : sang, ôma : tumeur
[M2]
hématome rétro-péritonéal l.m.
Hématome siégeant derrière le péritoine, en dehors et en dedans de la capsule rénale consécutif à une lésion du rein ou d'un organe voisin, souvent consécutif à une fracture du bassin
Il se manifeste par une douleur violente, des signes de collapsus et de réaction péritonéale. Une tuméfaction lombaire et une légère hématurie précisent le diagnostic, une légère hyperthermie à 38°C complète le tableau. Si l'hémorragie n'est pas arrêtée chirurgicalement ou par embolisation des branches de l'artère iliaque interne ou externe, l'évolution peut être fatale en quelques heures ou, plus tardivement, elle aboutit à une atrophie rénale dans les formes encapsulées (hématome périrénal).
Étym. gr. haïma : sang, ôma : tumeur
→ hématome périrénal spontané, hématome souspéritonéal
[M2]
hématome sous-péritonéal l.m.
subperitoneal haemorrhage
Epanchement sanguin dans l'espace rétro-péritonéal à la suite d'un traumatisme (fracture du bassin, lésion rénale ou vésicale, plaie de la veine cave à la suite d'un cathétérisme) ou survenant presque spontanément dans un contexte d'affection hémorragipare ou de traitement anticoagulant.
Étym. gr. haïma : sang, ôma : tumeur
→ hématome périrénal spontané, hématome rétropéritonéal
[L2]
hématonéphrose n.f.
hematonephrosis
Collection de sang dans les cavités excrétrices intrarénales.
Elle associe l'hémorragie et la rétention des caillots dans les cavités rénales, qui sont distendues. L'étiologie peut en être un traumatisme externe (avec lésions du parenchyme et de la voie excrétrice), un traumatisme iatrogène telle qu'une ponction-biopsie rénale, une lithiase, une anomalie vasculaire ou une tumeur. Elle nécessite un drainage rétrograde ou percutané.
hématurie microscopique l.f.
microscopic hematuria
Présence d'hématies en nombre excessif dans l'urine.
La recherche d'une hématurie microscopique est un élément essentiel de l'exploration rénale. Elle peut être transitoire, intermittente ou permanente et relève de causes multiples siégeant au niveau du rein ou de la voie excrétrice (néphropathie, infection, lithiase, tumeur, prostate, maladie hémorragique). Elle doit donner lieu à un test d’Addis-Hamburger pour vérifier son existence et quantifier son débit. L’utilisation de bandelettes réactives, de grande sensibilité, donne parfois des résultats faussement positifs.
T. Addis, néphrologue américain (1922); H. J. Hamburger, physiologiste néerlandais (1883)
→ hématurie macroscopique, sédiment urinaire, test d'Addis
[M1]
Édit. 2018
hématurie totale l.f.
total hematuria
Hématurie macroscopique affectant la totalité de la miction.
Elle évoque une origine rénale. Mais toute hématurie abondante est totale. Elle s'accompagne ou non de caillots, de moules urétéraux.
[M2]
hémodialyse chronique de suppléance l.f.
intermittent hemodialysis of substitution
Technique d'épuration extrarénale utilisée pour le traitement des insuffisances rénales chroniques, qui repose sur le principe des échanges, à travers une membrane semi-perméable, entre les constituants du plasma et ceux d’une solution hydroélectrolytique, dite « liquide de dialyse », de composition proche de celle d’un liquide extra-cellulaire normal.
Le principe de l’hémodialyse fait appel aux lois des transferts de masse à travers les membranes semi-perméables constituées de polyacrilonitrile et plus souvent de cuprophane ou d’acétate de cellulose disposés en plaques, en bobines et surtout en fibres creuses.
L'hémodialyse nécessite la mise en œuvre d'une circulation extracorporelle partielle qui dérive le sang vers la membrane semiperméable de l’appareil dit « rein artificiel », préalablement rempli d'une solution isotonique.
