Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

730 résultats 

localisation placentaire isotopique l.f.

isotopic placental localisation

Procédé de repérage de l'insertion placentaire utilisant des radio-isotopes injectés à la mère.
Les isotopes utilisés ont une période courte et émettent presque exclusivement un rayonnement gamma, le technétium 99Te ou le chrome 51Cr. Le placenta, organe très vasculaire, concentre les particules radioactives. Sa localisation est ensuite déduite par scintigraphie. La méthode manque à la fois de sensibilité et de spécificité et entraîne un risque d'irradiation fœtale qui a conduit à son abandon.

localisation placentaire thermographique l.f.

thermographic placental localisation

Méthode de repérage de l'insertion placentaire déduite de l'émission de radiations infrarouges par le placenta, comme pour tout organe hypervascularisé.
Ce procédé est sans risque mais manque de sensibilité et de spécificité.

Loeb (test de) l.m.

Loeb’s test

Méthode d'étude expérimentale, réalisée chez la souris, de l'activité progestative d'un produit.
Cette activité est corrélée à l'apparition d'un déciduome provoqué par une irritation traumatique de la muqueuse utérine.

J. Loeb, biologiste allemand (1859-1924)

Lorenz (méthode de) l.f.

Lorenz’s method

Réduction orthopédique de la luxation de la hanche, suivie d'une immobilisation en plâtre pelvipédieux dans la position de flexion, d'abduction et de rotation externe appelée position de Lorenz.
Lors du changement de l’appareil plâtré d’immobilisation après 4 à 6 semaines, l’enfant était placé dans une 2e position en flexion abduction plus modérée et rotation neutre. Puis dans la 3e position en extension quasi complète, abduction légère et rotation interne. La méthode de Lorenz est pratiquement abandonnée en raison des risques de nécrose avasculaire des têtes fémorales : l'ostéochondrite postréductionnelle.

A. Lorenz, chirurgien autrichien (1894)

Lörincz (méthode de) l.f.

Lörincz’s method

Méthode désuète de diagnostic précoce de la grossesse qui utilisait l'injection intraveineuse de deux unités d'extrait posthypophysaire.
La perception d'un durcissement de l'utérus était en faveur de son état gravide.

B. Lörincz, gynécologue obstétricien hongrois

lymphangioplastie n.f.

lymphangioplasty

Technique thérapeutique consistant à introduire sous la peau de longs fils de soie pour drainer la lymphe en rétention dans le territoire concerné vers l’extérieur.
Cette méthode est utilisée dans le traitement de certains œdèmes chroniques, et des éléphantiasis.

→ lymphoplastie

lymphome primitif cérébral l.m.

malignant primary lymphoma

Lymphomes malins, presque exclusivement non-hodgkiniens, qui représentent 1,5% de tous les néoplasmes intracrâniens, 0,7% de tous les lymphomes, et dont l'incidence s'est considérablement accrue au cours des dernières décennies.
Leur diagnostic est souvent porté à l'aide d'une biopsie obtenue par méthode stéréotaxique.
Macroscopiquement, les lésions sont souvent multiples, avec une prédominance frontale, périventriculaire et méningée. Elles sont infiltrantes et mal limitées. Histologiquement, les cellules tumorales sont préférentiellement disposées en manchons autour des parois vasculaires encorbellées par un fin réseau réticulinique et diffusent dans le parenchyme voisin. Les mitoses ont souvent nombreuses. Ces tumeurs se nécrosent facilement. Les divers types de lymphomes correspondent à des degrés de malignité différents. Leur phénotype est précisé par l'utilisation de nombreux marqueurs qui montrent la prédominance des lymphomes B.
Le traitement par les glucocorticoïdes entraîne une amélioration rapide mais transitoire. Il est associé à la chimiothérapie et/ou à la radiothérapie.
Certains lymphomes se développent au cours de la quatrième à la septième décennie chez des patients non-immunodéprimés. Leur degré de malignité est variable. D'autres surviennent chez des sujets présentant une immunodépression congénitale ou acquise chez l'adulte (7,5% des cas anatomiques de SIDA) comme chez l'enfant, notamment lorsque le taux de lymphocytes T4 est inférieur à 50/mm3. Ces tumeurs se nécrosent facilement. Elles sont presque constamment associées à l'expression du virus d'Epstein-Barr. Leur pronostic est très défavorable.

J. M. Baehring, neurologue américain (2016)

Lyons (score de) l.m.

Lyons’ score

Méthode d'analyse chiffrée du rythme cardiaque fœtal basée sur la cotation de cinq paramètres : le niveau du rythme de base, l'amplitude et la fréquence des oscillations et le caractère des décélérations et des accélérations.

