Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cholestéatome n.m.

cholesteatoma

Lésion dysembryoplasique rare, observée à tout âge mais surtout entre 20 et 50 ans, de siège varié : angle pontocérébelleux, région sellaire, mastoïde ou diploé des os du crâne.
Cette tumeur perlée, encapsulée, contient un matériel riche en cristaux de cholestérol, d'où elle a tenu son nom. Elle est tapissée d'un épithélium malpighien stratifié, lequel forme des lamelles de kératine qui vont s'accumuler dans la lumière du kyste.
Elle est surtout appelée actuellement kyste épidermoïde.

kyste épidermoïde

[F5,H1]

cholestéatome orbitaire l.m.

orbital cholesteatoma

Kyste sous-périosté, proche du dermoïde mais sans paroi épithéliale.
Le kyste est situé au niveau du toit de l'orbite et il se développe dans la cavité crânienne et dans l'orbite. Histologiquement, il s'agit de cristaux d'acide gras et de lipides dans un tissu conjonctif avec réaction macrophagique.

[F5,P2]

décalcification osseuse l.f.

bone decalcification

Appauvrissement du squelette en calcium, qui se traduit par une augmentation de la transparence radiologique des os, par un risque de fractures et qui peut être apprécié par une densitométrie osseuse.
La décalcification est un phénomène naturel au cours du vieillissement de l'organisme, plus marqué chez la femme (surtout après la ménopause) que chez l'homme.
Une ostéose décalcifiante diffuse peut être due soit à une insuffisance de l'ostéogenèse, soit à un excès de l'ostéolyse, soit à ces deux facteurs réunis. Chaque syndrome se traduit par des signes propres et son mécanisme est différent. L’ostéoporose est la conséquence d'un défaut d'élaboration de la trame protéique de l'os avec raréfaction des travées et diminution de la quantité de calcium fixé sur l'os par manque de charpente ;
- l'ostéomalacie résulte d'un défaut de fixation du calcium sur une charpente protéique normale, soit par défaut d’apport calcique soit par déficit en vitamine D. C’est cette deuxième cause qui détermine, chez l’enfant, l’apparition du rachitisme.
- la décalcification de l'hyperparathyroïdie provient d'une activité excessive des ostéoclastes ;
- l'ostéolyse est le fait d'une destruction des travées osseuses par l'envahissement de cellules malignes, qu'il s'agisse de métastases de cancers viscéraux, de plasmocytes d'un myélome multiple ou d’une lésion locale bénigne (kyste osseux, kyste anévrysmal, angiome).

ostéose, ostéoporose, ostéomalacie, ostéolyse, rachitisme

dermoïde annulaire limbique (kyste) l.m.

ring dermoid of cornea

Kyste dermoïde du limbe, bilatéral, siégeant sur 360 degrés.
Le kyste dermoïde ou choristome a tendance à s'étendre vers la cornée et vers la conjonctive sur environ 5 mm. Des poils poussent sur la masse dermoïde. Il existe aussi une hyperkératinisation en plaques de la conjonctive. L'envahissement cornéen a pour conséquence optique un astigmatisme irrégulier et une amblyopie avec strabisme. Observé dans deux générations d'une famille péruvienne, l’affection est autosomique dominante (MIM 180550).

J. C. Mattos, ophtalmologiste péruvien (1980)

Forgue (signes de) l.m.p.

Forgue’s signes

1) Différenciation d’une ascite localisée dans la partie antérieure de l’abdoment et d’un kyste de l’ovaire: la position assise fait apparaître une saillie entre entre les muscles droits abdominaux en cas d’ascite mais pas en cas de kyste de l’ovaire.
2) Ascension du mamelon en cas de cancer du sein.

E. Forgue, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1860-1943)

[F2, L1, O3 ]

Édit. 2018

Giardia intestinalis

Giardia intestinalis
Protozoaire flagellé, parasite de l’intestin grêle de l’Homme, responsable de la giardiase, existant sous deux formes : végétative et kystique.
La forme végétative ou trophozoïte est piriforme, mesure 10 à 20µ de long sur 6 à 10µ de large, avec, de face, un aspect en cerf-volant et, de profil, un aspect en cuiller dû à une dépression de la face ventrale. Elle est pourvue de deux noyaux et de quatre paires de flagelles. Le kyste est la forme de résistance et de dissémination. C’est un élément ovalaire, de 10 à 13µ de long sur 8 à 9µ de large. Il possède deux à quatre noyaux et renferme des moignons de flagelles groupés en un faisceau réfringent dans l’axe longitudinal du kyste.

