DRESS (syndrome) sigle angl. pour Drug Rash (or Reaction) with Eosinophilia and Systemic Symptoms
Syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse potentiellement grave, traduit cliniquement par de la fièvre, une érythrodermie parfois desquamative avec œdème facial, éventuellement des adénopathies diffuses, et biologiquement par une hyperéosinophilie avec présence de lymphocytes circulants atypiques et signes de cytolyse hépatique, et dont la survenue deux à six semaines après la prise d’un médicament tel que carbamazépine, sulfasalazine, ibuprofène pourrait être favorisée par une infection virale.
L’arrêt immédiat du médicament incriminé est impératif pour amener une régression du syndrome et éviter d’éventuelles complications parfois mortelles ; une corticothérapie est recommandée par certains.
→ épidermolyse nécrosante suraiguë
Dubin-Johnson (syndrome de) l.m.
Dubin-Johnson’s syndrome
Affection génétique se transmettant sur le mode autosomique récessif, caractérisée par une anomalie de l'excrétion de la bilirubine conjuguée dans la bile, responsable d'un ictère modéré et chronique qui apparaît en général chez l'adolescent, alors que le reste du fonctionnement hépatique est normal.
Cette situation reste bien tolérée et le diagnostic repose sur la mise en évidence d'anomalies portant sur d'autres substances (BSP, rose bengale, opacificants biliaires) et la découverte dans les urines d'une excrétion anormalement élevée de la fraction I des coproporphyrines. La biopsie du foie montre du tissu noir en raison de la surcharge par un pigment proche de la mélanine. Il n'y a pas de traitement pour ce syndrome d'évolution bénigne. Une situation pathologique voisine est connue sous le nom de syndrome de Rotor.
MIM 2375500
I. N. Dubin et F. B. Johnson, anatomopathologistes américains (1954),
Syn. hyperbilirubinémie II, ictère de Dubin-Johnson, ictère chronique idiopathique
dysgénésie gonadique l.f.
gonadal dysgenesis
Malformation gonadique secondaire à une anomalie des chromosomes sexuels.
Elle s’accompagne de troubles du développement génital et de perturbation phénotypique. Elle peut intéresser l’ovaire dans le syndrome de Turner, affecter le testicule dans le syndrome de Klinefelter et entraîner une ménopause précoce. La mutation du gène CBX2 situé sur le locus chromosomique 17q25.3 est responsable de l’affection.
H. H. Turner, médecin endocrinologue américain (1938) ; H. F. Klinefelter, Jr, médecin endocrinologue américain (1932)
Étym. gr. dus : difficulté ; genesis : génèse
Syn. dysgonosomie
→ CBX2, Turner (syndrome de), Turner (syndrome de)
dyskinésie n.f.
dyskinesia
Difficulté ou anomalie dans l’exercice d’un mouvement.
Ensemble de mouvements involontaires anormaux d'amplitude variable, irréguliers, parfois rythmiques, étendus ou localisés (sphère bucco-linguo-faciale), notamment).
Le terme d'hyperkinésie, qui signifie exagération du mouvement, devrait être préféré à celui de dyskinésie, étymologiquement entendu comme difficulté, voire diminution ou abolition de celui-ci. Au sens large, il s'agit de tous les mouvements anormaux : tremblements, chorée, hémiballisme, myoclonies, tics, athétose, dystonie, etc.
L'électromyogramme est désormais une technique courante pour préciser la nature et la physiopathologie de ce mouvement.
Seront seulement rappelées ici :
1) les dyskinésies médicamenteuses, qui sont surtout secondaires aux neuroleptiques : soit aigües, pouvant apparaître dans les 36 premières heures chez des sujets prédisposés et comprenant des accès hypertoniques souvent accompagnés d'hypersalivation et de troubles de la déglutition, parfois des accès d'akathisie ou d'hyperkinésie ; soit tardives, surtout buccofaciales (syndrome du lapin avec protraction et rétraction des lèvres et contraction tonique de l'orbiculaire, p. ex.). Celles-ci constituent le problème majeur des neuroleptiques après trois mois d'administration continue. L'emploi d'une posologie minimale est la meilleure prévention. La dopathérapie pour syndrome parkinsonien peut aussi se compliquer de dyskinésies. Dans ces deux cas, une hypersensibilité des récepteurs à la dopamine endogène est relevée ;
2) les dyskinésies d'intention et d'action ou dyskinésies volitionnelles d'attitude, modification évolutive du tremblement d'attitude parasitant le mouvement volontaire ou même interdisant tout mouvement précis. Elles disparaissent lors de l'interruption du mouvement.
