Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pancréatographie n.f.

pancreatography

1) Étude radiologique du pancréas après injection peropératoire ou au cours d'une duodénoscopie, d'une substance de contraste dans le canal de Wirsung.
2) Image radiographique du pancréas opacifé par un produit de contraste iodé, obtenue au temps parenchymateux d'une artériographie digestive ou d'un examen scanographique avec injection.

Étym. gr. pan : tout ; kreas : chair ; graphein : écrire

→ cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE), wirsungographie

panoramique dentaire (cliché) l.m.

panoramic view, panoramic film

Cliché d'ensemble du maxillaire et de la mandibule qui permet d'obtenir des images de toutes les dents, de leurs racines, de l'os alvéolaire et des rapports avec les sinus maxillaires en haut et les canaux mandibulaires en bas , très utilisé en stomatologie et en orthodontie.
Il donne une image plane du volume courbe constitué par le maxillaire et la mandibule. Un tel examen reste la base de la radiologie dentaire et peut être complété par une scanographie avec programme de reconstruction bi ou tridimensionnelle.

Syn. orthopantomogramme, panoramique

→ orthopantomographie

papillomatose confluente et réticulée de Gougerot et Carteaud l.f.

confluent and reticulate papillomatosis, Gougerot-Carteaud’s syndrome

Dermatose bénigne caractérisée par le développement progressif de lésions hyperpigmentées, discrètement papuleuses, qui se disposent symétriquement sur le tronc, prédominant dans les zones médiodorsale et médio-thoracique où elles confluent en nappes et qui, plus en périphérie, réalisent une éruption réticulée des faces latérales du thorax, du dos, du cou et des creux axillaires.
Très rare, cette affection touche principalement des adultes jeunes et des adolescents. Son image histologique, non spécifique, comporte une discrète papillomatose. Son diagnostic impose d'éliminer formellement un pityriasis versicolor ou un acanthosis nigricans étendu, qui ont souvent été confondus avec la papillomatose confluente et réticulée. La physiopathologie est inconnue. L'évolution est chronique. Les tétracyclines représentent un traitement efficace mais purement suspensif, souvent suivi de rechutes.

H. Gougerot, membre de l'Académie de médecine et A. Carteaud, dermatologues français (1927 et 1932)

Syn. maladie de Gougerot-Carteaud

papulose à cellules claires l.f.

clear cell papulosis

Dermatose décrite en 1987 chez de jeunes Asiatiques, caractérisée cliniquement par de multiples petites maculopapules blanchâtres siégeant sur la partie inférieure du tronc, et histologiquement par une image pagétoïde due à la présence dans l’épiderme, surtout en position basale et suprabasale, de cellules claires analogues à celles de la maladie de Paget du mamelon.
Une origine eccrine ou apocrine est évoquée.

Syn. papulose pagétoïde de la peau

papulose lymphomatoïde l.f.

lymphomatoid papulosis

Prolifération lymphocytaire cutanée, d'étiologie inconnue, caractérisée par la survenue de papules érythémateuses, qui évoluent vers la nécrose, l'ulcération et la guérison spontanée, localisées préférentiellement sur le tronc et les membres et décrite par Macaulay (1968) comme une dermatose d’évolution bénigne contrastant avec une image histologique maligne.
L'examen histologique montre en effet un infiltrat dermique dense, envahissant l'épiderme, constitué de lymphocytes atypiques comportant un noyau volumineux avec de nombreuses mitoses. Les études immunohistochimiques et en biologie moléculaire révèlent la présence de cellules T auxiliaires/inductrices. Le contraste clinico-histologique a longtemps fait classer la papulose lymphomatoïde comme une maladie inflammatoire. Néanmoins, l'EORTC et le WHO (OMS) la placent depuis peu parmi les lymphomes cutanés indolents. La survenue dans 11% des cas de vrais lymphomes, mycosis fongoïde et maladie de Hodgkin, est possible. Il y a 3 catégories histologiques : A, B ou C, la forme A étant la plus fréquente.

