Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

63 résultats 

Raman (analyseur de gaz par effet) l.m.

gaz analyser by Raman effect

Lors du passage d'un faisceau monochromatique (produit par un laser) à travers le milieu à analyser, la lumière diffusée présente un spectre de raies caractéristique des molécules polyatomiques rencontrées ce qui permet leur dosage de façon sélective.
L'effet Raman n'affecte pas les molécules sphéroïdales, notamment celles des gaz rares qui sont monoatomiques.
Ces analyseurs sont utilisés pour doser le gaz carbonique, l'oxygène, l'azote, l'hydrogène, l'oxyde nitreux et toutes les vapeurs anesthésiques, mais étant donné le petit volume courant chez le jeune enfant, ces appareils sont peu précis et peu utilisables en pédiatrie.

C. V. Raman, Sir, physicien indien, prix Nobel de physique en 1930 (1928)

analyseur de gaz, mesure (appareil de), monitorage

[B3]

Édit. 2018

spectrographie de masse (analyseur de gaz par) l.m.

mass spectrography gas analyser

Procédé d'analyse des gaz et vapeurs reposant sur la déviation des molécules ionisées sous l'influence d'un champ magnétique qui les focalise en fonction du rapport entre leur masse et leur charge électrique, ce qui permet la réalisation d'un spectre de masse (les masses moléculaires en abscisses).
L'intensité de chaque raie (en ordonnée) est proportionnelle à la concentration de la molécule dans le mélange analysé.
L'appareil permet d'analyser simultanément, et avec beaucoup de précision, la composition des mélanges respiratoires, notamment ceux utilisés en anesthésie et de la suivre en continu.
Le prélèvement est très faible, car le trajet des ions doit se faire dans le vide : le gaz est ionisé et les ions pénètrent dans le spectrographe proprement dit, où ils décrivent un demi-cercle dont le rayon est proportionnel au rapport masse/charge électrique, avant de tomber sur les récepteurs où ils produisent un courant dont l'intensité est proportionnelle au débit des ions. e
Un même appareil peut être utilisé en temps partagé entre plusieurs patients.

tête de prise murale spécifique à un gaz l.m.

gas-specific connection point socket assembly

Prise murale de distribution de gaz médical destinée à recevoir l'about d'un flexible, non interchangeable et spécifique au gaz.
Cette prise (embout) doit être fixée à l'embase par un dispositif non interchangeable et spécifique au gaz. Ces mesures de sécurité ont permis de supprimer les accidents mortels dus aux erreurs de distribution de l'O2 et du N2O (plusieurs morts par an en France auparavant)

embout, raccord de prise rapide

tube à gaz raréfié l.m.

rarefied gas X-ray tube

tube radiogène à gaz

tube radiogène à gaz l.m.

rarefied gas X-ray tube

Tube à rayons X, utilisé dans les premières décennies de la radiologie, contenant un gaz raréfié (habituellement de l'air).
Ce type de tube fut inventé par William Crookes. Le gaz était ionisé sous l'action de la différence de potentiel établie entre une anode et une cathode. Les ions positifs, accélérés vers la cathode y provoquait l'éjection d'électrons qui se précipitaient sur une anticathode, au même potentiel positif que l'anode, où ils provoquaient l'émission de rayons X; cette émission instable et difficilement réglable l'a fait abandonner à l'apparition du tube Coolidge.

W. Crookes, physicien britannique (1832-1919) ; W.D. Coolidge, physicien américain (1873-1975) ; J. Hittorf, physicien allemand (1824-1914)

Syn. tube à gaz, tube à gaz raréfié, tube de Crookes, tube de Hittorf (variante du précédent)

gaz anesthésiques (intoxication par les) l.f.

anesthetic gaz poisoning

pollution du bloc opératoire par les gaz anesthésiques

[G1, B3]

Édit. 2020

accident d'exposition au sang l.m.

accidental blood exposure 

Contact avec du sang ou un liquide biologique contaminé, lors d'une piqûre avec une aiguille, d'une coupure avec un objet tranchant ou provenant d'une plaie ou d’une muqueuse.
Il expose au risque de transmission des virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et des virus responsables des hépatites B et C (VHB, VHC). Les soignants sont particulièrement exposés. Ceux-ci peuvent aussi être contaminés par divers agents pathogènes, à l'occasion de blessures accidentelles, lors de soins prodigués à des patients présentant une infection transmissible par contact direct. Les principales mesures à respecter pour éviter de tels accidents ont fait l'objet de plusieurs circulaires de la Direction générale de la santé et de la Direction des hôpitaux.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

agence française du sang l.f.

