Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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embolie gazeuse l.f.

air embolism

Migration dans les vaisseaux de bulles de gaz qui obstruent les capillaires.
Les bulles peuvent venir d'une injection d'air dans une veine, d'une aspiration d'air par effraction d'une veine proche du cœur qui est en dépression, du dégazage des tissus lors de la décompression rapide d'un plongeur lors de la remontée ou d'un aviateur en altitude. Les causes iatrogènes sont multiples : ponction pleurale, chirurgie cardiaque, circulation extracorporelle ou perfusion, cathétérisme veineux (jugulaire ou ombilical principalement) ou mauvaise mise en œuvre d'une perfusion (effet Venturi), angiographie, cœlioscopie et chirurgie cœlioscopique, interventions neurochirurgicales (ouverture des sinus dure-mèriens ou des veines diploïques), etc.
Les principales manifestations cliniques sont nerveuses (troubles de la conscience, convulsions) et circulatoires (douleurs angineuses, collapsus, voire arrêt cardiaque). L'embolie gazeuse (dégagement d'azote, lors des accidents de plongée, de dioxyde de carbone lors de la chirurgie endoscopique avec pneumopéritoine, (surtout si le protoxyde d'azote est employé lors de l'anesthésie) impose une réanimation immédiate et la recompression le plus tôt possible sous oxygène hyperbare. Les séquelles neurologiques sont fréquentes.
Des mesures préventives évitent la plupart des embolies gazeuses (respect des tables de plongée, emploi du dioxyde de carbone pur dans le pneumopéritoine lors des cœlioscopies, pièges à bulles sur les circulations extracorporelles, surveillance des perfusions, etc.).
En gynécologie-obstétrique, le gaz est en général de l’air ; il provient d’une hyperpression intra-utérine ou intra-vaginale chassant l’air vers les sinus veineux béants de l’utérus, à l’occasion de manœuvres abortives criminelles (injection d’air dans l’utérus) ou, après l’accouchement, lors d’une délivrance artificielle ou d’une révision utérine. L’embole gazeux peut arriver au cerveau par une communication interatriale. Les endoscopies gynécologiques n’utilisent pas de l’air, mais du dioxyde de carbone, qui se dissout très rapidement dans le sang et ne donne pas d’embolies gazeuses.

G. B. Venturi, physicien italien (1746-1822)

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

endoscopie digestive (anesthésie pour), caisson hyperbare, Venturi (effet), accident de plongée , dioxyde de carbone, protoxyde d'azote, embole, angiographie, cœlioscopie

[H1, K2, K4, O3]

Édit. 2019

embolie graisseuse l.f.

fat embolism

Migration dans les vaisseaux de globules graisseux qui obstruent les capillaires et altèrent les endothéliums capillaires des poumons, du cerveau, de la rétine et de la peau.
Généralement consécutive à une fracture de membre inférieur, du fémur essentiellement, elle s'observe chez l'adulte jeune après un traumatisme dans 95% des cas. Mais elle peut se voir après une intervention orthopédique ou parfois une investigation de radiologie interventionnelle. Une mauvaise contention lors du transport d'un blessé, un retard à la réduction d'une fracture, la survenue d'un état de choc sont des facteurs favorisants.
On observe un intervalle libre caractéristique entre la circonstance déclenchante et l'apparition des signes cliniques : détresse respiratoire aigüe avec des signes nerveux, oculaires, cutanés et lipurie (présence d'«yeux» graisseux dans l'urinoir). Les signes biologiques sont inconstants et peu spécifiques. L'évolution est souvent favorable : mortalité 18% environ.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, embolisation, lipurie

[H1, I2, J1, K1, K4, P2 ]

Édit. 2019

embolie paradoxale l.f.

paradoxical embolism

Embolie cérébrale d'origine veineuse, l'embole ayant migré anormalement dans la circulation artérielle.
Elle implique une communication intracardiaque droite-gauche perméable (foramen ovale ou communication interatriale) ou une malformation pulmonaire artérioveineuse permettant à un thrombus de court-circuiter les poumons. Le passage du thrombus est favorisé par l'augmentation des pressions droites consécutives à une embolie pulmonaire concomitante, à un effort de toux ou à une manœuvre de Valsalva.
Des micro-embolies paradoxales se fixant dans une zone sensible du cerveau peuvent être à l'origine de petits troubles nerveux, tels que lipothymies avec amnésie rétrograde.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

