Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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équilibre hôte-parasite 
l.m.

host-parasite balance

Équilibre biologique entre l’organisme de l’hôte et celui d’un parasite n’exerçant qu’une activité pathogène modérée et, inversement, échappant aux mécanismes de défense de l’hôte.

Étym. lat. aequus : égal; libra : balance à un plateau

→ immunité, sensibilité, tolérance immunologique

[D1]

Édit. 2020

bêta-MSH l.f.

melanostimulating hormone

Hormone mélanotrope constituée par les 13 premiers aminoacides de l’ACTH.
Il en existe une autre forme : l’alpha-MSH directement dérivée de la pro-opiomélanocortine. Se liant aux mélanocytes, les MSH (mélanotropines) favorisent la pigmentation de la peau et des muqueuses, ce qui constitue la caractéristique la plus éloquente de la maladie d’Addison.

Syn. hormone mélanostimulante, alpha-MSH

→ mélanotropine, pro-opiomélanocortine, alpha-MSH, Adison (maladie de)

[O4]

Édit. 2020

abaissement en adduction l.m.

depression in adduction, downshoot in adduction

Abaissement de l'œil non fixateur qui, dans le regard latéral, est en adduction : œil droit dans le regard latéral gauche, œil gauche dans le regard latéral droit ; il augmente (ou peut seulement apparaître) dans le regard oblique : regard en bas et à gauche pour l'abaissement de l'œil droit, regard en bas et à droite pour l'abaissement de l'œil gauche (déviation diagonale).
L'abaissement en adduction, comme l'élévation en adduction, est un signe clinique dont la recherche est fondamentale dans l'étude d'un trouble de la motilité oculaire, qu'il s'agisse d'une paralysie ou d'un strabisme concomitant. Dans le strabisme convergent, si l'angle est important, il peut être déjà évident avant mise en train du cover test, le nez faisant automatiquement écran quand l'œil fixateur est en abduction.
L'abaissement en adduction, beaucoup moins fréquent que l'élévation en adduction, est symptomatique d'une hyper-action du muscle oblique supérieur du bulbe de l’œil; quand il est peu marqué, il est plus évident dans le regard oblique, c'est-à-dire quand on place l'œil concerné dans le champ d'action du muscle oblique supérieur du bulbe de l’œil. Dans les cas typiques, il est associé à une hyper-action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil opposé (antagoniste opposé du muscle oblique supérieur du bulbe de l’œil). Cette hyper-action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil opposé doit être systématiquement recherchée ; s'il y a hyper-action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil droit, elle est recherchée dans le regard en haut et à gauche (champ d'action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil gauche), en maintenant l'œil droit fixateur. Dans le strabisme concomitant non opéré, l'abaissement en adduction est très souvent bilatéral symétrique ou asymétrique. Dans le strabisme opéré, il peut être consécutif à un affaiblissement d'un ou des deux muscles obliques inférieurs du bulbe de l’œil. Il peut être associé à une déviation verticale dissociée dont il faut éventuellement tenir compte quand on recherche l'hyper-action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil, son antagoniste opposé.

[P2]

Édit. 2020

abcès de la glande de Bartholin l.m.

Stade aigu abcédé de la bartholinite

C. Bartholin, anatomiste danois (1655-1738)

Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner

→ bartholinite

[D1, O3]

Édit. 2020

abcès froid thoracique l.m.

thoracic cold abscess

Collection suppurée sans signes inflammatoires locaux, siégeant au niveau des parties molles de la paroi thoracique, habituellement d'origine tuberculeuse.
L'abcès froid tuberculeux s'accompagne souvent d'une ostéopériostite costale tuberculeuse. L'abcès migre dans le sens de la pesanteur en suivant les interstices musculaires. Ses sièges habituels sont au niveau de la ligne axillaire moyenne, moins souvent la région para-vertébrale ou latérosternale.
L'abcès forme une masse plus ou moins tendue, indolente, sans douleur, chaleur, rougeur. L'évolution spontanée se ferait vers la fistulisation. Le diagnostic repose sur la mise en évidence du bacille de Koch dans le pus ou de follicules tuberculeux dans la fausse paroi de l'abcès.
Le traitement est, sous antituberculeux, l'exérèse en masse de l'abcès avec résection du foyer d'ostéopériostite.
Rares sont les abcès froids staphylococciques ou au cours de la brucellose.

Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner

→ ostéopériostite, tuberculose,

[A2, D1, K1]

Édit. 2020

ABO sigle m.

Un des systèmes de groupes sanguins qui individualise quatre groupes chez l'Homme : A, B, AB

et O.
Les hématies de chaque groupe portent respectivement l'antigène A, l'antigène B, les antigènes A et B ou aucun de ces antigènes. Les sujets du groupe A ont des anticorps dirigés contre les antigènes du groupe B ; les sujets B ont des anticorps dirigés contre les antigènes du groupe A ; les sujets O ont des anticorps dirigés contre les antigènes des groupes A et B ; enfin, les sujets de groupe AB n'ont d'anticorps ni anti-A ni anti-B.

→ groupe sanguin

[F1]

Édit. 2016

absorptiométrie n.f.

absorptiometry, single photon absorptiometry (SPA), dual energy X-ray absorptiometry (DEXA)

Méthode d'évaluation de la densité minérale osseuse par mesure de l'absorption d'un rayonnement électromagnétique.
Les mesures absorptiométriques reposent sur la quantification de l'atténuation que subit un faisceau de photons lors de la traversée du milieu absorbant. On distingue plusieurs méthodes : la première en date, l'absorptiométrie monophotonique (Single Photon Absorptiometry ou SPA) utilisait l'iode 125 pour les os superficiels, radius ou calcanéum ; elle a été progressivement supplantée par l'absorptiométrie biphotonique qui emploie une source fournissant deux émissions d'énergies différentes, l'une pour l'os et l'autre pour les parties molles : soit un isotope radioactif (Dual Photon Absorptiometry ou DPA), soit les rayons X (Dual Energy Xray Absorptiometry, DEXA ou DXA).
Cette dernière est la plus employée car ses résultats sont reproductibles ; elle sert principalement à l'étude de l'ostéoporose des vertèbres et du col fémoral; elle ne nécessite qu'une faible quantité de rayonnement et son coût est peu élevé.
On peut pratiquer également une absorptiométrie par tomodensitométrie quantitative (TDMQ) au cours d'une scanographie. L'utilisation d'une source radioactive a été abandonnée au profit de celle de rayons X.

Étym. lat. absorbere : absorber

→ ostéodensitométrie

[B1,B3,I1]

Édit. 2020

absorptiométrie biphotonique à rayons X l.f.

dual energy X-ray absorptiometry (DEXA)

Étym. lat. absorbere : absorber

Syn. absorptiométrie biphotonique

→ absorptiométrie

[B1,B3,I1]

Édit. 2020

acanthocéphale n.m.

acanthocephala, thorny headed worms

Ver rond appartenant à un phylum particulier qui diffère des nématodes, notamment par l’absence de tube digestif.
Deux espèces peuvent accidentellement parasiter l’Homme : Macrocanthorhynchus hirudinaceus (Gigantorhinchus gigas) et Moniliformis moniliformis.

→ acanthocéphalose

[D1]

Édit. 2020

acanthocéphalose n.f.

acanthocephaliasis

Parasitose accidentelle et rare, provoquée par des vers ronds appartenant au phylum des acanthocéphales.
L’infection par Macrocanthorhinchus hirudinaceus (parasite du Porc) résulte de l’ingestion de larves de coléoptères contenant des larves du parasite. Pour Moniliformis moniliformis, parasite de différents rongeurs domestiques ou sauvages, c’est l’ingestion de larves de blatte ou de ver de farine parasités qui entraîne la contamination. Cliniquement, surviennent des douleurs abdominales paroxystiques, accompagnées de vomissements, de diarrhée, de fièvre et d’hyperéosinophilie. La guérison peut être spontanée, par expulsion des vers, ou bien des complications graves peuvent survenir (péritonite aigüe par perforation).

