Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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sialographie n.f.

sialography, sialadenography

Technique radiographique consistant à visualiser les canaux excréteurs de la parotide ou de la glande sousmaxillaire par injection d'un produit opaque aux rayons X dans le canal de Sténon ou le canal de Wharton.
Préconisée dès 1913 par Arcelin, elle devint de pratique courante après les travaux de Sicard et Forestier en 1922 sur l'utilisation du lipiodol. Les produits opaques actuels, en particulier le lipiodol ultrafluide, permettent une visualisation complète des voies excrétrices des glandes parotides et sousmaxillaires.

Étym. gr. sialon : salive, graphein : écrire

sialolithotomie n.f.

sialolithotomy   

Incision de la glande ou du canal salivaire pour ablation du calcul qui y est contenu.

Étym. gr. lithos : pierre ; tomê : section

sialomégalie n.f.

sialomegaly

Augmentation de volume, hypertrophie d’une glande salivaire.

Étym. gr. sialon : salive ; megas : grand

signe de la vague l.m.

wave sign

Sur une radiographie du thorax de face du nourrisson, aspect d'une succession de bosses et de creux que prennent souvent les bords latéraux du thymus normal.
De structure molle, la glande se moule étroitement contre la protrusion interne des jonctions costocartilagineuses antérieures. De ce fait ses bords sont fréquemment ondulés, la sommet de chaque "vague" répondant à un espace intercostal, le "creux" au cartilage costal.
Les tumeurs du thymus et les autres masses du médiastin antéro-supérieur, toujours plus fermes, n'offrent pas une pareille indentation.

[B2, F1]

Édit. 2019

sillon prostatique n.f.

prostatic median groove

Dépression médiane de la glande prostatique, palpée par le toucher rectal, séparant les deux lobes latéraux, qui disparaît en cas de développement d'un adénome prostatique.

Skene (glande de) l.f.

Skene’s gland

Glande bilatérale annexée à l’urèthre féminin située dans sa paroi latérale, et dont le canal excréteur souvre de chaque côté du méat.
Elle participe à la lubrification du vagin.

A. J. Skene, gynécologue américain (1880)

Syn. glande para-urétrale

skenite n.f.

skenitis

Infection de la glande de Skene.

somatomammotrophine chorionique humaine l.f

human chorionic somatomammotrophin

Glycoprotéine sécrétée par le placenta dont l’action est proche de celle de la prolactine : elle stimule la croissance de la glande mammaire et la sécrétion lactée.
Son dosage dans le plasma servait de témoin de la fonction placentaire dans les grossesses pathologiques.

Syn. hormone placentaire lactogène, hormone chorionique somatotrope, somato-mammotrophine chorionique humaine

Sigle  HCS

sous-maxillaire adj.

submandibular, submaxillary

1) Qui se situe au-dessous de la branche horizontale de la mandibule.
2) Qui appartient à la glande ou à la région sousmaxillaire.

Syn. sub- ou sousmandibulaire

sous-maxillectomie n.f.

submaxillectomy

Exérèse de la glande sousmaxillaire (submandibulaire).
Intervention chirurgicale pratiquée le plus souvent par voie cervicale.

Étym. gr. ectomê : amputation

sphincter uréthral l.m.

urinary sphincter, urethral sphincter

Structure anatomique musculaire circulaire ou annulaire de l'urèthre capable de se fermer pour assurer la continence et de s'ouvrir pour permettre une exonération.
Le sphincter uréthral, disposé autour du col et de l'urèthre, comprend des fibres musculaires lisses et des fibres striées.
Le sphincter lisse est fait de fibres obliques ou circulaires disposées autour du col et de l'urèthre initial. Il assure la continence passive en participant pour 50% à la pression uréthrale par une activité tonique de type α-adrénergique, maintenue par le système sympathique. Le point de départ du réflexe sympathique est une stimulation des récepteurs de tension du détrusor ; les afférents gagnent la moelle dorsolombaire par les nerfs pelviens tandis que les efférents rejoignent, par les nerfs hypogastriques, les fibres musculaires lisses de la vessie et de l'urèthre (récepteurs α). Ce réflexe est placé sous contrôle inhibiteur supra-médullaire.
Le sphincter strié double extérieurement le sphincter lisse. Chez l'homme il entoure complètement l'urèthre membraneux d'un manchon épais en avant, qui s'amincit vers le veru montanum ; le développement de la prostate refoule ses fibres qui s'étalent sur les faces antérieure et latérales de la glande. Chez la femme, il s'étend sur toute la longueur de l'urèthre, mais ne l'entoure complètement que dans son tiers moyen. Il est fait de deux composantes : l'une para-uréthrale au contact de l'urèthre, faite de fibres à contractions lentes (type 1) qui maintiennent une activité tonique permanente ; l'autre péri-uréthrale, appartenant aux muscles du plancher périnéal, faite de fibres à contractions rapides (type 2) qui assurent la continence volontaire. Il reçoit une innervation somatique par le nerf pudendal. Le tonus du sphincter strié, et plus précisément de sa portion péri-uréthrale, dépend d'un réflexe médullaire sous contrôle supra-médullaire. Il est organisé dans le centre somatique et emprunte les nerfs honteux internes pour afférence et efférence. Le point de départ est une stimulation des récepteurs de tension des muscles périnéaux.

