Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

954 résultats 

hiatus adducteur l.m.

hiatus adductorius (TA)

adductor hiatus

Orifice ostéo-fibreux circonscrit latéralement par l’extrémité inférieure du bord médial du fémur, en dedans par le tendon terminal du muscle grand adducteur et en haut par le bord inférieur du faisceau moyen de ce même muscle.
Cet orifice triangulaire est rétréci en haut par une membrane fibreuse. Entièrement fibreux et inextensible il fait communiquer la partie inférieure du canal fémoral avec le creux poplité. Il livre passage aux vaisseaux fémoraux.

Étym. lat. hiatus : ouverture

Syn. anc. anneau du grand adducteur; anneau du troisième adducteur

[A1]

Édit. 2015

histiocyte n. m. 

histiocyte 

Cellule  ubiquitaire, naissant dans la moelle osseuse, d’une durée de vie longue, migrant dans le sang (monocyte) et/ou la lymphe vers les tissus périphériques où elle prend des formes et des fonctions variées : histiocyte dans les parties molles, cellule de Kupffer dans le foie, cellules endothéliformes dans la rate et les nœuds lymphatiques d’où l’ancien nom, donné par Aschoff, de système réticulo-endothélial. 
La phagocytose des grosses et des petites particules en est la fonction essentielle, d’où le nom de macrophages donné à ces cellules (par opposition à microphages, représentés par les granulocytes (polynucléaires) et le nom de « système mononucléé phagocytaire », attribué au réseau. Développant une intense activité de membrane, susceptible de former des cellules géantes ou polycaryocytes, possédant d’innombrables récepteurs, capables d’élaborer d’innombrables chemokines et interleukines, dont le TNF α, ces cellules sont capables de concentrer des antigènes et de prendre une part importante dans les premières étapes de l’immunité innée. Ces cellules sont nommées « cellules présentatrices d’antigènes ». Quand cette fonction est privilégiée, la cellule prend volontiers une forme dendritique, caractérisée par de nombreuses expansions membraneuses, multipliant ainsi les occasions de contacts et d’échanges (cellule de Langerhans de l’épiderme, cellule interdigitée située près des veinules post-capillaires dans les organes lymphoïdes). Les cellules histiocyto-macrophagiques prennent une part importante dans « la réaction inflammatoire » et la défense de l’organisme.

Étym. gr. istion : tissu ; kutos : cellule

→ réponse immunitaire, cellule dendritique, système des phagocytes mononucléés, histiocytose

[F1]

H+/K+ adénosyltriphosphatase (H+/ K+ ATPase, pompe à proton) n.f.

H+/K+ adenosyltriphosphatase (H+/K+ ATPase, proton pump)

Enzyme située au pôle apical des cellules pariétales de la muqueuse gastrique, de la muqueuse colique et des cellules épithéliales du canal collecteur des reins et assurant le transport électroneutre d’un ion H+ hors de la cellule en échange d’un ion K+ vers la cellule grâce à l’hydrolyse de l’adénosine triphosphate (ATP) en adenosine diphosphate et phosphate.


La H+ / K+ ATPase comporte deux sous-unités codées par des gènes différents, l'une,  responsable de l'activité catalytique et de l’échange des cations, l'autre, ß intervenant dans le routage de l’enzyme du cytoplasme vers la membrane. Le potassium réabsorbé est recyclé vers la cavité gastrique ou la lumière du tube par un cotransporteur chlore / potassium. La sous-unité α diffère dans l’estomac (α1) et le colon (α2). Les deux isoformes sont présentes dans les reins. Dans l’estomac, la H+ / K+ ATPase assure l’acidité du suc gastrique en créant un gradient de pH élevé avec les liquides interstitiels (de 1 à 7, 4). Dans le canal collecteur, elle est présente dans les cellules intercalaires de type A et contribue en excrétant des ions H+ sous forme d’ions NH4+ et d’acidité titrable à maintenir l’équilibre avec ceux générés par le métabolisme des aliments (oxydation du soufre de la méthionine en acide sulfurique et formation d’acides organiques). Dans l’estomac, le principal stimulus de la H+ / K+ ATPase est la prise d’aliments qui agit en provoquant la sécrétion d’histamine, de gastrine et d’acétylcholine, elles-mêmes stimulant via la formation d’AMP cyclique la protéine kinase A activant in fine la pompe. Dans le canal collecteur, la H+ / K+ ATPase est stimulée par l’acidose métabolique et l’hypokaliémie. Le déficit fonctionnel de la H+ / K+ ATPase rénale conduit à l’acidose tubulaire distale qui associe impossibilité d’acidifier les urines en dessous de pH 5,5, acidose et hypokaliémie. L’oméprazole, le lansoprazole et le rabéprazole inhibent la pompe à proton de façon irréversible, nécessitant ainsi la synthèse de nouvelles molécules pour que la fonction de la pompe soit assurée. Ces molécules sont utilisées essentiellement dans le traitement de l’ulcère de l’estomac. La H+ / K+ ATPase n’est pas la seule pompe à protons. D’autres types existent qui diffèrent par leur localisation intracellulaire, l’existence ou non d’un cotransport et, si oui, la nature de l’ion associé.

