Sarniguet-Badoche (lunettes de) l.f.p.
Sarniguet-Badoche‘s glasses
Lunettes de dépistage munies de verres neutres avec, sur leur partie nasale, une bande de papier opaque (secteur), la distance entre les bords verticaux des 2 secteurs étant de 32 mm pour le bébé de moins de 6 mois et de 35 mm, pour l’enfant de 10 à 24 mois.
Trois réponses sont possibles :
- réponse en alternance : l’œil droit assure le regard à droite, et vice versa ;
- réponse en rotation de la tête si l’enfant tourne la tête pour garder son œil droit dans le regard à gauche : ceci veut dire qu’il y a une nette préférence pour l’œil droit ;
- signe de la toupie : cette fois l’enfant, pour regarder à gauche, tourne non seulement la tête mais le corps : ceci veut dire que l’œil gauche est amblyope.
Ce test est difficilement réalisable dans les ésotropies précoces avec abductions nulles.
J-M. Sarniguet-Bardoche, ophtalmologiste français (1982)
schizophrénie (modes d'entrée) l.m.p.
schizophrenia onsets
Au nom des bizarreries de la crise d'originalité juvénile, par exemple, leur méconnaissance peut retarder une prise en soins adaptée.
En revanche, un diagnostic prématuré risque d'être préjudiciable, ne serait-ce qu'en raison des modifications consécutives d'attitude de l'équipe soignante et de l'entourage.
Majoritaires, difficiles à diagnostiquer et à dater, les formes progressives peuvent être hypocondriaques, dysmorphophobiques, pseudonévrotiques, dépressives, caractérielles (héboïdophrénie), délirantes et/ou à type de désintérêt scolaire ou professionnel. Parmi les signes de présomption, seront rappelés : un contact pauvre, un détachement apparent avec repli, l'aspect gratuit et inadapté de certains actes, une relation médiocre à la réalité, un vécu de vide intérieur, des éléments de dépersonnalisation, un sentiment diffus d'atteinte corporelle, voire le classique signe du miroir.
Plus fréquentes que les états maniaques ou mélancoliques, le plus souvent atypiques, les psychoses délirantes aigües posent initialement le problème d'une bouffée délirante classiquement "sans conséquence sinon sans lendemain", ou d'un mode d'entrée.
Un acte médicolégal inopiné, inexplicable, étrange, parfois horrible, peut inaugurer, voire dramatiquement interrompre une telle évolution.
sclérose combinée de la moelle (syndrome de) l.m.
subacute spinal cord combined degeneration
Syndrome associant une paraparésie spasmodique et une atteinte bilatérale de la sensibilité profonde.
Maximales aux niveaux dorsal supérieur et cervical inférieur, les lésions sont constantes et parfois presque exclusives sur les cordons postérieurs, mais l'association à une atteinte des cordons latéraux est habituelle.
Cliniquement, après une installation insidieuse ou subaigüe, les paresthésies dominent, maximales aux membres inférieurs, avec parfois des douleurs. La sensibilité vibratoire et le sens des positions sont atteints et une ataxie est habituelle, accentuée par l'occlusion des yeux. Le syndrome pyramidal se traduit surtout par un signe de Babinski du fait de la dépression des réflexes monosynaptiques. Le LCR est généralement normal.
L'aggravation spontanée se fait vers une paraplégie flasque avec troubles sphinctériens et atteinte sévère des divers modes de sensibilité.
L'étiologie est classiquement rapportée au syndrome neuro-anémique ou neuro-achylique, dont la vitaminothérapie B12 précoce, parentérale et continue peut permettre une récupération totale dans 50% des cas. Le diagnostic est facilité par l'imagerie par résonnance magnétique (IRM) médullaire, qui met en évidence des hypersignaux régressant souvent après ce traitement. Une paraplégie spasmodique familiale de Strümpell-Lorrain est aussi possible. Une syphilis médullaire est devenue exceptionnelle.
A. G. von Strümpell, neurologue allemand (1880) ; M. Lorrain, médecin français (1898)
Syn. dégénérescence combinée de la moelle
→ Biermer (maladie de), vitamine B12 (carence en), paraplégie spasmodique familiale de Strümpell-Lorrain
sclérose latérale amyotrophique l.f.
amyotrophic lateral sclerosis
Affection dégénérative de l'adulte atteteignant de façon localisée les neurones moteurs de la moelle, du tronc cérébral et des voies corticospinales entraînant une paralysie spasmodique, une amyotrophie progressive, des fasciculations et une évolution fatale à moyen terme.
