Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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maculopathie ischémique l.f.

ischemic maculopathy

Atteinte maculaire irréversible liée à une occlusion des capillaires de la zone fovéolaire,  entraînant une baisse importante de l'acuité visuelle.
Les pathologies vasculaires rétiniennes ischémiques, comme le diabète, les occlusions veineuses rétiniennes, les vascularites, la drépanocytose, etc. peuvent se compliquer d'une maculopathie ischémique. Celle-ci se traduit à l'angiographie par une rupture de l'arcade anastomotique fovéolaire et un élargissement de la zone avasculaire centrale.

Étym. lat : macula : tache ; gr. pathos : maladie : ischein : arrêter ; haima : sang

Syn. ischémie maculaire

nécrose ischémique villositaire l.f.

villous ischemic necrosis

Thrombose des vaisseaux villositaires qui se produit souvent dans le placenta à l’approche du terme de la grossesse, qui entraine une nécrose des villosités souschoriales et s’accompagne d’un dépôt de substance fibrinoïde.

neuropathie optique antérieure ischémique l.f.

anterior ischemic optic neuropathy

Neuropathie ischémique antérieure bilatérale non artérielle de la quarantaine.
Une famille décrite avec deux sœurs jumelles atteintes. Une autre sœur plus jeune, de cette famille, a présenté une papillophlébite unilatérale. L’affection est autosomique récessive (MIM 258660).

D. Deutsch, ophtalmologiste israélien (1990)

neuropathie optique ischémique l.f.

ischemic optic neuropathy

Neuropathie optique due à un trouble de la vascularisation du nerf optique en un point quelconque de son trajet.
Elle peut revêtir un caractère aigu et comporte alors une diminution de l'acuité visuelle, un déficit campimétrique le plus souvent inférieur et un gonflement modéré de la papille optique. Survenant chez le sujet âgé, elle peut être due à deux causes : l'artériosclérose locale et la maladie de Horton (artérite temporale).
Elle peut être chronique et c'est alors une complication majeure du glaucome chronique. Les neuropathies optiques ischémiques peuvent également simuler un syndrome de Foster-Kennedy.

R. Foster-Kennedy, neurologue américain (1911)

Foster-Kennedy (syndrome de)

pénombre ischémique l.f.

ischemic penumbra

Région située à la périphérie d'une zone centrale d'ischémie sévère engagée dans la nécrose, et dont la réponse positive à la thérapeutique peut expliquer une récupération parfois majeure de certains déficits initialement importants.
Cependant les phénomènes en cause dans un accident ischémique cérébral sont complexes. On peut ainsi mettre en évidence une "perfusion de luxe" en relation probable avec l'acidose locale, qui se caractérise par un découplage du débit sanguin régional, lui-même excessif par rapport à l'activité métabolique de la zone lésée.
L'IRM en séquences de diffusion-perfusion comparées aux séquences T2, peut permettre d'apprécier cette zone de pénombre.

rétinopathie diabétique ischémique l.f.

ischemic diabetic retinopathy

Micro-angiopathie rétinienne diabétique au cours de laquelle prédominent des occlusions plus ou moins étendues et disséminées du lit capillaire.
Deux stades évolutifs peuvent être différenciés: dans la rétinopathie préproliférante, des territoires étendus d'oblitération capillaire sont en général bordés d'anomalies microvasculaires intra-rétiniennes, d'anomalies veineuses et de nodules cotonneux ; la rétinopathie proliférante (ou proliférative) associe au tableau précédant l'apparition de néovaisseaux rétiniens et/ou papillaires ; lorsque des néovaisseaux prolifèrent au niveau du cortex vitréen, on parle aussi de vitréorétinopathie diabétique.

rétraction ischémique de Volkmann l.f.

Volkmann's contracture

R. von Volkmann, chirurgien allemand (1869)

Volkmann (maladie de)

seuil ischémique l.m.

Durant un exercice progressif à charge croissante chez un patient coronarien  le seuil ischémique est le niveau de fréquence cardiaque, de pression artérielle et de charge auquel

apparaissent la douleur angineuse et /ou les signes électriques d’une ischémie myocardique.
L’entraînement physique , les traitements antiangineux, les techniques de revascularisation améliorent la tolérance à l’effort et augmentent le seuil ischémique.

sténose ischémique du grêle l.f.

small intestine ischemic stenosis

Sténose du grêle due soit à une radiothérapie, soit à une maladie de Crohn, soit à l’utilisation chronique d’anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Étym. gr. : stenos : étroit

Volkmann (rétraction ischémique de) l.f.