Syn. embolie croisée

embole, embolie pulmonaire, lipothymie, phlébite, foramen ovale, communication interatriale, Valsalva (manœuvre de), thrombus

[H1, K1, K2, K4]

Édit. 2019

embolie plaquettaire l.f.

platelet embolism

Embolie formée uniquement de plaquettes et d'agrégats fibrinoplaquettaires, qui proviennent de la désintégration d'une plaque d'athérome.
Il s'agit essentiellement d'embolies artério-artérielles, venant de lésions de vaisseaux cervicoencéphaliques incluant l'aorte. Ces embolies souvent de petite taille ont tendance à occlure les branches distales des artères cérébrales ou ophtalmiques et à se désintégrer rapidement, causant le plus souvent un accident ischémique transitoire.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, accident ischémique transitoire, plaque d'athérome

[ H1, K4, P2]

Édit. 2019

embolie pulmonaire l.f.

pulmonary embolism

Obstruction d’une ou de plusieurs branches de l'artère pulmonaire secondaire à la migration et à l’arrêt d’un embole.
L’embolie pulmonaire est le plus souvent cruorique, secondaire à la migration d’un caillot détaché d'un thrombus des veines profondes des membres inférieurs. Elle peut être unique ou multiple (pluie de petits emboles), isolée ou récidivante.
Les facteurs de risque les plus fréquents sont la stase veineuse liée à l’immobilisation au décours de la chirurgie, d'un traumatisme (en particulier lors de fractures du membre inférieur), d'un voyage en avion, d'une insuffisance cardiaque ou respiratoire. La grossesse, la contraception orale, le cancer et certaines anomalies congénitales ou acquises de la coagulation sont d'autres causes de thromboses veineuses.
L'estimation de la probabilité clinique d'embolie pulmonaire peut être fondée sur le score de Genève qui prend en compte les facteurs de risque, les symptômes et les signes cliniques. Les facteurs de risque sont : l’âge supérieur à 65 ans (1), les antécédent de maladie thrombo- embolique (3), la chirurgie sous anesthésie générale ou une fracture d'un membre inférieur le mois précédent (2), un cancer actif ou rémission depuis moins d’un an  (2). Les symptômes sont la douleur au niveau d'un membre inferieur (3), une hémoptysie (3). Les signes cliniques sont une fréquence cardiaque: de 75 à 94 (3), supérieure ou égale à 95(5), une douleur sur un trajet veineux d’un membre inférieur (4). La probabilité est faible pour un score de 0 à 3, intermédiaire de 4 à 10 et forte à partir de 11.
Les complications de l’embolie pulmonaire sont l’insuffisance ventriculaire droite aigüe qui peut être mortelle, la récidive, l’infarctus pulmonaire et le développement d’une hypertension artérielle pulmonaire chronique. Le traitement anticoagulant est indispensable pour prévenir les récidives et limiter l’extension du thrombus: héparine puis antivitamine K. Un traitement thrombolytique est indiqué dans les embolies pulmonaires massives et hémodynamiquement instables. Les embolies massives, menaçantes pour la vie, peuvent si elles ne répondent pas rapidement au traitement médical nécessite une désobstruction chirurgicale (opération de Trendelenburg).
Les embolies pulmonaires non cruoriques sont beaucoup plus rares. L’embolie graisseuse est liée au passage dans la circulation de gouttelettes de moelle osseuse au cours de certaines fractures, en particulier de la diaphyse fémorale. L’embolie gazeuse résulte de l’introduction de bulles d’air dans la circulation à la suite d’un traumatisme ou d’un geste thérapeutique. L’embolie amniotique est due au passage de liquide amniotique dans la circulation maternelle lors d’un accouchement difficile. L’embolie septique est généralement consécutive à une endocardite du cœur droit. L’embolie tumorale est une obstruction diffuse du lit artériel pulmonaire par des emboles tumoraux.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, embolisation, embolie graisseuse, embolie gazeuse, embolie amniotique, phlébite, thrombose, embolie pulmonaire (examen isotopique de l'), embolie pulmonaire puerpérale, score de Genève, hémoptysie, héparine, médicament anticoagulant, opération de Trendelenburg, endocardite

