Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

48 résultats 

résistance à la vitamine D l.f.

vitamin D resistant rickets

Rachitisme résistant à la vitamine D.
Ce type de rachitisme peut être dû à une hypophosphatémie congénitale dominante liée à l'X, ou à des mutations inactivant les enzymes de la synthèse du calcitriol.

calcitriol

résistance artérielle l.f.

Résistance globale opposée au débit cardiaque par les artères et les artérioles.
D’après la loi de Poiseulle, le diamètre du vaisseau facteur le plus important de la résistance, intervient à la puissance quatre. Les variations de résistance artérielle et artériolaire au niveau d’un territoire donné  permettent la répartition du débit cardiaque selon les exigences métaboliques. Les résistances peuvent être exprimées en unités arbitraires (unités wood) directement obtenues par le rapport delta P mmHg / Q en litres min.

J. Poiseuille physicien et médecin français, membre de l’Académie de médecine (1844)

résistance vasculaire, Poiseulle (loi de), débit cardiaque, wood

résistance artérielle pulmonaire l.f.

résistance pulmonaire

résistance aux antipaludiques l.f.

antimalarial drug resistance

Résistance des Plasmodium aux médicaments dirigés contre eux.
À des degrés divers, elle touche tous les antipaludiques actuels à l’exception des dérivés de l’artémisinine et concerne surtout, en pratique, la chloroquine, la pyriméthamine, le proguanil et les autres antimétabolites. La résistance à la chloroquine est liée à un phénomène multigénique (gènes PfMDR et, surtout, PfCG2 et PfTCR). Les résistances à la pyriméthamine résultent de mutations ponctuelles du gène PfDHFR. Quels qu’en soient les mécanismes, ces résistances présentent une énorme importance médicale en rendant plus difficile, moins efficace et plus onéreux le traitement de la principale endémie mondiale qu’est le paludisme.

antipaludique

résistance bactérienne aux antibiotiques l.f.

antibiotic bacterial resistance

Phénomène biologique qui se traduit, dans l’organisme, par le développement d’une souche bactérienne  malgré la présence d’un antibiotique administré à des posologies usuelles.
On distingue des résistances naturelles, présentes chez toutes les bactéries d’une même espèce et des résistances acquises par certaines souches au sein d’une espèce théoriquement sensible à l‘antibiotique considéré. Il existe plusieurs mécanismes de résistance : sécrétion d’un enzyme telle qu’une bêtalactamase, modification de la cible d’action de l’antibiotique, diminution de la perméabilité de la membrane bactérienne à l’antibiotique, mécanismes d’efflux. L’information génétique qui induit la résistance provient soit d’une mutation chromosomique, soit, plus fréquemment, de l’acquisition d’un plasmide ou d’un transposon par la bactérie.

  antibiogramme, concentration minimale inhibitrice, antibiotiques (résistance aux)

résistance capillaire (épreuve de) l.f.

capillary resistance test

Épreuve paraclinique étudiant les conditions de création d’un purpura expérimental.
Elle consiste à appliquer sur le bras pendant cinq minutes un brassard exerçant une compression sans arrêter la circulation artérielle, puis à noter le nombre de pétéchies apparues à la suite de cette compression.

résistance cardiaque l.f.

cardiac resistance

indice de résistance cardiaque

résistance cellulaire aux cytostatiques l.f.

cellular cytostatic resistance, resistance to cytostatics

Inefficacité d'un cytostatique pour une tumeur néoplasique donnée à des doses tolérées par l'Homme.
L'accumulation du cytostatique dans la cellule tumorale peut être perturbée par l'altération de mécanismes de transport spécifiques ou par l'apparition de pompes membranaires qui la chassent hors de la cellule ou modifient sa répartition intracellulaire. Dans le cytoplasme, le cytostatique peut être neutralisé par les systèmes de détoxication ou ne pas être métabolisé en dérivé actif.

antinéoplasique

résistance croisée l.f.

cross-resistance

Résistance d'une souche d'un micro-organisme, à un médicament (antibiotique, antifongique, ...) allant de pair avec la résistance  vis-à-vis d'un ou plusieurs autres médicaments.
L'expression s'utilise également dans le cas des résistances d'insectes et d'acariens aux insecticides et acaricides respectivement.

résistance des voies aériennes l.f.

