Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

67 résultats 

psychose cycloïde l.f.

cycloid psychosis

Concept de K. Kleist ("psychoses cycloïdes marginales"), repris surtout par Karl Leonhard (1961), qui est proche de celui de trouble schizo-affectif : ce dernier a décrit trois formes cliniques : avec troubles de la motilité (allant de l'akinésie à l'hyperkinésie) ; confusionnelles ; avec anxiété-élation (depuis des états anxieux avec idées de référence jusqu'à des vécus extatiques). Diverses associations de ces formes sont possibles.
Ce trouble récurrent bipolaire, de bon pronostic, est considéré comme n'appartenant ni à la psychose maniacodépressive, ni aux schizophrénies. Cependant un important courant conceptuel, avec notamment C. Perris, soutient sa proximité par rapport à la première, avec un très fort ancrage dans l'endogénéité, par opposition aux états schizophréniques processuels.

K. Kleist (1928) et K. Leonhardt (1979), neurologues et psychiatres allemands ; C. Perris, psychothérapeute suédois (1928-2000)

psychose de quartier l.f.

quarter delusion

collective (psychose)

psychose dysthymique l.f.

dysthymic psychosis

1) Classiquement état psychotique à la fois délirant et maniaque ou mélancolique. Ainsi a été introduite la notion de schizophrénie dysthymique, définie par la survenue d'épisodes dépressifs et/ou maniaques sur fond de symptomatologie schizophrénique au long cours.
Les troubles de l'humeur faisant par définition partie des symptômes dissociatifs propres à la schizophrénie, les limites du concept de schizophrénie dysthymique sont difficiles à tracer : depuis les formes délirantes de maladie maniacodépressive jusqu'aux schizophrénies chroniques dont l'évolution est émaillée de dépression ou d'excitation maniaque.
2) Pour la littérature anglosaxonne, variété de schizophrénie individualisée comme trouble schizo-affectif bipolaire ou unipolaire.
Il s'agit d'une prise de position discutable car le débat reste ouvert sur la position des psychoses dysthymiques au regard des schizophrénies, des psychoses maniacodépressives ou d'une entité psychotique spécifique. En tout cas l'évolution intermittente de ces psychoses justifie l'usage d'un traitement préventif des récurrences par des thymorégulateurs.

Syn. psychose cycloïde

psychose et névrose expérimentales l.f.

experimental psychosis and neurosis

Provocation artificielle, surtout chez l'animal, de manifestations psychiques anormales qui, en l'état actuel, ne constituent le plus souvent que des constructions incomplètes et approximatives par rapport à la réalité clinique humaine et à sa complexité.
Effectué principalement chez le chat, l'attouchement de certaines zones du tronc cérébral peut provoquer la "sham rage". Des électrodes implantées à demeure dans les structures thalamo-sous-thalamiques produisent des réactions semblables à celles de la peur, de la colère ou de la fatigue, selon la région intéressée.
I.P. Pavlov a nommé "névrose expérimentale" des perturbations comportementales survenant chez l'animal conditionné, notamment, à discriminer un cercle d'une ellipse, dès lors que ces deux figures viennent à se différencier trop peu.
Certaines substances toxiques comme la bulbocapnine (H. De Jong et H. Baruk), la toxine colibacillaire ou la bile (H. Baruk), ont entraîné chez l'animal un état de type catatonique.
Chez l'homme, l'étude quasi expérimentale de troubles le plus souvent transitoires - psychotiques avec les psychodysleptiques, plus variés après privation sensorielle, de sommeil, ou dans des milieux d'exception - s'est montrée utile.