[K1, K2, K4]

Édit. 2019

examen isotopique de l'embolie pulmonaire l.m.

isotopic examination of pulmonary embolism

Examen uitilisé pour la surveiller l’évolution d'une embolie pulmonaire et pour affirmer sa guérison.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

scintigraphie pulmonaire par perfusion et par ventilation, embolie pulmonaire

[B2, K1, K2, K4]

Édit. 2019

embolie pulmonaire puerpérale l.f.

puerperal pulmonary embolism

Passage dans la circulation systémique maternelle d’un caillot au décours de l’accouchement.

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embolie pulmonaire

[K1, K2, K4, O3]

Édit. 2019

embolie thérapeutique l.f.

therapeutic embolism

Injection sélective intravasculaire d’un matériel ou d’une substance dans un but curatif.
P. ex. en cas d'angiome, d'anévrisme, d'embolisation préopératoire d'une volumineuse tumeur.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embolisation

[B5, G5, K4]

Édit. 2019

embolie thrombotique l.f.

thrombotic embolism

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Syn. thromboembolie

thromboembolie

[K4]

Édit. 2019

micro-embolie n.f.

microemboly

Embolie de taille microscopique comme les cristau x de cholestérol p. par exemple

Étym. gr. mikros : petit ; embolê : action de jeter) dans ( de en- ; ballein jeter)

syndrome de l'embolie de cristaux de cholestérol l.m.

cholesterol crystal embolism

Ensemble de manifestations cliniques polymorphes atteignant le plus souvent des sujets âgés de plus de 70 ans, présentant des emboles multiples atteignant électivement les viscères abdominaux (reins, rate, pancréas, surrénales, foie, tube digestif), la peau, le système nerveux central, les muscles et la rétine, survenant surtout au décours d'actes de chirurgie ou de radiologie vasculaire responsables de la migration de plaques d'athérome, et au cours de traitements anticoagulants.
L'atteinte cutanée est représentée par la survenue d'un livedo, d'un orteil pourpre, parfois de nodules sous-cutanés; l'évolution locale est le plus souvent favorable; toutefois, des amputations limitées peuvent être nécessaires. Sur le plan général, l'évolution est plus redoutable en raison de l'hypertension artérielle et de l'insuffisance rénale, en particulier chez des malades âgés.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embolie de cholestérol, embolies multiples de cholestérol

embolie sur thrombose veineuse dans les cancers (risque d') l.m

Risk of venous thromboembolism in cancer

Le risque d’embolie sur thrombose veineuse est élevé dans les cancers.
Dans une double étude rétrospective et prospective Khorana a identifié cinq variables prédictives qui évaluent le risque d’accident thromboembolique dans le cancer et établissent un score:
1.site du cancer
- soit site à très haut risque (pancréas, estomac) : 2 points;

- soit site à haut risque (poumon, lymphome malin, gynécologique, vessie, testicule) : 1 point;
2. nombre de plaquettes sanguines ≥ 350. 109/ L : 1 point;
3. hémoglobine < 10g/dL : 1 point;
4. globules blancs > 11.109 /L : 1 point;
5. indice de masse corporelle > 35 : 1 point.
Par l’addition de ces différents points on établit un score qui se répartit en trois types de risque de présenter un accident thromboembolique dans un proche avenir (deux mois et demi) :
- faible risque (score 0) : probabilité de 0,3 à 0,8 %;
- risque intermédiaire (score 1-2) : probabilité de1,8 à 2 %;
- haut risque (≥ 3) : probabilité de 6,7 à 7 %.
Cette évaluation du risque est une bonne indication d’un traitement prophylactique des thromboses.

A. A. Khorana, hématologiste américain d'origine indienne (2008)

embolie pulmonaire, thrombose veineuse

[F1, F2, N1]

Édit. 2019

embolie fibrinocruorique       l.f.

Syn. embolie cruorique

embolie cruorique

[H1, K2, K4]

Édit. 2019

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