Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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lithiase biliaire à faible niveau de phospholipides l.f.

LPAC syndrome (Low Phospholipid Associated cholestasis and Cholelithiasis)

Maladie lithiasique qui associe lithiases vésiculaire et intrahépatique, survenant avant 40 ans, récidivante malgré la cholécystectomie.
En échographie sont décelés de nombreux foyers hyperéchogènes dans le foie et le long de l’arbre biliaire.
Ce syndrome rare, correspond à des antécédents familiaux au premier degré de lithiase biliaire. Il est dû à une mutation du gène ABCB4 qui code pour la protéine MDR3, le principal transporteur canaliculaire des phospholipides biliaires. Cette mutation prédispose donc à la lithiase biliaire en raison d’une faible concentration en phospholipides biliaires, avec un rapport cholestérol biliaire sur phospholipides anormalement élevé et une bile située en dehors de la zone micellaire. La transmission de la maladie est autosomique récessive. Les mutations non-sens qui entraînent un codon stop avec une protéine tronquée entraînent une abolition compète de l’expression de la protéine responsable de formes cliniques sévères. Les mutations faux-sens se caractérisent par une fonction résiduelle et une expression plus limitée de la maladie. Le marquage immuno-histochimique de la membrane canaliculaire montre l’absence ou la présence diminuée de MDR3. L’analyse du gène ABCB4 confirme le diagnostic.
L’acide urso-désoxycholique, d’efficacité remarquable, doit être prescrit précocement afin d’éviter les complications et la récidive de la lithiase après cholécystectomie, ainsi que la ductopénie qui peut évoluer vers la cirrhose.

calcul biliaire, cholécystectomie, urso-désoxycholique (acide), ductopénie

LMNA gene , l.angl. pour lamin A/C

Gène, situé en 1q22-23, codant pour différentes protéines appelées lamines ; deux d’entre elles, lamine A et lamine C sont des protéines filamenteuses intermédiaires assurant une stabilité et une résistance aux cellules.
Des mutations de ce gène sont la cause de nombreuses affections dont la maladie de Charcot-Marie-Tooth, les dystrophies musculaires d’Emery-Dreifuss , la cardiomyopathie dilatée familiale, la progeria de Hutchinson-Gilford, la dystrophie musculaire des ceintures, la dysplasie acromandibulaire, la lipodystrophie partielle familiale.

Syn. HGPS, LMN1, LMNA_HUMAN, LMNC

Charcot-Marie-Tooth (maladie de), dystrophies musculaires d'Emery-Dreifuss, cardiomyopathie dilatée familiale, progeria de Hutchinson-Gilford, dystrophie musculaire des ceintures, dysplasie acromandibulaire, lipodystrophie partielle familiale

LMX1B gene sigle angl. pour LIM homeobox transcription factor 1 beta

Gène, situé sur le locus chromosomique 9q33.3, codant pour une protéine qui se lie à des régions spécifiques de l’ADN et régule l’action d’autres gènes.
Appelée facteur de transcription, cette protéine joue un rôle important durant le développement embryonnaire précoce des membres, reins et yeux. Des mutations de ce gène entraînent l’ostéo-onychodysplasie.

Syn. LIM homeo box transcription factor 1, beta, LIM homeobox transcription factor 1, beta, LMX1.2, LMX1B_HUMAN, MGC138325, MGC142051, NPS1

ostéo-onychodysplasie, ostéo-onychodysostose

locus n.m. (p. locus, et non loci)

locus (p. loci)
Emplacement occupé, sur un chromosome, par un gène ou un groupe de gènes.
Ce site peut être également appelé cistron et constitue la région fonctionnelle la plus petite du gène.

Étym. lat. locus : lieu

allèle, gène

long chain 3-ketoacyl-CoA thiolase l. angl.

