Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

48 résultats 

iléus thérapeutique l.m.

therapeutic ileus

Iléus consécutif à l'administration, dans un but thérapeutique, de certaines substances médicamenteuses, mucilages le plus souvent.

Étym. gr. eileos : iléon, partie enroulée de l'intestin (eilein : enrouler)

index thérapeutique l.m.

therapeutic index

Rapport de la dose toxique à la dose efficace pour une indication donnée du principe actif.
Plus ce rapport est grand, plus le médicament est maniable.

injonction thérapeutique l.f.

therapeutic injunction

Une des dispositions relatives à la lutte contre la toxicomanie, incluse dans la loi du 31 décembre 1970.
Lors de la première infraction constatée, le procureur de la République peut enjoindre aux personnes ayant fait un usage illicite de stupéfiants de subir une cure de désintoxication ou de se placer sous surveillance médicale, sans engager de poursuites. Le sujet peut refuser et faire alors l'objet de celles-ci.
Le décret d'application du 19 août 1971 dispose que le médecin traitant doit informer l'autorité sanitaire du début de la cure, de sa durée, de son déroulement et de sa fin.

loi du 31 décembre 1970

isolement thérapeutique l.m.

therapeutic isolation

Mesure thérapeutique visant principalement à écarter les influences négatives de l'environnement sur le sujet et/ou à faciliter la maîtrise par celui-ci de certaines conduites.
Alors qu'avec Ph. Pinel puis J.E. Esquirol, il s'agissait du principal, mais non du seul élément du traitement moral, l'isolement fut considéré pendant la seconde moitié du XIXe siècle comme l'instrument même de la thérapeutique, applicable strictement aux patients dits dangereux.
Actuellement, il peut temporairement figurer dans le traitement de certains patients : agités, anorexiques ou toxicomanes, en particulier.

Ph. Pinel (1801) et J. E. Esquirol, membre de l’Académie de médecine (1832), psychiatres français

leucémie lymphoïde chronique (thérapeutique ciblée de la) l.f.

chronic lymphocytic leukaemia (therapeutic target of the)

Nouvelle classe d’inhibiteurs qui ciblent les voies de signalisation activées par la liaison aux antigènes se traduisant par des signaux de survie et de prolifération cellulaire ou impliqués dans la résistance à l’apoptose.
La leucémie lymphoïde chronique n’est pas seulement une maladie d’accumulation avec résistance à l’apoptose mais aussi une maladie de prolifération résultant d’une stimulation régulière des cellules tumorales. Ces nouvelles molécules inhibent des kinases impliquées dans la transduction après stimulation du BCR (B cell receptor: l’ibrutinib et acalabrutinib inhibent la BTK (Bruton’s tyrosine kinase) et l’idelalisib inhibe la P13K (phosphatidylinositol-3-kinase). Une autre classe d’inhibiteurs cible le mécanisme impliqué dans la résistance à l’apoptose qui rend les cellules de la leucémie lymphoïde chronique quasi immortelles : il s’agit du venetoclax qui cible Bcl-2 (B-cell lymphoma 2), une protéine puissamment anti-apoptotique surexprimée dans ces cellules leucémiques.
Les premiers résultats cliniques avec ces nouvelles molécules fournissent en 2016 des résultats extrêmement encourageants. Cette nouvelle classe d’inhibiteurs est active chez des patients multitraités et qui ont développé des mécanismes de résistance à la chimiothérapie conventionnelle. Ces études montrent que les toxicités induites par ces inhibiteurs sont relativement limitées. Ces résultats favorables se voient confirmés par plusieurs études en 2019 et 2020 et tentent à montrer leur meilleure efficacité thérapeutique que la chimiothérapie conventionnelle.