airways resistance (Raw)

Différence de pression entre l'alvéole pulmonaire et la bouche, nécessaire pour produire un débit de 1L/sec, exprimée en cm eau/L/sec.
Dans un tube avec écoulement de fluide, la résistance R entre deux points est le quotient de la différence de pression P entre ces deux points par le débit

résistance du complexe tuberculosis aux antituberculeux l.f.

complex tuberculosis drug resistance

Inefficacité d'un ou de plusieurs antibiotiques vis-à-vis des mycobactéries du "complexe tuberculosis".
La résistance est soit primaire, soit secondaire.
En France :
- la résistance primaire à l'INH (isoniazide) est de 3,8%, la secondaire de 9,8%.
- la résistance primaire à la RMP (rifampicine) est de 1,04% et la résistance secondaire de 4,9%.
- la multirésistance (MDR) était de 1% en 2000.

complexe tuberculosis

résistance médicamenteuse l.f.

drug resistance

Inefficacité d'un médicament à des doses tolérées par l'organisme.

résistance microbienne aux médicaments l.f.

microbial drug resistance, resistance to antibiotics

Inefficacité d'un médicament antibiotique ou antifongique, pour une infection donnée à des doses tolérées par l'homme.

résistance primaire des bacilles tuberculeux l.f.

primary resistance (tuberculosis complex)

Inefficacité d'un ou plusieurs antibiotiques, observée chez un patient n'ayant reçu auparavant aucun traitement antituberculeux.

résistance du complexe tuberculosis aux antituberculeux

résistance pulmonaire l.f.

pulmonary resistance

Résistance opposée par le lit de l’artère pulmonaire à la progression du sang expulsé du cœur droit : elle résulte de la combinaison du débit sanguin et des pressions régnant dans l’artère pulmonaire et éventuellement l’oreillette gauche.
Il faut distinguer la résistance vasculaire pulmonaire totale qui ne tient pas compte de la pression auriculaire gauche et la résistance artérielle pulmonaire (dite encore artériolaire pulmonaire) qui tient compte du gradient de pression entre l’artère pulmonaire et l’oreillette gauche. Les résistances pulmonaires sont exprimées en unités CGS (Dynes –s –cm –5). Elles sont normalement de 50 à 100 pour la résistance artérielle, et de 200 à 350 pour la résistance totale.

résistance secondaire des bacilles tuberculeux l.f.

secondary resistance (tuberculosis complex)

Résistance à un ou plusieurs antibiotiques, observée chez un patient ayant déjà reçu un traitement antituberculeux.
Les BK étaient sensibles avant tout traitement. La résistance apparaît après plus de deux mois de traitement spécifique, favorisée par un traitement inadapté, telle une monothérapie, ou parce qu'irrégulièrement suivi.

résistance du complexe tuberculosis aux antituberculeux

résistance uréthrale l.f.

urethral resistance

Ensemble des forces s'opposant à l'écoulement de l'urine dans l'urèthre pendant la miction.
Ces forces, naturellement plus grandes chez l'homme que chez la femme, se composent de deux fractions : la résistance à l'ouverture du col et de l'urèthre, et celle au flux lui-même, responsable de pertes de charge. Celles-ci se décomposent en forces régulières, dues au frottement sur les parois de l'urine progressant à vitesse constante, et forces  singulières, liées aux modifications de forme, de calibre et de direction du conduit.

résistance vasculaire l.f.

vascular resistance

Force qui s’oppose à l’écoulement du flux sanguin dans les vaisseaux, qui est fonction du débit cardiaque ou vasculaire, et de la pression régnant dans le cœur ou le vaisseau considéré : elle s’exprime en unités Wiggers.
On distingue : la résistance vasculaire périphérique (normalement 1000 à 1500 unités Wiggers), et la résistance artérielle pulmonaire (normalement 350 unités Wiggers) dont l’élévation joue un rôle considérable dans le pronostic et les possibilités thérapeutiques de certaines cardiopathies avec hypertension pulmonaire.
On rapporte souvent le débit cardiaque à la surface corporelle : on parle alors d'index cardiaque (exprimé en litres par minute et par mètre carré) : valeur normale  de l'ordre de 3 L/min/m2.
On mesure le débit cardiaque par différentes méthodes .La méthode de référence est basée sur le principe de Fick, mais elle nécessite la pose d'un cathéter au niveau du cœur pour prélever un échantillon de sang veineux mêlé. La technique utilisée en clinique, méthode de Stewart-Hamilton, dérivée de celle de Fick, est fondée sur l'injection intravasculaire d'un bol d'indicateur (colorant, isotope radioactif ou solution froide) ; elle est utilisée avec un cathétérisme cardiaque si l'on veut enregistrer le débit en continu.
Un bas débit se voit au cours de certains chocs hypovolémiques et lors de l'insuffisance cardiaque aigüe ou chronique.
L’unité Wood peut être utilisée pour la mesure de la résistance vasculaire, elle correspond à 80 unités Wiggers. 

