Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

61 résultats 

index de résistance cérébrale l.m.

cerebral resistance index

Rapport des vitesses moyennes des hématies en systole et en diastole mesurées par effet Doppler dans l'artère cérébrale antérieure ou sylvienne du fœtus, employé pour évaluer les résistances vasculaires cérébrales et estimer le degré d'hypoxie chronique du tissu cérébral.

index de résistance de Pourcelot l.m.

Pourcelot’s index

En échographie doppler, index de mesure de la résistance artérielle définie par le rapport, dans lequel S est la vitesse moyenne systolique, D la vitesse moyenne diastolique.
Cet index est utilisé en particulier en échographie obstétricale au niveau de l'artère ombilicale dans le dépistage d'une souffrance fœtale.

L. Pourcelot, médecin et ingénieur français (1974)

index de résistance placentaire l.m.

placental resistance index

Rapport de la vitesse moyenne des hématies mesurée d'une part en systole et d'autre part en diastole dans une des artères ombilicales, permettant d'évaluer le degré de résistance vasculaire dans le placenta.
L'indice est perturbé en cas de maladie vasculaire maternelle ou d'anomalie chromosomique du fœtus.

indice de résistance cardiaque l.m.

cardiac resistance index

Indice est destiné à évaluer de façon chiffrée la vigueur et la résistance du cœur à l’effort.
Il est ainsi formulé :
P’ + P’’ - 2 (70-p)
I = ------------------------------
10
P’ : fréquence cardiaque/minute après 30 flexions sur les genoux en 45 secondes.
P’’ : fréquence cardiaque, 1 minute après la mesure de P’
p : écart entre 70 (pouls moyen d’un adulte de 20 ans) et le pouls du sujet debout au repos.
Un indice voisin de 0 caractérise un sujet vigoureux. Supérieur à 10, il désigne un cœur peu résistant.

J. E. Ruffier, médecin français (1951)

Étym. lat. indicium : indication

insulino-résistance de type A (syndrome d') l.f.

insuline resistance type A

Syndrome caractérisé par la triade : hyperinsulinisme, acanthosis nigricans et signes d'hyperandrogénie chez la femme, en l'absence de surpoids ou de lipodystrophie.
Rare, de prévalence exacte inconnue, il est en général diagnostiqué chez la femme jeune, en raison des signes d'hyperandrogénie marqués. L'insulino-résistance et l'acanthosis nigricans peuvent être dépistés chez l'homme et dans l'enfance. Le syndrome peut parfois s'accompagner d'un faciès acromégaloïde ou de crampes musculaires. L'hyperinsulinémie s'associe souvent, au cours de l'évolution à un diabète. Les troubles de la fertilité sont liés à l'hyperandrogénie (associée à des syndromes des ovaires polykystiques ou des hyperthécoses ovariennes).
Le syndrome d'insulino-résistance de type A est dû classiquement à des mutations hétérozygotes du gène du récepteur de l'insuline (INSR) atteignant la région codant pour le domaine tyrosine kinase, la maladie se transmettant sur le mode autosomal dominant. Des mutations homozygotes affectant le domaine de liaison de l'insuline du récepteur ont aussi été décrites. Lorsque ces mutations ne sont pas retrouvées, la maladie est de cause inconnue et parfois considérée comme un syndrome HAIR-AN.
Le syndrome d'insulino-résistance de type A fait partie des syndromes d'insulino-résistance extrême comprenant aussi le lépréchaunisme, le syndrome de Rabson-Mendenhall, les syndromes lipodystrophiques généralisés ou partiels et le syndrome d'insulino-résistance de type B Le diagnostic différentiel avec le syndrome d'insulino-résistance de type B repose sur l'absence d'auto-anticorps anti-récepteurs de l'insuline.
Le traitement utilise des mesures hygiéno-diététiques et/ou médicamenteuses (metformine, glitazones, autres anti-diabétiques) pour réduire l'insulino-résistance et traiter le diabète. Le pronostic est lié aux complications du diabète insulino-résistant.

