Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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alcane n.m.

alkane

Carbure saturé à chaîne linéaire.
Par ex. méthane, éthane, propane .

→ paraffine

[C1]

Édit. 2017 

alcaptone n.f.

alkaptone

Acide 2,5-dihydroxy-phénylacétique, intermédiaire des voies métaboliques du catabolisme de la phénylalanine et de la tyrosine.

Syn. acide homogentisique

[C1 ]

Édit. 2017 

alcénoxyphosphatide n.m.

alkenoxyphosphatide

Substance analogue aux glycérophospholipides phosphatidiques dans laquelle l'acide gras fixé sur le C1 du glycérol est remplacé par un aldéhyde gras lié par une liaison éther éthylénique : R-CH=CH-O-CH2-.
Les alcénoxyphosphatidyléthanolamines sont particulièrement abondantes dans le cerveau et le cœur. On donne à ces phospholipides le nom de plasmalogènes parce qu'ils libèrent un aldéhyde par une hydrolyse ménagée ; reconnaissables en histologie par la coloration rouge qu'ils donnent avec la fuchsine bisulfitée, dite réaction de Feulgen.

Syn. alkénoxyphosphatide

[C1]

Édit. 2017 

alcool n.m.

alcohol

1) Nom générique des composés organiques de formule R-OH, résultant de la substitution théorique du groupe OH à un atome d’hydrogène sur un carbone saturé d’un hydrocarbure.
On distingue :
-les alcools primaires : R-CH2OH
-les alcools secondaires : R-CHOH-R’
- les alcools tertiaires :
En nomenclature internationale, on fait suivre de la désinence -ol le nom de l’hydrocarbure correspondant (ex. : éthanol à partir d’éthane).
2) À la pharmacopée, le terme alcool désigne un mélange d’éthanol et d’eau dont la teneur en éthanol doit être comprise entre 94,7 et 96,6 p. 100 (V/V).
3) Dans le langage courant, le terme alcool sans qualificatif désigne l’alcool éthylique de titre indéterminé.
Celui-ci doit être précisé lorsque l’on considère particulièrement les effets pharmacologiques et toxicologiques.

Étym. arabe, al–cohol : substance subtile

→ alcool éthylique, éthanol

[C1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcool batylique l.m.

batyl alcohol

Alcool gras dont la structure est un éther d'alcool cétylique (alcool gras en C16) et de glycérol.
Il est trouvé dans les produits de saponification des alcoxyglycérides et des alcoxyphosphatides naturels.

Étym. de Batis, genre de poisson hypotrème

[C1]

Édit. 2017 

alcool benzylique l.m.

benzylic alcohol

Alcool de formule globale C6H5CH2OH , trouvé naturellement dans certaines plantes.
L’alcool benzylique est utilisé pour ses propriétés antiseptiques et analgésiques. Il est également utilisé comme solvant dans l’industrie cosmétique mais aussi dans les peintures, encres et vernis.

Syn. phénylméthanol

[C1]

Édit. 2017 

alcool butylique l.m.

butyl alcohol

Syn. butanol

→ butanol

[C1]

Édit. 2017 

alcool carnaubique l.m.

arnaubyl alcohol

Alcool gras à très longue chaîne, présent dans certaines cires.
Il a été trouvé dans les cires du carnauba brésilien Copernicia cerifera.

[C1]

Édit. 2017 

alcool cétylique l.m.

cetyl alcohol

Alcool gras à 16 carbones présent dans les cires animales.
C'est le principal alcool gras du blanc de baleine, où il est surtout estérifié par l'acide palmitique sous forme de palmitate de cétyle.

Étym. gr. ketos : gros poisson

[C1]

Édit. 2017 

alcool chimylique  l.m.

chimyl alcohol

Alcool gras dont la structure est un éther d'alcool stéarique (alcool gras en C18) et de glycérol.
Il est trouvé dans les produits de saponification des alcoxyglycérides et des alcoxyphosphatides naturels.