W. L. Macaulay, dermatologiste américain (1968 et 1989)

→ prélymphome, pseudolymphome

paralysie de la verticalité du regard l.f.

paralysis of vertical gaze

Paralysie des mouvements verticaux du regard en élévation et/ou en abaissement conjugué des globes oculaires.
En France, on réserve plutôt à la paralysie isolée de la verticalité l’appellation de syndrome de Parinaud alors qu'à l'étranger, elle désigne également une paralysie de la convergence.
Il intéresse les mouvements volontaires, automaticoréflexes ou les deux simultanément, par des lésions tumorales ou vasculaires de la calotte pédonculaire et des tubercules quadrijumeaux. Située entre le colliculus supérieur, le noyau de la IIIe paire crânienne, le noyau rouge et l'aqueduc de Sylvius, la lésion est pratiquement toujours bilatérale.
À côté des pinéalomes épiphysaires, en fait minoritaires, les tumeurs en cause sont diverses, notamment les germinomes. Il s'agit surtout d'enfants ou d'adultes jeunes, et de sexe masculin.
Les aspects typiques groupent : une hypertension intracrânienne par obstruction de l'aqueduc de Sylvius, des troubles oculomoteurs (syndrome de Parinaud, abolition du réflexe photomoteur), bien plus rarement, un syndrome de puberté précoce. La dilatation ventriculaire et l'image en général hyperdense de la tumeur précisent le diagnostic.
L'exérèse, la radiothérapie postopératoire et dans certains cas la chimiothérapie peuvent permettre une survie durable.

H. Parinaud, ophtalmologiste français (1883)

Syn. syndrome de Parinaud

parapsoriasis digitiforme l.m.

parapsoriasis en plaques (benign type), small, discrete type of parapsoriasis en plaques, digitate dermatosis, chronic superficial dermatitis

Variété de parapsoriasis caractérisée par la survenue de lésions multiples, bien délimitées, érythémateuses et finement squameuses, peu ou pas prurigineuses, dessinant des traînées suivant l'axe des côtes sur le thorax, fixes ou peu évolutives, sans transformation ultérieure en mycosis fongoïde.
L'image histologique étant le plus souvent peu spécifique, le diagnostic est avant tout clinique.

Syn. parapsoriasis en petites plaques, xanthoerythrodermia perstans (obsolète)

parapsoriasis en grandes plaques l.m.

large plaque type of parapsoriasis, atrophic parapsoriasis, parapsoriasis lichenoides

Variété de parapsoriasis actuellement considérée comme un stade très précoce de lymphome T cutané épidermotrope caractérisé par des plaques grossièrement quadrangulaires, de 10 à 20 cm de diamètre, modérément infiltrées, érythémato-squameuses, nettement délimitées, parfois poïkilodermiques, pouvant être prurigineuses et siégeant sur le tronc ou la racine des membres.
Les signes histologiques sont longtemps discrets, avec soit un infiltrat périvasculaire, soit une image de spongiose. L'évolution est très lente et se fait, en cas d'aggravation, vers l'apparition d'un mycosis fongoïde.

Syn. parapsoriasis lichénoïde

parkinsonien (prise en soins d'un) l.f.