Dans le traitement substitutif de l’insuffisance rénale chronique, la dérivation sanguine est artérioveineuse grâce à une fistule créée chirugicalement, au préalable, à l’avant-bras, à partir de l’artère radiale. Le sang est rendu incoagulable par de l’héparine de bas poids moléculaire, par voie générale ou localement, à l'entrée de l'appareil. Le débit sanguin utilisé est de 33 à 200 mL/min, le débit à contrecourant du dialysat est en moyenne de 500 mL/min.
L'écart de concentration entre les deux compartiments crée une différence de pression osmotique qui détermine le passage des molécules à épurer à travers la membrane. Les petites molécules (électrolytes, urée, créatinine) traversent plus facilement la membrane que les autres. L’établissement d’un gradient de pression hydrostatique entre le sang du malade et le bain de dialyse permet la soustraction, par ultrafiltration de la quantité de sel et d’eau accumulée par le malade dans l’intervalle de deux dialyses. L'efficacité d'épuration du dispositif est évaluée par la clairance pour un soluté donné. Des dispositifs de surveillance de la composition du bain, de la pression de perfusion dans le circuit, assurent la sécurité.
Le plus souvent, les séances d’hémodialyse d’une durée de quatre heures, sont répétées trois fois par semaine. Elles peuvent avoir lieu soit dans des centres spécialisés traitant de nombreux malades, notamment à haut risque, soit dans des centres dits d'autodialyse où quelques patients se prennent eux-mêmes en charge avec l'aide éventuelle d'un technicien, soit au domicile même du patient.
L’hémodialyse périodique assure la suppléance des fonctions d’excrétion et de régulation hydroélectrolytique du rein malade sans pouvoir pallier la perte de ses fonctions endocrines et métaboliques.
B. H. Scribner, médecin néphrologue américain (1960)
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
Syn. rein artificiel
→ hémofiltration, hémodiafiltration, rein artificiel, fistule artérioveineuse, générateur de dialyse
[M1]
Édit. 2015
hémofiltration n.f.
h(a)emofiltration
Technique d'épuration extrarénale dans laquelle les substances indésirables sont éliminées du sang par filtration à forte pression hydrostatique à travers une membrane très perméable.
Pour traiter l'insuffisance rénale aigüe ou pour lutter contre les intoxications aigües, on utilise un faible débit continu durant plusieurs jours et des membranes de polymères (polysulfone, polyamide, polyacrylonitrile) à haute perméabilité, qui laissent filtrer des molécules dont la masse moléculaire varie de 500 à 20 000 Da. Le passage se fait par filtration (le terme de convection est impropre), la membrane ne retenant que les éléments figurés du sang et les très grosses molécules, ce qui permet d'épurer des molécules de masse moléculaire moyenne qui ne pourraient être éliminés par la dialyse.
Le débit à travers le filtre est important (de l'ordre de 12 à 24 L/jour). Il est proportionnel à la surface du filtre et à l'écart transmembranaire de pression efficace (égal à la somme des pressions hydrostatique et oncotique). Il entraîne une forte soustraction du plasma et pour compenser les pertes d'eau et d'électrolytes qui en résultent, il faut perfuser des liquides de substitution (tampons, surtout lactate et électrolytes). L'ultrafiltration n'est pas toujours suffisante pour assurer l'épuration de molécules de faible masse moléculaire telles que l'urée et la créatinine. Dans ce cas on peut associer une dialyse continue à l'hémofiltration : c'est l’hémodiafiltration dont les indications sont l'hyperkaliémie et un catabolisme azoté important. La tolérance cardiovasculaire pour l'hémofiltration est meilleure que pour l'hémodialyse.
→ convection, filtration, hémodialyse
[M1,G1]
Édit. 2015
hémoglobinurie n.f. .
hemoglobinuria
Présence d'hémoglobine dans les urines relevant habituellement d'un processus hémolytique aigu de causes diverses et pouvant se compliquer d'une insuffisance rénale.