Étym. gr. dus : difficile ; kinêsis : mouvement
Syn. dyscinésie
dysostose acrofaciale de Weyers l.f.
Weyers’ acrofacial dysostosis
Syndrome congénital malformatif familial avec nanisme, dystrophie myotonique, anomalies de la mâchoire inférieure, de la dentition, de la partie antérieure de la bouche, associées à une polydactylie post-axiale, une dystrophie unguéale, une relative petite taille mais une intelligence normale.
Quelques familles ont été décrites, avec des incisives manquantes, microdontie, oligodontie, hypoplasie de l'émail dentaire. Il existe également des anomalies de l'oreille (anthélix hypoplasique) et des ongles dysplasiques. Pour les yeux on peut trouver un hypotélorisme, des opacités cornéennes, de petites ponctuations iriennes, des synéchies pupillaires, une microphtalmie, un glaucome et une cataracte congénitale. L’affection est autosomique dominante (MIM 193530).
Elle est à rapprocher du syndrome d’Ellis-van Creveld (MIM 225500), forme allélique du gène EVC, les deux syndromes pouvant coexister au sein d’une même famille.
H. Weyers, pédiatre allemand (1952) ; R. Ellis, pédiatre britannique et S. van Creveld, pédiatre néerlandais (1940) ; Juliette Albuisson, généticienne française (2004)
Syn. dysostose acrodentale de Weyers, dysplasie dentofaciale, dysplasie iridodentaire, dysplasie dento-iridienne, dysgénésie iridodentaire, dysgénésie mésodermique cornée iris et oligodontie, syndrome de Weyers, syndrome du rayon ulnaire-oligodactylie de Weyer
Réf. modifié d’après J. Albuisson – Orphanet, janvier 2004
→ Ellis-van Creveld (syndrome d')
[A4,O6,Q2]
dysostose acrofaciale l.f.
acrofacial dysostosis
Ensemble de malformations congénitales des extrémités céphaliques et des parties distales des membres associées le plus souvent à d’autres malformations en particulier viscérales.
De nombreux syndromes sont décrits selon la répartition des déformations et les caractères génétiques, en particulier :
le syndrome de Miller où les malformations des membres se situent dans les rayons post-axiaux ; le syndrome de Nager, préaxial aux membres ; les syndromes de Rodríguez, de Weyers, de Catania, de Miller.
M. Miller, pédiatre et généticien américain (1979) ; F. R. Nager, otorhinolaryngologiste suisse (1948) ; H. Weyers, pédiatre allemand (1952) ; J. I. Rodrígez, anatomopathologiste espagnol (1990) ; J. M. Opitz, généticien et pédiatre américain (1993)
Étym. gr. dus , indique la difficulté, l’anomalie ; osteon : os ; acros ;extrémité ; lat. facies : visage ; Catania, ville de Sicile
dysplasie thoracique asphyxiante du nouveau-né l.f.
asphyxiating thoracic dysplasia of the newborn
Chondrodystrophie avec malformation thoracique, dystrophie osseuse des os longs et parfois insuffisance rénale.
La taille est petite, le thorax étroit et fixe, et il existe des anomalies squelettiques d’ossification enchondrale, une brachydactylie et parfois une polydactylie postaxiale, une morphologie anormale des toits de cotyle. En fin de l’enfance apparaissent des insuffisances respiratoire et rénale. Il existe de façon inconstante une dystrophie mixte rétinienne qui ressemble au début à une forme poivre et sel, mais qui, en quelques années, devient une rétinite pigmentaire assez typique avec ostéoblastes nombreux en périphérie et atrophie aréolaire maculaire. L’ERG s’altère assez rapidement pour avoir un tracé éteint vers dix ou douze ans.
L’affection est autosomique récessive (MIM 208500). La base moléculaire de ce syndrome a été partiellement élucidée à l’identification des gènes IFT80, DYNC2H1, WDR19 et TTC21B, chacun encodant pour une protéine de transport intraflagellaire ce qui confirme l’appartenance du syndrome de Jeune au groupe des ciliopathies.
M. Jeune, pédiatre français (1955)
Étym. gr. dus : difficulté; plasein : façonner
→ IFT80, DYNC2H1, WDR19, TTC21B, ciliopathie
dystroglycanopathies l.f.p.
