Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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radicaux libres l.m.p.

free radicals

Atomes ou molécules possédant un électron libre non apparié, ou "célibataire", sur leur orbite externe et qui, parce qu'instables, sont habituellement très réactifs.
Ils sont symbolisés chimiquement par un point ou un signe - en haut et à droite (p. ex : radical hydroxyle OH., superoxyde O2-).
Dans les systèmes biologiques, les principaux radicaux libres sont dérivés de l'oxygène moléculaire; il s'agit notamment du radical superoxyde (O2-) et du radical hydroxyle (OH.), formé à partir du précédent, et du peroxyde d'hydrogène. Ils doivent réagir avec un autre radical libre pour former un composé stable à nombre pair d'électrons ; leur durée de vie est extrêmement brève.
Les radicaux libres interviennent dans certains processus physiologiques, tels que la cascade arachidonique, et sont générés en faible quantité au cours du métabolisme oxydatif normal (chaine respiratoire mitochondriale) et peuvent alors être neutralisés par les systèmes de défense de l’organisme (antiradicaux libres).
Ils peuvent cependant être produits en plus grande quantité lors d'agressions externes, soit de manière bénéfique, comme dans la lutte antimicrobienne, soit de manière préjudiciable à l'organisme. Ces composés, produits entre autres au cours de l'anoxie tissulaire et de certains métabolismes, sont hautement dangereux pour la cellule par leur capacité à se lier en particulier aux lipides insaturés des membranes cellulaires, déclenchant des phénomènes de lipoperoxydation en partie à l'origine de l'extension des lésions ischémiques. En déterminant des réactions en chaîne, ils sont alors susceptibles de désorganiser, voire détruire des constituants cellulaires essentiels (membranes, enzymes, acides nucléiques, etc.). Ces conditions du “stress oxydant” seraient en cause dans le déterminisme physiopathologique des lésions observées dans de nombreuses circonstances : vieillissement, apoptose, maladies neurodégénératives, athérome et maladies cardiovasculaires, complication du sida, intoxication par le fer, l'éthanol.

→ antiradicaux libres

radiculocordonal postérieur (syndrome) l.m.

posterior root and funiculus syndrome

Sémiologie liée à une lésion portant primitivement sur une racine rachidienne postérieure et se prolongeant dans les cordons postérieurs de la moelle.
Réalisée notamment dans le tabès, elle comporte l'association :
- de troubles cordonaux postérieurs avec de riches paresthésies de type et de topographie fort variés. Le signe de Lhermitte, sensation de décharge électrique lors de la flexion de la nuque, traduit aussi bien des lésions cordonales postérieures intrinsèques (comme dans la sclérose en plaques) qu'une compression extramédullaire. L'examen montre surtout des troubles de la sensibilité discriminative (sens de la position des orteils, voire des segments de membre, sensibilité au diapason), qui peuvent s'accompagner d'astéréognosie, et aussi de signes ataxiques aggravés voire révélés par l'occlusion des yeux ;
- de troubles radiculaires postérieurs, à type d'aréflexie, de douleurs fulgurantes, de crises viscérales, de troubles trophiques, enfin d'anesthésie de quelques bandes cutanées de topographie radiculaire plus ou moins limitée et d'analgésie des structures profondes (pincement des tendons et des masses musculaires, pression du testicule).

rappel (bruit de) l.m. (obs.)

double shock-sound

Signe d’auscultation du cœur.
C’est un bruit qui évoque, selon les descriptions, le rappel du tambour ou le ressaut du marteau sur l’enclume. Il est causé par une modification du rythme cardiaque avec un dédoublement du 2ème bruit, ou l’adjonction d’un 3ème bruit.

réalité n.f.

reality

1. Ensemble des objets dotés de l’extériorité, d’une consistance et d’une permanence suffisantes, qui s’offrent à l’exploration physique et psychique du sujet, indépendamment de celui-ci.
2. Terme employé en psychanalyse pour désigner non seulement les résultats de cette exploration, mais aussi l’imaginaire et les fantasmes.
3. Selon J. Lacan, forme aménagée (par l’écran du fantasme) du monde extérieur et qui fait que le sujet n’est pas confronté directement au réel. La rencontre traumatique signe l’échec de cet aménagement.

