Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

156 résultats 

dérivation digestive du suc pancréatique l.f.

pancreatic enteric diversion

Dans le cadre de la transplantation pancréatique, dérivation vers le tube digestif de la sécrétion exocrine du pancréas, généralement par anastomose duodéno-iléale latérolatérale ou sur anse en Y.

conversion digestive

diverticulose digestive l.f.

colonic diverticulosis

Affection caractérisée par la présence de plusieurs diverticules en un segment du tube digestif.
Les plus fréquents sont par ordre décroissant les diverticules coliques, duodénaux, œsophagiens, jéjunaux-iléaux. Le diverticule sigmoïdien résulte d'une hernie de la muqueuse à travers la couche musculeuse pour arriver au contact de la séreuse. La diverticulose dont les complications ont la plus forte prévalence sont coliques, presque toujours sigmoïdiens. La diverticulite sigmoïdienne est en fait une périsigmoïdite

Étym. lat. diverticulum : chemin détourné

épuration digestive l.f.

gastro-intestinal evacuation

Technique permettant de limiter l'absorption de toxiques par l'organisme après leur introduction dans le tube digestif.
Diverses techniques peuvent être utilisées simultanément : l'aspiration gastrique suivie éventuellement de lavage, la provocation de vomissements pro (par  sirop d'ipéca, apomorphine), l'administration de charbon activé, les laxatifs et le lavage intestinal (solution de polyéthylène-glycol-électrolytes). De façon plus efficace on peut aussi améliorer la «dialyse intestinale» par l'administration de charbon activé, en continu ou par doses répétées, en accélérant le transit intestinal avec du sorbitol, ou encore en rompant le cycle entérohépatique des toxiques ou toxines (aspiration duodénale, drainage nasobiliaire, résines échangeuses d'ions à forte affinité pour les acides biliaires, p. ex. choléstyramine).

charbon activé, lavage gastrique, apomorphine

[G4, G5, L1]

Édit. 2020

exérèse digestive l.f.

digestive excision

Ablation d'un organe digestif, pouvant intéresser un organe plein : foie, pancréas ou toute partie du tube digestif, de l'œsophage jusqu'à l'anus.

[L2]

Édit. 2018  

hémorragie digestive l.f.

severe gastrointestinal hemorrhage

Hémorragie dont l'origine se situe dans le tube digestif.
On distingue les hémorragies hautes qui proviennent de l'œsophage, de l'estomac ou de la partie haute de l'intestin grêle (en amont de l'angle de Treitz) et les hémorragies basses issues de l'intestin grêle, du colon ou du rectum.
Le saignement gastro-intestinal est en général cliniquement évident (hématémèse ou melæna), il peut être accompagné d'un collapsus voire d'un état de choc ou seulement d'une hypotension orthostatique et d'une baisse de 6%, parfois plus importante, de l'hématocrite. Les hémorragies graves comportent un risque vital et nécessitent la transfusion et la prise en charge en unité de soins intensifs. Le pronostic même immédiat, est moins lié au débit du saignement et à son caractère qu'aux circonstances de survenue (âge, morbidité associée, intolérance hémodynamique) et surtout à la lésion causale avec son potentiel de rechute à brève échéance. Il convient de toujours rechercher une origine médicamenteuse. L'endoscopie en urgence localise le site et précise le stade (saignement en cours ou arrêté avec haut risque de récidive). Elle peut être associée à un geste d'hémostase. Elle permet de poser une indication opératoire.
Les principales causes d'hémorragie digestive haute, œsophagogastriques, sont les varices œsophagiennes (hypertension portale), l'ulcère peptique (surtout duodénal), l'ulcère de stress et l'exulceratio simplex de Dieulafoy, les gastrites éthyliques, le syndrome de Mallory-Weiss. Ces saignements sont favorisés par la prise d’antiinflammatoires non stéroïdiens ou d’aspirine.
Les causes d’hémorragies basses sont les ectasies vasculaires (hémorroïdes) et les diverticules coliques.

