Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Martin et Pettit (sérodiagnostic de) l.m.

Martin and Pettit's serodiagnosis

Réaction sérologique par agglutination permettant de poser le diagnostic de leptospirose et de déterminer le sérotype en cause.

L. Martin et A. Pettit, biologistes français et membres de l’Académie de médecine (1919)

Mazzotti (test de) l.m.

Mazzotti’s test

Aujourd'hui abandonné, ce test consistait en la prise de 25 à 100 mg de diéthylcarbamazine qui, chez un filarien, provoque une réaction de type allergique avec majoration de l’hyperéosinophilie sanguine et du taux d’IgE totales.
Le test de Mazzotti était surtout utilisé pour le diagnostic d’onchocercose. En cas de loase associée, la lyse brutale des microfilaires sanguicoles peut provoquer d’importants accidents.

L. Mazzotti, médecin parasitologue mexicain (1948)

médianécrose kystique idiopathique l.f.

cystic medial necrosis

Affection artérielle lentement progressive, intéressant l’aorte ascendante, thoracique et abdominale, les gros vaisseaux du cou, parfois les coronaires, les artères rénales mésentériques et iliaques, qui consiste en une lyse quasi totale ou en une fragmentation, des lames élastiques de la média artérielle, surtout dans sa partie interne, avec formation de fentes, de kystes remplis d’une substance anhiste, riche en mucopolysaccharides acides, sans réaction inflammatoire.
Cette disparition de la charpente élastique de la média s’accompagne d’une désorientation de ses cellules musculaires. La perte de cohérence de la média prédispose à une rupture de l’intima qui peut être le point de départ d’un hématome intramural qui clive la média et qui peut  entraîner une dissection artérielle. La médianécrose est souvent associée à des malformations vasculaires cardiaques, la maladie de Marfan p. par exemple

Étym. lat. medialis : milieu ; gr. nekrosis : mortification ; kustis : cavité, kyste : idios : praticulier ; pathê : affection

médiastinite chronique l.f.

chronic fibrous mediastinitis, fibrosing mediastinitis

Prolifération fibreuse associée à une réaction inflammatoire granulomateuse d'importance variable du tissu de soutien médiastinal habituellement très discrète.
La fibrose est faite d’une prolifération dense de tissu collagène avec quelques plages de fibroblastes et parfois en périphérie de la zone fibreuse quelques cellules inflammatoires. Les vaisseaux inclus dans la masse fibreuse sont souvent obstrués par une hyperplasie endothéliale pouvant s’accompagner d’une thrombose organisée.
L'atteinte de la veine cave supérieure est la plus fréquente donnant un tableau de syndrome cave supérieur. Plus rares sont la sténose ou l'obstruction des gros troncs bronchiques, des artères et des veines pulmonaires dans les formes hilaires. Une extension dans le médiastin postérieur pourrait  entraîner une dysphagie dans les localisations sous-carénaires.
Les médiastinites fibreuses idiopathiques représentent la majorité des cas.
On a signalé de très rares médiastinites au cours d’une histoplasmose, d’une tuberculose, voire d’un traitement par le méthysergide.
Les fibroses médiastinales postradiques sont moins rares mais bien à part.
On en exclut les médiastinites carcinomateuses.

Étym. lat. mediastinus : qui se tient au milieu (du thorax) : -ite : suffixe indiquant une inflammation : khronikos, khronios : durable

Syn. médiastinite fibreuse, médiastinite sclérosante

→ fibrose médiastinale postradique

médiateur chimique l.m.

chemical mediator

Substance chimique d’origine diverse : plasma, cellules, tissus, qui, libérée à la suite d’une excitation physiologique ou d’une agression, transmet par sa liaison à un récepteur, un message ou une information à une cellule cible influencée électivement.
Cet accueil entraîne une réaction biologique propre à ce récepteur. P. par exemple les médiateurs libérés par les terminaisons nerveuses au niveau des synapses transmettent l’excitation d’un neurone à l’autre dans le cerveau, des nerfs aux muscles et aux différents organes.

