Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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inhibiteur de l'intégrase du VIH l.m.

inhibiting factor of the intégrase
Inhibiteur de l’activité catalytique de l’intégrase, enzyme codé par le VIH, indispensable à sa réplication
Qui nécessite l’intégration du génome viral dans celui de la cellule hôte.
C’est le raltégravir prescrit en association avec d’autres antiviraux chez des patients adultes.

inhibition latérale l.f.

lateral inhibition

Phénomène très répandu dans les systèmes sensoriels qui consiste en une augmentation du rapport entre le taux de décharge des potentiels d'action de la cellule enregistrée (signal) et celui des cellules environnantes (bruit de fond).
Cette amélioration du rapport signal sur bruit facilite la perception des contours. L'inhibition latérale est assurée par le réseau des interneurones qui entoure les neurones.

E. Mach, physicien et philosophe autrichien (1838-1916)

→ bande de Mach

insuline n.f.

insulin

Polypeptide hormonal sécrété par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas, indispensable à l’équilibre glucidique.
Cette hormone facilite la pénétration du glucose dans les cellules périphériques en augmentant le nombre de transporteurs membranaires pour le glucose. Simultanément, elle active dans les hépatocytes, les enzymes de biosynthèse du glycogène, des triglycérides et des protéines, entraînant une baisse de la glycémie, des acides gras plasmatiques et de l’urée. Polypeptide (PM environ 6000), formé de deux chaînes reliées par des ponts disulfure (-S-S-) provenant de deux cystéines, c’est une substance incolore, cristallisable. La cellule pancréatique biosynthétise la pro-insuline formée de 86 acides aminés, scindée secondairement en deux parties : l’insuline et le peptide C (ou peptide de connexion) constitués respectivement par 51 et 31 acides aminés. L’insuline est dégradée dans le foie et le peptide C dans les reins. L’insuline peut être dosée par radio-immunologie ou par électro-chimio-luminescence. La concentration d’insuline dans le sang d’un sujet à jeun est inférieure à 11 mU/L. Elle augmente en période postprandiale. Les insulines des différents mammifères ne se distinguent entre elles que par un ou trois aminoacides (ex. : en position terminale 30, celle du Porc possède une alanine et celle de l’Homme une thréonine). La substitution de cet aminoacide terminal, a permis la préparation de l’insuline dite humaine (ou monocomposée) à partir de celles du Porc ou du Bœuf, obtenues par extraction et purification.
Actuellement en France, toutes les insulines sont produites par génie génétique, grâce au colibacille K12 doté d’un plasmide recombiné contenant le gène de l’insuline humaine. L’insuline ainsi obtenue est une protéine basique de point isoélectrique 12, soluble dans l’eau acidifiée. Sa présentation en solution, sous forme d’hexamère, implique avant son activité, sa dissociation en dimères puis en monomères, à l’origine d’une latence (90-150 minutes) alors que la sécrétion physiologique agit 30 et 60 minutes après le repas. L’insuline rapide (Actrapid) commence à agir 1 heure après l’injection sous-cutanée et son effet persiste en moyenne 6 heures. La durée d’action des insulines a pu être augmentée grâce à la formation de cristaux obtenus par l’association à la protamine ou au zinc. L’insuline NPH (Neutre Protamine Hagedorn), d’action intermédiaire, agit 1 à 3 heures après l’injection et pendant 8 à 12 heures. Les insulines au zinc ont une action prolongée pendant 24 à 36 heures avec une variabilité de résorption inter et intra- individuelle. De nouvelles molécules obtenues après modification de la structure de l’insuline originelle, ayant des profils d’action différents, sont dénommées analogues de l’insuline. Obtenus par le remplacement de deux acides aminés, les analogues rapides sont les insulines Glulisine (Apidra) et Lispro (Humalog) dont l’effet débute 15 à 30 minutes après l’injection et persiste pendant environ 3 heures. Plus rapides que l’insuline ordinaire, ils assurent un meilleur contrôle du pic glycémique induit par le repas et réduisent la fréquence des hypoglycémies post-prandiales. Les analogues retard sont obtenus par modification de la structure aminée de la molécule. L’insuline Glargine  résulte de l’adjonction de deux arginines à l’extrémité C-terminale de la chaîne B en position 31 et 32 et du remplacement d’un résidu asparagine par la glycine en position 21 de la chaîne A. Sa solution précipite en cristaux dans le tissu sous-cutané et assure une libération régulière durant 24 heures. Elle ne doit être mélangée à aucune autre insuline. Dans l’insuline Detemir, la lysine en position 29 de la chaîne B est liée à un acide gras C14 (N-palmitoyl). Son association à l’albumine dans le tissu sous-cutané, lui confère un effet retard avec une durée d’action de l’ordre de 20 heures. Les analogues retard ont une meilleure stabilité que les insulines au zinc. Leur principal avantage est de réduire la fréquence des hypoglycémies nocturnes et des excursions glycémiques secondaires responsables du phénomène de l’aube avec une moindre prise de poids. Leur usage s’étend de plus en plus en association avec les analogues rapides selon la technique du
« basal-bolus ». Les analogues de l’insuline sont moins immunogènes que les insulines classiques et ne paraissent pas, aux doses utilisées, avoir une action mitogène. Pour limiter la fréquence des injections, sont proposés des mélanges d’analogues rapides avec la protamine, combinant les effets rapide et prolongé.
L’insuline est injectée en sous cutanée en traitement quotidien et en intra veineuse lors des situations d’urgence (cétoacidoses). L’administration par voie pulmonaire, d’une insuline d’action rapide, en poudre, agréée dans certains pays, laisse persister des incertitudes sur sa biodisponibilité et sur son innocuité respiratoire. La voie digestive fait l’objet de recherches encore peu concluantes.
Les injections se pratiquent à l’aide de seringues et d’aiguilles adaptées au conditionnement ou de stylos préremplis d’emploi plus facile. Les pompes à insuline utilisent les analogues rapides. Elles permettent une administration souple, modulable, adaptée aux besoins. Les pompes externes sont les plus utilisées. Les pompes internes permettent un apport intra péritonéal, suivi d’un drainage vers le foie, se rapprochant ainsi des conditions physiologiques. L’usage des pompes nécessite une éducation préalable et renouvelée des patients, assurée par une structure spécialisée assurant une veille permanente.
Les essais en cours de pancréas artificiel ayant pour objectif d’adapter à tout moment la sécrétion d’insuline aux fluctuations glycémiques, n’ont pas encore abouti à des applications pratiques.