Syn. sphincter urinaire

→ détrusor, veru montanum

squirrhe atrophique du sein l.m.

atrophic scirrhus of the breast

Cancer du sein de la femme âgée, constitué de tissus fibreux, d’évolution très lente, entraînant une rétraction puis une atrophie majeure de la glande mammaire.

Étym. gr. skirros : dur

stroma prostatique l.m.

prostatic stroma

Trame de tissu conjonctif, élastique et musculaire lisse, qui sépare les acinus et structure la glande.
Il a sa pathologie propre, p. ex. dans la prolifération scléreuse d'une des variétés évolutives de prostatite chronique ; il participe à la formation de l'hypertrophie bénigne de la prostate. Il est hormonosensible.

sudation prandiale l.f.

gustatory sweating syndrome

Transpiration localisée à la région parotidienne et à la joue, provoquée par l’excitation gustative et observée après lésion traumatique ou opératoire du nerf auriculo-temporal.
Elle peut également se localiser à la région mentonnière, par atteinte des filets parasympathiques de la corde du tympan, après chirurgie de la glande sous-maxillaire.

Łucja Frey  neurologue polonaise (1923)

Syn. syndrome de Lucie Frey

→ syndrome de l'auriculo-temporal

sueur n.f.

sweat

Solution saline faible, d'odeur particulière, sécrétée par les glandes sudorales et déversée sur la peau en quantité très variable suivant la température extérieure et l'activité physique et selon les individus.
Sa composition varie en fonction du type de la glande, eccrine ou apocrine.
La sueur eccrine a un pH qui varie entre 4,5 et 8 selon le régime alimentaire et la cause de la sudation. Son résidu sec représente environ 0,5 à 1%. Il contient des chlorures, des phosphates, des sulfates, des ions sodium, potassium et ammonium, de l'urée (0,6 à 1,5 p.1000), de l'acide lactique (0,7 à 3 p. 1 000), de l'acide urique, des acides gras et du glucose (0,03 à 0,1 p. 1 000). La quantité de sueur sécrétée par 24 h chez un sujet normal au repos dans une atmosphère tempérée est d'environ 500 à 1 000 g ; elle peut atteindre ou dépasser 10 kg en cas d'effort soutenu ou de température élevée. Normalement, la sueur s'évapore et participe ainsi à la régulation thermique. La teneur forte en chlorure de sodium (1,7-4,5 g/L) invite à considérer les besoins nutritionnels élevés en cas de sudation intense, particulièrement dans les régions à climat chaud et sec.
La sueur apocrine est produite en quantité beaucoup plus réduite que la sueur eccrine : de ce fait, elle ne joue aucun rôle dans la régulation thermique. Elle est d’apparence huileuse ; en se répandant sur la surface cutanée, et par suite d’une décomposition d’origine bactérienne ou fongique, elle peut prendre un aspect coloré et une certaine odeur.

→ hyperhidrose, anhidrose, chromhidrose, bromhidrose, rétention sudorale, test à la sueur, mucoviscidose

surrénalectomie n.f.

adrenalectomy

Ablation d'une glande surrénale.
Cette exérèse est chirurgicale ou endoscopique. La voie d'abord dépend du volume et de la nature de la lésion surrénalienne : les voies latérales sont les plus utilisées (de la lombotomie à la thoracophrénolaparotomie), mais il existe une voie postérieure limitée ; la voie antérieure est celle des surrénalectomies bilatérales. L'intervention, en cas de lésion de faible volume, peut être menée par rétropéritonéoscopie.

surrénalien adj.

adrenal

Qui se rapporte  ou appartient à la glande surrénale, en particulier quant à ses fonctions.