Enzyme participant au catabolisme des acides gras.
La « long chain 3-ketoacyl-CoA thiolase » (thiolase des 3-cétoacyl-coenzyme-A à longue chaîne) est une enzyme mitochondriale faisant partie de la voie de la bêta-oxydation des acides gras à longue chaîne (12 à 18 atomes de carbone). Elle fait partie d’un complexe appelé « protéine mitochondriale trifonctionnelle » associant 3 enzymes participant au catabolisme des acides gras. Elle est codée par le gène HADHB, localisé sur le chromosome 2p23. Des mutations de ce gène peuvent entraîner des déficits sévères de la production d’énergie résultant en des cardiomyopathies ou une altération de la fonction des muscles squelettiques.

bêta-oxydation, acides gras, HADHB

Lowe (syndrome de) l.m.

Lowe’s syndrome, oculocerebrorenal syndrome

Affection héréditaire rare, d'apparition précoce, qui associe une dysmorphie cranio-faciale, une néphropathie tubulaire avec hyperaminoacidurie, un nanisme, un retard mental sévère et des signes oculaires.
L’atteinte oculaire est fréquente : cataracte bilatérale et totale dans 90 % des cas, glaucome congénital bilatéral également, présent dans 50 % des cas et associé à la cataracte.
L’affection est due à une mutation du gène OCRL localisé sur le chromosome X et codant pour l’enzyme phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate 5-phosphatase. Des mutations de ce gène sont aussi à l’origine de la maladie de Dent de type 2. Pour le conseil génétique, l'examen de la mère, qui est conductrice, est indispensable, à la recherche d'opacités du cristallin.
La maladie est récessive, liée au chromosome X.

C. U. Lowe, pédiatre américain (1952)

Syn. syndrome oculocérébrorénal

phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate 5-phosphatase., OCRL gene, maladie de Dent

lymphome à cellules du manteau l.m.

mantle cell lymphoma

Variété de lymphome malin non hodgkinien affectant les lymphocytes B de la région du nœud  (ganglion) lymphatique dénommée zone du manteau.
Le lymphome à cellules du manteau affecte principalement les adultes autour de 65 ans avec une nette prédominance masculine (rapport M/F = 4/1). Au moment du diagnostic, la majorité des patients sont atteints d’une forme disséminée de la maladie.
Ce lymphome est caractérisé par une translocation chromosomique t(11;14)(q13;q32) qui juxtapose le gène codant pour la cycline D1 (CCND1) au gène codant pour la chaîne lourde des immunoglobulines (IgH), entraînant une expression anormalement élevée de la cycline D1, qui intervient dans le contrôle du cycle cellulaire.  Le diagnostic est posé à partir d'une biopsie ganglionnaire révélant la présence de cellules tumorales porteuses de la translocation t(11 ;14).
On reconnaît deux sous-variétés, cliniquement et immunologiquement différentes, de lymphome du manteau : l’une sans mutation de la chaîne lourde des immunoglobulines et SOX11+ de pronostic réservé et l’autre avec la mutation de IGHV et SOX11-; cette dernière variété, indolente, se particularise par une atteinte médullaire, sanguine et splénique sans localisation ganglionnaire ; elle peut évoluer vers une forme plus agressive.

Ana Mozos, hématopathologiste espagnole (2009) ; Birgitta Sander, anatomo-pathologiste suédoise (2016)

lymphome malin non hodgkinien, SOX11

macrocéphalie, lipomes multiples et hémangiomes l.f.

macrocephaly, multiple lipomas and hemangiomata

Hémangiomes caverneux multiples avec macrocéphalie et pseudoœdème papillaire.
Dans cette affection sont associés : un syndrome de Sotos (grande taille et macrocéphalie avec retard de fermeture de fontanelle), un retard psychomoteur, une myopathie et des taches café au lait sur le pénis, des lipomes multiples, des polypes hamartomateux intestinaux. A l’examen oculaire, on peut observer un anneau de Schwalbe proéminent et des nerfs intra-cornéens. L’affection est autosomique dominante (MIM 117550, Gendiag 5175), Certains des patients développent une hypotonie, un retard mental et psychomoteur. Le gène responsable, (PTEN), sur le chromosome 10q (10q23.2), est suppresseur de tumeur, il code pour une protéine tyrosine-phosphatase ; la mutation inactive la fonction de la protéine. Une mutation sur le même gène est responsable de la maladie de Cowden. L’affection est autosomique dominante (MIM 153480).