→ principe de réalité, réel, traumatisme psychique

recouvrement du hile (signe de) l.m.

hilum overlapping sign

En radiologie pulmonaire, visibilité des branches de l'artère pulmonaire gauche à plus d'un centimètre en dedans du bord médiastinal gauche qui traduit la présence probable d'une tumeur médiastinale antérieure.
Corollaire du signe de la convergence du hile.

→ convergence du hile (signe de la)

référentiel n.m.

frame of reference

Critère externe de jugement de la présence ou non d’un signe ou d’une maladie.
P. ex. dans une étude sur la valeur de la scanographie dans le diagnostic de métastases hépatiques, critère de jugement sur lequel on a fait le diagnostic de métastase et d’absence de métastases hors scanographie.

Syn. standard de référence externe

[E1]

Édit. 2020

réflexe crémastérien l.m.

cremasteric reflex

Contraction du muscle crémastérien avec rétraction de la bourse homolatérale obtenue, à l'état normal, par l'excitation cutanée de la face interne de la cuisse au niveau de son tiers supérieur.
Ce réflexe explore la moelle sacrée. C’est surtout un signe fidèle de lésions de la voie pyramidale.

[H1,N1]

réflexes cutanés abdominaux l.m.p.

abdominal reflexes

Réflexes recherchés par stimulation superficielle des téguments de la paroi abdominale de dehors en dedans ce qui, à l'état normal, suscite une contraction limitée des muscles sous-jacents.
Trois niveaux sont distingués de chaque côté : supérieur, correspondant aux métamères D6-D8, moyen à D8-D10, inférieur à D10-D12.
L'abolition d'un réflexe cutané peut provenir de la rupture de l'arc réflexe. En fait, l'abolition de réflexes cutanés abdominaux est surtout un signe fidèle de lésions de la voie pyramidale.

réflexe cutané plantaire l.m.

plantar reflex

Réflexe cutané faisant intervenir les muscles fléchisseurs plantaires, le mucle long fléchisseur de l’hallux et le nerf ischiatique (nerf fibulaire commun) qui correspond aux racines de S1 et S2.
Il est recherché par stimulation cutanée avec une pointe mousse, du bord externe du pied vers le 5e orteil, le sujet étant en décubitus dorsal, jambes en semiflexion.
La réponse normale est une flexion du gros orteil. Son extension lente (à différencier d'une réaction de retrait) constitue le signe de Babinski, qui permet d'affirmer l'existence d'une lésion du faisceau pyramidal.

→ Babinski (signe de)

réflexe pupillaire l.m.

pupillary reflex

Ensemble de la réactivité réflexe de la pupille à la lumière (réflexe photomoteur), à la vision de près, à la douleur, ou à toute autre excitation sensorielle (auditive ou tactile en particulier).
La réaction pupillaire à la vision de près est une syncinésie qui comporte l'association au myosis qui dépend de la vision de près, de l'accommodation et de la convergence. Ces trois éléments sont sous la dépendance du nerf oculomoteur (IIIe paire crânienne).
Dans le signe d'Argyll-Robertson, caractérisé par des pupilles petites, irrégulières et inégales, le réflexe photomoteur est aboli alors que la contraction s'effectue en accommodation-convergence.

