Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

44 résultats 

pneumopathie des cracheurs de feu l.f.

hydrocarbon pneumonitis, fire-eater pneumonia

Pneumopathie aigüe dyspnéisante fébrile et pseudo-infectieuse, induite par l'inhalation accidentelle de kérosène chez les cracheurs de feu, habituellement résolutive en quelques semaines, mais parfois fatale.
Du fait de sa fluidité extrême, le kérosène accidentellement inhalé se répand rapidement dans les bronches déclives, puis gagne les alvéoles, provoque une pneumonie chimique avec probable déficit en surfactant. La haute volatilité de cet hydrocarbure entraîne immédiatement une saturation de l'air alvéolaire expliquant la cyanose d'installation rapide. Il apparaît d'abord une bronchiolite progressive. Une alvéolite fibrinoleucocytaire et des microabcès se développent. Les anomalies radiologiques pulmonaires apparaissent moins de 24 heures après l'inhalation. Ce sont des opacités macronodulaires des bases dont la disparition se fait en 2 semaines à 8 mois lentement progressive. Le traitement, purement symptomatique, a bénéficié des progrès de la réanimation respiratoire. Les corticoïdes et les antibiotiques, jadis largement prescrits en pareil cas, semblent inefficaces.

pneumopathie des immunodéprimés l.f.

pneumonie des immunodéprimés

pneumopathie d'inhalation l.f.

inhalation pneumopathy

Mendelson (syndrome de)

pneumopathie huileuse l.f.

exogenous lipoid pneumonia, exogenous lipid pneumonia, mineral oil pneumonia

Pneumopathie lipidique exogène chronique et pseudotumorale, induite par l'inhalation accidentelle et répétée de petites quantités d' »huiles minérales » (hydrocarbures).
Les lipoïdoses pulmonaires exogènes aux huiles animales (huile de foie de morue, graisse de lait), apanage du nourrisson, ont de nos jours presque complètement disparu. Les huiles d'origine végétale ne sont pratiquement jamais en cause. Les « huiles minérales » en sont presque toujours responsables. Il s'agit habituellement de paraffine liquide absorbée par voie buccale dans un but laxatif, souvent pendant de nombreuses années consécutives. Plus rarement, la pneumopathie huileuse est d'origine professionnelle : inhalation chronique d' «huile de coupe » ou de vapeurs huileuses dans un environnement industriel.
Souvent cliniquement asymptomatiques ou peu symptomatiques, ces pneumopathies sont dépistées sur des anomalies radiologiques pulmonaires : opacités bilatérales intéressant préférentiellement le poumon droit et les bases pulmonaires. En tomodensitométrie, les opacités sont déclives et souvent fortement hypodenses (de densité graisseuse), ce qui est évocateur. Envisagé sur l'histoire clinique et les anomalies radiologiques, le diagnostic repose sur le lavage bronchoalvéolaire (LBA) et la biopsie pulmonaire. Le LBA est blanchâtre, d'aspect huileux et les macrophages alvéolaires contiennent de nombreuses vacuoles lipidiques. Dans les cas typiques, la biopsie pulmonaire n'est pas indispensable. Elle montrerait une fibrose interstitielle ou mutilante, infiltrée par des vacuoles lipidiques avec souvent une réaction inflammatoire pouvant prendre l'aspect d'un granulome à cellules géantes. Le traitement se borne à arrêter les huiles minérales, et à traiter un reflux gastroœsophagien s'il existe.
Les pneumopathies huileuses, pneumopathies lipidiques exogènes, doivent être distinguées des pneumopathies lipidiques endogènes.

pneumopathie lipidique endogène

pneumopathie immunoallergique l.f.

pneumopathie d'hypersensibilité, pneumo pathie à éosinophiles

pneumopathie infiltrative diffuse l.f.

maladie infiltrative diffuse pulmonaire

pneumopathie interstitielle desquamative l.f.

desquamative interstitial pneumonia

Pneumopathie interstitielle médicamenteuse, presque spécifique de la prise chronique de nitrofurantoïne.
Les malades présentent une dyspnée. La tomodensitométrie révèle un aspect de pneumopathie interstitielle en mosaïque très particulier. Le syndrome restrictif et les données du lavage bronchoalvéolaire sont variables. L'étude histologique établit le diagnostic devant l'accumulation de macrophages endoalvéolaires. Le pronostic est bon sous condition de l'arrêt définitif de la nitrofurantoïne et d'un recours temporaire aux corticoïdes.
Pour certains auteurs, ce terme s'applique aux formes récentes inflammatoires de fibrose interstitielle diffuse primitive !