G. A. Bannayan, anatomopathologiste américain (1971) ; J. Zonana, pédiatre et généticien américain (1976) ; H. D. Riley Jr. et W. R. Smith, pédiatres américains (1960) ; R. H. Ruvalcaba, Selma A. Myhre et D. W. Smith, pédiatres américains(1980)

Étym. gr. makros : grand ; kephalê : tête ;lipos : graisse ; aima : sang ; angeion : vaisseaux

Syn. Bannayan-Zonana (syndrome de), macrocéphalie-pseudoœdème papillaire et multiples hémangiomes, Bannayan-Riley-Ruvalcaba (syndrome de) (BRB), Ruvalcaba-Myhre-Smith (syndrome de), gigantisme cérébral-polypose et taches génitales

Sotos (syndrome de), hamartomes multiples (syndrome des), Cowden (maladie de)

macrothrombocytopénie n. m.

macrothrombocytopoenia, inherited giant platelet disorders, IGPDs, MHY9-related disease

Hémopathie  congénitale caractérisée par des troubles de la coagulation sanguine liée à une thrombopénie et à une formation anormale des plaquettes, à transmission autosomique dominante par altération du gène MYH9 (MYosin Heavy chain 9) dont le nombre des mutations, l’expressivité variables et l’association à l’atteinte d’autres organes a donné lieu à l’isolement de plusieurs formes cliniques.
Les plaquettes, peu nombreuses de 30000 à 100000, ont un volume comparable à celui des hématies ; la perte de  leur fonction provoque une tendance hémorragique. Des troubles associés peuvent dominer le tableau clinique : néphropathie interstitielle, surdité et cataracte congénitale, ces complications pouvant être constatées d’emblée ou lors de l’évolution..
Le gène responsable MYH9, situé en 22q12.13, code pour la protéine MYHIIA ( d’une chaîne lourde de la myosine II A non musculaire) ; elle est exprimée dans certaines cellules sanguines, polynucléaires, monocytes, plaquettes. La protéine, instable, précipite sous forme de particules (corps de Döhle) et le cytosquelette est désorganisé. Les divers variants alléliques vont donner des formes cliniques qui ont été isolées :
- Le syndrome de Sebastian, le moins grave, se traduit par une simple tendance hémorragique : épistaxis, ecchymoses, métrorragies ; les inclusions cytoplasmiques sont petites.
- Le syndrome de May-Hegglin présente de grosses inclusions intraleucocytaires et souvent une cataracte et des  atteintes cochléaire et rénale.
- Le syndrome de Fechtner est caractérisé par une néphropathie importante et l’absence de cataracte.
- Le syndrome d’Epstein a une faible tendance hémorragique, une absence d’inclusions cytoplasmiques mais l’attreinte rénale et la surdité peuvent être sévères.
Parmi les autres macrothrombocytopénies, diagnostic différentiel des précédentes, on peut citer :  la thrombocytopénie autoimmune chronique, où moins de 10% des plaquettes sont augmentées de volume, non héréditaire,  identifiée par la recherche des anticorps spécifiques, le syndrome de Bernard-Soulier, le syndrome de Jacobsen, le syndrome des plaquettes grises.
Sebastian et Fechtner sont les noms des familles atteintes de ces syndromes et décrits respectivement par A. Greinacher et L. C. Peterson

A. Greinacher, immunologiste et hématologue allemand (1990) ; R. May, médecin interniste allemand (1909) ; R. Hegglin, médecin interniste suisse (1945) ; C. J. Epstein, pédiatre américain (1972) ; (1972), LoAn C. Peterson, anatomopathologiste américaine (1985) ; Jean Bernard, membre de l'Académie de médecine et J. P. Soulier, hématologues français (1948) ; Petrea Jacobsen, médecin généticienne danoise (1973) ; K. G. P. Döhle, anatomopathologiste allemand (1892)

Étym. gr. macros : grand ; thrombos : caillot ;  cutos  : cellule ;  poenia : pauvreté ;

Syn. MHY9 (syndrome)

Epstein (syndrome), Fechtner (syndrome), May-Hegglin (syndrome) Sebastian (syndrome), Bernard-Soulier syndrome, Jacobsen (syndrome de), plaquettes grises (syndrome des), Döhle (corps de)

Majewski (syndrome de) l.m.