La maladie débute souvent aux membres supérieurs par des fasciculations de la langue et des membres, puis s'étend aux noyaux bulbaires avec une paralysie labioglossopharyngée et diaphragmatique associée à une atteinte respiratoire, cause du décès qui survient en deux ou trois ans. Au stade d'état, on trouve un déficit moteur des membres supérieurs, une paraparésie des membres inférieurs et un signe de Babinski. Il existe différentes formes : bulbaires de début, amyotrophiques pures, pseudopolynévritiques des membres inférieurs. 10% des formes sont familiales : l’affection est alors autosomique dominante ou autosomique récessive. La forme dominante est secondaire à une mutation de la superoxyde dismutase-1.
J-M. Charcot, neurologue français, membre de l’Académie de médecine ( 1869 et 1874) P. Marie, membre de l’Académie de médecine et J.S. Patrikios, neurologues français et grec (1918) ; G. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1860)
Syn. maladie de Charcot
→ Pierre Marie et Patrikios (maladie de), paralysie bulbaire de Duchenne
Seidel (signe de) l.m.
Seidel's test
Instillation d'une goutte de fluorescéine en cas de plaie cornéenne montrant en lumière bleue, si la plaie n'est pas étanche, que le courant d'humeur aqueuse, qui en fait irruption, entraîne la fluorescéine.
Un signe de Seidel est dit spontané s'il est observé sans pression sur le globe oculaire ; il est dit provoqué lorsqu'on le met en évidence par un massage doux du globe.
E. Seidel, ophtalmologue allemand (1882-1946)
signe de Charles Bell l.m.
Bell’s phenomenon
Signe de paralysie faciale périphérique, tel que le globe oculaire se porte en haut et en dehors, lorsque le sujet veut fermer l'œil.
C. Bell, Sir, chirurgien écossais, membre de l'Académie de médecine (1774-1842)
Syn. signe de Bell, phénomène de Bell
→ paralysie faciale périphérique
[H1]
signe de Chvostek l.m.
Chvostek’s sign
Contraction des muscles de la face lors de la percussion percutanée des branches du nerf facial observée dans les syndromes d’hyperexcitabilité neuromusculaire, la tétanie en particulier.
La percussion faite dans la zone d’épanouissement des branches du nerf facial à mi-distance du lobule de l’oreille et de la commissure labiale entraîne une contraction rapide des muscles faciaux du même côté. Observé dans la spasmophilie, ce signe peut être un élément du diagnostic rétrospectif d’une crise de tétanie, mais il est inconstant.
F. Chvostek, médecin autrichien (1876)
Syn. signe du facial (désuet)
[H1,I4]
signe de Halmagyi l.m.
Halmagyi’s sign
Signe clinique de déficit unilatéral du canal semi-circulaire horizontal.
G. Halmagyi, neurologue australien (1988)
[P1]
signe de la convergence du hile () l.m.
convergence sign
Sur une radiographie pulmonaire de face, signe permettant, devant une opacité hilaire gauche, de distinguer une grosse artère pulmonaire d'une opacité tumorale.
Les branches artérielles s'arrêtent sur le bord externe de l'opacité due à l'artère pulmonaire ou à moins d'un centimètre en dedans de son bord externe ; elles demeurent visibles au-delà lorsqu'il s'agit d'une opacité tumorale.
→ recouvrement du hile (signe de)
[B2,K1]
signe de la double bulle l.m.
double bubble sign
Clarté constatée sur un cliché thoraco-abdominal d'un nouveau-né qui correspond à la distension hydro-aérique de l'estomac et de la première portion du duodénum.
Sans autre examen, en particulier baryté, elle signe l'obstruction duodénale et constitue une indication chirurgicale.
signe de la voile l.m.
sail shadow
Sur une radiographie de face du nourrisson, opacité triangulaire de siège paramédiastinal droit en forme de "voile latine" et correspondant au thymus normal.
En expiration, le thymus tend à dépasser l'ombre médiastinale en créant cet aspect, le lobe droit s'appuyant en bas sur la petite scissure.
Ce signe permet de reconnaître l'origine thymique d'une opacité pulmonaire ou médiastinale.
signe des sutures en croix l.m.
crossed suture
Signe obstétrical permettant le diagnostic d'une variété de présentation de la tête fœtale.
Quand une bosse sérosanguine empêche la reconnaissance de la variété de présentation de la tête fœtale, la perception de chaque côté de la bosse de sutures à angle droit, la longitudinale et la transversale, permet d'identifier une présentation du bregma.
signe du copeau l.m.
Signe typique du pityriasis versicolor consistant à détacher un petit lambeau épidermique avec une petite curette ou par frottements de la peau lésée avec un abaisse-langue.