P. Dieulafoy, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1898) ;
G. K. Mallory, anatomopathologiste américain et S. Weiss, médecin interniste américain (1929)

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

hématémèse, melæna, varices ɶsophagiennes, ulcère duodénal, exulératio simplex, gastrite, Mallory-Weiss (syndrome de)

[L1]

hémorragie digestive du nouveau-né l.f. -

digestive hemorrhage of the neonate

Hématémèse ou melæna des sept premiers jours de la vie, souvent liée à des troubles de la crase sanguine.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[O1]

hémorragie digestive occulte (mesure radio isotopique d'une) l.f.

digestive bleeding (radioisotopic measurement)

Confirmation et mesure d'un saignement digestif occulte, effectuées par méthode isotopique.
On prélève quelques millilitres de sang du patient ; les globules rouges sont alors marqués par 51Cr puis réinjectés au patient. Connaissant l'activité du millilitre de sang marqué réinjecté et celle des selles (du jour de l'administration des globules marqués et des jours suivants), on calcule l'élimination fécale quotidienne de sang.
Il a également été proposé d'administrer directement des colloïdes marqués. En cas d'hémorragie digestive importante, on peut déceler un foyer radioactif intraabdominal.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[L1]

ischémie digestive l.f.

digestive ischemia

Ischémie colique secondaire à des lésions sténosantes ou obstructives des artères à visée digestive.

Étym. gr. ischanein : arrêter, retenir ; haima : sang

mesure radio isotopique d'une hémorragie digestive occulte l.f.

hémorragie digestive occulte (mesure radio isotopique d'une)

perforation digestive l.f.

Survenue d'une solution de continuité dans la paroi du tube digestif, donnant issue à du liquide gastrique ou intestinal dans la cavité péritonéale et entraînant des états septiques intra-abdominaux : abcès, péritonite localisée ou généralisée.
En dehors des perforations traumatiques liées à une plaie pénétrante de l'abdomen, les étiologies des perforations digestives sont multiples : perforation d'un ulcère duodénal, perforation de l'intestin grêle en amont d'un obstacle, par un corps étranger ou au niveau d'un sillon d'étranglement d'une occlusion, perforation colique au niveau d'un diverticule sigmoïdien ou d'une tumeur, perforation appendiculaire, perforation d'un diverticule de Meckel, etc.
Le traitement des perforations digestives est chirurgical, nécessitant le traitement de la cause : suture de la perforation ou extériorisation de celle-ci au niveau cutané réalisant une stomie d'une part et d'autre part traitement de la conséquence par aspiration, lavage et drainage des zones septiques.

ré-instillation digestive l.f.

digestive reinstillation

Traitement palliatif des fistules digestives externes (essentiellement fistules entéro-cutanées de l'intestin grêle) par prélèvement du liquide digestif dans le segment intestinal d’amont et ré-instillation dans le segment d’aval.
Généralement ces fistules intestinales ou biliaires sont une complication de la chirurgie digestive (lâchage d'anastomose, chirurgie des voies biliaires). La ré-instillation s'emploie surtout pour les fistules biliaires et celles de la partie haute du grêle si le segment intestinal sous-lésionnel est tolérant et fonctionnel. La ré-instillation peut être continue à l'aide d'un appareillage automatique spécial.

accident d'anesthésie l.m.

anaesthetic accident

Accident péri-anesthésique se produisant au cours de l’anesthésie (générale, locorégionale ou locale), de sa mise en train et de ses suites immédiates.
Il peut être imputable à l’anesthésie proprement dite, aux conditions opératoires (notamment aux pertes de sang), à l’état antérieur du patient (qui a dû être évalué lors de la consultation préopératoire) ou à une combinaison de ces trois causes donnant des risques souvent intriqués.
Si l'accident est entièrement lié à l'anesthésie il peut s'agir soit d'une défaillance humaine ou matérielle (notamment par non-respect des normes), soit d'une réaction anormale lors de l'administration d'un produit anesthésique (choc anaphylactique ou anaphylactoïde, hyperthermie maligne). La consultation anesthésique préopératoire, la normalisation de l'appareillage, le contrôle des distributions de gaz avant la mise en service et les vérifications qui doivent être faites avant toute anesthésie ont considérablement réduit le nombre des accidents.