J. Banting, Sir, médecin scientifique canadien et C. H. Best, physiologiste canadien, prix Nobel de médecine en 1923

Étym. lat. insula : île

→ îlots pancréatiques, pro-insuline, peptide C, génie génétique

[R1]

Édit. 2018

intégrase n.f.

integrase

Enzyme présent dans un rétrovirus, ayant une activité d'endonucléase, capable de cliver l'ADN de la cellule hôte et permettant l'intégration de l'ADN biosynthétisé par la rétrotranscriptase, constituant le provirus dans la chaine de l'ADN cellulaire.
L'intégrase du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) a une masse moléculaire de 32 kDa.

interactome n.m.

Ensemble des interactions (le plus souvent entre protéines) qui se produisent dans une cellule, un tissu ou un organisme.

→ interactomique

[C1]

Édit. 2018

interférence n.f.

interference

1) En génétique, propriété d'un enjambement chromosomique de modifier la probabilité d'apparition d'autres enjambements en son voisinage.
On peut la qualifier de cytologique ou de génétique selon qu'on l'évalue par la distribution des chiasmas sur un bivalent ou par la ségrégation dans une descendance.
2) En cardiologie, évènement se produisant lorsqu’une onde d’activation atteint une zone myocardique rendue inexcitable par un stimulus venant d’un autre centre d’automatisme.
La seconde onde d’excitation est bloquée par l’état réfractaire des voies de conduction stimulées par la première.
3) En virologie, inhibition de la réplication d'un virus par un autre virus présent dans la cellule-hôte.

→ taux de recombinaison

internalisation n.f.

internalization

Processus par lequel un composé est introduit dans une cellule à partir du milieu extracellulaire.
Ce peut être par phagocytose, par pinocytose, par l’effet d’un canal transmembranaire ou par toute autre réaction membranaire.

→ phagocytose, pinocytose

internaliser v. tr.

internalize (to)

Faire pénétrer une substance à l'intérieur d'une cellule à partir du milieu extracellulaire.

interphase n.f.

interphase, resting stage

Phase du cycle cellulaire au cours de laquelle la cellule n'effectue que des biosynthèses et ne présente donc aucune figure de division, si ce n'est, en fin d'interphase, la préparation de cette division par duplication de l'ADN.

interposition mésangiale l.f.

mesangial interposition

Glissement du mésangium entre membrane basale glomérulaire et cellule endothéliale, à l’origine de l’aspect en double contour de la membrane basale glomérulaire, dans la glomérulonéphrite membranoproliférative de type I.