Étym. Étym ; lat. mediator : déverbal de mediare : s’interposer

→ neuromédiateur

mélanogénèse n.f.

melanogenesis

Processus physiologique de production des mélanines, eumélanine et phaeomélanine, dans les mélanocytes à partir de la tyrosine sous l'influence de la tyrosinase, l'ensemble des réactions chimiques mises en oeuvre, également régi par un facteur génétique, étant contrôlé par les hormones mélanotropes hypophysaires, les hormones sexuelles et la mélatonine.
Ce processus consiste en une oxydation de molécules de tyrosine par une tyrosinase, enzyme à cuivre, qui à partir de tyrosine et de dihydroxyphénylalanine déclenche une réaction en chaîne d'oxydation en composés indoliques et de polymérisation.
Les mélanocytes synthétisent dans le réticulum endoplasmique granuleux la tyrosinase, enzyme permettant la dégradation de L- tyrosine venue des capillaires sanguins en mélanines. Cette tyrosinase s'accumule dans les vésicules golgiennes qui donnent naissance à des mélanosomes immatures, de structure lamellaire en microscopie électronique. Ce stade correspond à un début de biosynthèse des mélanines qui vont ensuite se concentrer et former des granules de mélanine, sans activité tyrosinase, ayant en microscopie électronique la structure de mélanosomes matures homogènes. Après migration dans les dendrites mélanocytaires, les granules sont déversés dans l'espace intercellulaire, puis captés par les kératinocytes de l'épiderme. Les mélanines seront éliminées par la voie transépidermique (migration naturelle des kératinocytes) ou par la voie lymphatique (par mélanophages dermiques).
La mélanogénèse est bloquée dans l'albinisme et, au contraire, augmentée dans certaines conditions pathologiques telles que la maladie d'Addison ou la dissémination métastatique de mélanome.

Étym. gr:  melas, melanos : noir ;  genesis : formation 

→ mélatonine

mélitine n.f.

melitin

Protéine complexe sécrétée par les Brucella qui, injectée par voie intradermique, donne, comme la tuberculine, une réaction cutanée retardée spécifique.
Une intradermoréaction à la mélitine fortement positive a été un argument important en faveur d'une brucellose chronique. L'antigène utilisé pour cette injection n'est plus disponible.

mensonges (détecteur de) l.m.

lie detector

Appareil utilisé, p. par exemple aux États-Unis, permettant des enregistrements polygraphiques mesurant des constantes en rapport avec l'activation, ou non, du système neurovégétatif (pouls, respiration, sécrétions, conductance cutanée, etc.), le postulat étant qu'un sujet ne peut contrôler ce type de réaction et trahit ainsi ses propres mensonges.
En France, ce procédé n'est pas utilisé : il n'aurait aucune valeur probante dans une instance judiciaire ; son emploi dans un but criminalistique par un médecin serait contraire à la déontologie ; dans une approche criminologique du sujet, il serait la source d'ambigüités relationnelles majeures.

Étym. lat. mentiri : mentir

MEOS acr. angl. pour Microsomal Ethanol Oxidizing System

Système enzymatique présent dans le réticulum endoplasmatique des hépatocytes, oxydant l’éthanol comme une mono-oxygénase, c'est-à-dire en utilisant une molécule de dioxygène pour oxyder l'éthanol en acétaldéhyde en même temps qu'une molécule de NADPH en NADP+, avec intervention d'un cytochrome P450.
Ce système inductible (réaction de détoxification de phase I) concourt à la dégradation de l'éthanol dans le foie lorsque sa concentration dépasse les possibilités d'oxydation par l'alcool-déshydrogénase et la chaîne respiratoire mitochondriale. Il est générateur d'ions superoxyde et par suite de radicaux libres au niveau des lipides membranaires.