Volkmann’s retraction

Volkmann (maladie de)

foie ischémique l.m.

Syn. hépatite hypoxique

hépatite hypoxique

[L1]

Édit. 2018

encéphalopathie anoxo-ischémique du nouveau-né (EAI) l.f.

Atteinte cérébrale secondaire à une asphyxie périnatale aigüe chez le nouveau-né à terme ou proche du terme.
Après une phase de réanimation, le nouveau-né montre des signes d’hyperexcitabilité ou au contraire de léthargie voire de coma, associés à des troubles du contrôle respiratoire et parasympathique. Il est hypotonique et peut présenter dans les 72 heures, avec ou sans intervalle libre, des convulsions cliniques ou infra cliniques. Les signes cliniques sont le plus souvent hiérarchisés en trois stades de sévérité, inspirés de la description princeps de Sarnat et Sarnat de 1976. S’associent aux symptômes cliniques, des signes biologiques d’asphyxie aigüe (acidose sévère avec hyperlactacidémie, coagulation intravasculaire disséminée, insuffisance rénale aigüe, cytolyse hépatique) ainsi que des altérations profondes de l’électroencéphalographie d’amplitude enregistrée en continu.
L’EAI survient chez 2 à 4 pour 1000 naissances vivantes dans les pays développés. Elle est responsable d’une mortalité élevée et entraîne un risque accru de séquelles neurodéveloppementales chez les survivants. L’imagerie cérébrale par résonnance magnétique, avec séquences de diffusion, réalisée dans les 2 premières semaines de vie donne, avec l’évolution électroencéphalographique et clinique, une orientation pronostique précoce.
L’hypothermie thérapeutique contrôlée pendant 72 heures, à condition d’être débutée dans les 6 heures suivant la naissance, permet de réduire les séquelles à long terme de 20 à 25%. D’autres traitements alternatifs ou adjuvants (médicaments ou cellules souches) sont en cours d’évaluation. 

H. B. Sarnat et Margaret S. Sarnat, neurologues canadiens (1976)

acidose, hyperlactacidémie, coagulation intravasculaire disséminée (syndrome de), cytolyse hépatique, insuffisance rénale aigüe

[H1, O1]

Édit. 2018

accident n.m.

accident, injury

1) En général, évènement inopiné cause de dommages matériels ou corporels d'une certaine gravité et qui fait peur.
On distingue trois phases dans la survenue d'un accident :
I - avant l'accident : accumulation des risques (probabilité des causes), dont le dernier est dit «déclenchant», sans correspondre à une cause unique ;
II - pendant l'accident : action nocive pouvant provoquer des dommages corporels ;
III - après l'accident : phase de secours et de soins des dommages corporels.
À ces trois phases correspondent trois préventions :
- primaire, pour éviter l’accident en supprimant un ou des facteurs de risque, ce qui réduit l’accumulation des risques et retarde ou évite l’accident ;
- secondaire, pour éviter les dommages lorsque l'accident se produit ;
- tertiaire, destinée à éviter les complications, avant et pendant les soins (s'il n'y a pas eu de dommages corporels cela se résume aux précautions pour éviter le sur-accident).
Les accidents peuvent être prévisibles ou imprévisibles, évitables (par la prévention primaire) ou inévitables (acceptation d'un risque normal).
 
Schéma montrant l'accumulation des facteurs de risque au cours de la première phase d'un accident, la constitution des dommages au cours de la deuxième phase et l'évolution ensuite.
Ce schéma, qui concerne un accident de la route, reste valable pour les accidents de toute nature (accident thérapeutique ou infectieux, notamment).
Si l'on connaît la probabilité des risques avant l'accident, par une démarche bayésienne on peut estimer la probabilité des causes qui y ont concouru, notamment celles de nature humaine (perte de vigilance due à une incapacité subite ou subtile, etc.).
Quand les dommages sont minimes ou inexistants, l'évènement n'est pas un accident, mais un incident. Si l'on a frôlé de près l'accident, c'est un incident critique.
2) En médecine, épisode morbide inattendu, survenant ou non au cours d'une maladie.
Ex. accident vasculaire cérébral.
L'évolution se fait toujours selon les 3 phases décrites, appelées classiquement incubation, crise et résolution (par convalescence ou par décès). S'il reste des dommages permanents on parle de séquelles qui peuvent entraîner une incapacité physique et un handicap social.
3) En génétique, aberration chromosomique due à une anomalie méiotique ou mitotique.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accident corporel, crise, démarche bayésienne, risque (facteur de), gravité, incapacité subtile, incident, incident critique, peur, prévention, risque

