Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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accès aux soins l.m.

health care accessibility

Faculté, pour une personne ou une population, de pouvoir bénéficier de services de soins : médecins, hôpitaux, etc.
L’accès aux soins peut être entravé par de nombreuses conditions : matérielles (éloignement des lieux de soins), financières (coût des soins), culturelles (ignorance des possibilités de soins offertes aux malades), etc.

Étym. lat. accessus : arrivée, accessibilité

[E3]

Édit. 2016

alcooliques (obligation de soins aux) l.f.

compulsory care of alcoholic persons

loi du 15 avril 1954

[E3,G3,G4]

Édit. 2017 

brûlés (premiers soins aux) l.m.p.

burn patients first cares

Soins primordiaux et essentiels de prise en charge des brûlés qui doivent tenir compte de la spécificité des lésions pour assurer la qualité des résultats ultérieurs.
Une brûlure est provoquée par l'action d'un agent nocif (chaleur, radiations, courant électrique ou produit chimique) qui ne cesse pas immédiatement après suppression de la cause : pendant un temps encore assez long la brûlure se propage aux tissus voisins de sorte que le volume lésé est plus grand que celui sur lequel a porté l'action initiale.
Pour limiter l'extension d'une brûlure superficielle, on doit laver immédiatement à l'eau froide la brûlure (peau, muqueuse, œil) pendant une quinzaine de minutes, au moins, pour éliminer la chaleur restante ou le caustique. L'entourage doit agir avant l'arrivée des secours (les conseils téléphoniques sont très utiles ainsi que l'éducation de la population pour éviter des erreurs traditionnelles).
Indépendamment d'une carbonisation éventuelle des tissus, la brûlure produit immédiatement un œdème par gonflement des cellules lésées. Elles éclatent ensuite en libérant des enzymes lysosomiques toxiques. Le gonflement des cellules se fait à partir du liquide extracellulaire, ce qui entraîne rapidement une fuite considérable de plasma hors des capillaires. Pour compenser cette fuite, il faut perfuser le plus vite possible des solutions alcalines (si possible des solutions de substituts du plasma et de bicarbonate). Cela permet d'éviter le collapsus vasculaire et protège les reins en maintenant une bonne diurèse (mettre une sonde vésicale pour mesurer la diurèse horaire).

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure électrique, brûlure

Édit. 2017

carnet de soins l.f.

Carnet délivré par le Secrétariat d’Etat aux anciens combattants aux personnes qui ont reçu une blessure ou contracté une maladie sous les drapeaux ou pour fait de guerre.
Ce carnet leur permet de bénéficier, au titre seulement de cette blessure ou maladie, de soins gratuits, médicaux, pharmaceutiques, d’hospitalisation, etc. quand leur état de santé le nécessite. Dans les autres cas, ces personnes sont couvertes par leur propre régime d’assurance maladie.

[E]

centre de soins l.m.

Etablissement ne comportant pas d’hébergement, destiné à l’établissement de diagnostics et à la dispense de soins ambulatoires, parfois de soins à domicile.
Les centres de soins existants sont souvent gérés par des municipalités ou des organisations privées, associations, mutuelles. Ils remplissent le rôle dévolu naguère aux dispensaires ; leur nombre diminue du fait du développement du parc hospitalier public et privé, et du grand nombre des cabinets de médecine de ville.

[E]

consentement aux soins en psychiatrie l.m.

consent to care in psychiatry

Le consentement de tout malade (ou de son représentant) devant être libre, éclairé et exprès, le refus ou la crainte de soins psychiatriques est souvent le fait de personnes qui en ont le plus grand besoin par suite du déni qui caractérise les troubles mentaux majeurs.
La loi du 27 juin 1990 a adopté les principes de l'"hospitalisation libre" et de l'hospitalisation "sans consentement". Effectuée sur demande d'un tiers ou d'office, dérogatoire au droit commun, cette dernière a pour but essentiel de pouvoir imposer au patient les soins nécessités par son état, en recherchant toutefois aussitôt que possible le maximum de participation de sa part, en particulier chez les psychotiques, grâce à une information appropriée.
Le psychiatre doit tenir compte de l'avis de l'incapable majeur et, dans certains cas précisés par le juge, recueillir le consentement de ses représentants légaux. S'il y a litige, il peut saisir le procureur de la République.
Lors d'une urgence, surtout de crise suicidaire, et quels que soient le niveau de conscience et l'attitude du sujet, il doit porter assistance à la personne en péril et, au besoin, tenir une position ferme vis-à-vis des proches, souvent enclins à banaliser le geste.