Étym. lat. chimaera : chèvre ou monstre à demi-chèvre

[C1]

Édit. 2017 

alcool-déshydrogénase (ADH) n.f.

alcohol dehydrogenase

Enzyme à nicotinamide-adénine-dinucléotide (NAD) catalysant l'oxydation d'alcool en aldéhyde ou en cétones.
L'ADH est un enzyme cytosolique constitué de 2 sous-unités dont 5 types ont été individualisés : alpha (ADH1), bêta (ADH2), gamma (ADH3), delta (ADH4), epsilon  (ADH5), chacun étant codé au niveau d'un locus distinct ; un polymorphisme génétique existe au niveau des locus ADH2 (bêta 1, bêta 2, bêta 3) et ADH3 (gamma 1, gamma 2).
Les sous-unités identiques s'assemblent généralement entre elles formant des iso-enzymes dont les propriétés cinétiques (Km et Vmax) sont très différentes. Les iso-enzymes qui jouent le plus grand rôle physiologique sont ceux codés par les ADH 1 à 3 ; ils sont principalement présents dans le foie mais aussi dans le rein et le tube digestif. L'association entre un iso-enzyme et le développement d’une maladie alcoolique du foie n'a pas à ce jour été démontrée.

Étym. arabe, al–cohol : substance subtile

→ alcoolisme, nicotinamide-adénine-dinucléotide

[C1,C3,Q1 ]

Édit. 2017 

alcool éthylique l.m.

ethanol

Alcool primaire C2H5OH, éthanol, se présentant sous forme d’un liquide incolore, volatil, bouillant à 78°C, miscible à l’eau, très inflammable, d'odeur piquante et aromatique, de saveur âcre et chaude.
L'éthanol est un constituant universel résultant de la fermentation alcoolique provoquée en particulier par Saccharomyces cerevisiae, la Levure de bière : tout produit naturel contenant des sucres fermentescibles est amené à subir cette fermentation productrice d’alcool qui contribue à stabiliser ce produit (fabrication du vin, de la bière, du cidre, du lait, etc.). La fabrication des boissons alcooliques et de l’alcool pur est de grande importance industrielle. L’alcool peut en outre être produit en vue de la fabrication de biocarburants. Il peut être synthétisé industriellement.
Sous l’angle alimentaire et toxicologique, l’alcool doit être traité avec attention et des attitudes contradictoires sont exprimées par divers spécialistes. D’une part l’usage régulier de boissons alcoolisées est attesté depuis la plus haute antiquité dans la plupart des civilisations, d’autre part l’alcool fut introduit dans la panoplie des remèdes, en particulier sous des formes pharmaceutiques diverses (vins, élixirs...), le pouvoir dissolvant de l’alcool permettant la mise en solution de divers constituants naturels (fabrication d’extraits et teintures). Pendant longtemps, avant l’invention des anesthésiques, l’alcool fut largement utilisé pour réduire la sensation de la douleur et aussi les réactions de défense de sujets soumis à des situations conflictuelles (soumission chimique).
L’alcool est employé comme antiseptique à la dilution de 70%.
L'alcool est absorbé très rapidement par voie digestive avec les boissons ou par voie pulmonaire sous forme de vapeur. Par voie digestive, son absorption est complète en 30 à 45 minutes dans l’estomac (20%), puis dans le grêle proximal de manière passive. La vitesse d’absorption est très variable selon l’état de la vacuité gastrique qui l’accélère, selon la concentration de l’alcool et la nature des aliments qui l'accompagnent et selon les susceptibilités individuelles. Elle est retardée par la consommation de graisses en abondance et aussi par la prise de certains médicaments (amphétamines et anticholinergiques).
L’alcool diffuse en quelques dizaines de minutes dans tout l'organisme ; sa répartition est comparable à celle de l'eau. L'alcoolémie est maximale en une demi-heure environ après l'absorption orale, elle est alors approximativement égale au rapport poids d'alcool ingéré/poids corporel.
L'alcool s'élimine sans changement par tous les émonctoires, notamment par voie pulmonaire. Son métabolisme dominant est hépatique, lié entre autre à des cytochromes P 45O inductibles de classe II. L'alcool-déshydrogénase, enzyme du métabolisme, transforme l'éthanol en éthanal (acétaldéhyde) à une vitesse pratiquement constante de 0,15 g/L de sang par heure. Le terme ultime est l'acide acétique, point de départ pour une transformation en lipides. Sa dégradation complète en dioxyde de carbone et eau libère 30 kJ/g (soit 7 kcal).
Selon le degré de vulnérabilité individuelle et l’importance de la consommation, l’alcool intervient plus ou moins dans les métabolismes et exerce un rôle pathogène sur différents organes, en particulier le foie et le système nerveux. D'autres systèmes d'oxydation peuvent aussi concourir à cette oxydation de l'alcool (MEOS) et certains d’entre eux produisent des formes actives de l'oxygène capables d'altérer les structures membranaires des mitochondries hépatiques pouvant entraîner une cirrhose. La conséquence la plus immédiate du catabolisme de l'éthanol dans le foie est une stéatose. Dans le système nerveux central, l'alcool interfère avec le métabolisme des catécholamines, conduisant à des composés apparentés aux alcaloïdes hallucinogènes ou opioïdes. L'ivresse est produite par ingestion immodérée de boissons alcooliques. Psychotrope facteur de communication par levée des inhibitions, pour certains sujets, il peut devenir toxicomanogène. Une pratique de haute gravité qui se généralise actuellement chez les jeunes est la consommation en quantité de boissons riches en alcool en vue de provoquer rapidement une ivresse avancée (binge trinking traduit par « cuite express ». L’alcool apparaît alors comme une « drogue licite » puisque sa consommation n’est pratiquement pas entravée.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; éthyle : formé sur éther avec le suffixe yle : par analogie avec méthyle