E. Van Den Neste, hématologue belge (2016) ; A. W. Roberts, hématologue australien (2016) ; J. C. Byrd, hématologue américain (2016) ; N. Jain, hématologue américain d'origine indienne (2019) ; T. D. Shanafelt, hématologue américain (2019); J. A. Burger, hématologue américain (2020)

BCR, BTK, Bcl-2, ibrutinib, acalabrutinib, idelalisib, venetoclax. phosphatidylinositol-3-kinase

[F1, G5]

Édit. 2020

obstination thérapeutique l.f.

therapeutics obstinacy

acharnement thérapeutique

Édit. 2017

occlusion ophtalmique thérapeutique l.f.

therapeutic occlusion

Toute modalité de l'occlusion utilisée en général de façon prolongée pour traiter les anomalies sensorielles (amblyopies, mais aussi neutralisation, correspondance anormale) et motrices du strabisme.

Étym. lat. occludere : fermer

Édit. 2017

orientation thérapeutique thermale l.f.

indications thérapeutiques thermales

Édit. 2017

photekéractectomie thérapeutique l.f.

kératectomie photothérapeutique

photoablation thérapeutique l.f.

therapeutic photoablation

Ablation de tissu cornéen superficiel dans un but thérapeutique en utilisant le rayonnement approprié.

kératectomie photothérapeutique

pneumothorax thérapeutique l.m.

artificial pneumothorax, induced pneumthorax

Insufflation d'air dans la cavité pleurale pour affaisser une partie du poumon afin de limiter son expansion donc son activité fonctionnelle, afin d’aider à la guérison, des lésions tuberculeuses pulmonaires, pensait-on jadis.
Les insufflations étaient renouvelées régulièrement pour maintenir l'affaissement du poumon, durant 2 ans en moyenne.
La méthode fut mise au point par Forlanini entre1888 et 1912. Elle sera abandonnée après l'apparition de l'isoniazide dans les années 1950.

C. Forlanini, médecin interniste italien (1847-1918)

Syn. collapsothérapie, pneumothorax artificiel

pneumothorax thérapeutique extrapleural l.m.

extrapleural pneumothorax

Décollement chirurgical du feuillet de la plèvre pariétale, suivie d'insufflation d'air régulièrement dans cette cavité artificielle.
L'indication de cette technique était posée lorsque la cavité pleurale présentait des adhérences telles que, après tentatives de sections de brides, un pneumothorax artificiel n'était pas réalisable. Ce pneumothorax extrapleural exposait à un risque hémorragique important.
Ce mode de traitement est abandonné depuis les années 1950.

prisme thérapeutique l.m.

therapeutic prism

Prisme utilisé pour la rééducation orthoptique pour entraîner la convergence et la divergence.
C'est un traitement orthoptique de base dans les hétérotropies décompensées : soit le port permanent de prismes pour compenser une diplopie de correspondance normale, soit le prisme inverse de faible puissance de Rubin pour traiter une fixation excentrique.

programme thérapeutique l.m.

Ensemble cohérent et prévisionnel de tous les moyens thérapeutiques que l’on envisage d’employer devant une maladie : médicamenteux, chirurgicaux, radiothérapiques, etc.
Un programme est généralement fixé pour une thérapeutique que l’on prévoit longue, contre une arthrose, un cancer, une maladie mentale, etc. Le programme est normalisé dans le cadre d’un essai contrôlé mais le médecin responsable peut à tout moment modifier le calendrier et les moyens mis en œuvre, compte tenu des désirs du malade, de son observance du traitement, de l’évolution de la maladie, etc.

plan de soins

radiologie thérapeutique l.f.

therapy radiology

Partie de l'imagerie d’intervention.

risque thérapeutique consenti l.m.