C. J. Wiggers, physiologiste américain (1915)

défaillance cardiaque, Fick (principe et équation de), index cardiaque, insuffisance cardiaque, pression, viscosité du sang, Stewart-Hamilton (méthode de), unité Wiggers, unité Wood

résistance vasculaire périphérique l.f.

peripheral resistance

Résistance à l'écoulement du sang le long des vaisseaux, exprimée par le rapport de la différence de pression (mmHg) entre l'origine et le point considéré du système vasculaire, et le débit cardiaque (mL/s).
Elle concrétise l’opposition à l’écoulement du sang dans les vaisseaux sanguins.
Le débit dans un vaisseau est déterminé par trois facteurs : la différence de pression du sang entre ses deux extrémités, la force de propulsion du sang, et l'opposition à son écoulement.
Elle peut être calculée à partir d'une formule dérivée de la loi d'Ohm :
R = (Pi – Pf)/ Q ou Pi est la pression moyenne initiale du vaisseau, Q le débit, Pf la pression moyenne finale dans le vaisseau.
Dans la circulation systémique, la résistance à l’écoulement du sang est pour ses deux tiers environ le fait des artérioles dont le diamètre peut varier dans un rapport de 1 à 4 selon la loi de Poiseuille :
R = 8 η l / π r4 (η est la viscosité du sang, l la longueur et r le rayon du vaisseau).
Ce phénomène de variation du diamètre des vaisseaux appelé vasomotricité est un facteur majeur de régulation de la pression artérielle systémique et localement des débits régionaux. De plus, les résistances systémiques favorisent la transformation du débit pulsatile artériel en débit continu capillaire et veineux nécessaire aux échanges entre les cellules et le compartiment vasculaire.

Poiseuille (loi), Ohm (loi d')

résistance vasculaire pulmonaire (RVP) l.f.

pulmonary resistance

Résistance opposée par le lit de l'artère pulmonaire à la progression du sang expulsé du cœur droit.
Elle résulte de la combinaison du débit sanguin et des pressions qui règnent dans l'artère pulmonaire et éventuellement dans l'oreillette gauche.
On distingue théoriquement :
- la résistance pulmonaire totale qui ne tient pas compte de la pression auriculaire gauche ; cette résistance est de 200 à 350 unités CGS (dynes/sec/cm3). En fait, cette résistance est sans fondement physiologique.
- la résistance artériolaire pulmonaire tient compte du gradient de pression entre l'artère pulmonaire et l'oreillette gauche. Normalement, la résistance artériolaire pulmonaire est de 50 à 100 unités CGS. Cependant ce terme est ambigu puisque la résistance artériolaire pulmonaire n'est qu'une partie de la résistance vasculaire pulmonaire.
Quoique critiquable, la notion de RVP s'avère utile en pratique quotidienne. Elle augmente quand le nombre des vaisseaux perfusés diminue ou lorsque le diamètre de chaque branche diminue.

résistance vasculaire pulmonaire totale l.f.

résistance vasculaire pulmonaire

transfert de résistance l.f.

resistance transfert

Passage interbactérien de gènes dont l’expression conduit à une résistance aux antibiotiques.
Chez les bactéries, ce passage s’effectue directement par transformation ou conjugaison, ou par l’intermédiaire d’un bactériophage (transduction).

transduction

résistance nasale l.f.

nasal resistance

Résistance opposée par les fosses nasales à l’écoulement du flux aérien.
Son calcul nécessite la connaissance du gradient de pression narino-choanal du débit nasal et de la nature du régime d’écoulement aérien.

rhinomanométrie

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