→ acanthocéphale

[D1]

Édit. 2020

Acanthocheilonema perstans

Acanthocheilonema perstans

Syn. Mansonella (Esslingeria) perstans

→ Mansonella perstans

[D1]

Édit. 2016

acanthochéilonémiase n.f.

mansonelliasis

Syn. mansonellose

→ mansonellose

[D1]

Édit. 2020

acanthocyte n.f.

acanthocyte, spur-cell

1) Hématie en forme de feuille d'acanthe.
Cet aspect s'observe au cours de différents états pathologiques : cirrhose avec hypertension portale, sphérocytose héréditaire autosomique dominante avec acanthocytose, abêtalipoprotéinémie congénitale, anémie palustre, phénotype McLeod, purpura thrombotique thrombocytopénique etc.
2) Au niveau de l'épiderme, cellule dite à épines du corps muqueux de Malpighi.

K. Keyserling, médecin américain (2018)

Étym. gr. akantha : épine ; kutos : cellule

→ acanthocytose

[F1,J1]

Édit. 2017

acanthocytose n.f.

acanthocytosis, spur-cell

Anomalie morphologique des hématies, qui semblent hérissées de spicules.
Ces pointes érythrocytaires se rencontrent plus particulièrement dans la choréo-acanthocytose, affection héréditaire transmise selon le mode autosomique dominant ou récessif, où s’associent des mouvements choréo- athétosiques, une dyskinésie buccolinguofaciale (avec parfois mutilation des lèvres et de la langue), une neuropathie périphérique, des troubles du comportement, des crises généralisées, des anomalies cardiaques et une élévation importante des taux de créatine-phosphokinase.

K. Keyserling, médecin américain (2018)

Étym. gr. akantha : épine ; kutos : cellule

→ acanthocyte, abêtalipoprotéinémie (maladie de Bassen-Kornzweig), Hallervorden-Spatz (syndrome de), choréo-acanthocytose

[F1,H1]

Édit. 2020

acanthocytose héréditaire l.f.

heréditary acanthocytosis

→ acanthocyte, abêtalipoprotéinémie

[F1,Q2]

Édit. 2017

acanthofolicine n.f.

acanthofolicin

Polyester carboxylique à longue chaine aliphatique très toxique, produit par le plancton et présent dans les éponges et dans de nombreuses espèces marines.
C'est un inhibiteur de sérine-thréonine-phosphatases, qui interfère par conséquent avec l'état de phosphorylation de nombreuses protéines ayant des rôles métaboliques importants.

[D4,G4]

Édit. 2016

acanthokératolyse n.f.

acanthokeratolysis

Image histologique marquée par une condensation du cytoplasme autour du noyau des cellules du corps muqueux de la peau et de la couche granuleuse, à laquelle s’associent une acantholyse qui se fait dans la partie supérieure de l’épiderme et une cytolyse.
L’étude en microscopie électronique montre qu’elle résulte d’un trouble de l’agencement des tonofilaments qui se regroupent en une sorte d’écorce périnucléaire et en mottes intra-cytoplasmiques, ce qui explique la cytolyse, et que l’acantholyse est due à une rupture du complexe fonctionnel des desmosomes-tonofilaments. Lorsqu’il y a hyperplasie de la couche cornée, l’aspect histologique correspond à l’hyperkératose épidermolytique. De telles images se voient dans l’hamartome verruqueux ou épidermique ou acanthokératolytique, l’acanthome épidermolytique, la kératodermie épidermolytique (ou acanthokératolytique) de Voerner, l’érythrodermie congénitale ichtyosiforme bulleuse.

Ingrun Anton-Lamprecht, dermatologiste allemande (1974)

Syn. dégénérescence granuleuse de Lapière, dégénérescence épidermolytique

[A2,J1]

Édit. 2016

acantholyse n.f.

acantholysis

Phénomène de dissociation des kératinocytes lié à la rupture des ponts intercellulaires interkératinocytaires.
Elle s'observe au cours des pemphigus, dont elle n'est cependant pas pathognomonique, du fait de l'action d'anticorps antisubstance intercellulaire épidermique.

H. Auspitz, dermatologue autrichien (1880)

Étym. gr. akantha : épine; lysis : destruction

[A2,A3,J1]

Édit. 2016

acanthome n.m.

acanthoma

Altération bénigne de l'épiderme résultant d'une hyperplasie généralement localisée du corps de Malpighi et des crêtes interpapillaires.
Ce terme peu utilisé isolément fait souvent partie de mots composés, par ex. kérato-acanthome, hidro-acanthome, mélano-acanthome.