C. R Kahn, médecin diabétologue américain (1976) ; S. M. Rabson et E. N. Mendenhall, anatomopathologistes américains (1956)

Étym. lat. insula : île

acanthosis nigricans, hyperandrogénie, ovaires polykystiques (syndrome des), hyperplasie thécale adénomatoïde, HAIR-AN (syndrome), lépréchaunisme, lipodystrophies, Rabson-Mendenhall (syndrome de), INSR gene

insulino-résistance de type B (syndrome d') l.f.

insuline resistance type B

Forme très rare de syndrome d'insulino-résistance extrême d'origine auto-immune affectant les individus d'âge moyen avec une prédominance féminine.
Le syndrome apparaît généralement dans un contexte dysimmunitaire, parfois cliniquement défini  ou suspecté sur des anomalies biologiques évocatrices. La maladie se manifeste en général par l'apparition, rapidement progressive, d'un diabète non cétosique, très insulino-résistant, accompagné de la lésion cutanée associée à la résistance à l'insuline, l'acanthosis nigricans, et d'un hirsutisme. Des hypoglycémies paradoxales, parfois gravissimes, peuvent être observées.
Ce syndrome est dû à la présence, dans le sérum des patients, d'auto-anticorps dirigés contre le récepteur de l'insuline.  Le diagnostic différentiel inclut les autres syndromes d'insulino-résistance extrême (lépréchaunisme, syndrome de Rabson-Mendenhall, syndromes lipodystrophiques généralisés ou partiels et syndrome d'insulino-résistance de type A).
Le traitement de la maladie auto-immune sous-jacente par des immunosuppresseurs non spécifiques est associé à une insulinothérapie à très fortes doses pour tenter de juguler l'hyperglycémie majeure. Le pronostic est celui de la maladie auto-immune sous-jacente, mais est fortement altéré lorsque des hypoglycémies sont observées (conduisant au décès dans 50% des cas).

S. M. Rabson et E. N. Mendenhall, anatomopathologistes  américains (1956)

Étym. lat. insula : île

acanthosis nigricans, lépréchaunisme, Rabson-Mendenhall (syndrome de), lipodystrophies, insulino-résistance de type A (syndrome d')

multidrug resistance proteins l.f.p. angl. pour protéines de résistance multimédicamenteuse

Famille de protéines, numérotées de MRP1 à MRP9, chargées de l’élimination de substances toxiques, en particulier la bilirubine et de nombreux médicaments.
La surexpression de MRP explique la résistance à la chimiothérapie de certaines tumeurs malignes.

Sigle MRP

plasmide de résistance l.m.

resistance plasmide, resistance factor, R factor

Plasmide codant un ou plusieurs gènes de résistance à un antibiotique.
Ces gènes codent des enzymes capables d’inactiver les antibiotiques.

plasmide, facteur RTF, plasmide conjugatif

[D1,Q1]

Édit. 2018 

psychotropes (résistance aux) l.f.

non-response to psychotropes

Insensibilité du patient à un traitement médicamenteux bien conduit.
Dans la dépression résistante (environ 20% des cas selon certains), l'évolution naturelle n'est pas influencée par les mesures thérapeutiques (J. Angst).
La définition d'une schizophrénie résistante pose divers problèmes méthodologiques : critères de définition, évolutivité hétérogène, absence de codification des traitements, critères de réponse. Pour Brenner, les critères de résistance sont fonction de la sévérité de la pathologie, qui impose une dépendance quasi totale vis-à-vis du système de soins hospitaliers.
Dans les états psychotiques, certains estiment que l'action des neuroleptiques s'exerce essentiellement sur l'agitation, l'inhibition et les phénomènes aigus. De plus, la disparition d'un délire n'est pas toujours recherchée.
Dans un cadre médicolégal (traitement après un dommage corporel matière à litige, injonction thérapeutique concernant un toxicomane, par ex.), les résistances peuvent s'associer à une médiocre tolérance, bien que contrastant avec une coopération extériorisée en contenu manifeste.
Répondre ou résister sont souvent considérés comme des expressions du transfert.