Syn. Lamblia (obsolète) intestinalis

hydrocèle de la femme l.f.

women hydrocele

Kyste de la grande lèvre, survenant à tout âge, et en général à la moitié supérieure et antérieure de la grande lèvre.
Ces kystes séreux constituent en fait la localisation des kystes du canal de Nuck, diverticule péritonéal qui s’oblitère à la naissance et qui accompagne le ligament rond à travers le canal inguinal jusqu’à son insertion dans la grande lèvre. C’est l’homologue du canal péritonéo-vaginal chez l’homme. Ce type de kyste est l’équivalent féminin des kystes du cordon et des hydrocèles chez l’homme.

[O3]

Édit. 2015

kyste dermoïde de l'ovaire l.m.

ovarian dermoid cyst

Tumeur d'origine germinale correspondant à un tératome kystique mature.
Il représente entre 10 et 20% des tumeurs ovariennes organiques. Il se compose de liquide d'allure sébacée incluant fréquemment des fragments d'origine ectodermique (derme, tissu nerveux), endodermique (tissu gastro-intestinal, bronchique, thyroïdien, salivaire) ou mésodermique (os, cartilage, muscle). L'aspect macroscopique est celui d'une tumeur de 5 à 15 cm, à consistance mixte, arrondie ou ovoïde, bosselée, alternant des zones rénitentes et des zones dures. Sa surface est lisse, brillante et de couleur blanchâtre. La bilatéralité est fréquente (16%). Il existe un risque faible (1,1%) de transformation maligne d'un des tissus constitutifs, souvent sous forme d'épithélioma épidermoïde. De révélation souvent clinique par des douleurs pelviennes, une masse palpable, des métrorragies, une torsion, une rupture, il peut également être découvert fortuitement par un examen systématique ou une laparotomie.
On retrouve toutes les complications d'un kyste ovarien, auxquelles il faut ajouter la péritonite chronique granulomateuse par rupture, l'anémie hémolytique et l'activité endocrine éventuelle d'un des tissus tumoraux. Le traitement consiste en une exérèse chirurgicale préservant le tissu ovarien quand le kyste est bénin, avec exploration minutieuse de l'ovaire opposé, complétée au besoin d'une incision de celui-ci.

Syn. tératome kystique bénin, dysembryome bénin

kyste de Tarlov l.m.

Tarlov cyst

Forme particulière de kyste des méninges spinales.
C’est une lésion fréquente découverte en IRM lombo-sacrée dans 13% des cas chez 1000 patients. Il s’agit d’une dilatation  formée  dans la gaine d’une racine nerveuse, le plus souvent au niveau S2 et S3. Le kyste se trouvant à la jonction entre le ganglion spinal et la racine dorsale, sa particularité est de contenir des fibres nerveuses dans sa paroi. Son origine serait liée à la pression intra-dure-mérienne due à l’âge ou post traumatique.  Il peut être responsable de radiculopathie. Son diagnostic se fait par IRM sacrée, myélographie ou scanner sacré.

I. M. Tarlov, neurochirurgien américain (1948)

Syn. kyste périradiculaire, kyste sacré, kyste des racines nerveuses sacrées

kyste du dos du nez l.m.

nasal dermoïd cyst

Kyste de type dermoïde bordé par un épithélium malpighien kératinisant auquel sont annexés dans le chorion des glandes sudoripares et sébacées ainsi que des follicules pileux.
Ce kyste siège sous la peau de l’arête nasale, s’insère entre les os propres du nez et peut remonter vers la région dure-mérienne. Il peut communiquer avec l’extérieur, à son extrémité inférieure, par un orifice fistuleux médian.

kyste du foie l.m.

En dehors des kystes parasitaires et de la maladie polykystique du foie, c'est un kyste solitaire, parfois présent à la naissance (kystes congénitaux non héréditaires), en général asymptomatique (volontiers découvert par échographie).
Un tel kyste peut être secondaire à un traumatisme (après hémorragie intrahépatique), à un infarcissement localisé du foie ou associé à un cancer (forme kystique), voire traduire l'existence d'une tumeur bénigne (hamartome mésenchymateux, hémangiome caverneux).
Rarement, il existe des multiples petites cavités kystiques contenant du sang circulant (péliose hépatique).

kyste endométrial l.m.

endometrial cyst

Formation kystique constituée de tissu endométrial ectopique.
L'aspect histologique est celui d'un revêtement endométrioïde, de préférence cilié, entouré ou reposant sur un stroma endothélial, le tout prenant l'aspect macroscopique « chocolat » caractéristique. La présence d'un kyste s'intègre presque toujours à une endométriose pelvienne. La localisation habituelle est ovarienne, exceptionnellement on retrouve des kystes de ce type au niveau du col utérin, voire du vagin, avec un aspect colposcopique de kyste bleuté de quelques millimètres de diamètre.