Étym. gr. akantha : épine, piquant ; ôma : tumeur

[A3,J1]

Édit. 2016

acanthome à cellules claires l.m.

clear cell acanthoma

Tumeur siégeant le plus souvent aux jambes, due à une hyperplasie localisée et nettement délimitée de l'épiderme, causée par une légère augmentation de la taille des cellules malpighiennes, qui ont un cytoplasme pâle et riche en glycogène.
Les annexes qui la traversent ne sont pas affectées. Il existe une variante à lésions multiples. L'évolution est bénigne et l'exérèse suivie d'une guérison définitive.

R. Degos, dermatologue français, J. Civatte, dermatologue français et A. V. Poiares Baptista, dermatologue portugais, tous trois membres de l’Académie de médecine (1962)

Étym. gr. akantha : épine ; ôma : tumeur

[F5,J1]

Édit. 2016

acanthome des gaines pilaires l.m.

pilar sheath acanthoma

Tumeur pilaire bénigne située le plus souvent sur la partie cutanée de la lèvre supérieure ou sur le front.
Elle se présente comme un nodule de la teinte de la peau normale avec un orifice central bourré de kératine. Au microscope, elle se compose d'une cavité kystique remplie de kératine, délimitée par un épithélium folliculaire qui se continue dans l'épiderme environnant, et de lobules composés de cellules à cytoplasme abondant qui pénètrent dans le derme sous-jacent à partir de la paroi kystique et peuvent contenir des petits kystes, des amas kératinisés entourés de cellules « en bulbe d'oignon », ainsi que des canaux excréteurs sébacés. La guérison s'obtient par l'exérèse de la tumeur.

A.H. Mehregan et M.H. Brownstein, dermatologues américains (1978)

Étym. gr. akantha : épine ; ôma : tumeur

[F5,J1]

Édit. 2016

acanthome épidermolytique l.m.

epidermolytic hyperkeratosis

Hyperplasie épidermique généralement disséminée, mais parfois localisée, de l'épiderme, dont les cellules présentent l'aspect de dégénérescence granuleuse de Lapière du corps muqueux et de la couche granuleuse, c'est-à-dire une vacuolisation du cytoplasme qui contient en outre de nombreux grains basophiles de taille irrégulière.
L'acanthome épidermolytique isolé se limite à une zone restreinte de l'épiderme et peut parfois s'observer dans des kératoses actiniques ou accompagner des lésions dermiques telles que le granulome annulaire, l'hyperplasie sébacée, l'amylose cutanée.

Étym. gr. akantha : épine ; ôma : tumeur

Syn. dégénérescence granuleuse de Lapière, acanthokératolyse, hyperkératose épidermolytique

[J1]

Édit. 2016

acanthome fissuré rétro-auriculaire l.m.

fissuratum acanthoma (granuloma), spectacle frame acanthoma

Nodule rétro-auriculaire bien délimité, parfois douloureux et divisé en deux parties par un sillon ou une fissure, dû au frottement de la monture des lunettes souvent changées dans les semaines ou mois qui ont précédé son apparition.
La modification de la monture peut être suffisante pour supprimer un acanthome débutant mais le traitement de l'acanthome fissuré est chirurgical.

Étym. gr. akantha : épine ; ôma : tumeur

[J1]

Édit. 2016

acanthome intra-épidermique l.m.

intraepidermic acanthoma

→ épithélioma intra-épidermique

[J1]

Édit. 2016

acanthome posteczéma l.m.

acanthomata appearing after eczema

Eruption de courtes formations légèrement papillomateuses, disséminées ou groupées, siégeant électivement à la partie haute du dos et survenant au cours d'une dermatose chronique étendue.
L'aspect histologique est celui d'une hyperplasie épithéliale bien délimitée avec prolongement des bourgeons interpapillaires, mais sans modification des cellules malpighiennes. Les lésions disparaissent spontanément après la régression de la dermatose.

Étym. gr. akantha : épine ; ôma : tumeur

[J1]

Édit. 2016

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