J. Angst, psychiatre suisse (1960)

résistance n.f.

A - En biologie

1) processus par lequel une cellule, un individu, une population surmonte, sans dommage apparent, l'agression d'un agent infectieux ou d'une substance toxique, des conditions physiques et chimiques du milieu, etc.
2) par extension, propriété permettant ce processus.
La résistance est le plus souvent un caractère génétique monogénique ou oligogénique spécifique de l'agression.
 B - En psychiatrie
Nom donné à tout ce qui entrave le progrès d'une cure psychanalytique.
À l'origine de la résistance, S. Freud reconnaît les forces de refoulement, les mêmes que celles qui ont refusé la prise en charge des représentations dans le conscient. Il s'aperçoit vite aussi que le transfert peut servir à la résistance, l'analysant reportant sur l'analyste les affects qu'il ne peut se remémorer.
Dans sa deuxième topique, Freud ajoute au refoulement venant du moi l'attraction qu'exerce le ça sur des groupes de représentations. Le surmoi joue aussi un grand rôle dans l'installation de résistances : des dispositions masochistes trop importantes peuvent déterminer une opposition durable à la guérison (réaction thérapeutique négative).

équilibre hôte-parasite, tolérance immunologique

résistance à la dénaturation alcaline (test de) l.m.

alkali denaturation test

Méthode de dosage de l'hémoglobine fœtale reposant sur sa résistance à la dénaturation alcaline, supérieure à celle de l'hémoglobine A.
Il consiste à mesurer la proportion d'hémoglobine restant dans un hémolysat après précipitation de l'hémoglobine A par une exposition à un pH alcalin pendant un temps donné précis. La sensibilité de ce test n'est pas uniforme dans toute la gamme de concentration et il tend à être remplacé par des dosages par chromatographie haute performance sur échangeur d'ions.

Syn. test de Singer, test de Betke

résistance à la protéine C l.f.

Défaut de l’ajout de protéine C activée lors de la réalisation d’un temps de céphaline activé (TCA) qui ne provoque pas d’allongement de celui-ci.
Dans la plupart des cas cette anomalie est liée à une mutation univoque du facteur V.
La mutation Q506 du facteur V est le principal facteur de risque d’origine génétique impliqué dans les thromboses veineuses. Sa présence à l’état hétérozygote multiplie de 5 à 7 fois le risque de présenter un accident veineux thromboembolique.

temps de céphaline activé

résistance à la vitamine D l.f.

vitamin D resistant rickets

Rachitisme résistant à la vitamine D.
Ce type de rachitisme peut être dû à une hypophosphatémie congénitale dominante liée à l'X, ou à des mutations inactivant les enzymes de la synthèse du calcitriol.

calcitriol

résistance artérielle l.f.

Résistance globale opposée au débit cardiaque par les artères et les artérioles.
D’après la loi de Poiseulle, le diamètre du vaisseau facteur le plus important de la résistance, intervient à la puissance quatre. Les variations de résistance artérielle et artériolaire au niveau d’un territoire donné  permettent la répartition du débit cardiaque selon les exigences métaboliques. Les résistances peuvent être exprimées en unités arbitraires (unités wood) directement obtenues par le rapport delta P mmHg / Q en litres min.

J. Poiseuille physicien et médecin français, membre de l’Académie de médecine (1844)

résistance vasculaire, Poiseulle (loi de), débit cardiaque, wood

résistance artérielle pulmonaire l.f.

résistance pulmonaire

résistance aux antipaludiques l.f.

antimalarial drug resistance

Résistance des Plasmodium aux médicaments dirigés contre eux.
À des degrés divers, elle touche tous les antipaludiques actuels à l’exception des dérivés de l’artémisinine et concerne surtout, en pratique, la chloroquine, la pyriméthamine, le proguanil et les autres antimétabolites. La résistance à la chloroquine est liée à un phénomène multigénique (gènes PfMDR et, surtout, PfCG2 et PfTCR). Les résistances à la pyriméthamine résultent de mutations ponctuelles du gène PfDHFR. Quels qu’en soient les mécanismes, ces résistances présentent une énorme importance médicale en rendant plus difficile, moins efficace et plus onéreux le traitement de la principale endémie mondiale qu’est le paludisme.