E. R. Lyons, gynécologue obstétricien canadien (1979)

Magnin et Thoulon (classification de) l.f.

Magnin and Thoulon's classification

Méthode d'évaluation des cicatrices d'hystérotomie à partir d'une image hystérographique de profil.
L'existence d'une lacune en regard de la cicatrice et son importance permettent de déterminer 4 classes de cicatrices.

P. Magnin, gynécologue français, membre de l’Académie de médecine, E. P. Naudin, radiologue français et J. M. Thoulon, gynécologue français (1975)

Manning (score de) l.m.

Manning score

Méthode échographique d'évaluation du bien-être fœtal et le risque de souffrance fœtale en appréciant les mouvements globaux, le tonus et les mouvements respiratoires du fœtus, la quantité de liquide amniotique, ainsi que le rythme cardiaque fœtal.
Chaque paramètre vaut deux points avec un total de 10. Le test peut être effectué dès que l’enfant est viable ; il permet de prendre la décision de provoquer l’accouchement s’il n’est pas satisfaisant.

F. A. Manning, gynécologue américain (1990)

Syn. profil biologique fœtal

marqueur n.m

marker, tracer

1) Gène de fonction et de localisation connues.
2) Molécule ou groupe de molécules lié chimiquement à une autre molécule dans le but d'identifier celle-ci principalement par méthode radio-active  (radio-isotope), par fluorescence (immunofluorescence) ou par un procédé enzymatique (immunocytochimie).
3) Substance de référence utilisée dans des analyses telles que la chromatographie ou l’électrophorèse.

Étym. du scandinave merki  et du francique  markôn : marquer, tracer

marqueurs non invasifs de la fibrose hépatique l.m.p.

La fibrose anatomo-pathologique, élément pronostique essentiel dans les maladies chroniques du foie, justifie l’utilisation de marqueurs fournis initialement par la ponction biopsie et, depuis vingt ans, par des marqueurs non invasifs.
La classification métavir, fournie par la biopsie, comprend cinq grades : F0 (absence de fibrose), F1 (fibrose minime), F2 (fibrose caractérisée par des septas fibreux en pont reliant deux espaces portes ou un espace porte et une veine sus-hépatique) ; F3 (pré-cirrhogène avec une fibrose arciforme ne dessinant pas encore une fibrose annulaire), F4 (cirrhose histologique c'est-à-dire une fibrose annulaire qui entoure des nodules de régénération). La fibrose F2 est considérée comme « significative », grade à partir duquel un traitement est habituellement proposé alors que pour les grades 0 et 1, une surveillance est conseillée
Par extension, la classification a été proposée pour des marqueurs non invasifs qui permettent de réduire les indications de biopsie du foie en raison de ces risques et de ces effets indésirables. Elle peut être un obstacle à l’accès aux soins car les malades craignant cet examen peuvent ne pas consulter les hépatologues. Par ailleurs, la biopsie ne fournit pas toujours des fragments exploitables : il faut qu’ils aient une taille suffisante (plus de 10 à 15 mm de longueur) et contiennent un nombre satisfaisant d’espaces portes analysable (plus 10). Dans l’hépatite C la fibrose est surtout péri-portale.
Les marqueurs non invasifs de fibrose hépatique sont de deux ordres : un algorithme de marqueurs biologiques et une méthode physique : l’élastométrie impulsionnelle ou Fibroscan®. Plus d’une vingtaine d’algorithmes biologiques sont utilisables. les marqueurs non invasifs de fibrose ont surtout été validés dans l'hépatite chronique C. La Haute autorité de santé a retenu quatre marqueurs non invasifs de fibrose : les trois algorithmes biologiques que sont le fibrotest, le fibromètre et l’hépascore et l’élastométrie impulsionnelle. Depuis fin 2016, le traitement de l'hépatite C est disponible chez tous les patients virémiques qui le souhaitent, sans restriction de stade de fibrose. Néanmoins, une évaluation de la fibrose reste nécessaire pour diagnostiquer les fibroses sévères et les cirrhoses, qui doivent être suivies même après éradication virale afin de dépister le carcinome hépatocellulaire. 
Les hépatopathies non alcooliques sont une cause de maladie de foie parmi les plus fréquentes pour lesquelles l'évaluation de l'inflammation qui caractérise l'hépatite stéatosique non alcoolique 
et surtout la fibrose sont importantes. Compte tenu de la prévalence élevée dans la population, il n'est pas possible de biopsier tous ces patients. Les marqueurs non invasifs par élastographie hépatique (fibroscan avec une sonde M ou XL spécialement développée chez les obèses) associée à différents tests sériques: NALD fibrosis score, FIB4, ELF, fibromètre S ... la plupart disponibles sur internet, sont utilisés. Les endocrinologues et nutritionnistes peuvent aussi apprécier la fibrose de la graisse blanche, bon reflet de la fibrose hépatique par la mesure à l'aide de l'Adiposcan, placé au niveau de la graisse située près de l'ombilic.
Les marqueurs non invasifs de fibrose peuvent aussi être utilisés dans les hépatites chroniques B et par extension aux autres maladies de foie avec moins de recul et de certitude quant à la fiabilité.  