Ensemble polymalformatif létal comprenant une ostéodysplasie et des anomalies viscérales réalisant le syndrome « polydactylie-côtes courtes »

La chondrodysplasie néonatale de type II associe au nanisme mésomélique par membres courts et déformés, une polybrachysyndactylie, une hypoplasie des tibias qui sont plus courts que les fibulas, des côtes étroites avec thorax court. La face est ronde avec un hypertélorisme et une fente labiale ou palatine et une implantation basse des oreilles. Les anomalies viscérales associent des reins polykystiques, une aplasie pulmonaire, des malformations cardiaques (transposition des gros vaisseaux) une cataracte et un œdème papillaire. L’affection est de transmission autosomique récessive (MIN 263520). Le gène en cause  DYNC2H1 (locus en 11q21-q23.1) code pour la protéine dynéine et sa mutation entraîne un dysfonctionnement du transport rétrograde intraciliaire. Une mutation associée du gène NEK1 (locus en 4q33) intervenant dans la formation des cils fait de cette ciliopathie un  phénotype biallélique bigénique.

F. Majewski, pédiatre et généticien allemand (1971)

Syn. côtes courtes- polydactylie type Majewski, côtes courtes polydactylie de type II

maladie kystique de la médullaire rénale l.f.

medullary cystic disease, nephronophthisis

Affection familiale à transmission autosomique récessive qui se révèle habituellement dans l'enfance par la survenue d'une polyurie avec insuffisance rénale progressive.
La polyurie s’accompagne de polydypsie, d’une anémie sévère, de protéinurie avec élimination rénale excessive de sodium. Les reins sont le siège d'une atrophie tubulaire avec altérations sévères des membranes basales tubulaires, sclérose interstitielle et présence de kystes plus ou moins nombreux prédominant à la jonction corticomédullaire.
De nombreuses formes cliniques ont été décrites :
- selon l’âge d’apparition : infantile, décès avant deux ans ; juvénile début vers 5 ans et décès vers 10 ans ; de l’adolescent et tardives.
- selon les associations : dans 20% des cas une rétinite pigmentaire peut aboutir à une amaurose type Leber (syndrome de Senior-Løken)(1) ; une apraxie oculomotrice avec ataxie cérébelleuse (syndrome de Joubert) (2) avec hypoplasie du vermis ; et  des malformations squelettiques (syndrome de Saldino-Mainzer) (3)
- selon le ou les gènes en cause : neuf localisations ont déjà été localisées pour les gènes NPHP (NéPHronoPhtise) : Le gène NPHP1, locus en 2q13 (4) code pour une néphrocystine ; sa mutation est responsable de la forme juvénile la plus fréquente ; NPHP2 (en 9q31) codant pour la protéine inversine est responsable d’une forme infantile sévère avec cardiopathie, fibrose hépatique et parfois situs inversus en raison de son rôle dans la latéralisation des organes au cours de la morphogénèse. Les formes suivantes sont de type juvénile : NPHP3  (en 3q22) est asocié à une fibrose hépathique ; NPHP4 (en 1p36) présente toujours une atteinte rétinienne sévère. NPHP5 (en 3q13) est une des formes du syndrome de Senior-Løken ; NPHP6 (en 12q21) associe aux lésions rénales une rétinite pigmentaire et une atrophie du vermis ; les mutations de gène NPHP8 (locus en 16q) entraînent les malformations multiples du syndrome de Meckel (5). Tous ces gènes codent pour des protéines intervenant dans la fonction des cils vibratiles primaires (non moteurs) : captation et extraction des molécules et leur transport dans les tubules ciliaires des cellules épithéliales rénales mais aussi  transport des molécules (opsines) impliquées dans la transduction du signal lumineux dans les photorécepteurs rétiniens. Toutes les formes de la maladie entrent dans le cadre des ciliopathies.