[H3,E3]

contrôle de qualité des soins l.m.

quality assessment

Opérations d'évaluation de la qualité des soins en termes de probabilité de succès pour un résultat recherché pour un ensemble de patients homogènes.
Cette probabilité définit le niveau de qualité mais il n'y a pas de règle générale pour fixer ce niveau qui peut correspondre à un risque d'un millionième (cas de la stérilisation) ou à un risque beaucoup plus faible selon la nature des soins et l'état du patient. Mais l'évaluation des risques est difficile, en pratique, on se réfère à des normes définissant le niveau minimum, optimal ou du moins acceptable d'une procédure ou d'un résultat. Une norme peut être utilisée pour définir une condition idéale, habituelle ou de référence. Dans les processus d'accréditation ou d'audit, la norme de qualité constitue une exigence de base donnant des indications sur ce que doit être le niveau de qualité d'une activité ou d'un processus donné.

accréditation, audit, qualité (cercle de), risque

[E3]

démence (retentissement psychique sur les proches donneurs de soins) l.

dementia (psychical repercussions among relatives caregivers)

Effets négatifs considérés comme majeurs, surtout décrits dans l'entourage des alzheimériens, et qui sont plutôt imputés à l'effet des troubles non cognitifs (psychotiques, dépressifs et comportementaux) des patients, ainsi qu'aux nécessaires restrictions apportées par l'entourage à ses relations et activités sociales.
Malgré les discordances entre les études publiées, la prévalence des troubles psychiques, en particulier dépressifs, apparaît très élevée. Des risques somatiques importants sont mis en évidence : hypertension artérielle, infarctus du myocarde, déficits immunitaires, etc. L'alcoolisme, l'abus de psychotiques sont fréquents.
Une prise en charge ou même en soins de ces "aidants" est souvent indispensable.

Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit

dépense de soins l.f.

expense of care

Dépenses entraînées par une maladie.
Appliquée à une collectivité l’expression vise donc les dépenses dues aux hospitalisations, aux honoraires des professions de santé, aux médicaments, aux fournitures, etc., que ces dépenses soient couvertes par les organismes d’assurance maladie ou les particuliers.
Appliquée à une personne ou à un ménage, l’expression ne vise le plus souvent que les dépenses non couvertes par un organisme de protection sociale. Toute étude économique employant cette locution doit préciser ce qu’elle inclut.

directeur de soins infirmiers l.m.

- la gestion prévisionnelle des métiers et des compétences,

- l’élaboration du rapport annuel d'activités.
Un directeur de soins peut également prendre la direction d'un institut de formation aux professions paramédicales ou celle d'un institut de formation de cadres de santé.
L’accès au corps de directeur des soins de la fonction publique hospitalière se fait après la réussite au concours national.

Syn. directeur des soins infirmiers, directeur des services de soins infirmiers, coordonnateur général des soins, infirmier général

médicalisation des soins l.f.

medicalization, providing medical care

Ensemble de dispositions qui assurent, par un médecin dûment qualifié, les soins aux malades et blessés.
Par opposition aux soins prodigués par des secouristes (policiers, pompiers ou bénévoles) la médicalisation permet l'optimisation des soins grâce à un diagnostic et à des gestes thérapeutiques précoces qu'un médecin est le plus capable de prodiguer. Elle garantit aussi le respect de l'éthique médicale (secret, suivi, etc.).

nosocomiale (infection)

offre de soins l.m.

Dans un système de soins, ensemble des professionnels de santé et des établissements de soins à la disposition des malades pour satisfaire leurs besoins.
On admet généralement que l’offre entraîne la demande : c’est pourquoi plusieurs pays s’efforcent d’instaurer un numerus clausus pour les professions de santé et de limiter le nombre et la capacité des établissements de soins.

besoin sanitaire

Édit. 2017

plan de soins l.m.