Syn. signe du coup d’ongle
signe du croisement l.m.
arteriovenous crossing
Manifestation ophtalmoscopique de l'artériosclérose, se traduisant par l'écrasement de la veine par l'artère à l'endroit du croisement : la veine devient filiforme en amont et en aval du croisement.
Le signe du croisement serré constitue un facteur de risque important de survenue d'une occlusion de branche veineuse. Il peut être objectivé en angiographie par une hyperfluorescence de la paroi veineuse.
[P2,K4]
signe du halo l.m.
halo sign
1) En scanographie pulmonaire, aspect en "verre dépoli" entourant une opacité ronde.
Sans être pathognomonique, une telle image est évocatrice d'une aspergillose invasive.
2) Au cours de la grossesse, hyperclarté ou anneau clair siégeant autour de la tête fœtale qui apparaît sur des radiographies puis sur des échographies.
Il traduit un épaississement ou un œdème du cuir chevelu, signe fréquent d’anasarque qui peut se rencontrer également en cas de mort du fœtus in utero.
[K1,O6]
signifiant n.m.
signifier
Nom donné par F. de Saussure à un élément de ce qu'il appelle le signe linguistique.
Celui-ci unit non pas un nom et une chose, mais une image acoustique et un concept. L'image acoustique, qui n'est pas le son mais l'empreinte physique du son, est ce que Saussure nomme le signifiant. Le concept sera le signifié.
Reprenant l'algorithme saussurien, J. Lacan définit le signifiant comme le support matériel du discours. Il renforce aussi la barre qui sépare le signifiant du signifié, différant ainsi la production de la signification. Le sujet de l'inconscient est celui qui, marqué par un premier signifiant, est le sujet divisé inscrit au champ du symbolique ("parlêtre"). Ainsi, le sujet ne peut se représenter lui-même mais, dans l'ensemble des signifiants (symbolique), il est représenté par un signifiant auprès d'un autre signifiant.
F. de Saussure, linguiste suisse (1857-1913)
signifié n.m.
signified
Équivalent du concept dans l'algorithme saussurien du signe qui est, chez J. Lacan, ce qui glisse constamment sous la barre qui le sépare de la chaîne signifiante.
Il n'y a donc pas de correspondance de signifiant à signifié dans la production de la signification. L'un est autonome par rapport à l'autre, et si les jeux du signifiant peuvent avoir des effets de signification, le signifié est toujours repoussé hors la pensée, dans la dimension incommensurable du réel.
silhouette (signe de la) l.m
silhouette sign
En radiographie conventionnelle, effacement des limites respectives de deux opacités de tonalité hydrique si elles sont au contact l'une de l'autre et si le rayon directeur est tangent à leur interface.
En radiologie pulmonaire, ce signe permet de distinguer, sur l'incidence de profil, les deux coupoles, la partie antérieure de la gauche étant effacée par le cœur. Il est utile en pathologie pour localiser l'anomalie étudiée par rapport au cœur, à l'aorte ou au diaphragme. Ainsi, sur le cliché de face, l'opacité du lobe moyen (de siège antérieur) efface le bord droit du cœur, alors que celui-ci est conservé en cas d'opacité du lobe inférieur (de siège postérieur).
S inversé (signe du) l.m.
Golden’s sign
En radiologie pulmonaire, opacité du lobe supérieur droit dont la partie supéroexterne est concave vers le poumon sain, alors que sa partie inféro-interne est convexe vers le bas.
La partie externe du S correspond à l'atélectasie du lobe supérieur et sa partie interne à la saillie de la tumeur ou de son adénopathie satellite.
Ce signe, également valable en scanographie, indique une atélectasie obstructive par une tumeur hilaire et son adénopathie.
R. Golden, médecin radiologue américain (1925)
Slocum (test de) l.m.
Slocum’s test
Examen clinique permettant de dépister une lésion du ligament croisé antérieur et l'instabilité rotatoire du genou.
Il se pratique en décubitus latéral. La traction vers l'avant du tibia sous les condyles fémoraux comme pour la recherche du signe du tiroir antérieur se fait en rotation interne puis en rotation externe. Si le test est positif, il indique une lésion du ligament croisé antérieur si le tiroir antérieur est exagéré en rotation interne et limité en rotation externe.
