Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pemphigus vulgaire l.m.

pemphigus vulgaris

Forme la plus fréquente de pemphigus auto-immun ou dermatose bulleuse acquise liée au dépôt dans l'épiderme d'auto-anticorps entraînant une acantholyse intra-épidermique.
Il constitue avec le pemphigus végétant l'un des 2 groupes de pemphigus auto-immuns, l'autre groupe étant celui des pemphigus superficiels. Il débute à l'âge adulte, par des lésions bulleuses, flasques, facilement rompues, faisant place à des érosions, qui apparaissent en peau saine ou érythémateuse en n'importe quel point du tégument, avec cependant une prédilection pour le visage, le cuir chevelu, les aisselles. Des lésions muqueuses, en particulier buccales, à type d'érosions post-bulleuses douloureuses, sont habituelles et peuvent même précéder de plusieurs mois les lésions cutanées. Un signe de Nikolsky, traduisant la fragilité cutanée, est généralement observé à proximité des lésions. L'examen histologique montre des bulles intra-épidermiques suprabasales par acantholyse, contenant des kératinocytes monstrueux ou cellules de Tzanck, également retrouvées dans le produit de raclage du plancher de la bulle par la méthode du cytodiagnostic de Tzanck. Des auto-anticorps sont mis en évidence dans les lésions, déposés dans les espaces interkératinocytaires sur tout ou partie de l'épiderme (en immunofluorescence directe), et circulants dans le sérum (par immunofluorescence indirecte). Ces auto-anticorps reconnaissent un antigène kératinocytaire de 130 kDa, la desmogléine III. En l'absence de traitement, l'évolution est fatale avec extension des lésions cutanées et muqueuses. Le traitement repose sur la corticothérapie générale avec ou sans immunosuppresseurs.

pénalisation optique l.f.

optical penalization

Méthode de traitement de l'amblyopie consistant en une défocalisation forcée de l'œil dominant, au moyen d'un cycloplégique et/ou d'un verre approprié ne pouvant pas être compensé par l'accommodation de manière à favoriser l'œil amblyope sans rompre la binocularité.
Il y en a plusieurs modalités : pénalisation légère (œil amblyope : correction exacte, œil dominant : surcorrection de 1 ou 2 dp), pénalisation de loin (œil amblyope : correction totale, œil dominant cycloplégique et surcorrection), pénalisation de près (œil amblyope : surcorrection de 3 dp, œil dominant : correction exacte et cycloplégique).

pendulaire (épreuve) l.f.

pendular test, sinusoidal test

Méthode de stimulation vestibulaire rotatoire soumettant un sujet, assis dans un fauteuil, à des rotations sinusoïdales, alternativement horaires et antihoraires, suivant un axe vertical, d’amplitude ou de fréquence variables.
La réponse nystagmique oculaire provoquée, recueillie par électro-vidéonystagmographie, est comparée à l’enregistrement du mouvement du fauteuil.

Syn. épreuve rotatoire pendulaire

→ nystagmus, électro-nystagmographie

périmétrie statique l.f.

static perimetry

Technique d’exploration du champ visuel testant le seuil de sensibilité rétinienne point par point dans la zone étudiée, particulièrement la région centrale et moyenne.
Méthode longue plus difficile à mettre en œuvre que la périmétrie cinétique.

petite extraction du siège l.f.

small breech extraction

Méthode d'extraction du fœtus en présentation du siège après dégagement spontané du pôle pelvien.
Elle comporte successivement le dégagement des épaules, par ex. par une manœuvre de Lövset, puis le dégagement de la tête dernière, par ex. par une manœuvre de Bracht ou de Mauriceau. Selon les auteurs, elle est utilisée soit de façon systématique, soit pour traiter un arrêt de progression de la présentation.

J. Løvset, gynécologue obstétricien finlandais (1896-1981) ; E. Bracht, gynécologue obstétricien allemand (1936) ; F. Mauriceau, obstétricien français (1637-1709)

Peto (méthode de) l.f.

Peto method

Méthode appliquée dans les méta-analyses pour calculer les rapports de cotes selon un modèle à effet fixe, c’est-à-dire en l’absence d’hétérogénéité.