pneumopathie interstitielle diffuse pulmonaire l.f.

diffuse interstitial lung disease

fibrose pulmonaire interstitielle diffuse

pneumopathie interstitielle non-spécifique l.f.

non specific interstitial pneumonia

maladie infiltrative diffuse pulmonaire

pneumopathie lipidique endogène l.f.

endogenous lipoïd pneumonia

Pneumopathie qui survient lorsque les lipides normalement contenus dans le tissu pulmonaire, principalement le cholestérol et ses esters, se libèrent des cellules alvéolaires détruites.
Ce peut être en amont d'une lésion bronchique obstructive (souvent un carcinome bronchique) ou du tissu pulmonaire détruit par une suppuration. Plus rarement, la pneumopathie lipidique endogène provient d'une embolie graisseuse, d'une protéinose alvéolaire ou de désordres du stockage lipidique.
Les pneumopathies lipidiques endogènes doivent être distinguées des pneumopathies huileuses, encore appelées pneumopathies lipidiques exogènes. L'examen pathologique et les colorations spéciales des graisses permettent cette distinction.

Syn. pneumopathie à cholestérol

pneumopathie huileuse

pneumopathie lipidique exogène l.f.

pneumopathie huileuse

pneumopathie lymphocytaire interstitielle l.f.

lymphoid interstitial pneumonitis

Infiltration des septums alvéolaires par des lymphocytes matures et des plasmocytes, prédominant le long des axes bronchovasculaires mais sans atteinte des parois bronchiques et vasculaires.
L'immunofluorescence permet d'identifier des chaines légères de type kapa et de type lambda. Actuellement, cette affection est considérée comme un lymphome non hodgkinien de faible malignité.
Cette affection est rare chez l'adulte. Elle complique près de la moitié des cas de SIDA observés chez l'enfant. Le diagnostic est fait sur la biopsie pulmonaire.
Tantôt les lésions restent stables, tantôt elles s'aggravent progressivement et apparaît un lymphome.
Associée à un syndrome de Sjögren, l'évolution vers le lymphome est très fréquente.

pneumopathie médicamenteuse l.f.

pneumopathies iatrogéniques

pneumopathie nécrosante l.f.

pneumonie nécrosante

pneumopathie nosocomiale l.f.

pneumonie nosocomiale

pneumopathie organisée cryptogénique l.f.

organising pneumonia (angl.), organizing pneumonia (américain)

Pneumopathie chronique de cause inconnue, caractérisée par l’existences de bourgeons conjonctifs endo-alvéolaires à la biopsie pulmonaire,.
Les patients présentent souvent une clinique de « pneumopathie » récidivante malgré des traitements antibiotiques, avec un syndrome inflammatoire. 
Sur le scanner les lésions sont en général multiples, avec une base périphérique jouxtant la plèvre. Le caractère migrateur des opacités est typique à cette affection : certaines disparaissant alors que d’autres surviennent  dans d’autres territoires. Le liquide de lavage lavage bronchoalvéolaire montre une formule panachée, avec augmentation des neutrophiles, éosinophiles et lymphocytes.

Il faut éliminer une cause définie, par exemple une pneumopathie médicamenteuse, l'association à une connectivite ; la conséquences d’une radiothérapie pour cancer du sein.
Le diagnostic formel nécessite une biopsie pulmonaire. Histologiquement, les alvéoles, les canaux alvéolaires, et les bronchioles terminales sont comblés par des fibroblastes et du collagène.
Après élimination d’une cause infectieuse, le traitement repose sur la corticothérapie, dont le résultat spectaculaire confirme le diagnostic. La diminution des corticoïdes doit être progressive, les récidives étant fréquentes à la diminution ou à l’arrêt du traitement.

A. G. Davison et Margaret Turner-Warwick, médecins britanniques (1983)

Syn. pneumopathie organisée idiopathique

pneumopathie, lavage bronchoalvéolaire , connectivite

[K1]

Édit. 2018

pneumopathie opportuniste l.f.

pneumonie opportuniste

pneumopathie réticulée hypertrophique l.f.

fibrose pulmonaire interstitielle

pneumopathie organisée idiopathique l.f.

organising pneumonia (angl.), organizing pneumonia (américain)

Syn. pneumopathie organisée cryptogénique

pneumopathie organisée cryptogénique

[K1]

Édit. 2018

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