D. B. Slocum chirurgien orthopédiste américain (1976) ; J. S. Torg, orthopédiste américain (1976) M. Lemaire, chirurgien orthopédiste français (1967) J. W. Lachman, chirurgien orthopédiste américain (1976)
→ tiroir antérieur, Lachman (signe de), Lemaire (signe de)
sommation (bruit ou galop de) l.m.
mesodiastolic gallop
Signe d’auscultation du cœur qui constitue un bruit qui apparaît parfois au milieu de la diastole chez des sujets normaux lorsque le cœur s’accélère.
Il est dû à la superposition de deux bruits qui sont normalement inaudibles isolément : le bruit auriculaire B4 et le bruit de remplissage rapide B3. Le galop de sommation peut également être entendu dans l’insuffisance cardiaque avec tachycardie, ou dans les allongements du temps de conduction auriculaire.
→ galop (bruit de), bruit auriculaire, bruit de remplissage rapide
sommeil du petit enfant (troubles du) l.m.p.
sleep disorders in infancy
Troubles relevant de causes multiples, le plus souvent bénins, plus fréquents au cours du premier semestre et de la deuxième année, mais dont le nombre croissant est lié pour une part aux nouveaux modes de vie et d'éducation.
Au premier semestre, alors que les besoins en sommeil sont les plus considérables bien que variables, il s'agit d'insomnies, dont une étiologie organique doit être éliminée. De loin les plus fréquentes, les insomnies fonctionnelles communes perturbent parfois la vie familiale. Interviennent le plus souvent des conditions éducatives maladroites : excès de stimulations, horaires alimentaires défectueux, voire distorsion des relations mère-enfant. L'insomnie calme du bébé qui reste la nuit entière les yeux ouverts, sans bruit, peut être un signe précoce de troubles graves de la personnalité.
Pendant la seconde année, ces manifestations résultent de l'intrication de facteurs psychologiques ou de conflits affectifs et des aléas de la croissance motrice et du développement du langage. À cet égard, on retiendra les troubles suivants : hyperactivité motrice, comportement d'un enfant "opposant", anxiété de séparation et excitation psychique.
sonnette (signe de la, manœuvre de la) l.m., l.f.
bell sign (1), bell movement (2)
1) En rhumatologie, douleur irradiée dans le territoire du nerf sciatique, déclenchée par la pression sur la région para-épineuse en L4-L5 pour une sciatique L5, et en L5-S1 pour une sciatique S1.
La manœuvre est exercée sur le patient en décubitus ventral. Ce signe est retrouvé au cours des sciatiques vertébrales communes.
→ 2) En cardiologie, bascule ventriculo-aortique
sorbier (tache en feuille de) l.f.
ash leaf spot
Tache blanc terne, sans hyperpigmentation périphérique, de 1 à 20 cm de diamètre, de forme lancéolée et à bord légèrement déchiqueté siégeant sur le tronc et la racine des membres, évoluant vers l'accroissement et la multiplication dans la première et la deuxième enfance et représentant un signe clinique évocateur de la sclérose tubéreuse de Bourneville où elle est présente dans plus de la moitié des cas.
L'examen histopathologique montre que le pigment mélanique est diminué mais non absent. La doparéaction objective un déficit en mélanine dans les mélanocytes qui sont en nombre normal. L'association de ces taches à des convulsions, surtout chez le nourrisson, autorise le diagnostic d'épiloïa ou sclérose tubéreuse de Bourneville.
Symptôme signalé en 1890 par J. J. Pringle (dermatologiste écossais ) et dont la signification a été précisée en 1968 par T. B. Fitzpatrick (dermatologiste américain)
D.M. Bourneville, neurologue français (1880)
→ sclérose tubéreuse de Bourneville
sortie après hospitalisation à la demande d'un tiers (HDT) l.f.
exit after hospitalization on a third person’s request
Selon la procédure la plus courante, sortie d’un patient effectuée après rédaction par le psychiatre traitant d'un certificat de levée d'HDT, qui mentionne l'évolution ou la disparition des troubles ayant justifié cette hospitalisation et certifie que les conditions qui ont présidé à l'admission ne sont plus réunies.
Par ordre de priorité, elle peut aussi être requise par le curateur, le conjoint ou le concubin, les ascendants, les descendants, la personne qui a signé la demande d'admission, un représentant du conseil de famille ou de la commission départementale d'hospitalisation psychiatrique. Une décision judiciaire de levée peut également intervenir, de même qu'une décision du préfet. A contrario, ce dernier peut prendre un arrêté de passage en hospitalisation d'office.
Le psychiatre traitant peut s'opposer à une levée de l'HDT en demandant au préfet un sursis de 15 jours.
En pratique, après levée de l'HDT, les patients acceptent le plus souvent de poursuivre les soins en hospitalisation libre jusqu'à ce que leur état soit compatible avec une sortie définitive.