→ AMP cyclique, protéine kinase A, Albright (acidocétose d'), oméprazole, lansoprazole, rabéprazole, ulcère gastrique, ulcère duodénal

[C3]

Édit. 2015

horizons IX et X l.m.p.

Streeter’s stages IX - X

Étape de la période pré-embryonnaire qui s’étend du 20ème au 23ème jour.
L’embryon mesure de 1,5 à 2mm VC au 20ème jour. Il atteint 3,5mm au 23ème jour. Les somites se forment (stade carnegie 9), les crêtes neurales et la notochorde s’allongent et les plis de la tête et de la queue sont visibles : apparition de deux arcs pharyngés et du sillon optique par début de fusion des plis neuraux (stade carnegie 10). La membrane cloacale et l’intestin postérieur se différencient.

G.L. Streeter, embryologiste américain (1942-1948), R. O’Rahilly, embryologiste américain (1973)

Étym. gr. horizein borner

→ horizons de Streeter, stades carnegie, développement de l'embryon et du fœtus humain (par séquence de semaines)

[A4,O6]

humeur vitrée l.f.

humor vitreus (TA)

vitreous humor

Masse de consistance visqueuse, gélatineuse, semi-liquide, transparente, qui occupe l’espace compris entre la face postérieure du cristallin et la rétine.
Elle se compose de fibrilles et d’humeur vitrée et constitue l’un des milieux réfringents du bulbe de l’œil. Cette masse hyaline est contenue dans une enveloppe transparente, la membrane vitrée (la hyaloïde). Elle est traversée en son centre par le canal hyaloïdien.

→ corps vitré

[P2]

Édit. 2015

Hutchinson-Tay (choroïdite de) l.f.

Hutchinson-Tay’s choroiditis guttata

Dégénérescence de la membrane de Bruch avec druses débutant vers la cinquantaine.
Terme obsolète. Drusen de la région papillomaculaire arrondis blanc-grisâtres avec altération de l'acuité visuelle et les complications habituelles des drusen du pôle postérieur.
L’affection est autosomique dominante (MIM 126700).

J. Hutchinson, Sir, chirurgien et anatomopathologiste (1875) ; W. Tay, ophtalmologiste et chirurgien britannique (1881)

Syn. choroiditis guttata, choroïdite en goutte

→ drusen

[P2,Q2]

Édit. 2015

hybridation moléculaire l.f.

molecular hybridisation

Formation in vitro de molécules double-brin d'ADN, d'ARN ou d'hybrides ADN-ARN par appariement des séquences nucléotidiques complémentaires appartenant à un même brin ou à deux brins différents.
Cette méthode permet de mesurer l'homologie existant entre les séquences de ces molécules. Cette réaction peut se réaliser sur membrane (hybridation sur filtre), ou entre une sonde et le matériel biologique lui-même : tissu, colonie bactérienne, phage de lyse phagique (hybridation in situ).

Syn. hybridation

[Q1]

hymen annulaire l.m.

ringed hymen

Hymen en forme de diaphragme, percé d’un trou en général central mais pouvant être excentrique, parfois criblé ou fendu verticalement.
La perforation congénitale de cet hymen n’est parfois que de 1 ou 2 mm permettant à peine l’évacuation des premières règles, ou, à l’inverse, très étendue réduisant la membrane à un simple bourrelet de la muqueuse disposé en anneau sur le pourtour de l’orifice vaginal.

→ hymen

[A1,O3]

Édit. 2015

iccosome n.m.

iccosome

Fragment de membrane issu de cellule dendritique libéré sous forme de granule dans le milieu extracellulaire.

Étym. gr. : soma : corps

→ cellule dendritique

ichtyose congénitale lamelleuse l.f.

ichtyosis congenita lamellaris

Hyperkératose congénitale diffuse, autosomique récessive, caractérisée par des téguments érythémateux, recouverts dans leur ensemble par une membrane vernissée et luisante, évoquant une pellicule de collodion desséchée dont la rigidité donne une sensation de papier plastifié.
Elle s’accompagne d’une mortalité précoce de 10 à 30 % par complication septicopyohémique. La desquamation commence à la 24e heure et laisse place à une érythrodermie ichtyosiforme congénitale sèche dans deux tiers des cas. A l’hyperkératose s’associent cataracte, ectropion palpébral, parfois une dégénérescence rétinienne et maculaire, un retard mental, une oligophrénie, une paralysie plastique, une hypoplasie génitale. Son évolution est variable : mortalité précoce par septicopyohémie dans 10 à 30 % des cas ; évolution vers une ichtyose linéaire circonflexe dans un tiers des cas ; guérison rarement. Le diagnostic prénatal est possible par une biopsie de peau fœtale sous contrôle fœtoscopique.