→ système microsomal d'oxygénation de l'éthanol, NADPH, nicotinamide-adénine-dinucléotide-phosphate hydrogéné

métachromasie n.f.

metachromasia

Réaction colorée différente de celle du colorant utilisé, p. par exemple les granulations colorées en rouge par le bleu de toluidine au niveau des mastocytes.

Étym. gr. méta-- : préfixe indiquant le changement :  chrôma : couleur

microscope chimique l.m.

chemical microscope

Microscope renversé dans lequel l’objectif se trouve placé sous la préparation.
Très utilisé en métalloscopie, il est conçu à l’origine pour la microchimie. Il s’est révélé très utile dans de nombreux autres domaines : examen de cultures en boîte ou flacon à fond plat, microdissections ou micromanipulations, examen de liquides corrosifs, examen de phytoparasites, observation d’agglutinations sérologiques, réaction de complément, de blocage, micro précipites, dépression du point de fusion à haute température, examen d’objet épais à travers une chambre d’observation sous vide, à basse température, à haute température, dans une chambre stérile, dans une boîte à gants pour substances radio-actives ,en milieu liquide épais, etc…
Les microscopes inversés modernes permettent l’adjonction de très nombreux accessoires optiques et mécaniques : contraste de phase, contraste interférentiel, fluorescence, fond noir, microdissection, micromanipulation. Compte-tenu de l’épaisseur des objets, le microscope est équipé de condensateurs à longue focale et d’objectifs à grande distance frontale, avec bague de correction pour traversée de verres épais.
Dans le cas de cultures, l’observation se faisant à travers le milieu de culture, on doit le prévoir le plus mince possible et, si le milieu est liquide, un éclair électronique est indispensable pour la prise de vue photographique car les vibrations mécaniques sont extrêmement perturbantes.

C. Chevalier, ingénieur-opticien français, concepteur du microscope achromatique (1834) ; J. L. Smith, chimiste américain, concepteur du microscope inversé, 1850 à la Société de Biologie de Paris (1818-1883) ; prototype présenté par Nachet à Londres en 1851

Syn. microscope inversé

→ microscope, microscope achromatique

[A2,A3,B1,B3]

Édit. 2017

MLPA sigle angl. pour Multiplex Ligation dependent Probe Amplification

Multiplex Ligation dependent Pobe Amplification, MLPA

Technique de marquage moléculaire pour la détection et l’analyse des anomalies chromosomiques par électrophorèse avec la possibilité d’automatisation et d’analyses multiples.
Elle permet l’analyse de très petites séquences d’ADN, de petites délétions et mutations chromosomiques jusqu’à l’altération d’un seul gène, trop petites pour être analysées par d’autres techniques (PCR- Polymerase Chain Reaction-, FISH -Fluorescence In Situ Hybridization-). Elle est surtout utilisée en recherche génétique et en cancérologie pour le dépistage des anomalies chromosomiques. Les analyses multiples et un délai d’exécution rapide en font une technique économique.

→ PCR, FISH, microdélétion

modèle atomique l.m.

atomic model

Représentation imagée de la structure de l’atome.
Au XIXe siècle, l'atome est considéré comme une petite boule de matière insécable, susceptible d’entrer en réaction chimique avec d’autres, de nature différente. En 1902 Thomson propose un modèle statique, agrégat de protons et d’électrons. En 1911 Rutherford élabore un modèle dynamique, avec un noyau très concentré, contenant la quasi-totalité de la masse, chargé positivement, et autour duquel gravitent des électrons. Ce modèle, perfectionné par Bohr (1913) avec la quantification des couches électroniques et Sommerfeld (1916) avec l’introduction des nombres quantiques, reste le plus courant. Des modèles plus perfectionnés dans la structure du noyau, les forces intranucléaires et leurs vecteurs, ont été développés par les spécialistes de la physique nucléaire et de la mécanique ondulatoire.