I. P. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1849-1936) ; H. Baruk, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1897-1999)

modèles expérimentaux en psychiatrie, psychotomimétique

psychose gravidique l.f.

gestational psychosis

Psychose qui se déclare en cours de grossesse.
La grossesse par elle-même ne cause pas de psychose, sauf si la patiente est prédisposée à une réponse psychotique au stress. Des trois types de psychoses, la plupart sont des réactions maniaco-dépressives ou schizophréniques ; le delirium toxique se voit occasionnellement. D’autres formes, telles la psychose alcoolique et l’épilepsie associée à une psychose, sont rares.

psychose gravidopuerpérale l.f.

gestational-puerperal psychosis

Psychose, mélancolie, délire ou confusion qui se déclare en cours de grossesse et se prolonge durant les suites de couches.

psychose hallucinatoire chronique l.f.

hallucinatory chronicle psychosis

Variété de délire chronique, caractérisée notamment par l'activité hallucinatoire1.
Survenant en règle après 30 ans, elle est classiquement dominée au début par un "petit automatisme mental", puis par de très riches phénomènes psychosensoriels, surtout acousticoverbaux, le plus souvent à thèmes de persécution, en fait assez bien systématisés. Des poussées jalonnent l'évolution. Habituellement, le suivi médical et paramédical, avec les neuroleptiques, réduit ces troubles, mais sans véritable disparition. On respecte au besoin des franges délirantes, afin de prévenir des états dépressifs, pseudo-déficitaires ou régressifs éventuels.
Une tentative de démembrement selon trois structures délirantes2 n'a pas supprimé cette entité propre à l'école française, souvent considérée à l'étranger comme une forme de schizophrénie à début tardif. La CIM 10 l'inclut dans les "autres troubles psychotiques non organiques" ne répondant pas, en particulier, aux critères schizophréniques, ni à ceux d'une pathologie thymique de type psychotique.

1G. Ballet, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1911 et 1913) ; 2 C.-H. Nodet, psychiatre français (1937)

Étym. lat. hallucinare : se tromper

[H3]

Édit. 2015

psychose, hyponatrémie intermittente, polydipsie (syndrome) l.

psychosis, intermittent hyponatremia, polydipsia syndrome

Tendance impulsive à boire de grandes quantités d'eau, fréquente chez les patients psychiatriques, associée à un état schizophrénique dans 80% des cas (R. G. Hoskins, F. H. Sleeper), avec, chez certains patients, une hyponatrémie ou intoxication par l'eau ("PIP", W. Vieweg).
Le terme de potomanie, en tant que trouble instinctuel, aurait dû être préféré à celui de polydipsie, indicateur d'une lésion organique endocrinienne ou rénale.
L'intoxication par l'eau nécessite trois conditions : une régulation anormale de la soif ; une sécrétion inappropriée de l'hormone antidiurétique (ADH) et/ou une sensibilité rénale excessive à l'ADH ; une sensibilité accrue du système nerveux central à l'hyponatrémie.
Les signes suivants caractérisent l'encéphalopathie hyponatrémique : céphalées, vision floue, asthénie, tremblements, crampes, hyper-sialorrhée, troubles digestifs, parfois crises convulsives, troubles de la conscience, voire coma et décès (L.G. Rowntree).
La notion d'une prise de poids avec chute rapide de la natrémie (en deça de 130 mmol/l) indique des mesures de restriction hydrique et la prise de traitements médicamenteux. Parmi ceux-ci, certains neuroleptiques atypiques tels que la clozapine ou la rispéridone ouvrent de nouvelles perspectives.
Lors de traitements par le lithium, le syndrome polyuropolydipsique parfois constaté est différent du PIP.

R. G. Hoskins, médecin endocrinologue et F. H. Sleeper, médecin américains (1933) ; W. V. Vieweg, psychiatre américain (1985) ; L. G. Rowntree, médecin néphrologue américain (1929)

psychose infantile l.m.