L. Brocq, dermatologue français (1902)

Étym. gr. ichthus : poisson

Syn. fœtus collodion, syndrome du bébé collodion, ichtyose lamellaire récessive, érythrodermie ichtyosiforme congénitale et non bulleuse de Brocq.

ictère hémolytique congénital l.m.

congenital haemolytic jaundice

Ictère hémolytique secondaire soit à une anomalie des protéines de la membrane des hématies (maladie de Minkowski-Chauffard), soit à une anomalie métabolique des hématies (maladie de Thompson), soit encore à une hémoglobinopathie.

O. Minkowski, médecin interniste allemand (1900) ; M. A. Chauffard, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1907)

→ Minkowski-Chauffard (maladie de), Thompson (maladie de), hémoglobinopathie

[F1]

Édit. 2015

immunomarqueurs en dermatopathologie l.m.p.

immunological stains in dermatopathology

Anticorps utilisés pour l’immunomarquage, servant à reconnaître l’immunophénotype de certaines cellules et donc à apprécier le type de différenciation de processus tumoraux.
Surtout utiles pour identifier les tumeurs peu différenciées, ceux qui sont actuellement le plus utilisés appartiennent à plusieurs groupes.
Parmi ceux qui marquent la différenciation épithéliale les principaux sont ceux qui reconnaissent la cytokératine, composant structural du cytosquelette des cellules épithéliales, tels les anticorps CK7 et CK20, l’antigène épithélial de membrane (EMA) qui marque les éléments glandulaires eccrines, apocrines et sébacés, et l’antigène carcino-embryonnaire (CEA) qui identifie les tumeurs eccrines et la maladie de Paget extra-mammaire.
La mise en évidence d’une différenciation mésenchymateuse a recours à différents anticorps : aux CD31 et CD34 pour les tumeurs d’origine endothéliale ; à la desmine pour le tissu musculaire, aussi bien squelettique que lisse et cardiaque, à l’actine, plus sensible, qui marque aussi les cellules myoépithéliales et les myofibroblastes et dont une variété (HHF35) est spécifique du muscle tandis que l’autre (7GFA1) l’est du seul muscle lisse ; au CD34 qui est également utilisé pour identifier les lipomes à cellules fusiformes, certains sarcomes des tissus mous et le dermatofibrosarcome de Darier-Ferrand, ce qui permet de le différencier du dermatofibrome qui, lui, est CD34 négatif mais, en revanche réagit avec le facteur XIIIa.
Les marqueurs neuro-ectodermiques sont la Protéine S-100 qui reconnaît les tumeurs mélanocytaires et nerveuses, les cellules de Langerhans et les glandes eccrines et apocrines, ainsi que l’anticorps monoclonal HMB-45 utilisé pour identifier les mélanomes et certains types de naevus, de même que le MelaA et le MART-1 pour les mélanocytes.
L’identification des éléments du système hématopoïétique fait appel à plusieurs marqueurs : au CD3 ou antigène leucocytaire commun (ALC), au CD20 ou Pan-leucocyaire B, au CD43 (Leu-22) ou Pan-leucocyaire T, au CD30 (Ki-1) qui est utile pour identifier des lésions de maladie de Hodgkin, des lymphomes anaplasiques et la papulose lymphomatoïde, ainsi qu’au CD68 (Kp-1) qui reconnaît les macrophages et histiocytes mais peut-être aussi les mélanocytes tumoraux.

J. Darier, membre de l’Académie de Médecine et  M. Ferrand, dermatologues français (1924) ; T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1932)

Étym. lat. immunis : exempt de

imperforation anale l.f.

anal imperforation, imperforate anus

Malformation congénitale curable par la chirurgie consistant en l’absence d’un orifice anal naturel par persistance de la membrane anale, sténose ou atrésie du canal anorectal.
L’absence d’orifice cutané peut s’accompagner ou non d’absence de sphincter musculaire.

imperforation choanale l.f.

congenital choanal atresia, posterior nares atresia

Persistance de la membrane bucconasale primitive, uni- ou bilatérale, complète ou incomplète, osseuse ou membraneuse, ou encore osseuse et membraneuse.

importine n.f.

importin

Caryophérine, protéine cytosolique ayant un rôle dans le transport de certaines protéines exogènes vers l'intérieur du noyau.
Une importine comporte deux sous-unités : une importine α qui s'unit à la protéine porteuse d'une séquence signal dite
« NLS » (nuclear localization sequence) et une importine β qui peut se fixer sur une protéine de la membrane nucléaire, dite nucléoporine.