D. M. C. Argyll-Robertson, ophtalmologiste écossais (1869)

→ réflexe photomoteur, Argyll-Robertson (signe d')

reflux gastro-œsophagien (manifestations respiratoires du) l.f.p.

gastro-oesophageal reflux and respiratory disorders, gastro-oesophageal reflux and pulmonary disease, respiratory manifestations of gastro-oesophageal reflux

Conséquences respiratoires directes ou indirectes du reflux gastro-œsophagien.
Les conséquences respiratoires du reflux gastro-œsophagien sont fréquentes, souvent au premier plan du tableau clinique chez des patients qui ne se plaignent pas de pyrosis. Les manifestations respiratoires sont par conséquent trompeuses, de sorte que leur cause est souvent méconnue. Or, seul le traitement actif du reflux peut les faire disparaître ou les atténuer. Deux mécanismes physiopathologiques distincts font le lien entre le reflux et les manifestations respiratoires. D'une part, le reflux gastropharyngé avec ou sans microaspiration trachéobronchique et d'autre part la stimulation par le reflux du contenu gastrique acide de récepteurs œsophagiens, à l'origine de réflexes œsophagopulmonaires et/ou œsophagolaryngés.
Les principales manifestations respiratoires du reflux gastro-œsophagien sont la toux, l'asthme (que le reflux provoque ou aggrave), la fibrose des bases pulmonaires, la bronchite chronique, les pneumopathies à répétition et certains cas d'apnée du sommeil. Les manifestations asthmatiformes nocturnes ont été décrites par Charles Debray sous l’expression de «  signe du Général ».
On doit également signaler les manifestations otorhinolaryngées que sont la dysphonie, les laryngites postérieures, les granulomes des cordes vocales, le laryngospasme, le cancer du larynx ou du pharynx, la sensation de corps étranger basicervical, et certains cas de pharyngites, d'otites, de sinusites.

C. Debray, médecin gastroentérologue français, membre de l’Académie de médecine (1955)

régurgitation n.f.

regurgitation

1) Retour des aliments de l’estomac ou de l’œsophage dans la bouche, sans nausée et sans effort.
Normale chez le nourrisson, elle peut être chez l’adulte signe de rétrécissement ou de diverticule de l’œsophage.
La régurgitation est un phénomène passif consécutif à une augmentation de la pression endogastrique ou à une diminution du tonus du sphincter du bas œsophage.
En anesthésie, les régurgitations sont favorisées par l'augmentation de la pression abdominale et la diminution du tonus du sphincter du bas œsophage. Chez le patient inconscient dont les réflexes laryngés sont diminués (au cours de l'induction anesthésique, p. ex.) les régurgitations peuvent entraîner des complications pulmonaires (inhalation, syndrome de Mendelson) si les voies aériennes ne sont pas protégées efficacement.2) Reflux du sang des grandes artères dans le cœur ou d’une cavité cardiaque dans l’autre par suite d’une insuffisance valvulaire.
2) Reflux du sang des grandes artères dans le cœur ou d’une cavité cardiaque dans l’autre par suite d’une insuffisance valvulaire.

C. L. Mendelson, gynécologue et cardiologue américain (1946)

→ atrésie de l'œsophage, diverticule de l'œsophage, intubation trachéale, Mendelson (syndrome de), insuffisance valvulaire, régurgitation mitrale

[ G1, K2, L1, ]

Édit. 2018

remise d'enfant l.f.

child adoption

Ensemble des dispositions légales tenant lieu de procédure d'adoption.
L'enfant est confié à l'Aide sociale à l'enfance par l’établissement où la naissance a eu lieu, après déclaration à l'état-civil, pour les enfants trouvés ou les enfants nés de mère ayant accouché sous X. Les parents ont trois mois pour réclamer leur enfant. En cas d'abandon à filiation connue, les parents remettent au service d'Aide sociale à l'enfance leur enfant qui devient pupille de l'Etat avec acceptation implicite d'adoption ultérieure. Si un seul des parents signe le procès-verbal d'abandon, l'enfant est adoptable si l'autre parent ne s'est pas manifesté dans un délai d’un an.

→ adoption

résorption (syndrome de) l.m.

