Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

548 résultats 

signifiant n.m.

signifier

Nom donné par F. de Saussure à un élément de ce qu'il appelle le signe linguistique.
Celui-ci unit non pas un nom et une chose, mais une image acoustique et un concept. L'image acoustique, qui n'est pas le son mais l'empreinte physique du son, est ce que Saussure nomme le signifiant. Le concept sera le signifié.
Reprenant l'algorithme saussurien, J. Lacan définit le signifiant comme le support matériel du discours. Il renforce aussi la barre qui sépare le signifiant du signifié, différant ainsi la production de la signification. Le sujet de l'inconscient est celui qui, marqué par un premier signifiant, est le sujet divisé inscrit au champ du symbolique ("parlêtre"). Ainsi, le sujet ne peut se représenter lui-même mais, dans l'ensemble des signifiants (symbolique), il est représenté par un signifiant auprès d'un autre signifiant.

F. de Saussure, linguiste suisse (1857-1913)

→ métaphore, métonymie

signifié n.m.

signified

Équivalent du concept dans l'algorithme saussurien du signe qui est, chez J. Lacan, ce qui glisse constamment sous la barre qui le sépare de la chaîne signifiante.
Il n'y a donc pas de correspondance de signifiant à signifié dans la production de la signification. L'un est autonome par rapport à l'autre, et si les jeux du signifiant peuvent avoir des effets de signification, le signifié est toujours repoussé hors la pensée, dans la dimension incommensurable du réel.

silhouette (signe de la) l.m

silhouette sign

En radiographie conventionnelle, effacement des limites respectives de deux opacités de tonalité hydrique si elles sont au contact l'une de l'autre et si le rayon directeur est tangent à leur interface.
En radiologie pulmonaire, ce signe permet de distinguer, sur l'incidence de profil, les deux coupoles, la partie antérieure de la gauche étant effacée par le cœur. Il est utile en pathologie pour localiser l'anomalie étudiée par rapport au cœur, à l'aorte ou au diaphragme. Ainsi, sur le cliché de face, l'opacité du lobe moyen (de siège antérieur) efface le bord droit du cœur, alors que celui-ci est conservé en cas d'opacité du lobe inférieur (de siège postérieur).

S inversé (signe du) l.m.

Golden’s sign

En radiologie pulmonaire, opacité du lobe supérieur droit dont la partie supéroexterne est concave vers le poumon sain, alors que sa partie inféro-interne est convexe vers le bas.
La partie externe du S correspond à l'atélectasie du lobe supérieur et sa partie interne à la saillie de la tumeur ou de son adénopathie satellite.
Ce signe, également valable en scanographie, indique une atélectasie obstructive par une tumeur hilaire et son adénopathie.

R. Golden, médecin radiologue américain (1925)

Slocum (test de) l.m.

Slocum’s test

Examen clinique permettant de dépister une lésion du ligament croisé antérieur et l'instabilité rotatoire du genou.
Il se pratique en décubitus latéral. La traction vers l'avant du tibia sous les condyles fémoraux comme pour la recherche du signe du tiroir antérieur se fait en rotation interne puis en rotation externe. Si le test est positif, il indique une lésion du ligament croisé antérieur si le tiroir antérieur est exagéré en rotation interne et limité en rotation externe.

D. B. Slocum chirurgien orthopédiste américain (1976) ; J. S. Torg, orthopédiste américain (1976) M. Lemaire, chirurgien orthopédiste français (1967) J. W. Lachman, chirurgien orthopédiste américain (1976)

→ tiroir antérieur, Lachman (signe de), Lemaire (signe de)

sommation (bruit ou galop de) l.m.

mesodiastolic gallop

Signe d’auscultation du cœur qui constitue un bruit qui apparaît parfois au milieu de la diastole chez des sujets normaux lorsque le cœur s’accélère.
Il est dû à la superposition de deux bruits qui sont normalement inaudibles isolément : le bruit auriculaire B4 et le bruit de remplissage rapide B3. Le galop de sommation peut également être entendu dans l’insuffisance cardiaque avec tachycardie, ou dans les allongements du temps de conduction auriculaire.