caregiving to a parkinsonian patient

Nécessité, dès la révélation du diagnostic, d'une attitude holistique dépassant, malgré son intérêt, la seule chimiothérapie, attachée à l'accompagnement du patient ainsi que des siens durant des années, dans une évolution inexorable et de plus en plus éprouvante.
Destinée à pallier le déficit nigrostrié en dopamine, la L-dopa à doses élevées est associée surtout à un inhibiteur de la décarboxylase, afin de prévenir ses effets seconds (principalement digestifs et cardiovasculaires) résultant de la libération de dopamine dans l'ensemble des tissus et de réserver au système nerveux central l'action de la L-dopa ingérée. Les agonistes dopaminergiques (bromocriptine, lisuride, etc.) exercent sur la membrane post-synaptique un effet analogue à celui de la dopamine. Les anticholinergiques n'ont plus qu'une place accessoire.
Ces molécules sont efficaces à la période initiale de "lune de miel", généralement peu invalidante et compatible avec une vie normale.
Une dégradation progressive aboutit à la période de maladie installée, avec son handicap permanent qui fluctue à des degrés divers selon les moments de la journée, les horaires des prises de médicaments et des évènements externes comme les repas ou les émotions. L'exercice physique est une nécessité tout au long de l'évolution.
À la période de déclin de l'efficacité thérapeutique, voire de mouvements anormaux iatrogènes, les patients présentent plutôt des troubles de la marche, des chutes répétées, des difficultés majeures d'élocution, parfois des déformations articulaires, avec perte de leur statut dans la cellule familiale et dévalorisation de l'image de soi. Le rôle du médecin, des professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des associations est alors essentiel.
Des traitements neurochirurgicaux (notamment stimulation des noyaux sous-thalamiques) sont très efficaces sur les symptômes, mais ne sont indiqués que chez les sujets jeunes (moins de 60 ans) et ayant épuisé les effets bénéfiques de la L-dopa.
Le soutien psychique à l'égard d'un entourage souvent du même âge, lassé, voire épuisé par des charges de travail croissantes, dépassé par des variations symptomatiques souvent déconcertantes, inquiet sur le plan social et financier, parfois surprotecteur ou impatient, se montre indispensable.
Pour l'avenir, les résultats d'une greffe striée de neurones fœtaux à dopamine restent inégaux.

PCM1-JAK2 (syndrome) acr. angl

Entité nouvelle et provisoire marquée par une éosinophilie sanguine, une image médullaire alliant une hyperplasie érythroblastique jeune, une lymphocytose en agrégats et une myélofibrose.
S’y associe rarement une leucémie lymphoblastique T ou B.
La fusion PCM1-JAK2 s’identifie dans la t(8;9)(p22;p24). L’affection répond aux inhibiteurs de JAK2

A. Reiter, médecin allemand (2005) ; D. A. Arber, hématopathologiste américain (2016)

pemphigus n.m.

pemphigus

Dermatose bulleuse dont les lésions histologiques sont de siège intra-épidermique et consécutives à la perte de la cohésion des kératinocytes ou phénomène d'acantholyse.
Ce n'est qu'en 1943 que les travaux du dermatologue français A. Civatte ont établi le lien entre l'image histologique représentée par l'acantholyse décrite par H. Auspits en 1881 et des tableaux cliniques précis, suggérant ainsi de limiter l'utilisation du terme pemphigus à ces seules associations anatomo-cliniques. La découverte par E.H. Beutner et R.E. Jordon, en 1964 dans le sérum par immunofluorescence indirecte, puis en 1965 dans la peau par immunofluorescence directe, chez certains patients présentant une dermatose bulleuse acantholytique d'auto-anticorps se déposant au niveau des espaces interkératinocytaires, a permis de distinguer d'une part les dermatoses acantholytiques "primitives" sans auto-anticorps, telles que le pemphigus chronique bénin familial de Hailey-Hailey et la dermatose acantholytique transitoire de Grover, et d'autre part les dermatoses acantholytiques "secondaires" avec présence d'auto-anticorps ou "pemphigus auto-immuns".

A. Civatte, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1943) ; E. H. Beutner et R. E. Jordon, médecins américains (1964)

pemphigus foliacé l.m.

pemphigus foliaceus,

Forme de pemphigus auto-immun exceptionnelle sauf au Brésil où elle existe à l'état endémique sous l'appellation de pemphigus foliacé brésilien.
Le pemphigus séborrhéique de Senear-Usher et le pemphigus érythémateux sont considérés comme des formes cliniques localisées de pemphigus foliacé en raison de similitudes cliniques, histologiques et immunologiques : toutes ces formes, qui ont en commun un siège très superficiel de l'acantholyse, constituent le groupe des pemphigus superficiels par opposition au pemphigus vulgaire au cours duquel l'acantholyse est située plus profondément, en position suprabasale. La lésion élémentaire est à type de bulle flasque, plate, extrêmement fragile donnant rapidement un décollement superficiel suintant. Les lésions s'étendent progressivement à l'ensemble de la peau aboutissant à un tableau d'érythrodermie desquamative superficielle et suintante. Le signe de Nikolsky est particulièrement net. Il n'y a généralement pas d'atteinte muqueuse. L'état général, assez longtemps conservé, s'aggrave progressivement en raison d'un suintement continu. L'image histologique est celle des pemphigus superficiels, avec une acantholyse très haut située sous la couche cornée de l'épiderme, et les auto-anticorps, mis en évidence dans les lésions, reconnaissent la desmogléine 1, constituant normal de la plaque desmosomiale des kératinocytes. Le traitement repose sur la corticothérapie générale, associée ou non à un traitement immunosuppresseur. Une issue fatale n'est pas rare en raison des complications infectieuses et hydro-électrolytiques.