Étym. lat. accidens : ce qui survient ; gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

accident, ASA (classification), certification d'un dispositif médical, contrôle de qualité des dispositifs médicaux, contrôle de qualité des soins, risque

[E3,G1]

Édit. 2017

alcoolopathie et anesthésie l.f.

alcoolopathy and anaesthesia

Ensemble des précautions à prendre lors de l'anesthésie de patients souffrant d'alcoolopathie.
L'usage abusif et prolongé d'alcool lèse de nombreux organes de façon indépendante et variable. Il ne peut y avoir de règle générale pour l'anesthésie d'un tel patient : lors de la consultation pré-anesthésique on doit évaluer les différentes atteintes et en tenir compte pour prendre les précautions nécessaires lors de l'anesthésie et de la réanimation postopératoire. Toutefois, l'inhibition ou l'induction de certains enzymes hépatiques peut modifier l'action de certains médicaments anesthésiques : on peut observer une certaine «résistance» au thiopental ou au propofol et la demande en médicaments analgésiques est augmentée dans la période postopératoire. Le risque principal, bien qu'actuellement faible, est le syndrome de sevrage alcoolique (delirium tremens) dans les suites opératoires.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; gr. pathê : maladie

alcoolopathie, delirium tremens

[G1,G3,G4]

Édit. 2017 

anesthésie n.f.

anæsthesia

Suppression de la sensibilité à la douleur à la suite d'une lésion nerveuse, de l'action d'un médicament ou de celle du froid.
L'anesthésie post-traumatique d'un territoire est souvent définitive.
L'anesthésie pour fins médicales ou expérimentales est obtenue parfois par l'emploi du froid (qui arrête la propagation de l'influx nerveux), ou, très généralement, d'agents chimiques (anesthésiques). Elle peut être locale, locorégionale ou générale.
L'anesthésie générale est induite par des agents administrés par voie intraveineuse (parfois intra-rectale ou intramusculaire) ou pulmonaire (oxyde nitreux, xénon ou vapeurs anesthésiques). Elle évolue en 3 phases, induction, entretien et récupération (réveil) et s'accompagne d'une perte de conscience ou narcose. Pour les interventions mineures, on se contente souvent de diminuer seulement la vigilance et la perception de la douleur.
L'anesthésie locale est induite par l'injection d'anesthésique, l'application sur la peau de crème anesthésique (EMLA) ou du froid (par ex. évaporation de chlorure d'éthyle) près du site opératoire.
L'anesthésie locorégionale agit sur une partie limitée du système nerveux par injection de produits près de la structure à anesthésier (moelle épinière, racines rachidiennes, troncs nerveux) : c’est le bloc d'un nerf, d'un plexus, etc.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

action (potentiel d'), analgésie, anesthésie (profondeur), anesthésique général, anesthésique local, anesthésique volatil, EMLA, exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie, accident d'anesthésie

[G1]

Édit. 2017

anesthésie affective l.f.

affective anesthesia

Absence de tout sentiment et intérêt manifeste pour autrui, y compris à l'égard des proches.
Le patient est conscient de l'abrasion de ses émotions et de l'impossibilité de les moduler.
Il s'agit de la forme extrême du repli dépressif et de l'enfermement dans la douleur morale, qui aggrave d'autant plus le vécu d'inutilité et de culpabilité.
Dans ces dépressions majeures, dites encore souvent endogènes, et surtout dans les formes mélancoliques délirantes, la mort est souvent désirée et les conduites suicidaires fréquentes.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

[H3,H4]

Édit. 2017

anesthésie ambulatoire l.f.

ambulatory anaesthesia, day-case anaesthesia, outpatient anesthesia

Anesthésie réalisée chez un patient devant quitter la structure médicale le jour même.
Elle est utilisée pour des actes chirurgicaux ou médicaux, diagnostiques ou thérapeutiques (radiologie interventionnelle, endoscopie, etc.). Elle doit être réalisée dans des structures adaptées, hospitalières ou extrahospitalières.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie

[G1]

Édit. 2017

anesthésie caudale l.f.

caudal anaesthesia

analgésie caudale, anesthésie locale et locorégionale

[G1]

Édit. 2017

anesthésie congénitale de la cornée l.f.