Syn. kyste endométriosique

kyste folliculaire l.m.

follicular cyst

Simple distension kystique d'un follicule ovarien.
Il s'agit d'un follicule dominant qui persiste et évolue sur un mode atrétique kystique. On distingue trois stades : follicule persistant, follicule kystique puis kyste folliculaire à proprement parler, lorsque la taille atteint celle d'un œuf de poule. Bénin, sa prise en charge est celle d'un kyste fonctionnel de l'ovaire.

Syn. kyste folliculinique

kyste hydatique des os l.m.

hydatic cyst of bone

Kyste parasitaire provoqué par le développement de larves de Taenia equinococcus, parasite habituel du Chien et dont la localisation osseuse est rare.
Le kyste hydatique se développe surtout dans le foie ; dans l'os, il atteint les os spongieux, plus ou moins volumineux, il envahit les travées osseuses; il contient un liquide clair dans lequel flottent des vésicules secondaires, les capsules proligères, contenant les scolex, extrémités céphaliques de fixation du taenia.

Étym. gr. kustis : vessie ; hudor : eau ; ekhinos : hérisson ; kokkos: grain

Syn. échinococcose osseuse, hydatidose

kyste hydatique du rein l.m.

echinococcal cyst of the kidney

Localisation rénale de l'échinococcose, aboutissant à la formation d'une lésion kystique intraparenchymateuse.
Le développement rénal de la larve du taenia échinocoque forme une lésion kystique à paroi épaisse multicloisonnée comportant une membrane proligère, de nombreuses vésicules contenant de multiples scolex. Le kyste peut s'ouvrir dans la voie excrétrice, provoquant une colique néphrétique avec élimination urinaire de scolex ; il peut se calcifier, se surinfecter, et détruire une grande partie du parenchyme rénal. Son traitement est chirurgical : rarement la kystectomie idéale, plus souvent la simple marsupialisation dans la loge rénale par excision du dôme saillant, après stérilisation du contenu et nettoyage du kyste de sa membrane proligère. Toute contamination péritonéale doit être soigneusement évitée.

échinococcose alvéolaire

kyste intracordal l.m.

kyste développé dans l’épaisseur de la corde vocale, bordé par un épithélium malpighien régulier.
Ce kyste est beaucoup moins fréquent que le nodule de la corde vocale.

kyste laryngé

kyste mucoïde l.m.

myxoid cyst

Petite tuméfaction translucide siégeant le plus souvent à la face dorsale des dernières phalanges des doigts, contenant un liquide clair gélatiniforme et qui peut, par compression de la matrice unguéale, entraîner une dépression longitudinale de la tablette.
Si, pour certains, le kyste mucoïde était un kyste synovial, pour la majorité des auteurs, c'est un pseudokyste qui correspond à la dégénérescence mucoïde du derme, favorisée par les microtraumatismes répétés, avec, sur le plan histologique, l'existence d'une capsule fibreuse contenant des cavités remplies d'une substance gélatineuse prenant la coloration de l'acide hyaluronique, sans revêtement synovial ni communication évidente avec l'articulation. De multiples traitements ont été proposés, dont l'évacuation avec injection de corticoïdes ou de produits sclérosants et la chirurgie, mais les récidives sont fréquentes.

Syn. pseudokyste mucoïde digital

pseudokyste synovial

kyste paraœsophagien l.m.

paraoesophageal cyst

Tumeur bénigne du médiastin postérieur, rare, d'origine dysembryogénique.
Le kyste est contigu à l'œsophage ou intramural, situé dans le médiastin inférieur, à gauche le plus souvent. Il s'observe deux fois sur trois dans l'enfance.
Les kystes contigus à l'œsophage sont habituellement asymptomatiques. Ils ont un aspect radiologique comparable à celui des kystes bronchogéniques situés dans le ligament pulmonaire. Sur le transit œsophagien, il existe une empreinte en regard.
Les kystes intramuraux peuvent être révélés par une dysphagie ou des douleurs. Sur les clichés du transit œsophagien, on découvre une image lacunaire bien limitée. L'œsophagoscopie montre que la lésion est sousmuqueuse ; il ne faut pas la ponctionner pour ne pas compliquer l'exérèse ultérieure.
Dans tous les cas, son ablation par énucléation s'impose.
Histologiquement, on trouve dans la paroi du kyste, deux couches musculaires lisses avec des plexus nerveux, la muqueuse est de type œsophagogastrique ou simplement cylindrique cilié.

Syn. kyste digestif médiastinal

kyste entéroïde

kyste parapyélique l.m.

parapelvic cyst

Variété topographique du kyste simple du rein qui, située dans le sinus du rein, est susceptible de provoquer une compression douloureuse et obstructive de la voie excrétrice intrarénale.
Ce type de kyste est justiciable d'un traitement chirurgical.

kyste poplité l.m.