A. Cazenave, dermatologue français (1844)

pemphigus herpétiforme l.m.

pemphigus herpetiformis, herpetiform pemphigus

Forme rare de pemphigus auto-immun, dont l'aspect clinique ne se distingue généralement pas de celui de la dermatite herpétiforme, avec de petites lésions papuleuses et/ou vésiculeuses souvent prurigineuses groupées en bouquet, sans atteinte des muqueuses.
L'examen histologique montre le plus souvent une image de spongiose à éosinophiles et exceptionnellement une acantholyse, qui est alors toujours discrète et superficielle. L'immunofluorescence directe permet de faire le diagnostic en montrant des dépôts d'anticorps dans les espaces interkératinocytaires. L'évolution est habituellement favorable, et la dermatose répond généralement assez bien à la dapsone seule ou associée à la corticothérapie générale.

Stafania Jablonska et T. Chorzelski, dermatologues polonais (1975)

pemphigus paranéoplasique l.m.

paraneoplastic pemphigus

Forme rare de pemphigus auto-immun qui se distingue des autres formes par son association à une néoplasie sous-jacente et par son tableau clinique, histologique et immunologique.
Pouvant survenir à tout âge, il est caractérisé par l'apparition de lésions bulleuses très rapidement remplacées par des érosions superficielles, qui prédominent au tronc mais peuvent s'étendre à l'ensemble du tégument. L'atteinte des muqueuses buccale et oropharyngée est extrêmement fréquente. L'image histologique est polymorphe, montrant à des degrés variables des bulles intra-épidermiques par acantholyse, des altérations à type de nécrose vacuolaire des kératinocytes basaux et souvent un infiltrat lichénoïde à la jonction dermo-épidermique. Les études en immunofluorescence directe montrent des dépôts d'auto-anticorps dans les espaces intercellulaires, parfois associés à un dépôt linéaire à la jonction dermo-épidermique. En immunofluorescence indirecte, les autoanticorps réagissent non seulement avec la peau normale mais également avec des substrats non reconnus par les sérums des autres pemphigus auto-immuns. La spécificité de ces auto-anticorps est également particulière puisqu'ils reconnaissent plusieurs antigènes : l'antigène de la pemphigoïde bulleuse, la desmoplakine 1, la desmoplakine 2, ainsi que deux autres antigènes de 190 kDa et 170kDa dont la nature n'est pas connue. La néoplasie sous-jacente est variable, soit à type de tumeur solide (carcinome, sarcome) soit à type d'hémopathie (leucémie, lymphome malin). L'évolution dépend de la lésion sous-jacente, et elle est généralement fatale. La réponse au traitement habituel des pemphigus auto-immuns, c'est-à-dire la corticothérapie générale, est médiocre.

G. J. Anhalt, dermatologue américain (1990)

pemphigus superficiel l.m.