En matière de prescription médicamenteuse ou d’indication chirurgicale, risque connu, prévisible, accepté par le prescripteur comme par le patient et que fait courir la prise d’un médicament ou l’acte chirurgical en contre partie de son effet bénéfique sur la santé.
Ce sont par exemple, les risques des polychimiothérapies et des traitements par anti-TNA α des rhumatismes inflammatoires chroniques ou, en chirurgie, tout acte invasif majeur dont le taux de morbi-mortalité est statistiquement évalué. On parle de risque consenti dès lors que le prescripteur en tient le plus grand compte pour apprécier le rapport bénéfice/risque personnalisé de tel médicament ou de telle intervention chez un patient donné et dès lors que, comme la réglementation l’impose, celui-ci acteur conscient de sa propre santé, en est informé et y consent.

risque médicamenteux consenti

sclérodermie thérapeutique l.f.

drug induced scleroderma

Sclérodermie systémique dans la survenue de laquelle de nombreux facteurs iatrogènes sont mis en cause : silicone et paraffine utilisés dans les plasties mammaires, bléomycine, anorexigènes, cocaïne, carbidopa, L-tryptophane (syndrome éosinophilie-myalgie).

sclérodermiforme (syndrome)

thérapeutique n.f.

therapeutic, therapeutical

1) Discipline médicale qui se consacre aux moyens pouvant être utilisés pour supprimer une maladie ou corriger les lésions produites par un traumatisme et prévenir leurs séquelles.
2) Traitement prescrit à un malade.
Toute thérapeutique tente de s’adresser à la cause de la maladie, sinon elle s’efforce d’en pallier les conséquences : douleur, troubles métaboliques, physiques et mentaux.

thérapeutique photodynamique l.f.

photothérapie dynamique

toxine botulique en thérapeutique l.f.

botulinum toxin treatment

toxine botulique

[C1, D1, G5]

Édit. 2020

échappement thérapeutique l.m.

Disparition ou diminution de l’action d’une thérapeutique après une période d’efficacité.

Étym. lat. excappare : sortir de la chape

[G5]

Édit. 2019

éducation thérapeutique du patient l.f. (ETP)

L’ETP vise à aider les patients à acquérir et à maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique (OMS).
Le programme d’éducation thérapeutique permet au malade de :
- mieux comprendre sa maladie et ainsi de l’accepter ;
- connaître les bénéfices et les effets secondaires des traitements ;
- connaître les mesures préventives à adopter pour éviter les complications ;
- reconnaître une aggravation et savoir prendre les mesures nécessaires;
- identifier les facteurs ou circonstances aggravant l’évolution de la maladie ;
- résoudre les difficultés du quotidien liées à la maladie.
Le patient devient acteur de sa santé.
L’ETP se déroule en trois étapes :
- évaluation initiale des besoins et des compétences du patient ;
- programme personnalisé d’enseignement individuel ou collectif;
- détermination finale des   acquis pouvant conduire à  proposer des séances complémentaires.
L’ETP constitue désormais un élément important de la prise en charge des maladies chroniques (diabète sucré, surcharges pondérales,, épilepsie, plaies chroniques, insuffisances surrénales…) ou des traitements au long cours (anticoagulation….). La formation  implique  à des degrés divers, médecins, pharmaciens, infirmières, physiothérapeutes… L’extension de sa prise en charge par l’assurance-maladie fait l’objet de débats. 

[E1]

Édit. 2019

essai thérapeutique pragmatique l.m.

pragmatic clinical trial

Essai évitant  les contraintes de l’essai thérapeutique classique en utilisant des groupes de patients rencontrés dans la pratique médicale courante et non des groupes soigneusement sélectionnés.
Ces deux types d’essai ne répondent pas aux mêmes questions. L’essai classique comparatif établit avec certitude qu’un médicament est supérieur à un autre parce que les 2 groupes testés ont été choisis au hasard et sont composés de sujets possédant le maximum de similitudes afin d’éviter les biais. L’essai pragmatique renseigne sur les résultats de l’administration du médicament dans les conditions de la vie réelle. En d’autres termes, l’essai classique ne garantit pas qu’une efficacité différentielle supérieure d’un médicament sur l’autre soit transposable dans la pratique, mais en revanche s’il donne des résultats négatifs, il est certain qu’ils s’appliquent dans la pratique médicale hors essai. 

essai randomisé

[G5]

Édit. 2020

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