1) Synonyme de programme thérapeutique.
2) Dans certains établissements de soins, programme établi par le médecin et l’infirmière surveillante à l’intention du personnel de nuit, des infirmières en formation, etc.

réseau coordonné de soins (en médecine nucléaire) l.m.

Organisation française de la médecine nucléaire, créée par la circulaire de 1972.
Toutes les installations médicales utilisant des radioéléments sont regroupées autour de coordonnateurs régionaux, qui, entre autres, donnent un avis sur toutes les installations ou leurs modifications, ainsi que sur les autorisations d'équipements lourds, dont les gammacaméras.

service de soins l.m.

Dans un hôpital public, ensemble de lits placé sous l’autorité et la responsabilité d’un médecin.
1) Les services sont généralement consacrés à des malades relevant d’une spécialité médicale  ou chirurgicale : cardiologie, orthopédie, etc.
2) Ils peuvent comporter des subdivisions en unités de soins ou pôles d’activités ; ils peuvent être groupés au sein d’un département.

soins n.m.pl.

care

En médecine, ensemble des mesures et actes visant à faire bénéficier une personne des moyens de diagnostic et de traitement lui permettant d’améliorer et de maintenir sa santé physique et mentale.

soins à domicile l.m.p.

homecare

Soins dispensés à une personne à son domicile, par opposition aux soins dispensés dans un établissement de soins ou au cabinet du praticien de santé.
Ils concernent toutes les activités de soins dispensés par l’une quelconque des professions de santé médicales ou paramédicales.
En pratique libérale, ils donnent lieu au paiement d’honoraires conformément aux règles de chaque profession de santé établies par convention avec les organismes de l’assurance maladie.
Dans un sens plus large, ce concept couvre également les soins donnés, en particulier aux personnes âgées afin de leur éviter une hospitalisation et aux handicapés dépendants. Il s’agit de soins d’hygiène et d’aide à l’accomplissement des actes courants de la vie. Non médicalisés, ils sont dispensés dans le cadre de l’ « aide à domicile » et peuvent, dans certaines conditions, être pris en charge forfaitairement par l’assurance maladie. De telles « aides à la personne » peuvent être le fait d’acteurs non professionnels de santé, individuels ou appartenant à des associations spécialisées conventionnées.
Contrairement à l’hospitalisation à domicile, la formule administrative de « soins à domicile » n’exige pas, une hospitalisation préalable.

hospitalisation à domicile

soins ambulatoires l.m.p.

ambulatory care

Soins dispensés à un malade sans qu’il séjourne dans un établissement d’hospitalisation.
Les soins ambulatoires peuvent précéder ou suivre un séjour en établissement de soins.

Syn. soins externes

hospitalisation à domicile

soins de premier recours l.m.p.

Soins donnés par une personne qualifiée à laquelle s’adresse d’emblée un malade qui estime avoir besoin de soins médicaux.
1) En France, les soins de premier recours sont le plus souvent donnés par les médecins généralistes ou, selon les circonstances, par les services d’aide médicale urgente (SAMU), les pharmaciens, les pompiers, etc. : tel est le cas de nombreux pays d’Europe qui disposent de systèmes de soins bien structurés.
2) Dans les pays en développement, les soins de premier recours revêtent une importance particulière du fait de la sous-médicalisation, de la pauvreté des systèmes de soins et de la protection sociale.