R. Peto, statisticien britannique (1976 et 1977)

→ méta-analsye, rapports de cotes

[E1]

Édit. 2020

phaco-endoscopie n.f.

phako-endoscopy

Méthode consistant à extraire le cristallin sous contrôle endoscopique.
Durant l'extraction du cristallin opaque ou transparent, la vision frontale du microscope opératoire peut être insuffisante. La complémentarité d'une vision sagittale endoscopique permet d'agir in situ, en segment antérieur, dans le sac, directement au contact du matériel cristallinien. Toutes les techniques de fragmentation, de lyse et d'extraction du cristallin peuvent être concernées, qu'elles soient manuelle ou instrumentale, ou encore de phaco-émulsification (ultrasons), ou par jet hydrique (hydrophaco-extraction), ou bien par laser (photo-extraction), dans la mesure où l'action sur le cristallin s'effectue sous observation endoscopique. Par extension, le terme de phaco-endoscopie englobe également tout ce qui concerne les actions incidentes du sac cristallinien (capsules, équateur), durant l'intervention, toujours sous endoscopie.

phlébographie cave inférieure l.f.

inferior vena cava venography or phlebography

Étude radiographique de la veine cave inférieure après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen est fait après ponction des deux veines fémorales au niveau du pli de l'aine ou par la méthode de Seldinger utilisant la voie veineuse fémorale.

Syn. cavographie inférieure.

phlébographie cave supérieure l.f.

superior vena cava venography or phlebography

Étude radiographique de la veine cave supérieure après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
Elle est réalisée 1- soit par ponction veineuse brachiale bilatérale, (les veines axillaires, sousclavières et jugulaires internes peuvent également être utilisées) 2- soit par méthode de Seldinger à partir d'une de ces voies veineuses.

Syn. cavographie supérieure

phlébographie cervicale l.f.

cervical phlebography

Étude radiographique des veines du rachis cervical après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
Un cathéter est monté suivant la méthode de Seldinger par voie veineuse fémorale de chaque côté jusqu'à la veine vertébrale (celle-ci s'abouche dans la veine sous-clavière immédiatement en dedans de la jugulaire interne et draine de chaque côté le plexus veineux vertébral et les veines épidurales cervicales). L'examen est pratiqué sous contrôle électrocardiographique en raison du trajet intracardiaque de la sonde et l'injection effectuée simultanément des deux côtés.
Cette technique a perdu de son intérêt depuis l'apparition de l'angiographie par résonance magnétique.

phlébographie des sinus caverneux l.f.

cavernous sinus venography or phlebography

Étude radiographique des sinus caverneux et des veines de la base du crâne après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen se fait par la méthode de Seldinger, en plaçant le cathéter dans la partie postérieure du sinus pétreux inférieur, soit par ponction directe de la veine jugulaire interne, soit par voie veineuse fémorale. Dans ce dernier cas, l'examen se pratique sous contrôle électro-cardiographique, en raison du trajet intracardiaque de la sonde.

phlébographie du membre inférieur l.f.

lower limb phlebography or venography

Examen radiographique du réseau veineux du membre inférieur après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen peut être réalisé selon deux techniques aux indications et aux résultats tout à fait différents :
1) "au fil de l'eau" par ponction directe, généralement d'une veine du dos du pied. L'injection est faite après mise en place provisoire de garrots modérément serrés pour augmenter le passage du contraste dans le réseau profond. Cette méthode permet l'étude du réseau veineux superficiel et surtout profond du pied, de la jambe et de la cuisse ;
2) par ponction de la veine fémorale au pli de l'aine et injection rétrograde lente et sous faible pression dans cette veine. Cette technique permet d'étudier la veine fémorale audessous du pli de l'aine et, si elle est pratiquée sur le sujet debout, d'apprécier le degré d'incontinence valvulaire dans les lésions variqueuses.

phlébographie testiculaire l.f.

male gonadal venography

Étude radiographique d'une ou des deux veines testiculaires (spermatiques) pendant l'opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen peu pratiqué est fait selon la méthode de Seldinger par voie veineuse fémorale. Pour opacifier la veine testiculaire gauche, le cathéter est monté dans la veine rénale gauche jusqu'à abouchement de la veine testiculaire, puis si possible dans cette dernière. A droite, la veine testiculaire ne se jette dans la veine rénale que dans 5% des cas; elle devra donc être d'abord recherchée au niveau de la paroi antérolatérale de la veine cave inférieure, au-dessous de la veine rénale.
Cet examen constitue habituellement le premier temps de l'embolisation pour varicocèle.

photochimiothérapie n.f.

photochemotherapy

Ensemble de techniques d'irradiation utilisant l'absorption d'une partie du spectre de la lumière par des médicaments photosensibilisants appliqués sur la peau ou introduits dans l'organisme pour bénéficier de leur effet thérapeutique, qui est de type antiprolifératif ou immunomodulateur.
La photochimiothérapie peut associer le rayonnement UVA aux psoralènes (PUVAthérapie, balnéoPUVAthérapie, RePUVAthérapie), le rayonnement ultraviolet aux goudrons (méthode de Goeckerman), le rayonnement visible aux porphyrines (photothérapie dynamique).