Groupe de dystrophies musculaires congénitales en relation avec des anomalies de la glycosylation comprenant le syndrome de Walker-Warkurg, le syndrome muscle-œil-cerveau, la DMC avec déficit en FKRP (ou DMC 1C), la dystrophie musculaire de Fukuyama, la DMC avec déficit en protéine LARGE (DMC 1D) et la DMC 1B.
Elles ont en commun un défaut de glycosylation d’une protéine musculaire membranaire l’alpha-dystroglycane. Le phénotype musculaire des dystroglycanopathies est très souvent associé à un phénotype cérébral et/ou oculo-cérébral. Autosomiques récessives, elles sont en rapport avec plusieurs gènes distincts (15 à ce jour, les plus connus étant POMT1, POMT2, FKTN, FKRP, LARGE, POMGnT1, DPM3, ISPD, GMPPB).
Syn. dystrophies musculaires congénitales avec anomalies de la glycosylation, syndromes cérébro-musculaires
→ Walker-Warkurg (syndrome de), syndrome muscle-œil-cerveau, dystrophie musculaire de Fukuyama, dystrophie musculaire type B14, dystrophie musculaire des racines type C 14, Walker-Warburg (syndrome de), FKTN, FKRP, POMT1, POMT2, DAG1, LARGE, POMGnT1, DPM
Fukuyama (dystrophie musculaire de) l.f.
Fukuyama disease
Dystrophie musculaire congénitale caractérisée par une malformation cérébrale (lissencéphalie pavimenteuse), des dystrophies des muscles squelettiques, un déficit intellectuel sévère, une épilepsie et un déficit moteur.
La prévalence de la maladie est élevée dans la population japonaise (2-4/ 100 000) et très faible ailleurs. Une consanguinité des parents a été décrite.
La maladie débute classiquement dans la petite enfance. Les symptômes sont une succion et un cri faibles, un retard de développement, une hypotonie, des contractures des hanches, des genoux et des articulations interphalangiennes. Les signes plus tardifs sont un visage évoquant une myopathie, une pseudohypertrophie des mollets et des avant-bras, des anomalies ophtalmologiques (déficits visuels et dysplasie rétinienne). L'atteinte cardiaque progressive ainsi que les troubles de la déglutition et de l'alimentation (conduisant à une pneumopathie d'aspiration souvent fatale) s'observent dans les formes graves de la maladie ou chez des patients âgés de plus de dix ans. Les crises convulsives (convulsions généralisées toniques-cloniques, crises partielles complexes et crises partielles avec généralisation secondaire, spasmes infantiles, crises toniques ou myocloniques) apparaissent chez la moitié des individus (âge moyen à l'apparition des crises: 1-3 ans). Tous les patients ont un déficit intellectuel sévère (QI de 30 à 60).
Le gène en cause, FKTN, code pour la fukutine et est localisé en 9q31. La transmission est autosomique récessive.
Le diagnostic est basé sur des signes cliniques, sur des éléments caractéristiques de neuro-imagerie et d'électromyographie, sur des biopsies musculaires et sur la génétique moléculaire.
Les diagnostics différentiels comprennent les dystrophies musculaires de Duchenne et Becker ainsi que d'autres types de dystrophies musculaires comme le syndrome de Walker-Warburg et le syndrome muscle-oeil-cerveau.
Le diagnostic prénatal est possible sur de l'ADN extrait de cellules foetales prélevées par amniocentèse (à 15-18 semaines de gestation) ou par prélèvement de villosités choriales (à 10-12 semaines de gestation).
Le pronostic dépend de la sévérité des complications de la maladie, surtout neurologiques, cardiaques, ou respiratoires.
Y. Fukuyama, neuropédiatre japonais (1960) ; B. Eymard, myologue français (2008)
Réf. Orphanet, B. Eymard (2008)
→ lissencéphalie, FKTN gene, fukutine, dystrophie musculaire progressive pseudo-hypertrophique de Duchenne et de Becker, Walker-Warburg (syndrome de)
[H1, H3, I4, K1, K2, O1, P2]
Édit. 2019
dysversion papillaire l.f.
tilted disk syndrome
Anomalies de l'axe d'ouverture de la papille, alors dirigé dans une autre direction que le coté temporal et de l'axe d'émergence des vaisseaux au niveau de cette papille se faisant dans cette même autre direction.