1- B. Senior ophtalmologue américain (1961) ; Aagot Christie Løken neuropathologiste norvégienne (1961)2- Marie Joubert, neurologue canadienne (1969) 3- R. M. Saldino et F. Mainzer, médecins radiologues américains (1970 et 1971)4- Corinne Antignac, physiopathologiste et généticienne française (1993)5- J. F. Meckel Jr, anatomopathologiste allemand  (1822)

Syn. néphronophtise

ciliopathie, rétinite pigmentaire, Senior-Lǿken (syndrome de), Joubert (syndrome de), Senior- Løken(syndrome de), Saldino-Mainzer (syndrome de), Meckel (syndrome de)

malattia Leventinese l.f. 

malattia Leventinese, hereditary drusen of Bruch’s membrane
Affection rétinienne avec drusen fins ovalaires et alignés au pôle postérieur, donnant un aspect de soleil rayonnant à centre rouge fovéolaire dont les rayons sont constitués par les drusen à peine visibles.
Il s'y associe des drusen plus larges sur le bord de la papille. L'affection évolue en quatre ou cinq décennies avec apparition en périmaculaire d'une couronne de drusen plus épais qui se pigmentent et se compliquent de néovaisseaux. L'affection est à distinger des drusen et l'histopathologie, faite par Steicher et Schmidt en 1976, a montré qu'il existait des lésions histologiques différentes. L’affection est autosomique dominante liée à une mutation Arg345Trp du gène FBLN3 (appelé aussi EFEMP1) en 2p16-21 codant pour  la fibrilline ; le même gène est responsable de la dystrophie en rayons de miel de Doyne (honeycomb retinal dystrophy). Il s’agit probablement de  formes cliniques de la même affection.

A. Vogt, ophtalmologiste suisse (1925) ; R. W. Doyne, ophtalmologiste britannique (1899) ; T. Streicher, ophtalmologiste slovaque et K. Schmidt, anatomopathologiste slovaque (1976 et 1982)

Étym. Décrite dans une famille résidant dans la vallée Leventine, canton du Tessin, en Suisse.

Syn. druses radiaires maculaires

drusen, Doyne (dégénérescence en rayons de miel)

mannosidose n.f.

mannosidosis

Maladie métabolique congénitale, autosomique récessive, qui fait partie des glycoprotéinoses, caractérisée cliniquement par une mucopolysaccharidose avec retard mental sévère et biochimiquement par une accumulation dans les histiocytes de polyosides riches en mannose provenant de l'hydrolyse incomplète de la fraction glucidique des glycoprotéines, conséquence d'un défaut de mannosidase dans les lysosomes.
On distingue les -mannosidoses, par déficit en α-mannosidase, les plus fréquentes, où s'accumulent des polyosides plus ou moins ramifiés et les -mannosidoses par déficit en beta-mannosidase, très rares, où l'accumulation se limite à des di- et trihexosides et dont le gène MANBI a été localité en 4q22-25.
Deux formes d’α-mannosidose ont été distinguées :
- le type I, infantile, d’apparition très précoce, se traduit par un retard mental rapidement progressif et des modifications osseuses comme on en rencontre dans les dysostoses multiples. S'y associent souvent des surinfections bactériennes, une surdité, une hépatomégalie et une cataracte. L'évolution est létale entre 3 et 10 ans d'âge ;
- le type II, juvénile ou adulte se traduit également par un retard mental, une surdité et des anomalies osseuses. Des paraplégies spastiques et des pancytopénies sont possibles. Les examens biochimiques montrent que l'accumulation dans les histiocytes de polyosides riches en mannose provenant de l'hydrolyse incomplète de la fraction glucidique des glycoprotéines est liée à un déficit en mannosidase dans les lysosomes.
Actuellement on distingue 1- les formes bénignes, lentement progressives, 2- les formes modérées, 3- les formes sévères précoces (correspondant à l’ancien type I) 
L’affection est à transmission autosomique récessive. Le locus du gène MAN2B1codant pour la mannosidase acide a été localisé sur le chromosome 19 (19cen-q13.1). On en connaît plusieurs mutations. Un diagnostic prénatal est possible..

mannosidase

MAP3K1 gene sigle angl. pour mitogen-activated protein kinase kinase kinase 1

Gène situé sur le locus chromosomique 5q11.2, codant pour une protéine impliquée dans la détermination sexuelle avant la naissance.
Des mutations de ce gène interviennent dans le syndrome de Swyer, le cancer du sein, l’histiocytose X.