[E1,G2,N1,Q1]

Édit. 2016

accident catastrophique à effets limités l.m.

disaster accident with limited effects

Accident de cause naturelle, technique ou humaine, dont les effets matériels et corporels sont limités dans le temps comme dans l'espace.
Ils nécessitent l'intervention de moyens de secours professionnels dans le cadre d'un plan d'intervention particulier, appelé « plan rouge », en France.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

plan rouge

Édit. 2016

accident chez l'enfant l.m.

children's accident

Cause la plus fréquente de morbidité et de mortalité chez l'enfant à partir de l'âge d'un an, avec un maximum à l'adolescence : en France le quart des accidents concerne des mineurs.
Les principales causes d'accident chez l'enfant sont les intoxications, les traumatismes (défenestrations, accident du trafic, brulures) et les noyades. De nombreux facteurs favorisent l'accident : l'enfant n'a pas terminé la maturation de ses fonctions sensorielles, il n'a pas conscience du danger.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[G2,O1,O2]

Édit. 2016

accident chromosomique l.m.

chromosome damage, chromosome aberration

Evénement modifiant la structure d'un ou plusieurs chromosomes d'une garniture chromosomique, ou leur nombre.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

anomalie chromosomique

[Q1]

Édit. 2016

accident corporel l.m.

corporeal accident, corporal accident

Accident causant des dommages au corps humain.
Causé en général par un traumatisme entrainant des atteintes anatomiques ou fonctionnelles, il peut laisser des séquelles, notamment des troubles psychiques retardés. En milieu civil, on décrit des accidents de la circulation, du travail, du sport, de l'école, de la maison, etc. Dans le domaine militaire, on rencontre surtout des blessures par engins de guerre ou par accidents de la circulation.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accident, risque, risque (facteur de), risque «zéro», traumatisme psychique

[E1,E2,E3,G2,H3,H4,I2]

Édit. 2016

accident d'anesthésie l.m.

anaesthetic accident

Accident péri-anesthésique se produisant au cours de l’anesthésie (générale, locorégionale ou locale), de sa mise en train et de ses suites immédiates.
Il peut être imputable à l’anesthésie proprement dite, aux conditions opératoires (notamment aux pertes de sang), à l’état antérieur du patient (qui a dû être évalué lors de la consultation préopératoire) ou à une combinaison de ces trois causes donnant des risques souvent intriqués.
Si l'accident est entièrement lié à l'anesthésie il peut s'agir soit d'une défaillance humaine ou matérielle (notamment par non-respect des normes), soit d'une réaction anormale lors de l'administration d'un produit anesthésique (choc anaphylactique ou anaphylactoïde, hyperthermie maligne). La consultation anesthésique préopératoire, la normalisation de l'appareillage, le contrôle des distributions de gaz avant la mise en service et les vérifications qui doivent être faites avant toute anesthésie ont considérablement réduit le nombre des accidents.

Étym. lat. accidens : ce qui survient ; gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

accident, ASA (classification), certification d'un dispositif médical, contrôle de qualité des dispositifs médicaux, contrôle de qualité des soins, risque

[E3,G1]

Édit. 2017

accident d'exposition au sang l.m.

accidental blood exposure 

Contact avec du sang ou un liquide biologique contaminé, lors d'une piqûre avec une aiguille, d'une coupure avec un objet tranchant ou provenant d'une plaie ou d’une muqueuse.
Il expose au risque de transmission des virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et des virus responsables des hépatites B et C (VHB, VHC). Les soignants sont particulièrement exposés. Ceux-ci peuvent aussi être contaminés par divers agents pathogènes, à l'occasion de blessures accidentelles, lors de soins prodigués à des patients présentant une infection transmissible par contact direct. Les principales mesures à respecter pour éviter de tels accidents ont fait l'objet de plusieurs circulaires de la Direction générale de la santé et de la Direction des hôpitaux.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

accident de la circulation l.m.