Groupe de quatre formes cliniques de pemphigus auto-immuns réunis en raison de leurs similitudes cliniques, histologiques et immunologiques : le pemphigus érythémateux, le pemphigus séborrhéique, le pemphigus foliacé et le pemphigus foliacé brésilien.
La lésion élémentaire est une bulle très superficielle, rapidement rompue et faisant place à une squame ou à une croûte plus ou moins grasse, séborrhéique. Les 2 premières formes sont considérées comme des formes localisées, les 2 autres formes comme des formes généralisées, à caractère endémique dans le cas du pemphigus foliacé brésilien. L'image histologique commune montre, dans l'épiderme, un clivage par acantholyse très haut situé sous la couche cornée, avec formation de fentes contenant en nombre variable, souvent faible, des kératinocytes monstrueux ou cellules de Tzanck. Les auto-anticorps sont retrouvés dans les lésions, en immunofluorescence directe, déposés dans les espaces interkératinocytaires sur tout l'épiderme ou plus souvent sur sa partie superficielle. Ils sont également détectés à des taux variables dans le sang par immunofluorescence indirecte. Ces auto-anticorps reconnaissent un antigène de l'épiderme de 160 kDa ou desmogléine 1, constituant normal de la plaque desmosomiale des kératinocytes. L'évolution est variable selon la forme, généralement peu extensive et peu sévère dans les formes érythémateuse et séborrhéique, beaucoup plus sévère voire fatale dans les formes foliacées. Le traitement repose sur la corticothérapie générale, associée ou non à un traitement immunosuppresseur.

pente de gain l.f.

slope

Courbe d'amplification des échos ultrasonores, réglable par l'échographiste afin d'optimiser l'image finale.
L'amplification des échos doit augmenter au fur et à mesure que les échos, revenant de régions plus profondes, sont plus atténués. Cette augmentation du gain avec la profondeur est caractérisée par la pente de la courbe d'amplification.

période sensible l.f.

sensitive period

Phase du développement au cours de laquelle le fonctionnement du système visuel (ou autre) est particulièrement dépendant de la qualité de l'expérience visuelle dont bénéficie le sujet.
La période sensible a été largement étudiée en privant les animaux de vision par tarsoraphie. C'est ainsi qu'on peut montrer qu'une période de privation monoculaire d'expérience visuelle de quelques jours, pratiquée avant la huitième semaine, conduit chez le singe à une amblyopie durable. Cependant, une inversion des sutures pratiquée pendant cette période permet de restaurer la fonction de l'œil amblyope, ce qui constitue une démonstration de la plasticité cérébrale. Les observations cliniques permettent d'extrapoler ces données pour proposer que la période sensible du système visuel à une perturbation de la qualité de l'image s'étend chez l'homme jusque vers 5 ans avec un pic de sensibilité entre 6 et 18 mois. Il faut cependant distinguer la période sensible des différents éléments de la fonction visuelle. La fonction binoculaire est plus précoce que la fonction d'acuité par ex. Certaines fonctions, comme la vision des couleurs, n'ont pas de période sensible.

phagédénisme géométrique de Brocq et Clément Simon l.m.

pyoderma gangraenosum, phagedena geometrica, phagedenic pyoderma

Affection rare, d'étiologie inconnue, caractérisée par la survenue d'une ou plusieurs ulcérations cutanées superficielles, concentriquement extensives, étalées en surface, nettement limitées par un bourrelet périphérique, circulaire, régulier, creusé de clapiers pustuleux, formant une saillie tout autour de la lésion.
L'image histologique, non spécifique, est celle d’une nécrose de l'épiderme et du derme superficiel avec un infiltrat massif à polynucléaires et des altérations vasculaires. L'évolution, chronique, se fait vers une lente cicatrice inesthétique; mais, dans plus de 50% des cas, est associée une affection interne qu'il faut savoir rechercher.

L. Brocq et Cl. Simon, dermatologues français (1908)

Étym. gr. phageidenos : faim vorace

Syn. pyoderma gangrenosum, pyodermite phagédénique, idiophagédénisme

→ dermatose neutrophilique

phlébographie parathyroïdienne l.f.

parathyroïd venography

Examen destiné à obtenir une image du réseau veineux parathyroïdien après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
Il permet, en se repérant sur ce réseau, d'identifier l'origine des différents prélèvements effectués pour dosages de la parathormone.
Technique peu pratiquée.

photosensibilité n.f.