→ alcoolisme aigu, alcool méthylique, ébriété, éthylotest, ivresse alcoolique, MEOS, stéatose, opioïde

[C1,G3,G4,L1]

Édit. 2017 

alcoolique   adj., n.m. ou f.

alcoholic

1) Qui a trait à l’alcool.
2) Appliqué à une personne, terme imprécis qui peut avoir plusieurs sens :
- personne qui aux yeux de son entourage, consomme trop de boissons contenant de l’alcool,
- personne atteinte d’une alcoolopathie organique ou mentale.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[C1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcoolisme chronique (indicateurs biologiques de l') l.m.p.

biological indicators of chronic alcoholism

Détection d'une alcoolisation individuelle "à risque" qui repose sur le dosage d'enzymes ou d'autres paramètres sanguins.
Ce sont essentiellement :
- la gamma-glutamyl-transpeptidase (γ GT), enzyme participant au transport transmembranaire d'aminoacides -dont le gamma-glutamyl- depuis un peptide jusqu'à un accepteur. En France, les valeurs normales admises sont inférieures ou égales à 28 UI/L. chez la femme et à 38 UI/L. chez l'homme ;
- le volume globulaire moyen des hématies, normalement compris entre 85 et 95µ3, et qui reste un des meilleurs moyens de détection sous réserve d'un constat de la macrocytose moins de trois heures après le prélèvement.
Sont également utilisés : les variations du taux sérique de la delta-aminolévulinate-déshydratase, de l'alpha-1-déshydratase, de la désialotransferrine, du glutamate-déshydrogénase, et le rapport des taux sériques d'immunoglobuline A et de transferrine (IGA/Tf).
La spécificité de la γGT est de 0.80 et sa sensibilité de 0.85. Le contexte clinique reste donc important à prendre en compte.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

→ gamma-glutamyl-transférase

[C1,E1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcool méthylique l.m.

methyl alcohol, carbinol, wood spirit

Alcool primaire de formule CH3OH, autrefois obtenu par distillation du bois ; il est aujourd'hui synthétisé.
C'est l'un des solvants et intermédiaires de synthèse des plus importants en chimie industrielle moderne.
De propriétés physiques semblables à celles de l'éthanol, très volatil, ses vapeurs, facilement absorbées par inhalation, sont irritantes.
Il est difficile à déceler dans des boissons frelatées dont la consommation est très dangereuse. Métabolisé en acide formique dans l'organisme, il est très toxique pour les cellules nerveuses : les lésions portent électivement sur l'encéphale et le nerf optique. L'absorption accidentelle d'éthanol dénaturé ou d'alcool à brûler, celle répétée d'alcools frelatés ou une exposition professionnelle non protégée est en général la source des intoxications. Succédant ou non à un état d'ivresse d'allure éthylique, apparaissent les signes de gravité : agitation, confusion mentale, céphalée et surtout rétrécissement du champ visuel. Puis il y a perte de la vision et cyanose avec collapsus d'évolution parfois mortelle. Le traitement d'urgence consiste en l'absorption de boisson alcoolique car l'éthanol, (dont le métabolisme aboutit à l'acide acétique, métabolite physiologique) déplace le méthanol et protège les cellules nerveuses contre les effets de l'acide formique. La guérison peut laisser subsister des séquelles encéphaliques et visuelles graves.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; fr. méthylène ancien nom commercial de l'esprit de bois (méthanol), le mot est formé sur le gr. methu : boisson fermentée ; hulê : arbre, bois

Syn. méthanol

→ névrite optique rétrobulbaire

[C1,G4]

Édit. 2017 

alcool sélachylique l.m.

selachyl alcohol

Alcool gras dont la structure est un éther d'alcool oléique (alcool gras éthylénique en C18) et de glycérol.
Il est trouvé dans les produits de saponification des alcoxyglycérides et des alcoxyphosphatides naturels.