J. J. Thomson, Sir, physicien britannique (1856-1940) prix Nobel de physique en 1906 ; 
E. Rutherford, Sir, physicien britannique (1871-1937) prix Nobel de chimie en 1908 ;
N. Bohr, physicien danois (1885-1962), prix Nobel de physique en 1922; A. Sommerfeld, physicien allemand (1868-1951)

Modic (stades de) l.m.p.

Modic’s types

Classification en trois types (ou stades) des remaniements du tissu spongieux vertébral paradiscal observés en IRM lors des discopathies.
- Type 1, œdémateux : hyposignal en T1 (noir), hypersignal en T2 (blanc), témoin d’une réaction inflammatoire avec œdème et hypervascularisation, signe peu spécifique qui s’observe dans les discopathies d’évolution rapide, les instabilités, les discopathies inflammatoires, infectieuses … Les chirurgiens en tiennent compte avant une éventuelle arthrodèse ou prothèse discale.
- Type 2, graisseux : hypersignal en T1 (blanc) et en T2 (blanc), témoin d’une involution graisseuse de la moelle osseuse. Il constitue le plus souvent l’évolution naturelle du stade 1. Il indique une absence d’évolutivité et se voit dans les arthrodèses fusionnées.
- Type 3, scléreux : hyposignal en T1 (noir) et en T2 (noir), témoins d’une ostéocondensation en regard d’une discarthrose déjà évoluée.
Cette description, décrite à l’époque avec des séquences T1 et T2 en écho de spin classique est schématique, notamment avec les séquences actuelle comportant une suppression du signal de la graisse. Il existe des signaux asymétriques ou intriqués et des états intermédiaires entre les types 1 et 2 et, si l’évolution est fréquente du type 1 vers le type 2, elle peut rester stable pendant longtemps.

M. T. Modic, médecin radiologue américain (1988)

[A1,Q2,B1,B2,B3]

Édit. 2018

molybdène-cofacteur (déficit en) l.f.

molybdenum cofactor deficiency

Affection neurologique sévère, avec encéphalopathie myoclonique, convulsions, retard mental, ectopie du cristallin et lithiase xanthique.
La maladie est rarissime, elle débute dès la naissance. Aux anomalies neurologiques, il faut ajouter dysmorphie, microcéphalie et parfois malformations cérébrales. L'ectopie du cristallin pratiquement constante apparaît dans les deux premières années, elle est probablement due au même mécanisme que dans l'homocystinurie et la sulfocystéinurie (fibres zonulaires composées d'une glycoprotéine avec forte concentration en cystéine). Il existe un déficit en sulfite-oxydase, en xanthine-déshydrogénase et en aldéhyde-oxydase et on trouve des sulfites dans les urines et une uricémie effondrée (diagnostic au sulfitest). Il s’agit d’un déficit en molybdène-cofacteur qui est le coenzyme de la sulfite-oxydase (qui catalyse l’oxydation de sulfite en sulfate, réaction du catabolisme des acides aminés soufrés) et de la xanthine-oxydase. Le décès survient le plus souvent dans les premières années; en cas de survie, le déficit intellectuel est profond. L’affection est autosomique récessive (MIM 252150).

J. L. Johnson, médecin biologiste américain (1980)

Syn. déficit en sulfite-oxydase, déficit en molybdoptérine

montée de lait l.f.

post-partum milk surge

Ensemble de phénomènes cliniques physiologiques survenant deux à quatre jours après l'accouchement.
Les seins deviennent tendus, douloureux. Ils sont encore mal vidés par les têtées. On observe parfois une réaction fébrile. Le principal déterminant de l'initiation de la lactognèse est la chute du taux de progestérone placentaire qui suit la délivrance. Ce phénomène se superpose également à la transition entre le colostrum et le lait définitif. La sécrétion d'abord très abondante s'adaptera ensuite à la demande de l'enfant.

mort n.f.