→ galop (bruit de), bruit auriculaire, bruit de remplissage rapide

sommeil du petit enfant (troubles du) l.m.p.

sleep disorders in infancy

Troubles relevant de causes multiples, le plus souvent bénins, plus fréquents au cours du premier semestre et de la deuxième année, mais dont le nombre croissant est lié pour une part aux nouveaux modes de vie et d'éducation.
Au premier semestre, alors que les besoins en sommeil sont les plus considérables bien que variables, il s'agit d'insomnies, dont une étiologie organique doit être éliminée. De loin les plus fréquentes, les insomnies fonctionnelles communes perturbent parfois la vie familiale. Interviennent le plus souvent des conditions éducatives maladroites : excès de stimulations, horaires alimentaires défectueux, voire distorsion des relations mère-enfant. L'insomnie calme du bébé qui reste la nuit entière les yeux ouverts, sans bruit, peut être un signe précoce de troubles graves de la personnalité.
Pendant la seconde année, ces manifestations résultent de l'intrication de facteurs psychologiques ou de conflits affectifs et des aléas de la croissance motrice et du développement du langage. À cet égard, on retiendra les troubles suivants : hyperactivité motrice, comportement d'un enfant "opposant", anxiété de séparation et excitation psychique.

→ balancement

sonnette (signe de la, manœuvre de la) l.m., l.f.

bell sign (1), bell movement (2)

1) En rhumatologie, douleur irradiée dans le territoire du nerf sciatique, déclenchée par la pression sur la région para-épineuse en L4-L5 pour une sciatique L5, et en L5-S1 pour une sciatique S1.
La manœuvre est exercée sur le patient en décubitus ventral. Ce signe est retrouvé au cours des sciatiques vertébrales communes.

→ 2) En cardiologie, bascule ventriculo-aortique

sorbier (tache en feuille de) l.f.

ash leaf spot

Tache blanc terne, sans hyperpigmentation périphérique, de 1 à 20 cm de diamètre, de forme lancéolée et à bord légèrement déchiqueté siégeant sur le tronc et la racine des membres, évoluant vers l'accroissement et la multiplication dans la première et la deuxième enfance et représentant un signe clinique évocateur de la sclérose tubéreuse de Bourneville où elle est présente dans plus de la moitié des cas.
L'examen histopathologique montre que le pigment mélanique est diminué mais non absent. La doparéaction objective un déficit en mélanine dans les mélanocytes qui sont en nombre normal. L'association de ces taches à des convulsions, surtout chez le nourrisson, autorise le diagnostic d'épiloïa ou sclérose tubéreuse de Bourneville.
Symptôme signalé en 1890 par J. J. Pringle (dermatologiste écossais ) et dont la signification a été précisée en 1968 par T. B. Fitzpatrick (dermatologiste américain)

D.M. Bourneville, neurologue français (1880)

→ sclérose tubéreuse de Bourneville

sortie après hospitalisation à la demande d'un tiers (HDT) l.f.

exit after hospitalization on a third person’s request

Selon la procédure la plus courante, sortie  d’un patient effectuée après rédaction par le psychiatre traitant d'un certificat de levée d'HDT, qui mentionne l'évolution ou la disparition des troubles ayant justifié cette hospitalisation et certifie que les conditions qui ont présidé à l'admission ne sont plus réunies.
Par ordre de priorité, elle peut aussi être requise par le curateur, le conjoint ou le concubin, les ascendants, les descendants, la personne qui a signé la demande d'admission, un représentant du conseil de famille ou de la commission départementale d'hospitalisation psychiatrique. Une décision judiciaire de levée peut également intervenir, de même qu'une décision du préfet. A contrario, ce dernier peut prendre un arrêté de passage en hospitalisation d'office.
Le psychiatre traitant peut s'opposer à une levée de l'HDT en demandant au préfet un sursis de 15 jours.
En pratique, après levée de l'HDT, les patients acceptent le plus souvent de poursuivre les soins en hospitalisation libre jusqu'à ce que leur état soit compatible avec une sortie définitive.

souffle continu l.m.

continuous murmur

Signe d’auscultation du cœur ou d’un vaisseau constituant un bruit unique et prolongé couvrant la totalité de la révolution cardiaque sans aucun intervalle silencieux.
Le souffle continu est presque toujours dû à une communication circulatoire anormale soit congénitale (canal artériel, fistule aortopulmonaire, anévrisme du sinus de Valsalva rompu dans une cavité cardiaque, fistule coronarocardiaque, anévrisme artério-veineux pulmonaire) soit acquise (fistule artério-veineuse traumatique).