→ hépatite C, fibrotest, fibromètre, hépascore, élastomètrie,  classification métavir, fibroscan®, hépatite stéatosique non alcoolique

[B3, L1, R1, R2]

Édit. 2019

Martius (opération de) l.f.

Martius's operation

Méthode de traitement des fistules vésicovaginales où l'on interpose entre les orifices fistuleux qui ont été suturés, un greffon graisseux pédiculisé prélevé à partir de la grande lèvre.

H. Martius, gynécologue allemand (1928)

Mattei (technique de) l.f.

Mattei's technique

Méthode de rotation manuelle de la tête fœtale transformant une position occipitopostérieure en occipito-antérieure.
Deux doigts accrochent la région occipitale du fœtus et exercent sur la tête un mouvement dirigé en avant, en dehors et en haut en même temps que l'autre main appuie sur le fond utérin pour pousser le tronc fœtal en avant, en dedans et en bas.

A. Mattei, obstétricien français (1880)

Maximum Intensity Projection (MIP)  loc. angl.

Méthode de visualisation utilisée en angiographie par résonance magnétique (ARM) et en angioscanographie permettant, à partir d'une série de coupes, de projeter les voxels du volume exploré sur un plan, en ne retenant que ceux dont la densité est la plus élevée.
Plusieurs algorithmes peuvent être utilisés pour obtenir ce résultat, l'un d'eux étant choisi par le constructeur de chaque appareil.

McGrower (technique de) l.f.

McGrower's technique

Méthode chirurgicale de reconstruction mammaire utilisant un lambeau de grand dorsal.

McWhirter (technique de) l.f.

Mc Whirter's technique

Méthode de traitement du cancer du sein associant une mastectomie simple sans curage ganglionnaire axillaire et une irradiation de la paroi thoracique, du creux axillaire et susclaviculaire délivrée sur une période de trois semaines.

R. McWhirter, médecin radiothérapeute britannique (1948)

médiation n.f.

mediation

Processus de communication éthique reposant sur la responsabilité et l’autonomie des participants, dans lequel un tiers impartial, indépendant, sans pouvoir de trancher ou de proposer (sans pouvoir décisionnel ou consultatif) avec la seule autorité que lui reconnaissant les médieurs, favorise par des entretiens confidentiels l’établissement, le rétablissement du lien social, la prévention ou le règlement de la situation en cause.
Une définition quasi identique a été adoptée le 19 décembre 2003 par le Groupement européen des magistrats pour la médiation (GEMME), laissant augurer d’une bonne harmonisation européenne.
La médiation cherche à faire émerger les aspects délicats du conflit. C’est une véritable maïeutique imposée aux parties. Elle fonctionne en l’absence du respect direct du principe de la contradiction. Elle peut aboutir à un accord amiable ou à une transaction.
Les quatre fonctions princeps de la médiation permettent de distinguer la médiation créatrice, la médiation réparatrice, la médiation préventive et la médiation curative. Seule cette dernière peut être qualifiée de MARL ou de MARC (Méthode Alternative de Règlement des Litiges, des Conflits).

Étym. lat. medio-are, partager en deux, s’interposer ; mediatio, médiation, entremise (de medius : milieu)

→ MARL, MARC, principe de la contradiction, médieur, accord amiable, transaction, synallagmatique

Melrose (méthode de) l.f.

Melrose’s technics

Technique d’arrêt volontaire et provoqué du cœur, par injection dans la racine de l’aorte (donc le lit coronaire) d’une solution de citrate de potassium.
Cette technique a été la première méthode proposée pour obtenir l’arrêt du cœur, afin de réaliser sur un cœur immobile une opération chirurgicale. Elle a été pratiquement abandonnée à cause de la toxicité possible du citrate de potassium, et on lui préfère aujourd’hui d’autres méthodes d’arrêt cardiaque provoqué (électrique ou ischémique).

D. G. Melrose, physiologiste britannique (1955)

Mengert (indices de) l.m.p.

Mengert's indice

Méthode d'appréciation par radiopelvimétrie de la capacité des détroits supérieur et moyen du bassin maternel.