Cette anomalie, souvent sporadique, a un caractère héréditaire certain, elle est 8 fois sur 10 bilatérale et fréquemment associée à un conus (conus de Fuchs). Si sa direction est en nasal, il s'agit d'un situs inversus ; dans ce cas l'acuité est rarement normale (perte de quelques dixièmes). Elle porte le nom de "tilted disk syndrome" s'il existe une anomalie de réfraction (surtout astigmatisme), un déficit bitemporal ou altitudinal du champ visuel, et une ectopie maculaire. Certains auteurs font de cette anomalie un colobome à minima. Le "tilted disk syndrome" existe dans 2 à 3% des cas sur des sujets normaux mais on le voit dans les hypertélorismes et les dysostoses craniofaciales (maladie de Crouzon et maladie d'Apert).
E. Fuchs, ophtalmologiste autrichien (1882) ; O. Crouzon, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1912) ; E. Apert, pédiatre français (1906)
dysplasie ectodermique anhidrotique l.f.
anhidrotic ectodermal dysplasia
Syndrome associant une absence ou une diminution de la sudation (anhidrose) avec intolérance à la chaleur, des cheveux secs et clairsemés, une finesse de la peau, une absence partielle ou totale des dents et une dysmorphie faciale caractéristique.
Une atteinte O.R.L (surdité.), ophtalmique (kératite ponctuée, hyposécrétion lacrymale, opacités cornéennes et cristalliniennes, parfois glaucome ou cataracte), digestive ou pulmonaire sont fréquentes. Il peut s’y ajouter microcéphalie, arachnodactylie, hypotrichose, retard mental.
Le syndrome est dû à une absence totale ou partielle des glandes sudoripares
Le diagnostic repose sur la clinique, l'examen radiologique, l'image histopathologique et les tests de mesure de la sudation. Le traitement vise à supprimer les exercices physiques, à éviter la chaleur, à conseiller le port précoce de prothèses dentaires.
Le gène est localisé sur le chromosome Xq12.2-13.1. L’affection est dominante, liée au sexe (MIM 305100) ou, exceptionnellement, autosomique récessive (MIM 224900) ou autosomique dominante (MIM 129490). Les femmes vectrices ont des anomalies et peuvent être dépistées par un simple examen des dents.
J. Christ, odontologue allemand (1913) ; H.W. Siemens, dermatologue allemand (1937) ;A. Touraine, dermatologue français, membre de l’Académie nationale de Médecine (1936)
Étym. gr. ektos: au dehors ; derma : peau
Syn. Christ-Siemens-Touraine (syndrome de)
→ Christ-Siemens-Touraine (syndrome de), anhidrosen kératite ponctuée superficielle, microcéphalie, arachnodactylie, hypotrichose
[H3, I2, J1, P1, P2, P3, Q2]
Édit. 2019
embolie de cholestérol l.f.
cholesterol embolus
Petit fragment d'athérome pouvant s'échapper dans le courant circulatoire pour créer une embolie dans les artères d'aval, lorsqu'une rupture de plaque met en contact le cœur lipidique avec le sang circulant.
Embole intra-artériel de cristaux de cholestérol provenant d’une rupture de plaque d’athérome.
L'examen microscopique du tissu atteint se caractérise par la présence de cristaux de cholestérol dans les petites artères où les emboles se sont bloqués. En fait, les emboles contiennent aussi des éléments de thrombus (fibrine, plaquettes) justifiant l'appellation plus précise de micro-embolies thrombo-athéromateuses. Provenant de l'aorte ou de l'ostium de l'artère carotide primitive, l’embole est parfois déclenché par une intervention sur l'aorte ou par une artériographie. Les embolies de cholestérol peuvent déterminer des symptômes ischémiques focaux (amaurose fugace, syndrome de l'orteil bleu, p. ex.), des infarctus cérébraux (touchant essentiellement les territoires jonctionnels), rétiniens et médullaires, des ischémies systémiques, notamment musculaires, rénales et cutanées, et des lésions à distance de mécanisme probablement immunologique (neuropathie périphérique, péricardite, glomérulonéphrite). Quand elles sont multiples et disséminées (à partir d'une plaque aortique), elles peuvent provoquer un syndrome systémique alarmant, allant parfois jusqu'à mimer une périartérite noueuse.
Une éosinophilie est fréquente. La confirmation diagnostique repose sur la mise en évidence de cristaux de cholestérol soit au fond d'œil (sous l'aspect d'un petit bouchon blanc caractéristique : plaque de Hollenhorst), soit sur une biopsie (cutanée, musculaire, etc.) Le traitement est décevant, les anticoagulants étant déconseillés.