Créée par la loi du 4 janvier 1993, elle a été remplacée en 1998 par l’établissement français du sang

Sigle AFS

établissement français du sang

[E1,E3,F1]

Édit. 2017

ARM à sang noir l.f.

ARM with black blood

ARM par temps de vol

[B2,B3]

Édit. 2018

banque de sang l.f.

blood bank, transfusion center

centre de transfusion

Édit. 2017

capacité du sang en dioxyde de carbone l.f.

plasma carbon dioxide combining power

Quantité maximale de CO2 que peut fixer le sang sous une pression de ce gaz égale à sa pression partielle dans les alvéoles pulmonaires (40 mm/Hg).

[C2,K1]

capacité du sang en oxygène l.f.

oxygen blood capacity

Quantité maximale d'oxygène qui peut se combiner chimiquement avec l'hémoglobine par unité de volume de sang.
Pour l'hémoglobine adulte humaine, une mole d'hémoglobine peut fixer 4 moles d'oxygène et donc un gramme d'hémoglobine peut fixer 1,389 mL d'oxygène.
Elle est donc de 20,5 mL d'oxygène pour 100 mL de sang normal. Tout cet oxygène est fixé sur l'hémoglobine. Une très faible partie est dissoute dans le plasma.

Syn. pouvoir oxyphorique du sang

[C2]

cellules mononucléées du sang l.f.p.

peripheral blood mononuclear cells

Lymphocytes et monocytes isolés du sang périphérique habituellement par centrifugation en présence d’une solution de Ficoll Ipaque de densité 1,078 à 4°C.

[A2,F1]

coagulation du sang n.f.

blood clotting

Processus physicochimique amenant la formation du caillot cruorique à la suite de réactions enzymatiques en cascade dont l'étape terminale est la transformation du fibrinogène en fibrine qui forme alors un réseau de fibrilles.
Jouant un rôle essentiel dans l'hémostase, la coagulation comporte trois phases :
1) l'hémostase primaire, phase vasculaire mettant en jeu la vasoconstriction, l'adhésion et l'agglutination des plaquettes (formation du «clou plaquettaire»).
2) la coagulation proprement dite par voie extrinsèque (facteurs tissulaires) ou intrinsèque (activation des facteurs XII, puis XI et IX).
3) la fibrinolyse (lyse du caillot) sous l'action de l'activateur du plasminogène qui transforme cette dernière en plasmine.

Étym. lat. coagulatio : coagulation du lait (déverbal de co : ensemble, ago : pousser)

facteurs de coagulation, CIVD, activation de la coagulation, temps de coagulation, coagulopathie, coagulopathie de consommation, coagulopathie de dilution

[F4]

concentration du sang en oxygène l.f.

blood oxygen content

Quantité d'oxygène présente dans le sang à la fois sous forme dissoute et sous forme combinée à l'hémoglobine.
Normalement dans le sang artériel la concentration en oxygène est de 8,9 mmol/mL (anciennement exprimée en volume soit 19 mL/100mL) Dans le sang veineux mêlé la concentration est de 6,7 mmol/L (anciennement exprimée en volume soit 14 mL/100mL).