traffic accident

route (accident de la)

[G2]

Édit. 2016

accident de la route l.m.

traffic accident

Traumatismes liés à la circulation routière.
Ils entraînent surtout des blessures, des tachytraumatismes, des écrasements et, moins fréquemment, des brûlures. Ils sont en général dus aux effets de décélération lors du choc, les dommages sont d'autant plus grands que la vitesse du véhicule était plus grande avant l'accident.
La prévention primaire passe par la normalisation des véhicules, l'amélioration du réseau routier, la réglementation de la circulation, le contrôle policier (vitesse, etc.), la formation des conducteurs et la surveillance de leur hygiène (contrôle de l'alcoolémie, etc.). Le «facteur humain» est très important : les erreurs de conduite ont une grande part dans la survenue des accidents, c'est pourquoi la prévention passe par une bonne formation des conducteurs, leur surveillance et une stricte observance de l'hygiène (consommation alimentaire, boisson, respect d'un repos nécessaire, etc). Notamment les substances psychotropes (alcool, drogues, médicaments tels les benzodiazépines, etc.) sont souvent impliqués, aussi leur détection est faite par la police lors de contrôles pour excès de vitesse (éthylotest) ou par la justice (recherche des toxiques lors des autopsies). Les recherches de substances psychotropes devraient être systématiques à l'autopsie et surtout lors de l'admission des blessés à l'hôpital, malheureusement elles sont rarement effectuées.
Ces recherches devraient être systématiques à l'autopsie et surtout lors de l'admission des blessés à l'hôpital, malheureusement elles sont rarement effectuées. L’usage du téléphone au volant responsable d’un accident corporel sur 10 est interdit qu’il soit tenu à la main ou porté à l’oreille.
La prévention secondaire consiste en l'aménagement du véhicule, l'usage de la ceinture de sécurité et l'air-bag.
La prévention tertiaire passe par l'organisation des secours avec une médicalisation précoce et une meilleure organisation des services d'accueil hospitaliers.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accélération, accident, éthylotest, syndrome d'écrasement, blessé, SAMU, tachytraumatisme, urgence

[G2]

Édit. 2016

accident de mission l.m.

accident of mission

Accident survenant, au cours d’une mission professionnelle, sur le parcours aller-retour entre le domicile ou le lieu de travail et un lieu inhabituel d’activité.
Un tel accident est considéré par le règlement de la Sécurité sociale comme un accident de travail et non comme un accident de trajet.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

accident de plongée l.m.

accident of dive

plongée (accident de)

[C2,G2]

Édit. 2016

accident de trajet l.m.

accident on the way to work

Accident survenant à un travailleur pendant le trajet aller- retour entre son domicile et son lieu de travail (CSS, art. L. 411-2).
Sont considérées comme domicile la résidence principale, une résidence secondaire stable ou tout autre lieu où la personne se rend de façon habituelle pour des motifs d’ordre familial. Le trajet doit être le plus direct sauf si le détour effectué est en rapport avec un covoiturage régulier.
Est également considéré comme le lieu de travail le lieu où sont habituellement pris les repas : cantine, restaurant, sous réserve que le trajet n’ait pas été modifié pour des raisons d’ordre personnel.
L’accident de trajet ouvre les mêmes droits qu’un accident du travail.
Un recours selon le droit commun est possible contre l’auteur de l’accident, fût-il l’employeur ou un de ses préposés.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

accident domestique l.m.

accident in the home

Accident qui survient dans la maison, ses dépendances et ses abords immédiats.
Les accidents domestiques constituent la première cause de décès par accident : 5 000 000 d’accidents par an, entrainant une hospitalisation d’au moins un jour et occasionnant 22 000 décès ; ils provoquent deux fois et demi plus de morts et vingt fois plus de blessés que les accidents de la route. Les deux classes d’âge les plus touchées sont les jeunes de un à quatorze ans et les personnes âgées de plus de 65 ans.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[G2]

Édit. 2016

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