R. Hollenborst, ophtalmologue américain (1961)
Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe
Syn. rupture de plaque d'athérome
→ embole, embolisation, syndrome de l'embolie de cristaux de cholestérol, embolies multiples de cholestérol, athérome, thrombus, amaurose, syndrome de l'orteil bleu, infarctus cérébral, péricardite, neuropathie périphérique, glomérulonéphrite, périartérite noueuse, éosinophilie, plaque de Hollenhorst
[K4, N3]
Édit. 2919
embryofoetopathie à la phénylhydantoïne l.f.
Syndrome dysmorphique du fœtus induit par la prise par la mère de phénylhydantoïne au cours de sa grossesse.
« La diphénylhydantoïne est un antiépileptique commercialisé en France depuis plus de 40 ans. Environ 2% des femmes qui accouchent sont épileptiques et la diphénylhydantoïne est prescrite chez 5 à 10% de ces patientes. La prise du médicament pendant la grossesse est susceptible d'induire chez le nouveau-né un syndrome dysmorphique caractéristique regroupant un ensemble d'anomalies telles qu'une implantation basse des cheveux, un cou court ou palmé, un petit nez, une ensellure nasale, un épicanthus, un hypertélorisme, une grande bouche, des oreilles mal ourlées, une hypoplasie des phalanges distales, un triphalangisme du pouce, le tout associé à un retard de croissance et à des troubles du développement psychomoteur. Le risque d'altération du développement neurologique, estimé entre 1 et 11%, est 2 à 3 fois plus important que dans la population générale. Comme avec les autres anti-épileptiques, le risque de fentes faciales et de cardiopathies est multiplié par 5, sans que la part étiologique de la maladie épileptique de celle du traitement soit clairement établie. Quelques observations suggèrent également une augmentation du risque de survenue de tumeurs bénignes ou malignes, telles que les neuroblastomes ou autres tumeurs néonatales (épendymome, tumeurs ectodermiques, tumeur de Wilms). Le mécanisme d'apparition des anomalies foetales dépendrait du patrimoine génétique de la mère, c'est-à-dire de sa capacité ou non à détoxiquer des métabolites intermédiaires toxiques, issus de la dégradation la diphénylhydantoïne. Il s'agit d'un exemple caractéristique de l'interaction génétique-environnement dans l'étiologie des malformations. »
Elisabeth Robert–Gnansia, médecin généticienne française (2005)
Syn. embryofoetopathie à la diphénylhydantoïne, exposition anténatale à la diphénylhydantoïne
Réf. Orphanet, E. Robert-Gnansia (2005)
[A4, F2, G5, H1, O4, O6, P2]
Édit. 2019
empreinte parentale n.f.
genomic imprinting
Modification de l’expression des gènes qui entraîne la répression d'un seul des deux allèles, maternel ou paternel, par altération de la structure de la chromatine dans la région où se trouvent ces gènes.
Un gène est régulé par les facteurs agissant sur sa transcription, mais aussi par des modifications dites « épigénétiques », survenant durant la formation des gamètes, qui peuvent être transmissibles et consistent en la méthylation ou l’acétylation des histones de la chromatine. Lorsqu’un gène est soumis à l’empreinte, un seul allèle s’exprime et, ainsi, le sujet peut souffrir d’une mutation récessive qui serait sans effets s’il n’existait pas d’empreinte. Chez l’homme, par exemple, le syndrome de Prader-Willi caractérisé par une hypotonie, une obésité, une petite taille et des retards mentaux, est dû à une mutation sur le chromosome 15 paternel non suppléée par la copie maternelle, demeurée silencieuse. De même, le gène de l’IGF2 (Insulin-like Growth Factor) est soumis à une empreinte parentale avec une expression sélective des allèles paternels Une levée d’empreinte est observée dans le syndrome de Wiedermann-Beckwith associé à une macrosomie fœtale, une prédisposition tumorale et une hypoglycémie néonatale.
→ Prader-Willi (syndrome de), IGF, Wiedermann-Beckwith (syndrome de), épigénétique, insulin-like growth factor (IGF)
[Q1]
Édit. 2019
encéphalite japonaise l.f.
japanese encephalitis
Arbovirose extrême-orientale qui représente la première cause d'encéphalite virale dans ces régions.