[O4]

Édit. 2019

système génital masculin l.m.

systema genitale masculinum (TA)

male genital system

Ensemble des organes qui concourent chez l’homme au processus de la reproduction sexuée. 
On en distingue deux groupes :
-les organes génitaux masculins externes : urèthre masculin entouré des organes érectiles et formant le pénis, organe de la copulation et de l’éjaculation du sperme, et scrotum ;
-les organes génitaux masculins internes sécrétants (testicule producteur des spermatozoïdes, prostate et glande bulbo-uréthrale qui sécrètent le liquide séminal diluant le sperme), ou excrétants (épididyme, cordon spermatique, conduit déférent, vésicule séminale, canal éjaculateur).

Étym. gr. sustêma : ensemble d'objets, de bêtes, d'hommes ou de doctrines

Syn. organes génitaux masculins, appareil génital masculin, organa genitalia masculina (PNA)

[A1,M2]

système photique l.m.

photic system

Partie du système visuel qui ne forme pas d'image, constituée par la voie rétino-hypothalamo-hypophysaire qui émerge du chiasma optique, relaie dans les noyaux suprachiasmatiques et se projette jusque sur la glande pinéale où elle régule la sécrétion de mélatonine en fonction des cycles d'éclairement.

Tanner (stades du développement pubertaire de) l.m.p.

Tanner’s scales of sexual development, Tanner scales of pubertal changes

Evaluation clinique de l’évolution pubertaire avec classement en cinq stades du développement mammaire (S) et de la pilosité pubienne (P) chez la fille, du développement des organes génitaux (G) et de la pilosité pubienne (P) chez le garçon.
1-) Chez la fille le développement mammaire est classé :
-  S1 : stade impubère ; pas de développement mammaire,
- S2 : légère voussure du sein, auréole élargie,  mamelon un peu saillant (« bourgeon de sein ») parfois unilatérale au début ; âge : 10 ½ à 11 ans ±2,
- S3 : augmentation du volume du sein dont la forme se dessine ; sein et aréole sur le même plan ; 12 ± 2 ans ;
- S4 : le sein est nettement dessiné, l’aréole est surélevée par rapport à la peau adjacente ; 13 ± 2 ans;
- S5 : développement type adulte, sillon sous-mammaire dessiné ; 14 ½ ± 3.½ ans.
L’évolution de la pilosité pubienne est classée :
-  P1 : stade impubère, simple duvet clair, vulve verticale,
- P2 : apparition de quelques poils colorés, droits, clairsemés sur les grandes lèvres et le pubis ; vulve horizontale ; âge : 11 ½ ± 2 ans
-  P3 : la pilosité s’étend vers le pubis, les poils sont incurvés ; 12 ½ ± 2 ans,
-  P4 : extension vers le haut et latéralement de la pilosité ; 12 ¾ ± 2 ans,
- P5 : stade adulte : aspect triangulaire à base supérieure horizontale, extension à la racine des cuisses ; âge 14 ½ ± 2 ans.
La pilosité axillaire apparaît un an à un an et demi après l’apparition de la pilosité pubienne. Les premières règles surviennent environ deux ans et demi après le début du développement mammaire S2, soit entre onze et quinze ans, en moyenne à treize ans et trois mois.
2-) Chez le garçon :
- G1 : stade prépubère : pas de modification de la taille des testicules (2 x 1 cm) ni du pénis ;
- G2 : augmentation de la taille des testicules, supérieure à 25x13 mm, et de leur volume : 4 à 6ml, modification de la peau du scrotum ; âge : 11 ½ ± 1 ans ;
-  G3 : augmentation de la longueur du pénis ; testicules : 30 à 40mm de long, vol.  6 à 12ml ; âge : 12,5 ± 2 ans ;
- G4 : élargissement du pénis, développement du gland ; testicules : 40 à 50mm ; vol. : 12 à 16 ml ; âge : 13,8 ± 2 ans ;
- G5 : aspect adulte ; testicules : 4 à 5cm x 3cm ; âge : 14,9 ± 2 ans.
Pilosité pubo-scrotale :
- P1 : impubère, fin duvet ;
- P2 : apparition à la base du pénis de poils droits, légèrement colorés ; âge moyen : 13,4 ans
- P3 : extension d’une pilosité clairsemée, colorée vers le pubis et la base du scruotum qui se pigmente, vers 14 ans ;
- P4 : la pilosité pubienne s’étend vers le scrotum et les plis génito-cruraux ; âge 14 ½ ans ;
- P5 : pilosité type adulte remontant en pointe sus-pubienne ; âge moyen : 15ans.
La pilosité axillaire apparaît un à deux ans après le stade P2.
Une gynécomastie transitoire peut se produire en début d’évolution pubertaire chez le garçon.
Dans les deux sexes le début de la puberté est lié à l’augmentation de la sécrétion hormonale de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. L’apparition des premiers poils pubiens colorés (pubarche) est liée à la stimulation de la glande surrénale par la corticostimuline avec sécrétion de la DHA (déhydro-épiandrostérone) et à la sécrétion de testostérone chez le garçon.
La puberté est dite précoce si les caractères secondaires apparaissent  avant 8 ans chez la fille et 9 à 10 ans chez le garçon. Elle est tardive si le début du développement mammaire (thélarche) est au-delà de 13 ans chez la fille et, chez le garçon en l’absence de développement génital à 14 ans.