Syn. soins de santé primaire

soins de santé primaire l.m.p

primary healthcare.
Soins de suite et de réadaptation (SSR) l.m.p.
Dénomination des services de moyen séjour recevant des patients nécessitant après des traitements hospitaliers des soins de réadaptation.
L’appellation antérieure était service de moyen séjour.

soins de premier recours

soins externes l.m.p.

external healthcare

soins ambulatoires

soins infirmiers l.m.p.

nursing healthcare

Activité des infirmiers contribuant  à l’application des thérapeutiques fixées par les médecins et destinée à restaurer et à promouvoir la santé et l’autonomie des fonctions vitales, ainsi qu’à soulager la souffrance des malades.

soins intensifs l.m.

intensive healthcare 

Soins qui, par opposition aux soins classiques ne nécessitant en permanence ni surveillance ni utilisation de dispositifs médicaux spéciaux, exigent un personnel nombreux, spécialisé (médecins et infirmières) et permanent sur place de jour et de nuit pour assurer les soins de réanimation et faire face à toute complication inopinée, notamment l'arrêt cardiaque.
Les soins intensifs sont soit polyvalents, soit spécialisés (nourrissons et jeunes enfants, cardiologie, néphrologie, surveillance post-interventionnelle, etc.). Les locaux doivent être adaptés à une surveillance de tous les instants et le matériel de réanimation doit permettre le traitement immédiat des incidents critiques. Tous les lits doivent avoir accès à une distribution d'O2 et de vide. Des installations particulières telles que caisson d'O2 hyperbare, rein artificiel peuvent compléter l'équipement.

surveillance post-interventionnelle

soins intensifs (troubles psychiques et) l.m.p.

mental disorders and intensive care

Troubles psychiques apparus pendant et après une hospitalisation en réanimation.
Pendant l’hospitalisation les patients sont généralement calmés mais, si la sédation est insuffisante, peuvent apparaître : une agitation liée à l’angoisse ou à l’anxiété, un manque de sommeil, des hallucinations, des cauchemars, un état dépressif allant jusqu’au « syndrome de glissement », c'est-à-dire au laisser aller, à l’absence d’envie de lutter et de vivre.
Après l’hospitalisation peuvent exister encore pendant des mois, voire des années, un syndrome dépressif, des manifestations d’angoisse, des attaques de panique, des cauchemars, des flashbacks, l’ensemble constituant le syndrome de détresse post-traumatique (post traumatic distress syndrome ou PTDS) comme on peut en observer après les grandes catastrophes.

syndrome de détresse post-traumatique

soins palliatifs l.m.p.

palliatives care

Soins visant essentiellement à réduire au maximum les douleurs et certains symptômes intolérables qui marquent de façon quasi-constante l’évolution terminale d’une maladie.
Les soins palliatifs s’inscrivent dans le cadre de la fin de vie en tant qu’évolution terminale d’une maladie devenue incurable en dépit des traitements entrepris pour tenter de la guérir, et ce, quel que soit l’âge de la personne. Ils ne traitent plus la cause ni les effets propres à l’affection, mais soulagent jusqu’à la fin les symptômes les plus pénibles : inconfort, douleur,  souffrance morale. Ces soins sont dispensés par des professionnels, des bénévoles ou des proches du mourant. Ils trouvent leur justification lorsqu’un « acharnement thérapeutique » de la part des médecins devient une « obstination déraisonnable ». Ils offrent à la personne, dans le respect de sa fin de vie, mais aussi à sa famille, l’aide d’une médecine humaine.  Lorsque les soins palliatifs deviennent eux-mêmes sans objet, ils doivent se prolonger et s’exprimer par des mesures d’accompagnement du mourant.
Les obligations réglementaires (loi n° 2005-370 du 20 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, et ses décrets d’application, modifiant le code de la santé publique et repris dans le code de déontologie médicale) exigent que la décision d’arrêter les soins curatifs soit prise en concertation dans une procédure collégiale prenant en compte les volontés exprimées par la personne avant qu’elle ne devienne incapable de les formuler.  Ces « directives anticipées » formelles, écrites, validées, réactualisées devraient toujours être à la disposition du corps soignant. Bien souvent elles doivent être recherchées auprès de leur détenteur, la personne de confiance, la famille ou, à défaut, l’un des proches.
En aucun cas la réduction de la durée de survie résultant de l’arrêt d’un processus mécanique d’assistance ou des effets des sédatifs sur un organisme parvenu au seuil irréversible de sa défaillance ne peut être assimilée à un acte d’euthanasie active.
L’euthanasie active, véritable suicide assisté, est incompatible avec le serment médical et la déontologie qui y est attachée.

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