Plusieurs milliers de cas rapportés chaque année, principalement chez les autochtones résidant en zone rurale.
Le Flavivirus en cause est transmis par des moustiques femelles du genre Culex qui le prélèvent sur certaines espèces d'oiseaux constituant un réservoir de virus, et assurent son transfert sur le porc domestique. Des antigènes communs existent avec d'autres virus de ce genre, notamment les virus de la fièvre jaune et de la dengue, mais sans protection contre les infections hétérologues.
Après une incubation silencieuse d'une à deux semaines, le début est brutal, avec fièvre élevée, céphalées et altération de l'état de conscience. S'associent souvent un syndrome méningé, un syndrome pyramidal ou extrapyramidal. Le LCS est caractéristique d'une encéphalite virale. Mais plus de 95% des cas sont asymptomatiques. La létalité d'une encéphalite cliniquement avérée varie de 10 à 30%, pouvant atteindre 50% chez les petits enfants et après 50 ans. D'importantes séquelles neropsychiques persistent dans un tiers de ces deux tranches d'âge.
Des campagnes de vaccination de masse conduites chez les enfants au Japon, en Corée et en Thailande ont semblé efficaces.
Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)
Sigle JEV
→ Flavivirus, vaccin contre l'encéphalite japonaise, Culex, arbovirose, fièvre jaune, dengue, encéphalite
[ D1, D4, H1]
Édit. 2019
encéphalopathies par carence vitaminique l.f.p.
encephalopathies due to a vitamin deficiency
Manifestations cérébrales relevant de quatre ordres principaux de carences vitaminiques.
La carence en vitamine B1 se traduit tout particulièrement per l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke-Korsakoff.
Le syndrome neuroanémique observé lors de l'anémie de Biermer est attribué à une carence en vitamine B12. En seront rapprochées les carences en folates, avec notamment des lésions de la substance blanche (leucoencéphalopathie) pouvant comporter une évolution démentielle parfois réversible, souvent associée à une polyneuropathie sensitivomotrice, à une sclérose combinée de la moelle, à des "jambes sans repos" ou à un syndrome cérébelleux, même sans la présence d'une anémie macrocytaire. L'atteinte de la substance blanche est visualisée par l'IRM tant au niveau encéphalique que médullaire. Dans les carences en cobalamine, souvent en l'absence de tout signe d'anémie de Biermer, des modifications de la personnalité et des états délirants sont observés. Si bien qu'un lien avec une carence en vitamine B12 peut alors être discuté.
Plutôt que d'un apport insuffisant, la carence en vitamine B6 résulte surtout de l'action antagoniste de certains médicaments (isoniazide en particulier). Elle peut se traduire par un état confusionnel et/ou une crise convulsive.
Observé notamment chez l'alcoolique chronique dénutri, un manque en vitamine PP peut se traduire par une confusion, voire un coma, associés à une importante hypertonie, en faveur d'une origine ou plutôt d'une participation pellagreuse à l'encéphalopathie. Certains alcooliques en état confusodémentiel ne régressent pas avec la seule vitamine B1. Ainsi se justifie l'adjonction de vitamine PP dans de tels troubles.
C. J. Gayet ophtalmologiste français, membre de l'Académie de médecine (1875) ; C. Wernicke, neuropsychiatre allemand (1881) ; S. S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887) ; M. A. Biermer, médecin interniste allemand (1868)
→ vitamine B1, Biermer (maladie de), folates (carence en), Gayet-Wernicke-Korsakoff (syndrome de), sclérose combinée de la moelle (syndrome de), leucoencéphalite, pyridoxine, nicotinamide
[C2, H1, R1]
Édit. 2019
neuropathies endocriniennes l.f.p.
endocrine neuropathies
Lésions des nerfs périphériques secondaires à une endocrinopathie, qui peuvent soit révéler, soit compliquer celle-ci.
Le diabète, quel que soit son type, est le principal pourvoyeur de neuropathies endocriniennes intéressant les nerfs périphériques et crâniens.
En dehors du diabète, on individualise
- les polyneuropathies, rarement hyper, surtout hypothyroïdiennes, accompagnées ou non d'un syndrome bilatéral du canal carpien;
- les neuropathies de l'acromégalie, par syndrome du canal carpien ou hypertrophie nerveuse diffuse ;
- les polyneuropathies hyperinsuliniques, en rapport avec des hypoglycémies répétées;
- les neuropathies hyperparathyroïdiennes et les neuropathies de néoplasies endocriniennes multiples, qui sont très rares ;
- au cours de la grossesse, des syndromes du canal carpien et des méralgies paresthésiques, qui ne sont pas rares.