→ mésangium glomérulaire, glomérulonéphrite membrano proliférative

ionotrope adj.

ionotropic

Qui engendre un flux ionique transmembranaire.
L’adjectif ionotrope qualifie une classe de récepteurs membranaires contenant un canal ionique qui s’ouvre lorsque le récepteur a fixé son ligand, permettant l’entrée massive d’ions dans la cellule.

Syn. ionotropique

→ canal ionique

[C3]

Édit. 2017

jonction cellulaire l.f.

cellular junction

Structure spécialisée de la membrane plasmique des cellules épithéliales, des cellules des muscles cardiaques et viscéraux, permettant de réaliser une couche continue et cohésive.
Elle est dite serrée, adhérente ou communicante. Serrée ou occlusive ou zonula occludens ; elle se présente au pôle apical des cellules épithéliales sous forme de zones exigües où les feuillets externes des membranes plasmiques de deux cellules adjacentes fusionnent ; entre ces zones, les membranes restent séparées ; il se constitue ainsi un anneau continu d’une cellule à l’autre, séparant l’espace intercellulaire de la lumière. Adhérente ou zonula adherens, elle correspond à une divergence des membranes plasmiques de deux cellules voisines sans structure visible entre elles ; du coté cytoplasmique, se constate un fin réseau de matériel filamenteux qui s’insère sur le plateau terminal du cytosquelette situé sous la surface cellulaire. Elle est communicante quand une zone de contact entre les membranes de deux cellules voisines comporte des centaines de pores très fins permettant le passage de molécules, ions, nutriments, etc. Les cellules épithéliales possèdent les trois types de jonction ; les cellules cardiaques et musculaires viscérales possèdent les deux derniers.

juxtacrine adj.

juxtacrine

Se dit d’une sécrétion cellulaire élaborée par une cellule contigüe.

Étym. lat. juxta : près de ; gr. krinein : sécréter

képhastine n.f.

kephastin

Protéine membranaire de l’entérocyte impliquée dans la sortie du fer de la cellule.

kératinisation n.f.

keratinization

Processus d’accumulation des filaments intermédiaires du cytosquelette de type kératine, au niveau de cellules épithéliales malpighiennes normales ou métaplasiques.
A l’état normal, l’enrichissement en kératine se fait progressivement au cours de la maturation des cellules dans le cas de la peau, aux dépens d’autres constituants cellulaires, jusqu’au stade où la cellule est totalement occupée par ce matériel ; dans ce dernier cas, le noyau disparaît : c'est l'orthokératinisation. Mais dans certaines pathologies, les noyaux des cellules en voie de kératinisation persistent : parakératose ou encore la kératinisation apparaît de façon isolée, unicellulaire, au sein de couches cellulaires par ailleurs normales : dyskératose. Au niveau des muqueuses malpighiennes, la kératinisation de quelque type qu’elle soit, répond à un processus pathologique.
Dans les cas de dystrophie ou de tumeur malpighienne ou épidermoïde et notamment de cancer, qu’il s’agisse de la peau ou des muqueuses, la kératinisation peut être importante et aboutir à une accumulation nodulaire concentrique, dite en bulbe d’oignon, de kératine ou globe corné
Aux paumes des mains et aux plantes des pieds, ces cellules cornées restent distinctes les unes des autres et forment une couche très épaisse (kératinisation selon le type A de Zander); sur presque tout le reste du tégument, elles fusionnent en une masse d'épaisseur réduite (type B).

→ filament intermédiaire

kératinoblaste n.m.

keratinoblast

Cellule engendrant les kératinocytes.

Étym. gr. keras : corne ; blastos : germe

kératinocyte n.m.

keratinocyte

Cellule constitutive de l'épiderme, contenant des filaments de cytokératine, qui mature de bas en haut dans les épithéliums malpighiens, pour aboutir à la formation de kératine dans les épithéliums malpighiens kératinisants.
Sa forme varie selon son niveau au sein des couches du corps muqueux de Malpighi.

→ cornéocyte

kératocyte n.m.

keratocyte

Cellule cornéenne de type conjonctif ou fibrocyte.
Ces cellules sont plates, étoilées, disposées parallèlement à la surface de la cornée et aux lamelles de collagène.

Syn. stromacyte, fibrocyte cornéen

Kiel (classification de) l.f.

