urgence psychiatrique l.f.
acute psychiatric emergency
État critique, souvent dangereux, secondaire à une affection psychiatrique ou, chez l'enfant et l'adolescent plus souvent, à une situation de conflit, de tensions internes, de détresse, d'origines extrêmement variées.
Il peut s'agir, par exemple :
- d'un état confusodélirant aigu (certaines ivresses alcooliques, notamment), dont une cause organique éventuelle devra être recherchée ;
- d'un état second chez un schizophrène ou un délirant chronique connu ;
- d'une décompensation émotionnelle (crise névropathique, comportement suicidaire, associé à un état dépressif dans un tiers des cas environ) ;
- de phénomènes de manque chez un toxicomane.
En l'état actuel, les sujets en urgence psychiatrique sont habituellement admis à l'hôpital général où ils comptent pour 10 à 30% des urgences. Mais 30% de ces sujets ne sont pas hospitalisés. En fait une intervention brève de quelques heures est souvent suffisante : écoute du patient, contact avec les proches, évaluation et dédramatisation de la situation, prescription de médicaments anxiolytiques et sédatifs, etc.
Les progrès accomplis en matière de prise en charge de la violence, d'organisation et de coordination des structures spécialisées d'accueil en urgence doivent se poursuivre. Il s'agit notamment des centres de crise. On prévoit également la mise en place d'équipes de secteur dans le cadre de l'urgence générale, après passation de conventions entre les centres hospitaliers spécialisés et généraux.
L'association entre somaticiens et psychiatres dans cette prise en charge des soins doit aussi permettre d'éviter une «psychiatrisation» excessive des problèmes sociaux, notamment de ceux des «exclus».
Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)
→ urgence
urgence relative :
E D, delayed emergency
Situation d'un patient dont le traitement peut attendre.
Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)
→ urgence
urgence ressentie l.f.
felt emergency
Urgence dépendant surtout de la douleur perçue par le patient ou estimée par son entourage.
Mais la douleur n'est pas un critère très fidèle : elle conduit souvent à surestimer la situation, à l'inverse la douleur peut parfois être minimisée par le patient ou même négligée par l'entourage alors que la situation est sérieuse.
Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)
→ urgence.
urgence médicale (stades de gravité de l') l.m.
medical emergency severity scale
L'un des quatre stades de gravité de l'état d'un patient permettant de faire un diagnostic sur le degré d'urgence d'une intervention médicale.
I) Période de latence ou urgence potentielle où il y a peu de signes attirant l'attention.
II) Apparition de signes cliniques, la douleur est souvent un signe d'alerte, on peut alors faire une approche diagnostique qui permet d'estimer un délai maximum tolérable avant d'entreprendre les soins.
III) Signes nets, la douleur est en général très présente, c'est souvent elle qui incite à donner l'alerte.
IV) Phase terminale de détresse, la douleur peut être très atténuée, mais si l'on ne fait pas les soins efficaces extrêmement rapidement (ex. 3 minutes pour un arrêt cardiocirculatoire), la mort (ou la perte de l'organe - ex. l'œil) est inéluctable.
Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)
urgence (troisième) l.f.
third degree emergency (mais l'expression n'est pas usitée en anglais)
Éclopé dont les blessures sont minimes et qui peut être transporté assis.
Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)
→ urgence
urgence vraie l.f.
true emergency
Urgence reconnue comme telle par une autorité compétente et confirmée ultérieurement lors de la discussion de l'observation médicale.
L'analyse des circonstances matérielles initiales comme la description des délais et conditions de transport du patient ne doit pas être négligée : l'observation médicale ne doit pas débuter aux constatations faites à l'entrée dans le service d'hospitalisation. De même elle ne doit pas s'arrêter à la sortie du service : l'évolution au cours de la convalescence et la description des séquelles éventuelles ou, en cas d'échec, les constatations nécropsiques doivent être rapportées. Faute de ces éléments il peut être impossible de juger de la validité de la décision prise (et de la qualité des décideurs successifs) pour admettre qu'il s'agissait d'une urgence vraie et en conséquence pour apprécier les choix qui ont été faits pour orienter le patient.
Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)
→ urgence