Baker’s cyst, popliteal cyst

Distension liquidienne d’une des bourses séreuses de la région poplitée ou épanchement de liquide synovial articulaire à travers un orifice capsulaire postérieur.
Le kyste se développe habituellement dans la bourse séreuse du muscle demi-membraneux ou du m. jumeau médial. Chez l’enfant il a tendance à régresser spontanément. Chez l’adulte il s’agit souvent d’un faux kyste (sans membrane propre) d’origine synoviale lié à une lésion intra-articulaire souvent de type dégénératif.

W. Baker, chirurgien britannique (1885)

kystes du tractus thyréoglosse l.m.p

thyroglossal (duct) cyst

Kystes développés au niveau du conduit thyréoglosse, isolés ou associés à d’autres vestiges du canal.
Ces kystes sont antérieurs, médians ou paramédians, fixés au squelette laryngé, mobiles à la déglutition. Habituellement découverts dans l’enfance, certains kystes se développent tardivement. Les kystes du tractus thyréoglosse sont bordés par un épithélium volontiers malpighien lorsqu’ils sont haut situés et cylindrique cilié lorsqu’ils sont bas situés. Dans la paroi fibreuse qui entoure le kyste on peut trouver des vésicules thyroïdiennes normales. Le kyste peut être remanié par un infiltrat inflammatoire polymorphe. Indispensable pour éviter la récurrence d’infections et pour s’assurer de l’absence de possible tissu tumoral (le plus souvent alors un carcinome papillaire thyroïdien), l’exérèse chirurgicale comporte l’ablation de tout le canal et du corps de l’os hyoïde.

kyste sébacé de la vulve l.m.

vulvar sebaceous cyst

Kyste de petite taille, très superficiel, lié à l'oblitération d'un canal pilosébacé de la vulve.
On le rencontre plus fréquemment à la face interne des grandes et petites lèvres. Il contient une substance d'allure sébacée qui a tendance à suppurer. A la phase chronique la cavité se borde d'un épithélium stratifié qui le rapproche alors d'un kyste à inclusion.

Syn. kyste épidermoïde de la vulve

kyste thymique l.m.

thymic cyst

Dystrophie thymique rare, liquidienne, développée à partir du thymus.
Il est communément asymptomatique, sauf kyste très volumineux révélé par une gêne respiratoire. C'est donc le plus souvent une découverte radiologique. La tomodensitométrie permet de découvrir une image à contenu liquide entre 0 et 18 unités Hounsfield, dans le médiastin antérieur.
La présence de tissu thymique dans la paroi du kyste permet d'affirmer son origine.

kyste toxoplasmique l.m.

Toxoplasma cyst
Forme quiescente de Toxoplasma gondii, habituellement sphérique, mesurant de 5 à 100µ de diamètre, persistant dans tout l’organisme de l’hôte mais prédominant dans les tissus musculaires et nerveux.
Les kystes se développent progressivement à partir d’une cellule-hôte parasitée, à l’intérieur de laquelle un toxoplasme s’est multiplié pour donner naissances à des centaines, voire à des milliers de bradyzoïtes qui détruisent toutes les structures cellulaires. L’enveloppe kystique est constituée d’une membrane doublée intérieurement d’un matériel granulaire dense, disposé en couches homogènes. Cette enveloppe protège les bradyzoïtes de l’action de l’acide chlorhydrique et des enzymes gastriques lorsque le kyste est ingéré, les bradyzoïtes étant libérés au niveau du duodénum. Le kyste est une forme infestante à l’origine de la contamination la plus fréquente en France (ingestion de viande saignante contenant des kystes toxoplasmiques, viande de mouton en particulier). Par ailleurs, les kystes sont responsables du maintien de l’immunité acquise, normalement protectrice définitivement après une primo-infestation.

kyste trichilemmal l.m.

trichilemmal cyst, pilar cyst

Kyste souvent familial et multiple, se transmettant en dominance autosomique régulière, apparaissant à l'âge adulte et siégeant dans le cuir chevelu, qui se présente cliniquement comme une tumeur hémisphérique de taille variable, à surface lisse dépourvue d'orifice central à son sommet, correspondant à l'appellation populaire de loupe.
Histologiquement, le kyste est situé dans le derme profond et est délimité par une paroi épithéliale pluristratifiée évoluant selon la kératinisation trichilemmale, c'est-à-dire sans le stade intermédiaire de couche granuleuse; la cavité kystique contient un matériel éosinophilique dense; des foyers de calcification s'observent dans 25% des cas.
Les cellules pariétales, dont le cytoplasme clair et vacuolisé les faisait prendre pour des éléments sébacés, reproduisent clles de la gaine épithéliale externe du follicule pileux ou trichilemme.

Étym. gr. kustis : vessie, poche ; trikhos : poil, cheveu ; lemma : enveloppe

kyste sébacé

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