W.A. Marshall et J.M. Tanner, pédiatres endocrinologues britanniques (1969, stades chez la fille ; 1970, stades chez le garçon)

testicule n.m.

testis ; orchis (TA)

testis

Gonade mâle, paire, située au-dessous du pénis, dans une poche, le scrotum.
Elle a une double fonction : germinative, par maturation des spermatozoïdes, et endocrine, par sécrétion d’hormones mâles, notamment la testostérone. La glande atteignant sa taille définitive à l’âge adulte est entourée de la  tunique albuginée, capsule fibreuse résistante dont une partie épaissie, située dans la moitié antérieure du bord postérieur du testicule, constitue le médiastinum testis d’où partent les septula du testicule qui s’étendent jusqu’à la face profonde de la tunique albuginée, délimitant les lobules du testicule ; ces lobules, de taille irrégulière, sont bien individualisés chez l’enfant ; cette lobulation s’estompe chez l’adulte. Le parenchyme du testicule est constitué par les tubules séminifères contournés et droits ; ils sont séparés par des tractus grêles de tissu conjonctif intralobulaire. Le revêtement épithélial des tubules comprend deux types de cellules : les cellules de Sertoli, épithéliocytes de soutien et les cellules de la lignée séminale (spermatogonies, spermatocytes, spermatides et spermatozoïdes). Les spermatozoïdes sont acheminés jusqu’à l’urèthre par les canalicules efférents du testicule, le canal de l’épididyme, le canal déférent et le canal éjaculateur.

tête du pancréas l.f.

caput pancreatis (TA)

head of pancreas

Extrémité droite, volumineuse et renflée du pancréas, reliée au corps de la glande par le col.
Elle est encadrée par les quatre portions du duodénum, auxquelles elle adhère par la majeure partie de son pourtour, en particulier au niveau de la partie descendante du duodénum, à l’abouchement du conduit pancréatique et du conduit cholédoque, et à l’abouchement du conduit pancréatique accessoire. De son angle inférieur et gauche se détache le processus uncinatus.

→ pancréas

tétraiodothyronine n.f.

tetraiodothyronine

Dérivé tétraiodé de la thyronine.
Hormone sécrétée par la glande thyroïde, porte deux atomes d'iode sur chacun des deux cycles de sa molécule en 3,5,3',5'.

Sigle T4

→ thyroxine

thermographie n.f.

thermography

Technique d'imagerie qui révèle les différences de vascularisation des tissus sous-jacents, à partir des températures recueillies à la surface cutanée, et permet l’exploration d’un organe, la glande mammaire par exemple, dont l’émission de rayonnement infrarouge est différente selon que les tissus sont normaux ou ne sont pas.
Deux méthodes ont été employées :
- thermographie en plaque : des cristaux liquides, dérivés du cholestérol, répartis sur une bande ou sur une plaque mise au contact d'une région cutanée, changent de couleur (du bleu au rouge) en fonction de la chaleur dégagée aux différents points de la zone examinée (thermographie de contact).
- thermographie par caméra à infrarouge : la caméra spéciale fournit une image en plusieurs couleurs correspondant aux températures des diverses zones d'une région ou du corps entier (téléthermographie).
Certains cancers de la peau (mélanome), du sein, des muscles, des os s'accompagnent d'une vascularisation anormale; mais la détection de cette élévation de température localisée n'est pas spécifique d'une tumeur : diverses causes, comme compression, manipulation ou altération de la vascularisation locale peuvent donner des informations perturbant l'interprétation des images. La mesure de la température cutanée peut être utilisée dans le diagnostic des maladies vasculaires.
En pratique courante, la thermographie est actuellement pratiquement abandonnée du fait de sa faible spécificité.

Thorek (opération de) l.f.

Thorek’s operation

Technique de chirurgie plastique du sein qui consiste à réduire le volume de la glande et à pratiquer une greffe libre de l’aréole et du mamelon.

M. Thorek, chirurgien américain (1942)

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