W. F. Mengert, gynécologue américain (1899-1976)

mesure aérodynamique vocale l.f.

aerodynamic voice measure

Méthode d’évaluation des débits et des flux aériens pulmonaires et laryngés pendant la phonation.

Étym. lat ; mensura : mesure ; gr. aêr : air ; dynamis : force

mesure (appareil de) l.m.

gauge, measure apparatus

Appareil destiné à comparer une grandeur à un étalon de même nature.
La mesure d'une grandeur est proportionnelle à la grandeur de l'étalon, il en résulte qu'elle est exprimée par un nombre rationnel, comportant souvent des décimales, qui doit être suivi du nom de l'unité (p. par exemple 1,5 mètre).
La mesure n'est pas indépendante de la technique de mesure : Benoit Mandelbrot à posé la question : «Quelle est la longueur de la côte de Bretagne ? ». Il est impossible d'y répondre sans préciser la méthode de mesure car plus le pas de mesure est petit plus la longueur croit : au micron près elle serait quasiment infinie.
La remarque est valable pour toutes les mesures, en médecine notamment : le résultat d'une mesure devrait toujours être accompagné de l'indication de sa précision, car une précision exagérée peut amener à un résultat aléatoire qui ne tend pas forcément vers une limite.
Outre son coût, qui n'est pas une qualité technique, quatre facteurs définissent les qualités d'un appareil de mesure:
- Précision, elle est indiquée par le nombre de chiffres du résultat, le dernier fixe l'ordre de grandeur de la mesure : par exemple 0,83 g = 0,83 ± 0,01 g.
- Exactitude, elle dépend de l'étalonnage et des indispensables contrôles périodiques, sinon les résultats sont entachés d'erreurs systématiques.
- Fidélité, l'appareil doit donner toujours le même résultat pour la mesure d'une même grandeur.
- Fiabilité, il doit être suffisamment robuste pour qu'il ne se casse pas ou ne tombe pas en panne.
La lecture du résultat donné par l'appareil peut être analogique (par exemple position d'une aiguille sur un cadran) ou numérique (affichage des chiffres du résultat sur un tableau).
En médecine d'urgence il faut en outre tenir compte de trois autres qualités
- Maniabilité (temps perdu pour la mise en œuvre).
- Encombrement
- Poids, pour les appareils portables.

B. B. Mandelbrot, mathématicien américain (1924-2010)

Étym. lat. mensura, mesure, mesurage (déverbal de metior, mesurer, même racine que «mètre»)

mesure de la pression artérielle l.f.

measure of the blood pressure

Examen clinique fondamental, la mesure de la pression artérielle est le plus souvent réalisée avec un sphygmomanomète ou de façon préférentielle avec un appareil électronique mais elle peut être effractive dans des circonstances particulières.
En clinique on mesure la pression artérielle par la méthode auscultatoire, de l’artère humérale chez le sujet assis ou couché (ce qui correspond approximativement à la pression régnant à la sortie du cœur gauche) en utilisant un sphygmotensiomètre ou un appareil électronique.
Le dégonflement progressif de ce manchon initialement gonflé au maximum est suivi par l’auscultation des battements artériels. L’apparition de battements audibles puis leur disparition marquent les niveaux de la pression artérielle systolique et de la pression diastolique. L’emploi d’un appareil électronique dispense de l’auscultation.
La mesure de la pression artérielle peut être effectuée de manière ambulatoire pendant 24 heures (mesure automatisée). Elle peut aussi être réalisée par le malade lui-même (automesure tensionnelle).
En anesthésiologie, particulièrement lors chirurgie cardiaque, et en réanimation on utilise souvent la mesure effractive par cathétérisme artériel. Beaucoup plus précise elle apporte par  son enregistrement des informations supplémentaires.

→ pression artérielle, sphygmomanomètre, sphygmomanomètrie, mesure automatisée de la pression artérielle, auto-mesure tensionnelle, mesure effractive de la pression artérielle

méthode contraceptive combinée l.f.

combined contraceptive method

Méthode de contraception orale qui associe un œstrogène, presque toujours l'éthinyl-œstradiol à un progestatif de nature variable.

Étym. lat : contra : contre ; aphérèse de conceptio, déverbal de concipere : concevoir (de capere : prendre)

méthode des températures l.f.

basal body temperature curve

Méthode de contraception fondée sur la surveillance de la date de l’ovulation par la mesure de la température corporelle.
Après l’ovulation, la présence du corps jaune se traduit par l’apparition et le maintien en plateau d’un décalage de quelques dixièmes de degré de la température basale. Les rapports sexuels sont considérés comme non fécondants à partir du 2e jour de ce plateau thermique jusqu’au début des règles.

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