TUR syndrom

Troubles métaboliques et cliniques provoqués par la réabsorption partielle du liquide d'irrigation au cours d'un résection endoscopique.
Son signe biologique essentiel est l'hyponatrémie. Les troubles électrolytiques peuvent être graves (insuffisance rénale aigüe transitoire par hémolyse). L'emploi de liquides isotoniques non électrolytiques au lieu d'eau distillée a fait pratiquement disparaître ce syndrome. La réabsorption de composés xanthiques est possible lors de l'emploi du glycocolle.

Étym. lat. resorbere : avaler de nouveau

→ résection endoscopique

respiration fœtale intra-utérine 1.f.

fetal breathing movements

Mouvements rythmiques du thorax fœtal in utero, sans hématose pulmonaire : leur observation échographique est un signe de vitalité fœtale.

ressaut nasal l.m.

nasal step

En ophtalmologie, dépression localisée proche du méridien horizontal dans le champ visuel nasal.
Cette altération fonctionnelle, à l'examen du champ visuel, est un signe fréquent de glaucome débutant.

rétinite pigmentaire l.f.

retinitis pigmentosa

Dégénérescence rétinienne lente, bilatérale, périphérique puis centrale, caractérisée par une héméralopie, une pigmentation rétinienne en forme d'ostéoblastes (ressemblant  par leur forme  étoilée aux ostéoblastes), une atrophie papillaire et un rétrécissement artériel.
Le premier signe clinique de la maladie est l'héméralopie mais il n'est pas toujours exprimé, vient ensuite le rétrécissement progressif du champ visuel. Ce déficit forme d'abord un anneau dans le champ entre 20 et 40° puis cet anneau s’élargit vers le point central de fixation et vers la périphérie pour ne laisser finalement qu'un petit champ visuel central de 5 à 10 degrés. L'acuité visuelle centrale ne se modifie en principe que tardivement, cependant il existe des formes où la souffrance des cônes précède l'atteinte des bâtonnets, où la région maculaire souffre assez précocement par œdème maculaire cystoïde, où une atrophie aréolaire centrale progressive et non-exsudative s'installe précocement et dans ces cas le pronostic visuel central est sombre. Au fond d'œil on trouve des pigmentations ostéoblastiques qui débutent en mi-périphérie, une atrophie optique et un rétrécissement artériel. L'électrorétinogramme (ERG) est altéré précocement, surtout en scotopique (dès l'héméralopie).
La surdité est fréquente, même en dehors des formes associatives comme le syndrome de Usher, elle apparaît dans environ 20% des cas après quarante ans.
Il existe de nombreuses formes de rétinites pigmentaires, que l'on classe actuellement, de façon non satisfaisante, selon leur transmission héréditaire, leur mode de début, leur localisation et leurs associations. La transmission peut être autosomique récessive (18,5%), autosomique dominante (36%), liée au sexe (6,5%), et mitochondriale (1%). 39% des cas observés sont sporadiques.

A.C. van Trigt, ophtalmologiste néerlandais (1853)

Syn. dystrophie rétinienne mixte, dystrophie rétinienne périphérique

→ électrorétinogramme, ERG, héméralopie, scotopique, Usher (syndrome de), rétinite pigmentaire (classification de Fishman)

rétinopathie hypertensive l.f.

Affection de la rétine directement corrélée au niveau de pression artérielle ; elle associe un rétrécissement de calibre des vaisseaux, des nodules cotonneux (nodules dysoriques), des hémorragies intra-rétiniennes qui sont de deux types : des exsudats profonds et un œdème papillaire.
La classification de Kirkendall distingue les lésions de rétinopathie hypertensive qui régressent lors de la normalisation des chiffres tensionnels et des lésions d’artériosclérose.
Dans la rétinopathie hypertensive :
- stade I : rétrécissement artériel sévère et diffus
- stade II : stade I plus d’hémorragies rétiniennes et de nodules cotonneux
- stade III : stade II plus œdème papillaire
Dans les lésions d’artériosclérose rétinienne :
- stade I : signe du croisement artérioveineux
- stade II : stade I plus rétrécissement artériolaire localisé
- stade III : stade II plus thrombose veineuse et engainement artériel.