psychosis in childhood

Terme générique qui groupe des formes très diverses, source de confusion.
La psychose infantile précoce porte sur l'organisation du Moi de l'enfant, de son appareil psychique et de sa relation au monde et à autrui. Elle se caractérise cliniquement par des troubles majeurs du comportement face à la réalité, de la communication, du développement dans le domaine cognitif, praxique, du langage et du sentiment de continuité, enfin dans la différenciation entre le soi et le non soi. Le début survient généralement vers la fin de la première année. Le tableau clinique est complet avant l'âge de trois ans dans l'autisme et autour de trois à quatre ans dans les dysharmonies psychotiques.
Les psychoses de la période de latence débutent entre six et douze ans. Elles sont bien plus rares que les psychoses précoces.
La classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent  retient les catégories suivantes de psychoses : autisme précoce type Kanner, autres formes de l'autisme infantile, psychoses précoces déficitaires, dysharmonies psychotiques (psychose de type symbiotique, notamment), psychoses de type schizophrénique survenant dans l'enfance, psychoses de type schizophrénique survenant à l'adolescence, psychoses dysthymiques, psychoses aigües, autres, non spécifiées.

L. Kanner, pédopsychiatre américain (1933)

psychose (caractères cliniques généraux d'une), moi, soi, autisme, dysharmonie évolutive psychopathologique

[H3]

Édit. 2018

psychose infantile (devenir d'une) l.f.

outcome of a psychosis in childhood

Le pronostic d'une psychose survenue dans le jeune âge dépend des modalités de prise en soins, mais aussi de facteurs mal connus.
Lorsque l'enfant est devenu adulte, on peut observer :
- une grande déficience mentale avec troubles majeurs du comportement, absence d'autonomie sociale et survie en institution ;
- les plus souvent, un état résiduel pseudo-névrotique, psychopathique ou psychotique (en particulier de type schizophrénique) ;
- rarement, une normalisation psychique satisfaisante, comportant une bonne adaptation à la réalité.
Une apparition précoce, la notion de troubles cognitifs, l'absence de langage, l'association à des éléments organiques et un défect familial sont de mauvais pronostic.
Cependant, en présence d'un adulte caractériel ou psychopathe, le diagnostic rétrospectif doit être exigeant.

psychose maniacodépressive l.f.

bipolaire (psychose, maladie, trouble)

psychose paranoïaque l.f.

paranoid delusion

délire paranoïaque chronique

psychose puerpérale l.f.

puerperal psychosis

Syn. postpartum (psychose du)

psychose réactionnelle l.f.

réaction psychotique

psychose symbiotique l.f.

symbiotic syndrome of infantile psychosis

Psychose infantile caractérisée par son début dans le courant de la troisième année, précédée par une phase normale de développement, qui apparaît à un moment clé de celui-ci, correspondant à l'abandon de la fusion symbiotique avec la mère et à l'apparition du sentiment d'individuation.
Elle est marquée par la perte des acquisitions antérieures, un apparent désintérêt, une hypotonie accompagnée d'une régression motrice et la disparition de la communication verbale et préverbale.

Margaret Schoenberger Mahler, psychiatre et psychanalyste américaine (1958)

psychose unique l.f.

united psychosis

Modèle proposé notamment par W. Griesinger, lequel individualisait dans les divers syndromes et cadres psychotiques, les formes évolutives successives d'un processus pathologique unitaire, selon un modèle tiré de la paralysie générale.
Parmi les arguments des nombreuses études recensées, seront seulement cités : la notion de simultanéités cliniques et de mutations psychotiques ; l'appui des concepts psychodynamiques, avec en particulier K. Menninger) et l'extension à la totalité des psychoses ("la psychose") de la forclusion décrite par J. Lacan dans la structure de la paranoïa ; des arguments biologisants fondés sur la pratique d'une thérapeutique commune ; le concept d'un continuum entre les différentes psychoses en fonction de la structure psychique antérieure et de l'action de contenus dynamiques pathogènes (W. Janzarik).
Quelles que soient les tendances, des pans d'inconnues persistent dans les psychoses. Si bien que, jusqu'à présent, il semble bien difficile de réduire le terme à son singulier.