Étym. gr. haima : sang ; lat. globus : boule
[F1,M1]
hémolyse aigüe intravasculaire l.f.
acute intravascular haemolysis
Libération d'hémoglobine dans la circulation sanguine causée par diverses atteintes des hématies (anomalies de forme ou affaiblissement de la résistance corpusculaire) d'origine métabolique ou autre (cause extracorpusculaire), par un mécanisme immunologique ou non.
L'hémoglobine libérée se fixe sur l'haptoglobine (vite consommée), sur l'albumine (mét-hémalbumine), l'hémopexine, etc.
Le tableau clinique est celui d'une anémie aigüe (normochrome et régénérative) avec effondrement de la concentration d'hémoglobine, ictère, hémoglobinémie plasmatique élevée, hémoglobinurie, présence de méthémalbumine, chute de l'hémopexine et de l'haptoglobine, élévation secondaire de la bilirubine non conjuguée. L'hémolyse peut se compliquer de coagulopathie de consommation et d'insuffisance rénale aigüe.
L'origine du syndrome est diverse, parfois iatrogène : infection (septicémie à Clostridium welchii ou à streptocoque), intoxication (hydrogène arsénié, chlorate de sodium), envenimation, accident transfusionnel, intoxication médicamenteuse, paludisme, déficit enzymatique, trouble immunologique, etc.).
Citons les cas particuliers de la maladie de Marchiafava-Micheli et des microangiopathies thrombotiques avec syndrome urémohémolytique.
Étym. gr. haima : sang ; luô : délier, en langage médical : dissoudre.
→ haptoglobine méthémalbumine, hémopexine, hémoglobinurie, insuffisance rénale aigüe, maladie de Marchiafava-Micheli, microangiopathie thrombotique
[F1]
Henle (anse de) l.f.
Henle's loop
Partie intermédiaire du néphron située entre le tubule proximal et le tubule distal siégeant en partie dans la médullaire rénale.
L'anse de Henle comporte une branche descendante et une branche ascendante parallèles lui donnant un aspect d'épingle à cheveux. La branche ascendante inclut une partie basse fine et une partie large haute.
L'anse de Henle est bordée de cellules épithéliales polarisées, avec un pôle apical du côté de l'urine et un pôle basolatéral du côté des liquides interstitiels du rein.
L'anse de Henle joue un rôle essentiel dans les fonctions de concentration de l'urine. En effet, le chlorure de sodium est réabsorbé selon un cotransport neutre Na+/K+/2 Cl- dans sa portion ascendante, sans réabsorption d'eau associée. De cette manière, l'osmolalité des liquides interstitiels de la médullaire est accrue et l'urine est hypoosmotique à l'entrée du tube contourné distal. La disposition en épingle à cheveux de l'anse favorise la création du gradient osmolaire corticopapillaire.
L'anse de Henle est la cible de nombreuses hormones (hormone antidiurétique, hormone parathyroïdienne, calcitonine) et également des diurétiques de l'anse comme le furosémide.
F. Henle, anatomiste allemand (1841)
[A2]
Édit. 2015
héparine n.f.
heparin
Substance anticoagulante existant particulièrement dans le foie, le poumon, les muscles et aussi dans tous les tissus à très faibles concentrations.
C’est un polyoside sulfaté formé par un enchaînement de restes alternés de glucosamines N-sulfatées et d'acides uroniques, avec l’alternance de l'acide glucuronique et de l’acide L-iduronique, et un nombre élevé de radicaux sulfuryle. Biosynthétisé par les mastocytes dans lesquels il se trouve, ainsi que dans les polynucléaires basophiles, sous forme macromoléculaire, ce glycane est hydrosoluble et très acide. Son activité biologique est neutralisée par les protéines basiques telles que les protamines. L'héparine est capable de mobiliser des enzymes attachés aux parois vasculaires, tels que la lipoprotéine lipase, la lipase hépatique et la phospholipase A1. L’héparine est utilisée comme anticoagulant pour son activité potentialisatrice de l'antithrombine due à une séquence très spécifique de cinq dérivés (séquence pentasaccharidique).