spasme du sanglot l.m.

breath holding spasm

Brève perte de connaissance due à une anoxie cérébrale survenant lorsque l'enfant réagit de façon violente à un évènement extérieur qui lui est désagréable.
Observé entre le second semestre de la vie et la fin de la deuxième année, ce trouble se présente sous une forme cyanotique ou une forme pâle. Sur l'EEG, aucun signe n'évoque une maladie comitiale. L'évolution à court terme est bonne. Le plus souvent, il disparaît spontanément au cours de la troisième année.
Le spasme du sanglot doit être replacé dans le cadre familial. Ses accès surviennent en présence d'un partenaire électif, surtout la mère. L'inquiétude et l'angoisse qu'ils suscitent apportent à l'enfant des bénéfices secondaires pour manipuler l'entourage.

spasmophilie n.f.

spasmophilia

État d’hyperexcitabilité neuromusculaire pouvant se manifester par des crampes ou des secousses douloureuses, surtout des mains et des pieds, ainsi que de tous les muscles sollicités en hypoxie.
Le signe de Chvostek y est inconstant, ainsi que les anomalies du métabolisme du calcium. Le syndrome peut s’observer chez des sujets à terrain névropathique.

F. Chvostek, médecin militaire autrichien (1876); A. Trousseau, médecin interniste français, membre de l’Académie de Médecine (1861)

Étym. gr. spasmos : contraction ; philia : tendance

→ Chvostek (signe de), Trousseau (signe de), tétanie, hyperexcitabilité neuromusculaire

spasticité n.f.

spasticity

Contraction d’un muscle ayant tous les caractères d’un spasme.
Forme la plus fréquente d'hypertonie, où la résistance à la mobilisation passive s'accroît en fonction de la vitesse de déplacement du membre testé et de son degré d'étirement. Elle caractérise fondamentalement un syndrome pyramidal au stade de chronicité. Elle revêt un caractère élastique car le membre reprend sa position initiale dès qu'il n'est plus sollicité. En revanche, si le déplacement est poursuivi, un relâchement est possible. Majorée sur les muscles antigravitaires, en station debout et par l'action, elle peut entraîner un pseudosteppage spasmodique en cas de syndrome pyramidal fruste. À la spasticité s'associent notamment : une exagération des réflexes ostéotendineux (vifs, diffusés, polycinétiques), un possible clonus, des réflexes cutanés abdominaux abolis, la survenue de réflexes de défense, un réflexe cutané plantaire habituellement en extension (signe de Babinski, pouvant manquer en phase aigüe flaccide et aréflexique, mais précédant l'apparition de l'hyperréflexie ostéotendineuse), parfois des syncinésies.
Cette hyperactivité des réflexes myotatiques peut résulter d'une hyperactivité du système gamma, qui semble différer selon le niveau de la lésion. Les données neurochimiques sont encore incomplètes.

Étym. gr. spasmos : contraction, spasme

Syn. spasmodicité

→ réflexe myotatique

spondylolisthésis lombosacré l.m.

lombosacral spondylolisthesis

Glissement vers l’avant du corps vertébral de la cinquième vertèbre lombaire dont la face inférieure surplombe le bord antéro-supérieur de la première vertèbre sacrée, dû à une rupture ou à un allongement des isthmes de l’arc postérieur de cette vertèbre L 5.
Une dysplasie congénitale peut être à l’origine d’une fragilité de l’arc postérieur et favoriser une rupture traumatique ou micro-traumatique des isthmes, en particulier chez les sportifs. Le spondylolisthésis dégénératif lombosacré est rare.
Le spondylolisthésis qui se constitue chez l’adulte a une évolution ordinairement modérée et le glissement constitué reste ordinairement stable. La forme du sujet jeune, ordinairement de type dysplasique, est la plus évolutive.
Il peut être bien toléré pendant longtemps ou entraîner des lombalgies, une névralgie sciatique de topographie S1 et, dans les formes graves, des troubles moteurs et urinaires. La rétraction des muscles ischio-jambiers empêche l’extension complète du genou quand la hanche est en flexion (faux signe de Lasègue).
L’imagerie médicale permet de préciser l’état des isthmes, rompus ou allongés, et l’existence d’autres signes de dysplasie : spina bifida occulta, disposition anormale des apophyses articulaires, position haute de L5 et des signes faisant craindre une évolutivité comme un aspect en dôme de la face supérieure du sacrum ou la bascule de L5 pouvant aller jusqu’à placer la vertèbre devant la face antérieure du sacrum, réalisant une spondyloptose. La position très antérieure de L5 rétrécit le détroit supérieur mais est rarement un facteur de dystocie lors de l’accouchement. Le glissement est apprécié selon des mesures diverses, les plus utilisées sont celles qui le mesurent sur la radiographie de profil d’après la division du plateau supérieur de S 1 en 3 ou 4 parties (Meyerding).
Si le traitement orthopédique reste inefficace le traitement chirurgical par fixation, précédé ou non d’une réduction, est nécessaire.