W. M. Kirkendall, médecin cardiologue américain (1962)

rétinopathie pigmentaire l.f.

retinitis pigmentosa

Série d'affections qui ont en commun une atteinte oculaire caractéristique et une hérédité qui peut être différente, pouvant être isolée ou faire partie du tableau clinique de syndromes plus complexes.
Le signe d'appel est classiquement l'héméralopie, souvent méconnue chez l'enfant. Le fond d'œil montre des anomalies pigmentaires, discrètes chez le petit enfant, en forme d'ostéoblastes, rares avant l'âge de dix ans.
Le diagnostic repose sur l'électrorétinogramme, tracé éteint ou hypovolté au bleu ou au rouge, malgré une acuité visuelle qui peut encore être conservée, sauf dans la forme dite amaurose congénitale de Leber ou aplasie rétinienne congénitale. L'hérédité est récessive liée au sexe (la forme la plus sévère) autosomique dominante à pénétrance variable, ou autosomique récessive.
Une rétinopathie pigmentaire peut être associée à des troubles neurologiques, d'étiologie inconnue (ataxie cérébelleuse de Bassen-Kornzweig, de Spielmeyer-Vogt, dans les mucopolysaccharidoses), à des surdités de perception (Usher, Cockayne, Alström, Refsum) et dans les maladies mitochondriales (Kearns-sayre).

→ aplasie rétinienne congénitale, Bassen-Kornzweig (maladie de), héméralopie, Spielmeyer-Vogt (maladie de)

rhombencéphalite de Bickerstaff l.f.

Bickerstaff's brainstem encephalitis

Encéphalite du tronc cérébral, post-infectieuse, rare, associant ophtalmoplégie externe du regard, ataxie, aréflexie des membres inférieurs, signe de Babinski et troubles de la conscience.
Les manifestations (diplopie et troubles de la marche) apparaissent après une infection des voies aériennes supérieures ou une gastro-entérite. L'ophtalmoplégie externe est progressive (dans les quatre premières semaines), et relativement symétrique. Une tétraparésie flasque et symétrique existe dans plus de la moitié des cas, avec troubles sensitifs superficiels et profonds, parésie faciale, paralysie bulbaire et oculomotrice intrinsèque, blépharoptose et nystagmus. En phase aiguë, le tableau clinique est parfois sévère ophtalmoplégie complète, diplégie faciale et tétraplégie.
L’examen du liquide céphalospinal révèle une hyperprotéinorachie avec dissociation albumino-cytologique. L’IRM permet de constater des hypersignaux dans la fosse postérieure, la substance blanche et le thalamus.
L'encéphalite de Bickerstaff survient dans les suites d'une infection par différents agents pathogènes, dont le cytomégalovirus, Campylobacter jejuni et Mycoplasma pneumoniae. Bien que les mécanismes en cause ne soient pas tous connus, la maladie est associée à la présence d'anticorps anti-gangliosides et en particulier anti-GQ1b.
Malgré un tableau clinique sévère, l'évolution de la maladie est en règle monophasique avec une rémission complète en six mois dans plus de la moitié des cas. Dans les autres cas, les séquelles peuvent être de gravité variable.

E. R. Bickerstaff, neurologue britannique (1951 et 1957)

rigidité n.f.

rigidity, stiffness

Forme d'hypertonie musculaire se manifestant par une résistance aux mouvements passifs.
Signe classique des syndromes parkinsoniens, particulièrement de la maladie de Parkinson, elle touche les muscles proximaux, distaux et axiaux. De type plastique, "en tuyau de plomb", elle n'est pas modifiée par la vitesse donnée au déplacement du segment de membre, ni par la position d'une articulation. Elle s'oppose ainsi à la spasticité ou raideur "élastique" du syndrome pyramidal.
Bien mise en évidence dans les mouvements de flexion-extension du poignet, elle s'accompagne du phénomène de la roue dentée, qui marque la variation d'intensité de la résistance, avec des à-coups réguliers.
La rigidité parkinsonienne s'associe à une exagération des réflexes de posture, qui est la contraction réflexe d'un muscle après son raccourcissement.
Sa recherche peut être sensibilisée par la manœuvre de Froment, le malade effectuant un mouvement volontaire du côté opposé.