photosensitivity

1) En dermatologie, état dans lequel se produit une réaction cutanée, voire cutanéomuqueuse, anormale ou exagérée à l'exposition solaire.
Pouvant se manifester par des aspects variés, la photosensibilité peut soit n'être qu'un élément se surajoutant à une dermatose, ce qui est le cas de la photoaggravation du lupus érythémateux ou de la dermatomyosite, etc., soit être un des signes cardinaux de la maladie, comme dans les porphyries cutanées, le xeroderma pigmentosum, etc., soit être à l'origine de la dermatose : on parle alors de photodermatose idiopathique.
2) En neurologie, réponses électro-encéphalographiques inhabituelles ou anormales, provoquées par la stimulation lumineuse intermittente (SLI).
Celle-ci provoque chez les sujets normaux un entraînement photique occipital représentant la sommation des potentiels évoqués visuels. Des réponses plus inhabituelles peuvent être observées : pointes occipitales, synchrones des éclairs lumineux, activité lente postérieure synchrone, composante supra ou infraharmonique de la réponse de base, décharges anormales de pointes, pointes-ondes, polypointes ou polypointes-ondes, localisées ou le plus souvent généralisées, à maximum d'expression bifrontale, correspondant à la réponse photoconvulsive. À distinguer de la réponse photomyoclonique recueillie uniquement sur les régions antérieures du scalp, correspondant à des artéfacts musculaires sans lien avec l'épilepsie. La réponse photoconvulsive, surtout si elle est prolongée et autoentretenue, est statistiquement associée à l'épilepsie.
La photosensibilité est relevée dans les circonstances suivantes :
- épilepsie purement photosensible : crises le plus souvent de type généralisé tonicoclonique ; apparition des anomalies EEG seulement sous l'effet de la SLI, notamment par la télévision et les jeux vidéo, mais aussi la lumière solaire intermittente, d'autres sources lumineuses, ou par des "patterns" ;
- syndrome myoclonique avec absences : celles-ci accompagnées d'une révulsion oculaire et de secousses palpébrales très marquées, toujours provoquées par la SLI, avec décharges et polypointes-ondes à la fermeture des yeux. Début à l'âge de l'épilepsie-absences de l'enfant, mais pronostic moins favorable ;
- épilepsie auto-induite : crises induites volontairement par une exposition à une lumière intense, réalisant une SLI dans la majorité des cas, rencontrée chez des encéphalopathes, mais aussi des sujets de niveau intellectuel normal (crise réflexe) ;
- épilepsie sensible aux "patterns" : crises liées à l'exploration visuelle d'un objet ou d'une image avec des formes géométriques contrastées (papier mural à bandes, radiateur, store vénitien) ;
- épilepsie avec photosensibilité, associant soit crises spontanées et provoquées, soit crises spontanées et décharges de pointes-ondes ou de polypointes-ondes, avec ou sans myoclonies, lors de la SLI ;
- épilepsies généralisées idiopathiques, où elle est rencontrée habituellement : épilepsie myoclonique juvénile, épilepsie avec crises grand mal du réveil, épilepsie-absences de l'enfance, mais aussi formes généralisées symptomatiques et certaines formes partielles ;
- certaines crises provoquées uniquement par la SLI au laboratoire, chez des patients n'ayant jamais présenté de crises par ailleurs.

Étym. gr. phôs, phôtos : lumière ; lat. sensibilitas : sensibilité

pityriasis lichénoïde varioliforme aigu l.m.

acute varioliform pityria lichenoides

Forme aiguë rare de pityriasis lichénoïde, habituellement observée chez l'enfant, correspondant à une éruption à début brutal faite de papules qui deviennent nécrotiques ou croûteuses puis s'ulcèrent et dont la cicatrisation peut prendre un aspect varioliforme.
L'évolution, plus courte que celle des formes chroniques, dure quelques semaines, voire quelque mois. Il existe des formes suraiguës fébriles. L'image histologique est superposable à celle du pityriasis lichénoïde chronique, mais est plus marquée, avec, notamment, une réelle vascularite qui constitue probablement la lésion élémentaire.