antipaludique

résistance bactérienne aux antibiotiques l.f.

antibiotic bacterial resistance

Phénomène biologique qui se traduit, dans l’organisme, par le développement d’une souche bactérienne  malgré la présence d’un antibiotique administré à des posologies usuelles.
On distingue des résistances naturelles, présentes chez toutes les bactéries d’une même espèce et des résistances acquises par certaines souches au sein d’une espèce théoriquement sensible à l‘antibiotique considéré. Il existe plusieurs mécanismes de résistance : sécrétion d’un enzyme telle qu’une bêtalactamase, modification de la cible d’action de l’antibiotique, diminution de la perméabilité de la membrane bactérienne à l’antibiotique, mécanismes d’efflux. L’information génétique qui induit la résistance provient soit d’une mutation chromosomique, soit, plus fréquemment, de l’acquisition d’un plasmide ou d’un transposon par la bactérie.

  antibiogramme, concentration minimale inhibitrice, antibiotiques (résistance aux)

résistance capillaire (épreuve de) l.f.

capillary resistance test

Épreuve paraclinique étudiant les conditions de création d’un purpura expérimental.
Elle consiste à appliquer sur le bras pendant cinq minutes un brassard exerçant une compression sans arrêter la circulation artérielle, puis à noter le nombre de pétéchies apparues à la suite de cette compression.

résistance cardiaque l.f.

cardiac resistance

indice de résistance cardiaque

résistance cellulaire aux cytostatiques l.f.

cellular cytostatic resistance, resistance to cytostatics

Inefficacité d'un cytostatique pour une tumeur néoplasique donnée à des doses tolérées par l'Homme.
L'accumulation du cytostatique dans la cellule tumorale peut être perturbée par l'altération de mécanismes de transport spécifiques ou par l'apparition de pompes membranaires qui la chassent hors de la cellule ou modifient sa répartition intracellulaire. Dans le cytoplasme, le cytostatique peut être neutralisé par les systèmes de détoxication ou ne pas être métabolisé en dérivé actif.

antinéoplasique

résistance croisée l.f.

cross-resistance

Résistance d'une souche d'un micro-organisme, à un médicament (antibiotique, antifongique, ...) allant de pair avec la résistance  vis-à-vis d'un ou plusieurs autres médicaments.
L'expression s'utilise également dans le cas des résistances d'insectes et d'acariens aux insecticides et acaricides respectivement.

résistance des voies aériennes l.f.

airways resistance (Raw)

Différence de pression entre l'alvéole pulmonaire et la bouche, nécessaire pour produire un débit de 1L/sec, exprimée en cm eau/L/sec.
Dans un tube avec écoulement de fluide, la résistance R entre deux points est le quotient de la différence de pression P entre ces deux points par le débit

résistance du complexe tuberculosis aux antituberculeux l.f.

complex tuberculosis drug resistance

Inefficacité d'un ou de plusieurs antibiotiques vis-à-vis des mycobactéries du "complexe tuberculosis".
La résistance est soit primaire, soit secondaire.
En France :
- la résistance primaire à l'INH (isoniazide) est de 3,8%, la secondaire de 9,8%.
- la résistance primaire à la RMP (rifampicine) est de 1,04% et la résistance secondaire de 4,9%.
- la multirésistance (MDR) était de 1% en 2000.

complexe tuberculosis

résistance médicamenteuse l.f.

drug resistance

Inefficacité d'un médicament à des doses tolérées par l'organisme.

résistance microbienne aux médicaments l.f.

microbial drug resistance, resistance to antibiotics

Inefficacité d'un médicament antibiotique ou antifongique, pour une infection donnée à des doses tolérées par l'homme.

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