→ encéphalopathies endocriniennes non diabétiques, méralgie
[H1, O3, O4, R1]
Édit. 2019
enfant battu l.m.
battered child syndrome
Enfant le plus souvent en bas âge, victime de violences physiques.
Les lésions sont diverses, affectent les téguments (égratignures, ecchymoses, hématomes cutanés et sous-cutanés, brûlures), le squelette (fractures des membres ou de la voûte crânienne avec parfois hématomes sous-duraux), plus rarement les viscères.
Sont évocateurs de sévices la localisation des lésions, la coexistence d’éléments d’âges différents.
La démarche diagnostique se doit d’être particulièrement rigoureuse, consignée par écrit ou enregistrée. Elle analyse les déclarations de l’enfant (si l’âge l’autorise), de ses parents et de son entourage, les informations tirées de l’examen clinique et radiologique (squelette complet).
F Silverman, pédiatre et radiologue aux Etats-Unis a décrit un syndrome spécifique associant chez des enfants victimes de sévices, la présence de fractures multiples d’âge différent avec arrachements métaphysaires et /ou décollements du périoste. Par abus de langage, certains désignent sous le nom de syndrome de Silverman toute maltraitance ou sévices à enfants.
F. N. Silverman, pédiatre et radiologue américain (1953)
Syn. Silverman (syndrome de)
→ enfant secoué, hématome sous-dural, Silverman (syndrome de)
[E3, O1]
Édit. 2020
enfant de mère toxicomane l.m.
child of drug addicted mother
Le nouveau-né de mère toxicomane peut présenter, dans un délai de quelques heures à quelques jours après la naissance, un syndrome de sevrage aux opiacés.
Le tableau clinique associe des troubles neurologiques (hyperexcitabilité, trémulations, hypertonie voire convulsions), des troubles du sommeil (avec pleurs), des troubles digestifs (difficulté de succion, régurgitations ou vomissements), des troubles respiratoires.
L’établissement de scores cliniques permet une évaluation objective de ce syndrome, de son intensité, de sa progression et oriente la prise en charge thérapeutique associant des soins de nursing (emmaillotement, limitation des stimuli sonores et lumineux), un apport alimentaire fractionné avec un lait épaissi et en cas de sévérité un traitement médicamenteux (sédatifs, morphine).
[G4, O1]
Édit. 2020
épilepsie-absences de l'enfant l.f.
child absences-epilepsy
Syndrome épileptique appartenant au cadre des épilepsies généralisées, se manifestant, entre 3 et 12 ans avec un maximum d'incidence à 6-7 ans, par des absences typiques simples ou complexes chez des enfants jusque-là normaux.
Toutes les variétés d'absences peuvent être observées à l'exclusion des absences myocloniques. Elles sont très fréquentes durant la journée, survenant spontanément ou sous l'influence de facteurs extérieurs. À l'EEG, elles correspondent à une décharge de pointes-ondes à 3 c/s, bilatérales, symétriques et synchrones, souvent provoquées par l'hyperpnée. Le fond du tracé est le plus souvent normal
Les absences ont tendance à disparaître spontanément. Dans 80 % des cas, elles sont supprimées par des médicaments antiépileptiques spécifiques. Lors de l'adolescence ou plus tard, 40 % des sujets développent une épilepsie avec crises généralisées tonicocloniques relativement bénignes. Il est retrouvé dans ce syndrome une forte composante génétique.
Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre
Syn. petit mal, pycnolepsie
→ absence
[H1, O1, Q2]
Édit. 2020
épilepsie idiopathique l.f.
idiopathic epilepsy
Syndrome épileptique réunissant des caractères électrocliniques communs : crises généralisées ou partielles, d'expression sémiologique âge-dépendante, survenant chez des patients le plus souvent normaux, sans lésion cérébrale, et comportant sur l'EEG des anomalies spécifiques du syndrome individualisé.
Il en est ainsi :
- de l'épilepsie à paroxysmes centrotemporaux, caractérisée par l'association de crises partielles simples ou complexes et d'anomalies paroxystiques à projection temporale droite ou gauche ;
- de l'épilepsie-absences de l'enfant, forme généralisée idiopathique comportant l'association, chez l'enfant ou l'adolescent, d'absences simples ou complexes et, sur l'EEG, de décharges de pointes-ondes à 3 c/s.