Syn. M3K1_HUMAN, MAP/ERK kinase kinase 1, MAPK/ERK kinase kinase 1, MAPKKK1, MEK kinase 1, MEKK, MEKK 1, MEKK1, mitogen-activated protein kinase kinase kinase 1, 3 ubiquitin protein ligase, SRXY6

Swyer (syndrome de), histiocytose X, cancer du sein

Martin-Bell (syndrome de) l.m.

Martin-Bell’s syndrome, fragile X syndrome

Affection congénitale associant une profonde arriération mentale avec troubles caractériels, des anomalies de la face (macrocéphalie, face allongée, grandes oreilles), une hyperlaxité articulaire et une hypertrophie des organes génitaux externes affectant surtout  les garçons (1 sur 2 à 4000 naissances selon les auteurs) et transmis par les femmes qui peuvent être atteintes de formes moins graves (1 sur 7000).
De transmission héréditaire dominante, de pénétrance variable, lié à l’X, il est reconnu au caryotype sur le site fragile du chromosome X (interface des bandes q27.3-q28). Plusieurs gènes sont en cause notés de A à E : le gène FRAXA en q27.3 présente une répétition anormale de triplets CGG en biologie moléculaire (Southern blot et amplification génique), dont la longueur conditionne la gravité de la maladie. Le gène FRAXE est situé dans la région Xq28.

J. P. Martin, neurologue et Julia Bell, médecin généticienne britanniques (1943)

Syn. syndrome de l’X fragile

retard mental lié au chromosome X fragile. X fragile (chromosome)

MATN3 gene sigle angl. pour MATrilin 3

Gène localisé en 2p24.1 qui encode le facteur A de von Willebrand ainsi que la formation de la matrice extracellulaire du cartilage.
La mutation de ce gène est à l’origine de la dysplasie épiphysaire multiple de type 5.

May-Hegglin (syndrome de) l.m.

May Hegglin anomaly, MHA

Affection comportant une thrombopénie avec défaut de maturation des plaquettes qui sont volumineuses et la présence d'inclusions basophiles dans les granulocytes neutrophiles et éosinophiles appelées corps de Döhle.
Elle se traduit par une tendance hémorragique : épistaxis, ecchymoses, métrorragies et plus rarement par une atteinte cochléaire ou rénale
La transmission est autosomique dominante ; la mutation, souvent  de novo, porte sur le gène MYH9, locus en 22q12-13 codant pour une chaîne lourde  de la myosine non musculaire exprimée dans les polynucléaires et les monocytes ; la protéine anormale précipite pour former de grosses inclusions ovalaires intracytoplasmiques, les corps de Döhle.
L’affection entre dans le cadre des macrothrombocytopénies avec les syndromes de Sebastian, d’Epstein, de Fechtner (et Alport-like) liées également à des mutation du gène MYH9.

R. May, médecin allemand (1909), R. M. Hegglin, médecin interniste suisse (1945) ; K. G. P. Döhle, anatomopathologiste allemand (1892)

Syn. anomalie de May-Hegglin

macrothrombocytopénie, MYH9 (maladies liées à)

McKusick- Kaufman (syndrome de) l.m.