W. Griesinger, psychiatre allemand (1845) ; K. A. Menninger, psychiatre américain (1963) ; J. Lacan, psychiatre psychanalyste français (1901-1981) ; W. Janzarik, psychiatre allemand (1959)

Syn. monopsychose

acidocétose alcoolique l.f.

alcoholic ketoacidosis

Acidose métabolique due à l'élévation de la concentration des corps cétoniques dans le sang (acide acétyl-acétique, acide bêta-hydroxybutyrique) survenant en l'absence de diabète chez l'alcoolique chronique dénutri.
Les signes sont proches de ceux de l'acidocétose diabétique, mais la glycémie reste normale. Le traitement consiste en l'administration de glucides (fructose) et, pour certains, d'insuline.

[C3,R1]

Édit. 2017

alcoolique   adj., n.m. ou f.

alcoholic

1) Qui a trait à l’alcool.
2) Appliqué à une personne, terme imprécis qui peut avoir plusieurs sens :
- personne qui aux yeux de son entourage, consomme trop de boissons contenant de l’alcool,
- personne atteinte d’une alcoolopathie organique ou mentale.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[C1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcoolique dangereux l.m.

dangerous alcoholic

Sujet ivre ou alcoolique, dont le comportement atteint ou laisse pressentir un degré de violence débordant les capacités de tolérance de l'entourage, et menaçant son intégrité.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé

loi du 15 aril 1954, dangerosité en psychiatrie

[E3,G3,G4]

Édit. 2017 

amnésie transitoire alcoolique l.f.

transient alcoholic amnesia

État second avec conservation d'une conduite d'apparence normale, survenant au cours d'une alcoolisation aigüe suivi d’un retour brutal à la normale au bout de quelques heures, avec prise de conscience d'une lacune dans les souvenirs.

Étym. gr. amnesia : oubli (a : privatif ; mnaomai : se souvenir)

palimpseste

[G4,H3,H4]

Édit. 2017

boisson alcoolique l.f.

alcoholic beverage

Boisson fermentée (vin, bière, cidre, etc.) ou distillée (eau-de-vie, cognac, whisky, etc.). contenant naturellement de l'éthanol.
La distinction entre boisson alcoolique et boisson alcoolisée (où de l'éthanol a été ajouté, p. ex. dans le "café arrosé") semble ne plus devoir s'imposer, les effets étant les mêmes.

Édit. 2017

cirrhose alcoolique l.f.

alcoholic cirrhosis

Cirrhose due à l'ingestion chronique excessive d'alcool éthylique en l'absence d'autre cause.
C'est la cause dominante des cirrhoses en France. L'origine alcoolique peut être affirmée sur les données de l'interrogatoire, l'existence éventuelle d'autres maladies liées à l'alcool (hypertrophie parotidienne, polynévrite, pancréatite chronique p. ex.), d'une macrocytose, d'une augmentation prédominante des ASAT sur les ALAT, d'une forte augmentation de la gamma-GT, d'une augmentation de l'IgA sérique, et sur des signes histologiques associés d'hépatite alcoolique. Le pronostic dépend de la sévérité de la maladie et de la poursuite de l'alcoolisme.

cirrhose hépatique

[L1]

cure de désintoxication alcoolique l.f.

alcoholic disintoxication cure, treatment

Expression qui, par abus de langage et déviation de sens, entend désigner l'existence d'un traitement définitif et radical de l'alcoolisme chronique.
L'alcoologie moderne s'inscrit en faux contre cette croyance mythique, car le processus de levée de la dépendance, loin d'être rapide, est fonction de l'adhésion progressive et de la participation active d'un sujet qui conserve sa vulnérabilité à l'alcool et, par voie de conséquence, le risque de rupture de l'abstinence.
Simple épisode d'une prise en soins, une éventuelle cure en milieu hospitalier pourra s'inscrire dans un projet personnalisé et un processus d'accompagnement de plusieurs années.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

alcoolique (traitement de la maladie), aversion, disulfirame

[G3,G4]

degré alcoolique l.m.

alcoholic degree

degré volumique

délire alcoolique subaigu l.m.

alcohol-induced subacute psychotic disorder

alcoolique aigüe et subaigüe (psychose)

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