Les préparations commerciales utilisées en thérapeutique, sont extraites soit des poumons de Bœuf (Amérique du Nord), soit de la muqueuse intestinale du Porc (Asie). De cet extrait hétérogène, on sépare des glycosaminoglycanes (mucopolysaccharides) de masse moléculaire comprise entre 3 000 et 50 000 Da, formées de longues chaînes polyosidiques diversement sulfatées, constituées par la répétition de séquences disaccharidiques. Différents radicaux anioniques fixés sur ces hexoses font de l'héparine un acide fort, chargé négativement, donc capable de se lier facilement aux cations Ca2+, K+, Na+, Mg2+ et aux molécules biochimiques (albumine, fibrine, etc.) ou médicinales cationiques.
Les méthodes d'extraction, de solubilisation et de purification de l'héparine commerciale permettent de séparer les héparines de basse masse moléculaire (HBPM, moyenne 8 000 Da) de celles à haute masse moléculaire (héparine standard non fractionnée, moyenne 20 000 Da). Les HBPM, dont la pharmacocinétique est beaucoup plus favorable (biodisponibilité, durée de vie) et qui ont moins d'effets secondaires (thrombopénie), sont préférées en thérapeutique tant pour la prévention que pour les traitements des affections ou maladies thrombotiques, en particulier veineuses.
L'activité anticoagulante de l'héparine dépend essentiellement :
- du degré de polymérisation (un niveau minimal est nécessaire),
- du degré de sulfatation de chaque chaîne et de la localisation des groupements N-sulfates,
- de l'affinité des chaînes polyolosiques à se fixer sur l'antithrombine-III ce qui requiert une structure pentasaccharidique minimale.
L’héparine non fractionnée combine une activité anti-IIa et une activité anti-Xa équivalentes. Elle est injectée par voie veineuse. Sa présentation forme d’héparinate de calcium est utilisée en sous-cutanée.
Les HBPM ont une activité anti-Xa prédominante sur l’activité anti-IIa dans un rapport variable de deux à quatre en fonction des molécules. Elles sont injectées par voie sous-cutanée.
L’héparine est indiquée dans le traitement curatif des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires, des infarctus du myocarde, des angors instables et des embolies artérielles extra-cérébrales ; dans le traitement préventif des accidents thromboemboliques veineux et/ou artériels en milieu chirurgical y compris en chirurgie vasculaire artérielle, en cas d’affection médicale aigüe, en cas de cardiopathie emboligène, et dans l’anticoagulation des circuits de circulation extracorporelle et d’épuration extra-rénale.
Sa forme utilisable par voie veineuse est également indiquée en traitement curatif de certains cas de coagulopathie.
L’héparine n’exerce par elle-même aucune action fibrinolytique.
Etant donné sa charge électrique et l'importance de sa masse moléculaire, l'héparine ne traverse ni les séreuses (plèvre, péritoine, méninges), ni la barrière placentaire. De même, elle ne passe pas dans le lait maternel et ne peut pas être absorbée par le tube digestif.
L'héparine est neutralisée par la protamine (polypeptide extrait de la laitance de certains poissons)
Le traitement par HBPM peut être surveillé par l’activité anti-Xa (mesure du pic d’activité de trois à quatre heures après l’injection sous-cutanée).
J. McLean, étudiant en médecine américain, découvrit l’héparine en 1916
Étym. gr. hêpar : foie (parce qu’on a d’abord extrait l’héparine du foie)
→ anticoagulant (médicament), antithrombine III
[F4]
Édit. 2015