McKusick- Kaufman syndrome, MKKS

Syndrome malformatif congénital comportant  une cardiopathie congénitale, un hydro ou hématocolpos, une hexadactylie postaxiale et des anomalies viscérales multiples.
La cardiopathie congénitale peut être une communication interventriculaire ou interauriculaire, un canal artériel, une tétralogie de Fallot ou autre ; il peut s’y associer, une atrésie ou une imperforation anale, une maladie de Hirschprung et des malformations urogénitales ; hydrométrocolpos par atrésie vaginale ou imperforation hyménéale chez la fille, chyptorchidie et hypospadias chez le garçon. Un mamelon surnuméraire est fréquent, parfois retrouvé isolé dans des cas familiaux. L’affection est autosomique récessive ; sa fréquence est de un pour cent chez les Amish. Le gène MKKS est localisé en 20p12. La protéine MKKS a un rôle dans le repliement d’autres protéines (protéine chaperonne), dans le transport des protéines dans la cellule et dans le développement des organes. Une autre mutation du gène intervient dans le syndrome voisin de Bardet-Bield.

V. A. McKusick, médecin interniste et généticien, membre de l'Académie de médecine  (1964), R. L. Kaufman, médecin généticien américain (1971), G. Bardet, ophtalmologiste français (1920, A. Biedl, anatomopathologiste et endocrinologue austrohongrois (1922)

Syn. syndrome de Kaufman

Bardet-Bield (syndrome de), chaperonne, MKKS gene

MC4R gene sigle angl. pour melanocortin 4 receptor

Gène localisé en 18q21.32, codant pour une protéine qui est un récepteur lié à la membrane et qui appartient à la famille des récepteurs de la mélanocortine.
Cette protéine agit, sous la médiation de protéines G, en collaboration avec l’hormone adrénocorticotrope et la mélanotropine (MSH).
La mutation de ce gène est à l’origine de l’obésité par déficit du récepteur de la mélanocortine 4

protéine G, obésité par déficit du récepteur de la mélanocortine 4, récepteur de mélanocortine 4, mélanotropine, hormone adrénocorticotrope

Meier-Gorlin (syndrome de) l.m.

Meier-Gorlin syndrome, ear-patella-short stature syndrome, MGS

Malformation congénitale autosomique récessive rare comportant une triade : malformation de l’oreille, absence ou hypoplasie rotulienne et petite taille.
La triade est complète dans 85 pour cent des cas ; elle peut être associée à d’autres anomalies : craniocéphaliques, génitales, mammaire (hypoplasie ou aplasie), et aux membres (camptodactylie, os grêles et incurvés, pied bot). L’état mental est normal. Sex-ratio 1/1.
Dans les familles atteintes la consanguinité est fréquente. Six gènes sont en cause ; ils codent pour six sous unités protéique agissant sur le début de la replication et sur la transcription de l’ADN nécessaires pour le développement des cellules, des organes et pour la croissance. Selon le ou les gènes en cause et leur localisation six types du syndrome MGS sont décrits. Les plus graves sont le syndrome MGS1 lié à la mutation du gène ORC1 (Origine Recognition Complex 1) localisé en 1p32 et le syndrome MGS2 dont le gène ORC4 est en 2q22-q23.

Z. Meier, pédiatre suisse (1959), R. J. Gorlin, stomatologue et généticien américain (1975)

Sigle : MGS pour Meier-Gorlin syndrome

mélanome uvéal (facteurs génétiques du) l.m.

uveal melanoma

Le nævocarcinome intraoculaire est pratiquement toujours sporadique mais il existe des facteurs génétiques de prédisposition.
Les recherches, en biologie moléculaire et en cytogénétique, de facteurs communs génétiques pour les patients atteints de mélanome uvéal (comme cela a été fait pour le rétinoblastome et la tumeur de Wilms), ont montré que le chromosome 3 est porteur d'un gène suppresseur et le chromosome 8 d'un gène oncogène (MIM 155720).

S. Mukai et T. P. Dryja,  ophtalmologistes américains (1985)

Étym. gr. melas, melanos : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur : lat. uva : grappe

Melnick-Needles (syndrome de) l.m.