W. H. Goeckerman, dermatologiste américain (1925)

Étym. gr. phôs, phôtos : lumière ; khêmeia : chimie (grec moderne) ; thérapeia : action de soigner

→ agents photosensibilisants, photothérapie

photocoagulation en damier l.f.

grid pattern

Technique de traitement, par photocoagulations au laser Argon vert, des œdèmes maculaires diffus.
Des impacts de petite taille sont focalisés sur l'épithélium pigmentaire, espacés les uns des autres, disposés en quinconce. La principale indication de cette méthode thérapeutique est la maculopathie diabétique œdémateuse diffuse.

Syn. grille maculaire

photocoagulation focale l.f.

focal photocoagulation

Traitement direct des micro-anévrismes rétiniens par photocoagulations laser.
L'objectif de cette technique est d'empêcher la diffusion de l'œdème rétinien vers la fovéola et de faire régresser un œdème maculaire ou des exsudats circinés. La principale indication de cette méthode est l'œdème maculaire focal de la rétinopathie diabétique.

photo-épidermotest n.m.

photopatch testing

Méthode de diagnostic visant à reproduire expérimentalement la réaction de photosensibilisation à l'endroit du tégument où les produits photosensibilisants suspects sont appliqués.
Les photo-épidermotests sont posés en triple exemplaire, une première série étant irradiée par une lumière polychromatique, une deuxième série par des UVA, la troisième série, non irradiée, servant de témoin. Lorsque la réaction produite sur l'un ou les deux sites irradiés, dès lors qu'il n'y a pas de réaction sur le site témoin, est celle d'un eczéma, le photo-épidermotest est de type photo-allergique ; lorsque la réaction produite est celle d'un érythème actinique, le photo-épidermotest est de type phototoxique.

Syn. photopatch test

photoprotection n.f.

photoprotection

Méthode mettant en œuvre des moyens physiques ou chimiques, naturels ou artificiels, pour obtenir une protection de la peau contre les effets délétères du rayonnement solaire.
On en distingue plusieurs types : la protection naturelle est induite par des constituants de la peau comme le système pigmentaire, la pilosité, l'épaississement épidermique, les pigments caroténoïdes, l'acide urocanique, les systèmes de réparation de l'ADN; la photoprotection artificielle comprend la photoprotection externe dite "passive", par le port de vêtements dont le degré de photoprotection dépend de la nature du textile et de son tissage, et par l'application de filtres et/ou d’ écrans solaires, et la photoprotection interne, qui tente de remplacer ou de renforcer les mécanismes de protection naturelle défaillants ou insuffisants, notamment dans les photodermatoses, grâce aux antipaludéens de synthèse, aux caroténoïdes, à l'acide para-aminobenzoïque, à la vitamine PP. Quant à la photoprotection dite "active", qui consiste en l'apport par voie externe ou interne de substances absorbant les radicaux libres telles que vitamine C, vitamine E, substances anti-inflammatoires, etc., elle est en cours d'évaluation chez l'homme.

Syn. protection solaire

phototest n.m.

phototesting

Méthode de diagnostic des photodermatoses consistant en des irradiations par de fortes doses d'ultraviolets (UVB et/ou UVA) de zones cutanées localisées, afin de tenter de reproduire les lésions spontanées de la maladie : le phototest est positif lorsqu'il reproduit les lésions spontanées de la photodermatose.

Syn. phototest itératif

Picot (technique de) l.f.

Picot’s technique

Méthode chirurgicale de cerclage du col utérin par voie vaginale en utilisant une bandelette de fascia lata.

G. Picot, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1878-1961)

Pitanguy (opération de) l.f.

Pitanguy’s operation

Méthode consistant en une résection de la partie inférieure de la glande mammaire et de son revêtement cutané, proposée dans le traitement de l'hyperplasie ou de la ptose mammaire, modifiant ainsi la technique de Strombeck.