[C2]

contenance du sang en oxygène l.f.

teneur du sang en oxygène

[C2]

débit d'oxygène transporté par le sang l.m.

oxygen flow carried by the blood

Débit égal à la différence artérioveineuse en oxygène multipliée par le débit cardiaque, soit dans les conditions normales 0,05 x 5000 = 250 Ml / minute.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

désaturation du sang en oxygène l.f.

oxygen blood desaturation

Diminution de la saturation en oxygène par rapport à la valeur normale.
Chez un sujet jeune, la saturation normale du sang artériel est de 97%. La cyanose apparaît lorsque la teneur en hémoglobine réduite dépasse 5g pour 100mL de sang.

don de sang l.m.

donation of blood

Geste par lequel une personne saine se présente à un organisme préleveur pour qu’une certaine quantité de son sang et les produits qui en dérivent soient utilisés dans le traitement d’autres personnes.
En France, le don de sang est volontaire et ne peut donner lieu à aucune sorte de rétribution. Il est dit aussi « anonyme » car le receveur ne connaît pas le nom du donneur.

don d'organe, transfusion sanguine

don de sang « dirigé » l.m.

donation of "managed" blood

Don de sang auquel consent une personne au profit d’une autre nommément désignée.
Ce type de don contredit l’une des règles fondamentales de la transfusion sanguine en France qui est l’anonymat entre donneur et receveur. Il se justifie dans certains cas de groupe sanguin rare, et n’est licite que dans une transfusion n’exigeant qu’un faible volume de sang. Le risque de transmission d’une maladie infectieuse est toujours possible.

établissement français du sang l.m.

french establishment of blood

Institué par la loi du 1er janvier 2000, il lui incombe de gérer le service public transfusionnel et ses activités annexes, dans le respect des conditions de sécurité définies par le code de la santé publique.
Il remplace l’agence française du sang créée par la loi du 4 janvier 1993.
Établissement public à caractère administratif, Il doit promouvoir le don du sang et les conditions de sa bonne utilisation, assurer la qualité au sein des établissements de transfusion sanguine et transmettre les données relatives à la sécurité sanitaire des produits sanguins à l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).
Il lui revient de participer à l’organisation et à l’acheminement des secours en cas de catastrophe nationale ou internationale nécessitant de recourir aux moyens de transfusion sanguine.

Sigle  EFS

institut national de la transfusion sanguine

[E1,F1]

Édit. 2018  

exposition au sang (accident d') l.m.

blood injury

Contact avec du sang ou un liquide biologique contaminé, lors d'une piqure avec une aiguille, d'une coupure avec un objet tranchant ou provenant d'une plaie ou muqueuse.
Il expose au risque de transmission des virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et des virus responsables des hépatites B et C (VHB, VHC). Les soignants sont particulièrement exposés. Ceux-ci peuvent aussi être contaminés par divers agents pathogènes, à l'occasion de blessures accidentelles, lors de soins prodigués à des patients présentant une infection transmissible par contact direct. Les principales mesures à respecter pour éviter de tels accidents ont fait l'objet de plusieurs circulaires de la Direction générale de la santé et de la Direction des hôpitaux.

[E1,E2,E3,D1]

Édit. 2018  

filtre à sang l.m.

blood filter

Placé sur la partie initiale de la tubulure utilisée pour la transfusion des produits sanguins labiles, filtre qui retient les agrégats formés au cours de la conservation du sang.
Des micro-agrégats se forment au cours de la conservation de concentrés de globules rouges. Ils sont formés de fibrine, d'érythrocytes, de plaquettes et de leucocytes. Ces agrégats sont de tailles diverses (de quelques µm à plusieurs centaines) ; s'ils n'étaient pas arrêtés par le filtre, ils seraient cause d'embolies au niveau des capillaires pulmonaires et d'effets systémiques par libération de substances vasoactives (sérotonine, bradykinine). Les filtres normaux en nylon ont des pores de 170 à 200 µm de diamètre efficace, les microfiltres ont des pores de 20 à 40 µm, ils retiennent plus efficacement les micro-agrégats et les leucocytes (depuis 1998 tous les produits sanguins labiles sont déleucocytés, ce qui réduit le risque d’allo-immunisation).

[F1]

Édit. 2018

gélose au sang l.f.

blood agar

Milieu gélosé fondu, refroidi à 50° et additionné stérilement de 5 à 10% de sang défibriné puis coulé en boîte de Petri et utilisé pour la culture de bactéries pathogènes exigeantes et pour la mise en évidence d'une hémolysine.

laqué (sang) l.m.

lacquered (blood)

sang laqué

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