Melnick-Needles’s syndrome

Ostéodysplasie avec irrégularité du contour des os longs par modification de la corticale, évasement métaphysaire et altération des os plats.
Les anomalies squelettiques sont multiples et découvertes à un âge variable : sclérose de la base du crâne, thorax étroit, côtes d’épaisseur inégale, déformations des vertèbres, pelvis triangulaire, coxa valga, parfois luxation de la hanche, corticales diaphysaires irrégulières avec déformation des membres (tibia varum), anomalies du crâne et de la face : brachycéphalie, front bombé, saillie des rebords orbitaires, dents mal alignées, micrognatie ; anomalies oculaires : hypertélorisme, buphtalmie, exophtalmie et microphakie. Il n’y a pas de troubles mentaux
L’affection est autosomique récessive, avec mutation du gène FLNA codant pour la filamine A en Xq28 ( MIM 09350) (MIM 249420) ou liée au sexe récessive (MIM 3093050).
Cette dysplasie est l’aspect le plus sévère du syndrome fronto-oto-palatodigital dont les quatre variants phénotypiques sont liés à une mutation du même gène.

J. C. Melnick, médecin radiologue et C. F. Needles, pédiatre américains (1966)

fronto-oto-palatodigitale (dysplasie)

MEN1 gene sigle anglais pour menin 1

Gène situé sur le locus chromosomique 11q13 codant pour la protéine menin qui agit comme suppresseur de tumeur empêchant les cellules de croître et se diviser trop rapidement ou dans une voie non contrôlée.
La mutation de ce gène entraîne la néoplasie endocrinienne multiple, l’hyperparathyroïdie familiale, l’hyperplasie congénitale des surrénales

Syn. MEAI, MEN1_HUMAN, menin, multiple endocrine neoplasia I

néoplasie endocrinienne multiple, hyperparathyroïdie familiale, hyperplasie congénitale des surrénales

MHS1 and MHS5 genes sigles angl. pour Malignant Hyperthermia Susceptibility

Des mutations de deux gènes sont à l’origine de l’hyperthermie maligne :

- le gène MHS1 ou RYR 1 pour Ryanodine receptal 1 skeletal, localisé en19q13.2, encode le récepteur de la ryanodine du muscle squelettique.
- le gène MHS5 ou CACNA1S pour calcium chanel voltage dependent 1 type alpha 1
subunit, qui encode la sous-unité α1 du récepteur du canal calcique musculaire à la dihydropyridine.

hyperthermia maligne

microcéphalie autosomique récessive primitive l.f.

primary autosomal recessive microcephaly, MCPH

Anomalie de développement neuromusculaire entraînant une microcéphalie sans troubles neurologiques importants dont on distingue deux formes : la microcephalia vera et la forme avec gyration simplifiée.
Dans les deux formes la réduction du volume de la tête est décelable à la naissance. La circonférence crânienne est de moins trois à moins cinq déviations standard (-3 à -5 DS) avec réduction parallèle du volume cérébral.
En cas de microcephalia vera le cerveau est petit et sa constitution, examinée par IRM, est pratiquement normale. Le retard mental est léger, la parole retardée; il n’y a ni trouble neurologique ni  trouble moteur ; la taille et le poids sont presque normaux.
La transmission est autosomique récessive  survenant dans des pays à forte consanguinité, en particulier au Pakistan du nord. Actuellement sept loci ont été décrits. Dans la forme MCPH1 le gène en cause appelé  microcéphaline, en 8p22pter, code pour une protéine ayant une action sur le développement de la partie antérieure du cerveau et les ventricules latéraux. La forme la plus fréquente est la MCPH5 (37 à 54% des cas) ; le gène ASPM (Abnormal Spindle –like Microcephaly) est situé en 1q31. La microcéphalie est décelable par échographie vers le milieu de la grossesse.
La forme avec gyration simplifiée est caractérisée en IRM par une simplification des circonvolutions et le peu de profondeur des sillons cérébraux. Le retard mental est plus important que dans la forme précédente et il existe des troubles neurologiques : convulsions et spasticité. Le pronostic vital peut être en jeu. Aucun locus génique n’a encore été identifié.

Étym. gr. mikros : petit ; kephalê : tête : autos : soi-même ; sôma : corps

Sigle : MCPH pour MicroCéphalie Primaire Héréditaire

MCPH1 gene

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