→ sélachylique

[C1]

Édit. 2017

alcoxyglycéride n.m.

alkoxyglyceride

Glycéride dans lequel une fonction alcool du glycérol, généralement sur le C1, est combinée à un alcool gras par une liaison éther.
On en trouve dans certaines huiles de foie de poissons.

Syn. alkoxyglycéride

[C1]

Édit. 2017 

alcoxyphosphatide n.m.

alkoxyphosphatide

Substance analogue aux glycérophospholipides phosphatidiques dans laquelle l'acide gras fixé sur le C1 du glycérol est remplacé par un alcool gras lié par une liaison éther : R-CH2-O-CH2-.
On connaît des alcoxyphosphatides dérivés des alcools batylique, chimylique ou sélachylique dans les tissus animaux.
Le PAF-acéther est un alcoxyphosphatide particulier, dans lequel l'acide fixé sur le C2 est un acide acétique. Dans certaines bactéries, comme les bactéries halophiles, on a trouvé des alcoxyphosphatides à phytol.

Syn. alkoxyphosphatide

[C1]

Édit. 2017 

alcoylation n.f.

alkylation

Fixation d’un radical alcoyle sur une molécule par substitution à un atome d’hydrogène.
Par exemple la méthylation d’un acide aminé ou d’un acide nucléique est un processus physiologique qui intervient dans le vieillissement. Des agents chimiques alcoylants peuvent être utilisés pour modifier des macromolécules en thérapeutique antitumorale.

[C1,G3,G5]

Édit. 2017 

alcoylant adj. et n.m.

alkylating agent

→ alkylant

[C1 ]

Édit. 2017 

alcoyle n.m.

alkyl

Radical univalent produit par l’élimination de l’hydroxyle d’un alcool.
Par ex. le radical méthyle CH3- ou le radical isopentènyle CH3-C(=CH2)-CH2-CH2-.

[C1]

Édit. 2017 

aldéhyde n.m.

aldehyde

Fonction chimique organique caractérisée par le groupement -oxo- à l'extrémité d'une chaîne carbonée (- CHO).
Les aldéhydes proviennent de l'oxydation des alcools primaires.

Étym. al : alcool ; déhyde : déshydrogéné

[C1]

Édit. 2017 

aldéhyde acétique l.m.

acetaldehyde

Syn. éthanal

→ acétaldéhyde

[C1]

Édit. 2017 

aldéhyde acrylique l.m.

acrylic aldehyde

→ acroléine

[C1]

Édit. 2017 

aldéhyde-déshydrogénase n.f.

aldehyde dehydrogenase

Enzyme à NAD catalysant l’oxydation des aldéhydes : c'est l'enzyme principal qui oxyde l'acétaldéhyde en acétate.
L'ALDH est un enzyme homotétradimérique dont il existe 4 formes principales ALDH1, ALDH2, ALDH3, ALDH4 codées par 4 gènes distincts. Un polymorphisme génétique existe au niveau du locus ALDH2 dont un phénotype est inactif. Seules les formes ALDH1 et ALDH2 jouent un rôle in vivo dans l'oxydation de l'acétaldéhyde. L'enzyme est présent dans le foie mais aussi le rein, le cerveau et les hématies. Dans le foie l'ALDH1 est cytosolique et l'ALDH2 mitochondriale. Le Km de l'ALDH1 pour l'acétaldéhyde est 100 fois supérieur à celui de l'ALDH2. La présence d'ALDH2 inactive, fréquente chez les Japonais, induit l'apparition d'une réaction "antabuse" après absorption d'alcool.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; déhyde : déshydrogéné

Abrév. ALDH

→ alcoolisme, NAD, nicotinamide-adénine-dinucléotide

[C1,C3]

Édit. 2017 

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