death

Cessation totale et définitive des fonctions organiques et tissulaires animant l'organisme.
Dans le langage courant la mort se définit par l'arrêt évident et définitif de toutes les fonctions vitales : perte de conscience, de toute réaction à un stimulus quelconque et de tout mouvement spontané, arrêt respiratoire, arrêt cardiaque primitif (mais quelle que soit la cause de la mort, il y a toujours arrêt cardiaque).
En médecine légale on distingue habituellement :
- la mort naturelle, à la suite d'une évolution normale de la vie, expliquée par une maladie, connue ou évidente, ou par l'anomalie ou l'arrêt d'une fonction essentielle, par par exemple l'arrêt cardiaque ;
- la mort violente, où une inspection détaillée permet d'identifier un meurtre un suicide ou un accident ;
- la mort suspecte, dont les conditions de survenue ne permettent pas d'affirmer les causes sans un examen complet avec autopsie et contrôle toxicologique.
La mort peut survenir subitement, en quelques minutes, ou faire suite à une agonie plus ou moins longue dont la durée dépend des moyens de réanimation mis en œuvre .
La définition de la mort implique un certain délai pour affirmer l'irréversibilité du processus. La conviction de l'observateur annonçant la mort est donc justifiée par le temps écoulé entre l'apparition de l'arrêt d'une fonction vitale (annulation de la grandeur cardinale caractérisant cette fonction), l'extension progressive de l'arrêt aux autres fonctions vitales et le constat de l'irréversibilité au bout d'un temps suffisant.
La mort cérébrale autorise le prélèvement d'organes et l'arrêt de la réanimation : la pratique des greffes utilisant des organes a montré que la plupart d'entre eux ont une capacité de retrouver des fonctions naturelles plusieurs minutes voire plusieurs heures après le constat de la mort de l'individu. Ainsi la mort de nombreuses cellules est beaucoup plus tardive que celle de l'individu mais elle est variable selon les tissus : la nécrose des cellules cérébrales survient la première.

Étym. lat. mors : mort (de l'étrusque : Morta, était l'une des trois Parques, homologue de l'Atropos grecque, celle qui coupe le fil de la vie)

→ cardinale (grandeur), mort cellulaire, mort cérébrale, mort (signes de la)

moteur moléculaire n.m.

Protéines capables de transformer l’énergie chimique en travail mécanique, utilisées pour déplacer et transporter du matériel intracellulaire.
Elles sont analogues aux moteurs industriels qui convertissent les différentes formes d’énergie (chimique, électrique, thermique…) en travail.
Les moteurs moléculaires catalysent l’hydrolyse de l’ATP (adénosine triphosphate) en ADP (adénosine diphosphate) et phosphate (Pi). Cette réaction dégage une énergie d’environ 0,5 eV qui est transformée en travail mécanique ( 1 eV est l’énergie cinétique acquise par un électron accéléré depuis le repos par une différence de potentiel d'un volt).
Un exemple de moteur moléculaire est la myosine V. Avec ses 12 cycles ATPase / s, elle utilise la quasi-totalité de l’énergie produite (90 %), rendement bien supérieur à celui des moteurs industriels. La myosine V convoie le matériel intracellulaire le long des filaments d’actine, élément essentiel du cytosquelette. Elle peut ainsi parcourir une grande distance à l’échelle de la cellule (quelques µm) sans se détacher du filament d’actine. La myosine V est constituée de 2 sous-unités identiques, chacune possédant une tête motrice attachée au filament d’actine (A), un bras de levier (B), une structure permettant la dimérisation (C) et une queue (D) qui accroche la molécule transportée.
Un autre exemple est le cil contenant des assemblages de protéines commandant sa mobilité.
Le terme « machine moléculaire » désigne plutôt un ensemble de molécules, également promoteur de mouvements. 