→ caryophérine, nucléoporine, exportine

[C1, C3]

Édit. 2019

incisure tympanique l.f.

incisura tympanica (TA)

tympanic notch

Petite encoche du bord supérieur de la pars flaccida de la membrane du tympan.

A. Rivinus, botaniste, physiologiste et médecin allemand (1652-1723)

Syn. anc. incisure de Rivinus

inflammasome n.m

Ensemble de récepteurs du système immunitaire inné qui contrôlent l’activité des caspases 1, 4 et 5 chez l’Homme et produisent une réponse inflammatoire à des agents pathogènes ou à des molécules provenant des protéines des cellules ciblées

Les caspases sont à l’origine d’un processus de mort cellulaire appelé pyroptose. La caspase 1 contrôle également la formation de cytokines comme les interleukines 1 et 8 libérées après rupture de la membrane cellulaire. La mort par pyroptose des cellules permet aussi d’éliminer les niches de replication des bactéries intracellulaires.

→ caspases, pyroptose, interleukines

inflammation membraneuse l.f.

membranous inflammation

Inflammation observée sur les surfaces muqueuses (larynx, pharynx, voies respiratoires), dans la diphtérie ou le tractus digestif, (dysentérie bacillaire), etc.
Elle comprend un œdème, une fausse membrane composée de fibrine, de fragments de tissu épithélial nécrotique et de leucocytes polynucléaires neutrophiles.

Étym. lat. flamma : flamme

Syn. inflammation pseudomembraneuse

interdigitant adj.

interdigitating

Se dit d’une cellule dont la membrane présente une interdigitation avec une cellule voisine.

Étym. lat. inter: entre ; digitus: doigt

interdigitation n.f.

studiken–junction

Contour sinueux d’une membrane cellulaire permettant l’engrainement de deux cellules voisines.

Étym. lat. inter: entre ; digitus: doigt

interface vitréomaculaire l.f.

vitreoretinal juncture, vitreoretinal interface

Structure comprenant d'une part la partie postérieure du cortex vitréen et d'autre part la membrane limitante interne de la rétine.
Il existe des zones de forte adhérence vitréorétinienne au niveau de la macula, qui s'expliquent par la présence de structures appelées plaques d'attachement ou hémidesmosomes. Ces adhérences vitréomaculaires sont impliquées dans la genèse de certaines affections comme le trou maculaire idiopathique, le syndrome de traction vitréomaculaire ou certains œdèmes maculaires traditionnels.

invasion tumorale l.f.

Infiltration, par les cellules tumorales, des tissus entourant une tumeur maligne avec souvent destruction active de ces tissus

Dans les tumeurs malignes d’origine épithéliale (cancers invasifs), les cellules malignes doivent d’abord franchir la membrane basale de la tumeur avant d’envahir les tissus avoisinants, ce qui oppose ces tumeurs aux tumeurs non invasives (cancers « in situ »).

Étym. lat. invadere : envahir, pénétrer dans (in : dans, vadere : marcher)

→ cancer invasif, cancer in situ 

iris n.m.

iris (TA)

iris

Partie antérieure centrale de la membrane musculo-vasculaire du bulbe de l’œil.
Il est placé comme un diaphragme vertical circulaire en avant du cristallin. Il est percé en son centre par un orifice, la pupille.

Étym. gr. iris, iridos : arc-en-ciel

itraconazole n.m.

itraconazole

Antifongique nitro-imidazolé agissant en inhibant la synthèse de l’ergostérol au niveau de la membrane cellulaire des micromycètes.
Ce produit, liposoluble, est uniquement administrable per os. Il est efficace dans les aspergilloses pulmonaires, les mycoses exotiques et les méningites cryptococciques, en dépit de son faible passage dans le LCR, en raison de sa lipophilie.

iturine A n.f.

iturin A

Antifongique peptidolipidique cyclique, constitué par un heptapeptide, cyclisé sur un acide gras β-aminé contenant 14 à 17 carbones, présent dans le milieu de culture de différentes souches de Bacillus subtilis, agissant sur la membrane des cellules de levure et permettant le relargage d'acides gras.
Plusieurs iturines A (de A1 à A8) ont été identifiées contenant des acides gras β-aminés différents. On connaît aussi d'autres composés voisins appelés iturine B, C, D, E.

Étym. l'iturine A a été isolée de bacilles du sol de l'Ituri (district de la province Orientale au nord-est de la République démocratique du Congo)

→ acide iturinique l.m.

| page précédente | /39 | page suivante