Rigler (signe de) l.m.

Rigler's sign

Visibilité spontanée de la paroi d'un segment colique ou plus rarement du grêle (pariétographie) sur un cliché d'abdomen sans préparation pratiqué en décubitus dorsal.
Ce signe indique un pneumopéritoine libre. Sur le sujet couché, le gaz intrapéritonéal se collecte à la face profonde de la paroi abdominale antérieure ; si son volume est suffisant, il rend bien visible la paroi des anses digestives dans la mesure où elles-mêmes contiennent également du gaz (pariétographie gazeuse).
Les images d'autres structures peuvent apparaître du fait de ce contraste : artères ombilicales, ligament suspenseur du foie, etc.

L. G. Rigler, médecin radiologue américain (1941)

→ sillon circulaire de l'insula

rinçage (épreuve de) l.f..

washout test

Élimination progressive d'une substance donnée par l'effet du courant d'un fluide traversant l'enceinte où cette substance se trouve dissoute ou en mélange.
Le rinçage joue un rôle fondamental dans l'épuration des différents compartiments de l'organisme, il complète l'action de la diffusion, qui disperse seulement les molécules sous l'action de l'agitation moléculaire.
L'épreuve de rinçage est à la base des mesures pharmacocinétiques : après administration d'une substance donnée (médicament, toxique, marqueur), l'enregistrement de l'évolution de sa concentration permet de préciser sa vitesse d'épuration. Le contraire du rinçage est la dilution, une épreuve de dilution permet de mesurer le volume du compartiment. où pénètre la substance
Ex. : dans un vase plein d'eau, souillé par un colorant, la concentration c du colorant est proportionnelle à la masse x de colorant contenue dans le vase et inversement au volume V du vase, soit c = x /V. Si l'on fait couler un filet d'eau, le liquide du vase s'éclaircit progressivement car le débit V' du filet emporte à tout instant hors du vase (d'où le signe - ) une portion dx de colorant proportionnelle au débit et à la concentration c d’où : 
dx = - V' (x /V) = - x /τ avec τ = V/V', rapport du volume d'eau dans le vase par le débit de rinçage, est la constante de temps de rinçage. L'intégration de cette équation différentielle en fonction du temps  t  montre que l'épuration suit une loi exponentielle : x = x0 e-t/τ. On peut mesurer facilement la constante de temps τ sur un enregistrement de la concentration.

→ constante de temps, dilution (épreuve de)

Rossolimo (signe de) l.m.

Rossolimo's sign

Réflexe proprioceptif de flexion des orteils en réponse à une percussion de la face plantaire de leur deuxième phalange, signe d'un syndrome pyramidal.

G. I. Rossolimo, neurologue russe (1902)

rougeole n.f.

Maladie infectieuse, fréquente chez l'enfant, immunisante, éruptive, endémo-épidémique due à un virus à ARN du genre Morbillivirus,

(famille des Paramyxoviridae), très contagieuse.
Après une incubation d'une dizaine de jours et une phase d'invasion marquée par un catarrhe oculo-respiratoire
fébrile et un signe de Koplik, elle est marquée par une éruption maculo-papuleuse avec des intervalles de
peau saine, descendante, d'une durée d'environ une semaine. La rougeole peut être très grave chez les enfants
malnutris et représente une cause majeure de mortalité des enfants en milieu tropical. Les complications
possibles sont l'encéphalite aiguë, la leucoencéphalite subaiguë sclérosante de Van Bogaert, les pneumopathies.
La vaccination est efficace.

Syn. première maladie

→ Morbillivirus, panencéphalite sclérosante subaigüe de la rougeole (PESS)

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