J. P. Sauvage chimiste français, J. F. Stoddart chimiste britannique, B. L Feringa, chimiste néerlandais, prix Nobel de Chimie en 2016 pour leurs travaux sur les machines moléculaires.

myocardite des dermatomyosites l.f.

myocarditis in dermatomyositis

Atteinte cardiaque au cours des dermatomyosites.
Elle respecte l’endocarde et le plus souvent le péricarde.
Les lésions du myocarde intéressent à la fois le tissu interstitiel (réaction inflammatoire) et les fibres musculaires (dégénérescence) aboutissant à la nécrose et à la sclérose de remplacement. Les vaisseaux sont peu touchés. L’atteinte myocardique se traduit soit par des troubles électrocardiographiques, soit par une défaillance cardiaque congestive. Elle est très sensible à la corticothérapie.

Étym. gr. mus : muscle, souris ; cardia : cœur ; derma, dermatos : peau ; -ite :suffixe indiquant l’inflammation 

myokinase n.f.

myokinase

Enzyme musculaire catalysant le transfert d'un radical phosphoryle de l'ADP sur une autre molécule d'ADP (2ADP <→> ATP + AMP) permettant de reformer une molécule d'ATP à partir de ses produits d'hydrolyse
La réaction étant réversible, l'enzyme est aussi appelé adénylate-kinase.
Cet enzyme, comme la créatine-phosphokinase, permet le démarrage rapide d'un effort musculaire par une voie dite anaérobie-alactique.

Étym. gr. mus : muscle ; kinein : mouvoir : ase : suffixe des enzymes

myopathie type Celesia l.f.

Celesia’s type myopathy

Myopathie hypertrophique localisée à un membre, avec crampes et réaction myotonique.

G. G. Celesia, neurologue américain (2001)

[I4]

myotonie n.f.

myotonia

Anomalie de la décontraction des muscles striés se traduisant, après une contraction normale, par la persistance d'une contraction active non douloureuse, qui ne se relâche que par un effort des antagonistes.
Ainsi, après avoir saisi un objet, le sujet a du mal à desserrer la main. Classiquement favorisée par le froid, la "réaction myotonique" s'épuise avec la répétition de la contraction. La musculature oculopalpébrale, de la face et masticatrice peut être atteinte. La myotonie provoquée par une percussion musculaire directe comme celle de l'éminence thénar,  entraîne une adduction prolongée du pouce et/ou la formation d'un bourrelet. Plus généralement, ce trouble est déclenché par une contraction volontaire, idiomusculaire, ou par stimulation électrique du nerf, mais non par la recherche de la réflectivité ostéotendineuse. Son intensité n'est pas corrélée avec le déficit musculaire.
L'EMG montre des averses myotoniques constituées, dès l'insertion de l'aiguille, par une rafale de potentiels de faible amplitude battant à un rythme rapide, dont l'aspect est celui de potentiels de fibrillation, donnant la sonorité d'"un avion en piqué". Il s'agirait d'une activité répétitive par anomalie de la repolarisation musculaire.
Ce trouble doit être distingué du retard simple à la décontraction qui apparaît lors de l'enregistrement des réflexes dans certaines affections générales comme le myxœdème (réflexogramme achilléen).
Il peut constituer la manifestation clinique dominante, sinon s'intégrer dans un tableau clinique complexe. Seront cités : la myotonie congénitale (maladie de Thomsen, myotonie de Becker), la dystrophie musculaire avec myotonie (maladie de Steinert), la paramyotonie et le syndrome de Schwartz-Jampel.

A. J. Thomsen, médecin danois (1875/76) ; P. E. Becker, neurologue et généticien allemand (1955) ; H. G. Steinert, anatomopathologiste allemand (1909) ; O. Schwartz, pédiatre ophtalmologiste et R. S Jampel, neuro-ophtalmologiste américains (1962)

Étym. gr. mus : muscle ; tonos :  tension

NADPH-oxydase sigle pour Nicotinamide Adénine Dinucléotide Phosphate Hydrogène l.f.