Syn. parapsoriasis varioliforme de Mucha-Habermann

Sigle  : PLEVA

pityriasis rubra pilaire l.m.

pityriasis rubra pilaris
Affection dermatologique généralement chronique caractérisée par des papules cornées folliculaires, donnant une impression de râpe, des membres et du tronc, une hyperkératose du cuir chevelu, de la nuque, des coudes et des genoux, sous forme de placards érythématosquameux parfois psoriasiformes ou réalisant un aspect plâtreux, et une kératodermie palmoplantaire jaune orangé fissurée.
Suivant les caractères cliniques et l'évolution, elle est classée en quatre groupes, dont une forme aiguë fugace et non récidivante. L'étiologie est inconnue : facteur infectieux, transmission autosomique dominante? Le diagnostic repose sur la clinique, car l'image histopathologique, rarement caractéristique, permet surtout d'éliminer un psoriasis ou un lichen. Le traitement est à base d'émollients, de kératolytiques,  de rétinoïdes et éventuellement de méthotrexate.

A. Devergie, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1854)

Étym. gr. pityriasis : dartre farineuse ; lat. rubra : rouge

Syn. lichen ruber acuminatus de Hebra et Kaposi (obsolète)

plan de coupe en imagerie l.m.

slice

Chacune des "tranches" de l'objet dont l’imageur fournit une image. On parle actuellement plus volontiers de « coupes », réservant le terme de « plan de coupe » au plan de l’espace dans lequel ont été effectuées les coupes (exemple : coupes dans le plan sagittal).
Le terme de « plan de coupe » est impropre (puisque un plan n'a pas d'épaisseur), mais il est consacré par l'usage. Il vient de la tomographie. En tomographie classique ou numérisée, en tomoscintigraphie, en échographie, en scanographie incrémentielle ou en IRM par acquisition plane, les coupes sont acquises les unes après les autres. En scanographie hélicoïdale ou en IRM volumique, l’acquisition concerne un volume. Des coupes dans tous les plans voulus peuvent être secondairement reconstruites au sein de ce volume.

→ acquisition, tomographie

[B2,B3]

Édit. 2018

pneumoarthrographie n.f.

pneumoarthrography

Arthrographie où le produit de contraste injecté est associé à un gaz stérilisé pour obtenir une image en double contraste.
Les indications sont nombreuses. Au genou, cette technique est utilisée pour diagnostiquer les anomalies mécaniques comme les déchirures méniscales, la rupture d'un kyste poplité. À l'épaule, elle est prescrite pour le diagnostic des lésions de la coiffe des rotateurs et de la capsulite rétractile. Pour la hanche et le genou, elle peut metre en évidence un descellement d'une prothèse totale. Enfin, elle permet dans la synovite villonodulaire pigmentaire ou l'ostéochondromatose articulaire, d'apprécier l'extension de l'affection avant le geste chirurgical.

→ arthrographie

pneumocystose n.f.

Pneumocystis pneumonia, pneumocystosis

Mycose respiratoire opportuniste due à Pneumocystis jirovecii, survenant chez les immunodéprimés et, en particulier, chez les malades atteints de SIDA.
Gravissime (mortalité jusqu’à 50% des cas), elle se présente à la phase d’état, cliniquement et radiologiquement, comme une pneumopathie interstitielle : détresse respiratoire fébrile avec toux, dyspnée, amaigrissement important avec, sur la radiographie, image de pneumopathie interstitielle respectant les sommets. Le diagnostic biologique en est difficile, par recherche du micromycète sur des étalements de lavage bronchoalvéolaire et après coloration spéciale (Gomori-Grocott, Gram-Weigert etc.).
Cette affection était jadis surtout observée chez les enfants prématurés. Pour des raisons mal connues, son incidence en pédiatrie a considérablement diminué, tandis que sa fréquence a augmenté chez l'adulte avec l'apparition des immunodépressions majeures : au cours du SIDA, chez un greffé, au cours des hémopathies lymphoïdes, lors de cortico­thérapies prolongées.
Le traitement — et surtout la chimioprophylaxie primaire chez des sidéens avec moins de 200 CD4+/mL— reposent sur le cotrimoxazole (association triméthoprime-sulfaméthoxazole). Pneumocystis jirovecii

Syn. infection à Pneumocystis jirovecii

→ Pneumocystis jirovecii

[D1]

Édit. 2020

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