corneal congenital anesthesia

Affection rare caractérisée par une insensibilité cornéenne, le plus souvent bilatérale, tantôt asymptomatique, tantôt révélée par une kératite neuroparalytique ou un ulcère de la cornée.
Débutant entre 6 et 12 mois, elle peut être isolée ou associée à certaines neuropathies héréditaires sensitives en particulier de type III (syndrome de Riley-Day ou dysautonomie familiale) ou de type IV (insensibilité congénitale à la douleur avec anhydrose). Elle peut aussi être accompagnée de syndromes polymalformatifs tels que l’association MURCS (aplasies du canal de Müller, du rein et dysplasie des vertèbres cervicales), l’association VACTERL ( anomalies vertébrales, imperforation ou atrésie anale, fistule trachéo-oesophagienne, cardiopathie congénitale, dysplasie des membres) ou encore le syndrome de Goldenhar (syndrome auriculo-oculaire).
L'ulcère cornéen est rebelle au traitement et s'accompagne souvent de traumatismes ou d'automutilations dont la prévention est essentielle.

dysautonomie familiale, insensibilité congénitale avec anhidrose, MURCS (syndrome), VACTERL (syndrome)

[P2,Q2]

Édit. 2017

anesthésie douloureuse l.f.

dolorosa anesthesia

Hyperalgie combinée surtout à l'anesthésie tactile dans le même territoire nerveux.
On la rencontre :
- dans les polyneuropathies, où une dysesthésie douloureuse est mise en évidence par le frôlement des téguments ou la pression des masses musculaires, contrastant avec une hypoesthésie, notamment à la piqûre ;
- dans l'hyperpathie thalamique, spontanée, renforcée en paroxysmes lancinants par des excitations très variées (depuis un frôlement jusqu'à une émotion), avec intégration de toutes les perceptions dans la douleur, accompagnée d'anomalies de la discrimination sensitive et plus discrètement d'une hypoesthésie thermique et douloureuse habituelle, avec seuils élevés mais, dès lors, exacerbation pénible et diffuse, parfois dans tout l'hémicorps, prolongée au-delà de la stimulation.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

[H1]

Édit. 2017

anesthésie électrique l.f.

electro-anaesthesia

Anesthésie générale provoquée par le passage d’impulsions électriques de très basse fréquence appliquées entre le front et les régions rétro-mastoïdiennes.
C'est une anesthésie très légère, de profondeur comparable à celle que donne l'inhalation d'un mélange à 80% de N2O et 20% de O2. Le courant de Limoge, actuellement utilisé, (quelques mA) est formé d'impulsions rectangulaires brèves suivies d'impulsions inverses plus larges de faible intensité (pour neutraliser l'électrolyse aux électrodes). L'application de ce courant peut être prolongée pendant des heures sans inconvénient. Mais l'installation des électrodes et leur bonne fixation prennent du temps, il faut encore surveiller un appareil supplémentaire, de telle sorte que ce mode d'anesthésie peu efficace est inusité.

St. Leduc, médecin français (1903)

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

[G1]

Édit. 2017

anesthésie en obstétrique l.f.

anaesthesia for obstetrics

Anesthésie chez la femme enceinte.
Elle comporte des particularités pour un acte en rapport avec la grossesse (accouchement par voie vaginale ou par césarienne, extraction d'un enfant mort-né, délivrance artificielle, suture d'épisiotomie):
- les complications respiratoires (difficultés d'intubation) ou vasculaires (syndrome de compression de la veine cave inférieure) sont plus fréquentes ;
- le passage transplacentaire des anesthésiques et leurs effets sur le fœtus doivent être pris en compte : il faut utiliser de faibles doses, ce qui impose une anesthésie superficielle ;
- la mémorisation peranesthésique est une complication possible de l'anesthésie générale.
On utilise l'anesthésie générale et l'anesthésie locorégionale, surtout rachidienne (rachianesthésie, péridurale et rachipéridurale combinées) qui permettent l'analgésie du travail et la réalisation de la césarienne. Sauf contrindication, on préfère l'anesthésie rachidienne en raison de la sécurité maternelle et fœtale qu'elle procure.

[G1,O3]

Édit. 2017

anesthésie et alcoolopathie l.f.

alcoolopathy and anaesthesia

alcoolopathie et anesthésie

[G1,G3,G4]

Édit. 2017

anesthésie extracônique l.f.

extraconique anesthesia

anesthésie péribulbaire

[G1]

Édit. 2017

anesthésie extradurale l.f.

extradural anaesthesia

anesthésie péridurale

[G1]

Édit. 2017

anesthésie intra-arachnoïdienne l.f.

intra arachnoid anaesthesia

analgésie intra-arachnoïdienne, rachianesthésie

[G1]

Édit. 2017

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