Étym. gr. spondulos : vertèbre ; olisthesis : glissement

→ spondylolisthésis, spondyloptose

Stargardt (maladie de) l.f.

Stargardt's disease

La plus fréquente des dégénérescences maculaires juvéniles, avec début marqué par une baisse de l'acuité visuelle, d'abord discrète, mais progressive.
Au fond d'œil, signes également discrets : disparition du reflet fovéolaire, parfois remaniement pigmentaire discret, plus rarement aspect vernissé ; le remaniement pigmentaire augmente progressivement et fait place à une atrophie choriorétinienne. À ce stade, l'acuité visuelle est très diminuée.
L'angiographie fluorescéinique est l'examen essentiel pour le diagnostic à la phase de début (anneau de mouchetures fluorescentes autour de la macula réalisant l'aspect dit en "œil de bœuf"). L'absence de visibilité de la choriocapillaire est un signe pathognomonique de l'affection. L'électrorétinogramme est peu significatif. L'association avec un aspect de fundus flavimaculatus est fréquente. La transmission est autosomique récessive, plus rarement autosomique dominante.

K. B. Stargardt, ophtalmologiste allemand (1909)

→ dégénérescence maculaire juvénile

subluxation externe de la patella l.f.

external  patella subluxation

Anomalie radiologique visible sur l'incidence fémoropatellaire axiale à 30°, où le bord externe de la rotule déborde la berge externe de la trochlée, la crête rotulienne étant en dehors du fond de la trochlée.
Une bascule externe de la rotule accompagne fréquemment son déplacement externe. L'examen clinique révèle une anomalie du parcours rotulien, en particulier une translation interne de la rotule au début de la flexion du genou, une mobilité excessive de la rotule en dehors et un signe de Smilie. Souvent aymptomatique, elle peut être associée à une luxation récidivante de la rotule et se traduire par des épisodes de dérobement du genou ou des douleurs antérieures. L'évolution peut conduire au développement d'une arthrose fémoropatellaire latérale.

I. S. Smilie, chirurgien orthopédiste britannique (1962 et 1974)

sucement du pouce l.m.

thumb sucking

Comportement habituel à la majorité des enfants du premier âge.
On pense que le fait de sucer son pouce jusqu'à un âge plus avancé est un signe d'immaturité affective. Pour les psychanalystes, cette habitude serait à relier à un désir de satisfaction orale, avec une signification autoérotique.

Suker (signe de) l.m.

Suker's sign

Impossibilité de garder la fixation dans les mouvements de latéralité extrême du regard.
Ce signe a été décrit dans l'hyperthyroïdie.

G. F. Suker, ophtalmologiste américain (1869-1933)

susceptibilité magnétique l.f.

magnetic susceptibility

Propension d'une substance à devenir aimantée lorsqu'elle est placée dans un champ magnétique.
Elle s'exprime par le rapport I sur H où le vecteur I est l'intensité d'aimantation de cette substance placée dans le champ H.
La valeur de ce rapport permet de définir, en fonction de son signe et de sa valeur, le diamagnétisme, (rapport négatif), le paramagnétisme (rapport faiblement positif) et le ferromagnétisme (rapport fortement positif). En IRM, une grande différence de susceptibilité magnétique entre deux tissus contigus est suceptible d’être source d’artefact.