La seule explication actuelle de l'épilepsie idiopathique est un seuil épileptogène anormalement bas et un caractère génétique plus ou moins démontrable par l'histoire familiale.
Terme à ne pas confondre avec cryptogénique.
Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre; idios : propre à
Syn. épilepsie essentielle, primaire (déconseillé)
[H1]
Édit. 2020
épilepsie myoclono-astatique l.f.
myoclonus-astatic epilepsy
Syndrome épileptique rare de l'enfant, se manifestant chez des sujets jusque-là normaux par des crises myoclono-astatiques, des absences brèves et des crises généralisées tonicocloniques.
Des antécédents familiaux sont fréquents. Les limites sont peu claires avec l'épilepsie myoclonique précoce et le syndrome de Lennox-Gastaut. L'évolution est déroutante : guérison spontanée ou développement d'une encéphalopathie épileptogène grave.
W. G. Lennox, neurologue américain (1960) ; H. Gastaut, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1960) ; H. Doose, neuropédiatre allemand (1992)
Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre; mus : muscle ; klonos : agitation : a privatif : stasis : station (position debout)
Syn. épilepsie myoclono-astatique du jeune enfant, syndrome de Doose
[H1, H3, O1, Q2]
Édit. 2020
épreuve de freinage par la dexaméthasone l.f.
dexamethasone suppression test
Epreuve biologique destinée à contrôler la dépendance de la corticosurrénale à l'hypophyse.
Cette épreuve est utilisée pour le diagnostic positif du syndrome de Cushing.
Elle consiste à freiner la sécrétion hypophysaire de corticostimuline, l’ACTH. Il existe deux types de tests.
Le premier est un test dit de freinage « rapide », effectué en première intention, qui consiste à administrer 1 mg de dexaméthasone à minuit et à doser le cortisol plasmatique à 8 h . Chez le sujet normal, la concentration de cortisol doit être inférieure à 50 nmol/L. Elle reste élevée en cas de syndrome de Cushing.
Le test dit « standard » consiste à administrer la dexaméthasone à raison de 0,5 mg toutes les 6 h pendant deux jours. Le dosage de la cortisolémie est effectué 6 h après la dernière prise. L’interprétation des résultats est identique au test standard.
H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)
→ Cushing (syndrome de), ACTH, dexaméthasone
[B3, O4]
Édit. 2020
Erasmus (syndrome d') l.m.
Erasmus' syndrome
Association d'une silicose et d'une sclérodermie systémique progressive.
Dans cette association, la silicose précède habituellement la sclérodermie. Ce syndrome survient en particulier chez les mineurs de charbon.
Le syndrome d'Érasmus figure parmi les maladies professionnelles indemnisables.
L. D. Erasmus, médecin pneumologue sud-africain (1957)
→ silicose, sclérodermie systémique
[E2,K1,N3]
Édit. 2018
érythème noueux l.m.
erythema nodosum
Forme typique d'hypodermite nodulaire aigüe débutant par un syndrome fébrile d'allure grippale qui précède l'apparition de nouures, douloureuses surtout lors de la station debout, chaudes, fermes, peu nombreuses, mesurant de un à quatre centimètres, et siégeant sur les faces d'extension des jambes et des genoux, moins souvent sur les cuisses et les avant-bras.
L’histologie montrerait une péricapillarite à polynucléaires neutrophiles au début, enrichie plus tardivement d’un infiltrat lymphohistiocytaire.
L'évolution se fait vers la disparition des nouures, spontanée ou sous traitement ; chaque élément passe par les teintes de la biligénie locale et disparaît sans séquelles. Les récidives sont fréquentes. Alors qu'autrefois l'érythème noueux était considéré comme une manifestation de la primo-infection tuberculeuse, les causes en sont actuellement nombreuses : sarcoïdose, yersiniose, suspectée en cas de syndrome pseudoappendiculaire précédant les nouures, infection à streptocoque bêta hémolytique, évoquée devant l'existence d'une angine précédant l'éruption cutanée, médicaments (aspirine, anti-inflammatoire non stéroïdien, œstroprogestatif), infection à Chlamydiae, maladie des griffes du chat, tuberculose, poussées de rectocolite hémorragique ou de maladie de Crohn, etc. Le traitement est celui de la cause.
Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau
[J1,D1,N3]
Édit. 2018