Kiel classification

Classification des lymphomes non hodgkiniens de type T ou B fondée sur l'étude morphologique des cellules tumorales lymphoïdes et caractérisée par une séparation de ces lymphomes en deux groupes selon leur degré de malignité : les lymphomes malins de faible évolutivité et les lymphomes immatures d'évolutivité importante.
Ancienne dénomination issue du groupe de Kiel, car établie par Lennert (de Kiel) en 1974, actualisée en 1988 puis en 1990, elle est devenue une classification WHO (World Health Organization) basée sur le travail du groupe REAL (Revised European American classification of Lymphoid neoplasms) et publiée au début de 1994. Elle concerne les hémopathies myéloïdes mais surtout lymphoïdes et est fondée sur des critères morphologiques, phénotypiques, génotypiques et cliniques. Le premier critère est l'ontogénie de la cellule tumorale. Les lymphomes cutanés sont donc classés en 3 catégories majeures : à cellules B, à cellules T ou NK et lymphomes de Hodgkin. Les lymphomes B et T sont ensuite divisés en proliférations de précurseurs immatures ou de cellules différenciées matures, cette dernière partie étant classée en fonction de manifestations cliniques et histologiques essentiellement.

K. Lennert, anatomopathologiste allemand (1974, actualisé en 1988 et 1990)

Étym. : Kiel : ville du Nord de l’Allemagne

→ Willemze (classification de)

kinésine n.f.

kinesin

Protéine cytoplasmique qui joue un rôle dans le déplacement d'organites à l'intérieur de la cellule le long des microtubules.
Cette protéine de masse moléculaire 380 kDa est hétérotétramérique, possédant 2 chaînes lourdes et 2 chaînes légères ; la tête globulaire à l'extrémité NH2-terminale des chaînes lourdes constitue le domaine moteur, se déplaçant de façon antérograde sur la tubuline grâce à de l'ATP ; la queue, reliée à la tête par un domaine central en -hélice, porte les chaînes légères et le site de fixation des organites à transporter. La kinésine est aussi désignée par le sigle MTBP (microtubule binding protein).

Étym. gr. kinesis : mouvement

koïlocyte n.m.

Cellule épithéliale de la couche granuleuse caractérisée par une vacuolisation cytoplasmique avec pycnose nucléaire observée dans les infections à Papillomavirus humain (PVH) du type condylomes.

Étym. gr. koilos : creux

Kupffer (cellule de) l.f.

Kupffer’s cell

Phagocyte mononucléé spécifique au tissu hépatique, situé dans le sinusoïde au contact de l'endothélium et impliqué dans les mécanismes de défense (clairance des endotoxines et des immuns complexes) et dans la fibrogénèse via la production de cytokines.
Plus volumineuse que la cellule endothéliale des sinusoïdes hépatiques, elle apparaît dispersée au long de celui-ci et manifeste une activité macrophagique qui la classe dans la catégorie des cellules du système des monocytes macrophages ou mononucléés ou ancien système réticuloendothélial.

C. von Kupffer, anatomiste allemand (1829-1902)

kyste toxoplasmique l.m.

Toxoplasma cyst
Forme quiescente de Toxoplasma gondii, habituellement sphérique, mesurant de 5 à 100µ de diamètre, persistant dans tout l’organisme de l’hôte mais prédominant dans les tissus musculaires et nerveux.
Les kystes se développent progressivement à partir d’une cellule-hôte parasitée, à l’intérieur de laquelle un toxoplasme s’est multiplié pour donner naissances à des centaines, voire à des milliers de bradyzoïtes qui détruisent toutes les structures cellulaires. L’enveloppe kystique est constituée d’une membrane doublée intérieurement d’un matériel granulaire dense, disposé en couches homogènes. Cette enveloppe protège les bradyzoïtes de l’action de l’acide chlorhydrique et des enzymes gastriques lorsque le kyste est ingéré, les bradyzoïtes étant libérés au niveau du duodénum. Le kyste est une forme infestante à l’origine de la contamination la plus fréquente en France (ingestion de viande saignante contenant des kystes toxoplasmiques, viande de mouton en particulier). Par ailleurs, les kystes sont responsables du maintien de l’immunité acquise, normalement protectrice définitivement après une primo-infestation.

lamellipode n.m.

lamellipodium

Expansion cytoplasmique produite par une cellule telle que le polynucléaire neutrophile dans la direction de son déplacement.

Langhans (cellule géante de) l.f.

Langhans’ type giant cell

Cellule géante multinucléée fréquemment observée dans le granulome tuberculoïde, en association avec les cellules épithélioïdes mais non spécifique de l'inflammation tuberculeuse.

Th. Langhans, anatomopathologiste allemand (1839-1915)

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