→ champ magnétique, susceptibilité magnétique (artefact de)

[B1,B2,B3]

Édit. 2018

suxaméthonium n.m.

suxamethonium

Leptocurare de synthèse de type curare dépolarisant (diacétylcholine), acétylcholinomimétique qui agit principalement en bloquant transitoirement les récepteurs cholinergiques nicotiniques postsynaptiques de la jonction musculaire (Mayerhofer, 1951).
Son injection intraveineuse produit rapidement un bloc (en 60 s en moyenne) de durée brève (environ 10 min) : il est hydrolysé par les pseudocholinestérases plasmatiques (butyryl-cholinestérases).
Le profil d'action de cette induction à séquence rapide en fait un curare de choix pour l'intubation du patient à l'estomac plein. Mais il produit de nombreux effets secondaires:
- fasciculations musculaires entraînant des douleurs postanesthésiques,
- augmentation des pressions intraoculaire et intragastrique (risque de régurgitations),
- hyperkaliémie chez certains patients (notamment traumatisés de la moelle),
- troubles du rythme cardiaque,
- risque d'hyperthermie maligne (la survenue d'un spasme des masséters semble être un signe prémonitoire),
- risque d'accident anaphylactique,
- risque de curarisation prolongée (anomalie génétique) par présence de pseudocholinestérases anormales.
Tous ces inconvénients expliquent que l'utilisation de ce curare soit restreinte.

O. Mayrhofer, médecin anesthésiste autrichien (1951)

syndrome cordonal postérieur l.m.

posterior funiculus syndrome

Syndrome médullaire dissocié, lié à une atteinte du cordon postérieur, qui est le plus souvent touché isolément.
Nombreuses, les paresthésies (sensations de fourmillement, picotement : peau cartonnée ou rétrécie, impression de marcher sur du caoutchouc) sont souvent étendues, bilatérales, plus ou moins asymétriques. Elles peuvent prédominer au niveau distal ou sur le tronc, notamment en corset.
Alors que les sensibilités tactile, douloureuse et thermique sont normales, on relève :
- une altération ou abolition du sens des attitudes, de la sensibilité vibratoire, douloureuse et à la pression, du sens de localisation et de la sensibilité discriminative (surtout du sens de position) ;
- de fréquentes difficultés motrices à la manipulation, à la marche, et de l'équilibre, très nettement majorées par la fermeture des yeux (ataxie cordonale) ;
- des sensations possibles de décharge électrique en éclair provoquée par la flexion de la nuque, irradiant de la région rachidienne à l'extrémité des membres : signe de Lhermitte, observé dans des lésions cordonales postérieures intrinsèques (sclérose en plaques) et aussi dans des compressions d'origine extramédullaire.
L'étude des potentiels évoqués somesthésiques par stimulation d'un nerf sensitif des membres précise la topographie des troubles.
Tel qu'il est rencontré dans le classique tabès, le syndrome radiculocordonal postérieur associe notamment à cette sémiologie : aréflexie, douleurs fulgurantes, crises viscérales, manifestations neurotrophiques.

J. Lhermite, neurologue français, membre de l’Acaémie de médecine (1924)

syndrome de blocage de Cüppers l.m.

Cüppers' blockage syndrome

Ésotropie congénitale ou précoce dans laquelle les deux yeux sont en forte adduction avec limitation bilatérale de l'abduction, pouvant aller jusqu'à une pseudoparalysie des deux muscles droits externes ; nystagmus manifeste quand les deux yeux se portent en abduction.
Plus rarement l'atteinte peut être unilatérale. Dans les formes atténuées, le signe du stop de Corcelle et le test du prisme base externe de Cüppers aident au diagnostic.

F. Adelstein et C. Cüppers, ophtalmologues allemands (1966) ; L. Corcelle, ophtalmologiste français (1962)

[P2]

syndrome de Child-Pugh l.m.