I. Pitanguy, chirurgien plasticien brésilien (1961)

effet placebo l.m.

placebo effect

Effet psychologique ou psychophysiologique qui peut accompagner l'administration d'une substance factice, mais aussi de tout médicament ou de toute méthode à visée thérapeutique, quelles que soient leurs propriétés pharmacologiques ou leur spécificité.
La "placebo-réaction" peut être favorable : effet placebo proprement dit, observé en moyenne dans un tiers environ d'une pathologie très diverse, notamment dans la douleur (probablement par la mise en œuvre d'endorphines), chez des personnalités dites placebosensibles, souvent plastiques, suggestibles, passives, dépendantes. Elle peut être nulle : placebo-résistance, ou défavorable : effet nocebo, plus rare.
Dans les essais thérapeutiques, il est d'usage de tester l'efficacité d'une nouvelle molécule par la mise en place, en double aveugle, de deux groupes de malades : l'un recevant cette molécule, l'autre un placebo. Le consentement du patient est désormais légal (loi sur la protection des personnes, 1988).
En pratique quotidienne, des comprimés factices sont à utiliser avec beaucoup de réserves du fait de la falsification relationnelle qu'ils introduisent, et qui peut être iatrogène à divers égards.
De toute façon, répondre ou résister à une prescription, qui comporte aussi celle du thérapeute (médicament-médecin), doivent être rapprochés de la notion de transfert.

→ consentement à un essai thérapeutique en psychiatrie, médicament-médecin

[E1]

Édit. 2020

placentographie directe l.f.

direct placentography

Examen radiologique permettant de localiser le placenta.
Le placenta est visualisé sous la forme d'un croissant lors de la radiographie de l'utérus. Cette méthode est abandonnée depuis l'avènement de l'échographie obstétricale.

plan de Fourier l.m.

Fourier plane

Le plan de Fourier, ou espace des fréquences spatiales k ou, plus simplement « espace des k », est la matrice 2D où sont stockées, sur k rangées et k colonnes, les données brutes échantillonnées d’une image IRM en fonction de leur codage en phase et en fréquence.
Classiquement, un premier gradient de sélection de coupe GS permet de sélectionner un plan de coupe perpendiculaire à l’axe des z. Ce plan est assimilable à une matrice 2D, que l’on va remplir ligne par ligne. Au sein de cette matrice, un deuxième gradient Gy permet de sélectionner une rangée d’échantillons de même phase. Au sein de cette rangée, un troisième gradient Gx permet de repérer les échantillons en fonction de leur fréquence de précession et de les ranger en ligne. On remplit ainsi une rangée puis, en variant un peu la phase, on sélectionne la rangée suivante, remplie à son tour selon la même méthode, jusqu’à ce que tout le plan de Fourier soit plein.
Point important, les échantillons ainsi sélectionnés, puis rangés en lignes ne reflètent pas la disposition anatomique des voxels contenus dans la coupe. Chaque point du plan de Fourier contient des renseignements issus de l’ensemble du volume. Le centre du plan contient les signaux les plus intenses et gère principalement le contraste et la périphérie contient les fréquences les plus élevées, gérant la résolution spatiale.
D’autes méthodes plus rapides peuvent être utilisées pour remplir le plan de Fourier : augmentation de la vitesse de balayage (écho de gradient rapide), balayage de plusieurs lignes voire même de la totalité du plan de Fourier en une seule fois (single shot), balayage du plan en spirale à partir de son centre, balayage radiaire…
Le passage du plan de Fourier à l’image matricielle IRM se fait à l’aide d’une opération mathématique nommée double transformée de Fourier (2DFT). L’apellation de « double » est du au fait dans l’axe des x puis de celui des y.

[B1,B2,B3]

Édit. 2018

pneumectomie n.f.

pneumectomy

Résection de parenchyme pulmonaire non systématisée selon les territoires lobaires ou segmentaires.
Son indication est celle des emphysèmes diffus sans bulles géantes compressives massives. L'excision a pour but la réduction de volume du poumon dans les zones les plus détruites pour diminuer les tensions intrathoraciques et permettre aux coupoles diaphragmatiques de travailler dans des conditions plus proches de la normalité. Cette méthode est critiquée car elle expose à supprimer parfois certaines zones qui restaient partiellement fonctionnelles.

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