NADPH-oxidase

La NADPH oxydase est un complexe enzymatique membranaire. Elle possède 2 sous-unités qui assurent le transfert des électrons du NADPH à l’oxygène, la gp91phox, appelée encore Nox2, et la p22phox séparées, à l’état de repos, de composants cytosoliques (p40phox, p67phox, , p47phox, G Rac1). L’activation de l’enzyme se fait par translocation des sous-unités cytosoliques à la membrane.
La NADPH oxydase est un composant de l’immunité innée intervenant dans la lutte contre les agents infectieux. La réaction d’oxydation du NADPH produit initialement l’anion superoxyde (O2.2-). Ce dernier réagit avec un proton (H+) pour donner du peroxyde d’hydrogène (H2O2), lequel réagira avec un proton et un chlorure (Cl-) pour donner l’acide hypochloreux (HOCl) et une molécule d’eau. Ces composés contribuent à la destruction des pathogènes en oxydant leurs composés structuraux. Ainsi, la NADPH-oxydase est-elle l’instrument des polynucléaires neutrophiles et des macrophages dans leur lutte contre l’infection.
La granulomatose septique est une maladie héréditaire rare qui se caractérise par la perte de cette activité génératrice de formes actives de l’oxygène, ce qui conduit à un état inflammatoire intense et prolongé. Elle est due à une mutation du gène CYBB codant une des 2 sous-unités membranaires de l’enzyme, gp91phox. La NADPH-oxydase est aussi impliquée dans la production d’IL-1 bêta par activation de l’inflammasome NLRP3.

→ granulomatose septique, nicotinamide adénine dinucléotide phosphate hydrogène superoxyde (anion), peroxyde d'hydrogène, inflammasome, CYBB

nævus de Spitz l.m.

Spitz’s nevus, benign juvenile melanoma, spindle and epithelioid cell nevus

Variété de nævus, d'évolution bénigne, unique ou multiple, survenant surtout chez l'enfant et l'adulte jeune, siégeant de préférence au visage ou aux extrémités et qui consiste en un nodule hémisphérique, mesurant environ 1 cm de diamètre, à surface lisse, de teinte rosée ou jaunâtre, généralement peu pigmentée, de consistance ferme.
Histologiquement, il s'agit d'un nævus mixte de type particulier, au-dessus duquel l'épiderme est souvent acanthosique, dont l'activité jonctionnelle est importante et dont les cellules intradermiques sont soit cubiques ou polyédriques dites « myoblastoïdes » et munies de noyaux volumineux, souvent irréguliers ou vacuolaires, soit fusiformes ou allongées et munies de prolongements étoilés; on y observe souvent des cellules multinucléées ainsi qu'une réaction inflammatoire dense et de nombreux capillaires. Le pigment mélanique est peu abondant. Le diagnostic différentiel avec un véritable mélanome peut être difficile en l'absence de notion d'âge. L'évolution de la lésion est variable : elle peut disparaitre spontanément, se transformer en nævus banal ou persister à l'âge adulte. Le traitement consiste en l'exérèse de la lésion.

Sophie Spitz (1948) et A. C. Allen (1949), anatomopathologistes américains

Étym. lat. nævus : marque, tache

Syn. mélanome juvénile (obsolète), mélanome de Spitz ou de Spitz-Allen (obsolète), nævus cellulaire prépubertaire (obsolète), nævus à cellules fusiformes (obsolète), nævus à cellules épithélioïdes (obsolète)

→ Kamino (corps de)

nécrose parcellaire hépatique l.f.

piecemeal necrosis

Destruction ponctuelle ou focale des hépatocytes constitutifs de la lame bordante (hépatocytes périportaux) par une réaction inflammatoire mononucléée, essentiellement lymphocytaire.
Cette lésion, dans un contexte d'hépatopathie chronique, signe le diagnostic d'hépatite chronique active.

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