Child-Pugh’s syndrome

Ensemble de troubles qui associent l'insuffisance hépatique et/ou l'hypertension portale, à un dysfonctionnement cérébral potentiellement réversible.
On distingue habituellement quatre stades cliniques. Le stade 1 est caractérisé par des anomalies des tests psychométriques, des troubles du sommeil, du comportement ou de l'humeur ; un astérixis peut être présent, comme au stade 2 où il est associé à une confusion mentale ; l'existence d'un coma réactif définit le stade 3, un coma profond aréactif le stade 4. Un fœtor hepaticus est souvent associé. L'électroencéphalogramme montre un ralentissement du rythme électrique cérébral, avec parfois des ondes triphasiques caractéristiques. Une hyperammoniémie est constante. Il n'existe pas de signe réellement spécifique d'encéphalopathie hépatique, et le diagnostic est fait devant une association de signes survenant dans un contexte évocateur, en éliminant d'autres causes possibles. En cas d'hépatite aiguë, l'existence d'une encéphalopathie peut faire rechercher l’existence d’un facteur déclenchant curable (hémorragie digestive, infection, insuffisance rénale et perturbation électrolytique et acidobasique). La répétition d'épisodes d'encéphalopathie aiguë, grave ou fulminante, fait discuter l'indication d'une transplantation hépatique en urgence. En cas de cirrhose, elle indique un pronostic sévère qui peut s'associer à des perturbations neurologiques irréversibles (dégénérescence “pseudowilsonienne” et myélopathie portocave).
Le traitement symptomatique de référence comporte celui d'un éventuel facteur déclenchant, l'évacuation du sang du tube digestif, la réduction des apports protéiques per os, et l'administration de lactulose et/ou d'antibiotiques ; en cas d'hépatite grave, des mesures visant à prévenir ou à traiter l’œdème cérébral sont indiquées. D’autres traitements sont d'efficacité incertaine : administration d'α-cétoglutarate d'ornithine, de benzoate ou de phénylacétate, d'acides aminés.
La physiopathologie de l'encéphalopathie hépatique est obscure, l'hyperammoniémie étant probablement un facteur nécessaire mais non suffisant.

C.G. Child, chirurgien américain (1964); R.N.Pugh, hépatologue britannique (1973)

[.L1]

syndrome de compression du nerf ulnaire l.f.

nervus ulnaris compression
Syndrome sensitif et moteur dans les territoires innervés par le nerf ulnaire : dysesthésies, hypo ou anesthésie, parésies ou paralysies, provoqué par une compression le plus souvent d’origine extrinsèque.
Le nerf ulnaire au cours de son trajet de l’aisselle à la main peut être comprimé par une lésion d’origine traumatique, dystrophique, inflammatoire ou tumorale ; il est particulièrement exposé dans trois régions où il peut être bridé par des formations fibreuses ou ostéofibreuses :
- A la partie moyenne du bras, le nerf passe de la loge antérieure vers la loge postérieure à travers la cloison intermusculaire médiale qui peut être renforcé par une bande fibreuse, l’arcade de Struthers sous laquelle passe le nerf. Cette arcade peut dans de rares cas être une cause de compression. Une rare anomalie osseuse de l’humérus, l’épine sus-épicondylienne médiale (ou  sus-épitrochléenne) peut fixer ou dédoubler le nerf et être une gêne à sa mobilité lors des mouvements.
- Au coude le nerf est comprimé dans le canal ulnaire le plus souvent à son entrée par un renforcement fibreux ou fibromusculaire de l’arcade qui unit les deux faisceaux d’origine du muscle flexor carpi ulnaris (m. cubital antérieur), l’arcade d’Osborne, étendue de l’épicondyle médial à l’olécrane. Dans le canal inextensible et étroit le nerf peut être comprimé par des causes extrinsèques : fracture, kyste, lésions d’arthrose et du rhumatisme inflammatoire ou par des lésions intrinsèques : épaississement du nerf, microtraumatismes, tumeur.
- Au poignet le nerf peut être comprimé dans le canal (ou loge) de Guyon.
C’est à la main que les signes objectifs de compression sont recherchés : griffe des deux derniers doigts, hypoesthésie de l’auriculaire et de la partie médiale de l’annulaire, parésie ou paralysie des muscles interosseux, du muscle adducteur du pouce, du faisceau profond du court fléchisseur. Le signe de Tinel peut donner une approximation du siège de la compression et les troubles de conduction décelés par l’EMG donnent des indications sur sa localisation et son importance.
Cette affection est reconnue comme professionnelle (tableau 57 des maladies professionnelles

J. Struthers, Sir, anatomiste britannique (1854) ; F. Guyon, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1861) ; G. V. Osborne, chirurgien américain (1957) ; J. Tinel, neurologue français (1915) (1861)

→ canal ulnaire (syndrome du), canal de Guyon, canal de Guyon (syndrome du), arcade de Struthers, arcade d'Osborne, Tinel (signe de)

[H1]

| page précédente | /22 | page suivante