Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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point aveugle l.m.

blind spot

Scotome physiologique ou zone privée de vision correspondant à la papille (tête du nerf optique), dépourvue de récepteurs.
Normalement, le point aveugle n'est pas perçu par le sujet, car la vision dans cette zone fait l'objet d'un phénomène de complétion qui assure la continuité de l'image.

point sphénoïdal l.m.

sphenoidal point

Point anthropologique endocrânien correspondant au milieu du tubercule de la selle turcique.
En radiologie, ce point se confond sur un cliché du crâne de profil, avec l'image de ce tubercule.

polypose juvénile l.f.

juvenile polyposis

Affection souvent révélée chez les jeunes enfants par des rectorragies et de la diarrhée, caractérisée par la présence de nombreux polypes du côlon et parfois de l’intestin grêle.
Dans certains cas, il y a association avec des anomalies congénitales du crâne, du cœur, de la voûte palatine, des membres, etc.
L’image histologique est celle du polype juvénile isolé : formations kystiques tapissées par un épithélium cubique ou aplati, hyper-sécrétant, dans un stroma conjonctif abondant, plus ou moins inflammatoire. L’épithélium de surface est souvent érodé. L’aspect d’ensemble, hamartomateux, ne doit pas faire négliger la recherche de zones de transformation maligne.

Syn. polypose rectocolite familiale

pompe à galets l.f.

roller pump

Le dispositif le plus utilisé est constitué par un tube souple (en caoutchouc, polyvinyl ou silicone) passé en boucle dans le corps de la pompe, des galets écrasent le tube et poussent le liquide en tournant, ce qui produit un débit continu proportionnel à la vitesse de rotation.
L'appareil de Jouvelet utilisé pour les transfusions est à l'origine de ces pompes utilisées pour assurer les perfusions de sang ou d'autres liquides. Elles ont l'inconvénient d'écraser les éléments figurés du sang provoquant ainsi une hémolyse notable, aussi elles ne peuvent être utilisées que quelques heures pour les circulations extracorporelles, l'hémodialyse ou l'oxygénation extracorporelle.

porokératose de Mibelli l.f.

Mibelli’s porokeratosis

Dermatose débutant dans l'enfance, dont la lésion élémentaire est une papule hyperkératosique à centre déprimé s'étalant progressivement et dont la confluence des éléments aboutit à une plaque de taille variable formée d'une zone centrale atrophique entourée d'un bourrelet "en margelle" ou "en mur d'enceinte" creusé d'une dépression "en chemin de ronde" enserrant une lamelle cornée très évocatrice. Le siège est ubiquitaire; les lésions sont généralement multiples et ont un aspect circiné et une disposition parfois linéaire, zostériforme.
L'évolution est lente et progressive; le risque de survenue d'un carcinome baso- ou spinocellulaire, bien que faible, existe. L'affection est transmise sur le mode autosomique dominant avec réduction de pénétrance chez la femme. Les mutations sont fréquentes. Le diagnostic repose sur la clinique et l'image histopathologique caractéristique, la lame cornoïde, colonne parakératosique faite de lamelles à concavité supérieure disposées en pile d'assiettes correspondant au bourrelet périphérique. Le traitement repose sur la cryothérapie, l'électrocoagulation, les rétinoïdes. Une surveillance régulière est nécessaire pour traiter à temps les éventuelles transformations malignes.

V. Mibelli, dermatologiste italien (1893), E. Respighi, dermatologiste italien (1893)

Syn. hyperkératose figurée centrifuge atrophiante (Ducrey et Respighi, 1898) (obsolète)

potter n.m.

potter

Dispositif électromécanique qui, pendant la durée de prise du cliché, assure un déplacement de faible amplitude de la grille anti-diffusante afin que l'image de ses lamelles de plomb ne soit pas visible sur la radiographie.
Ce mécanisme, inventé par Potter, est destiné à imprimer un mouvement au "diaphragme anti-diffuseur" breveté en 1913 par Bucky; encombrant, de fonctionnement délicat, mais efficace, son usage fut adopté par les radiologistes du monde entier sous la dénomination de Potter-Bucky; aminci, perfectionné, motorisé, il continue à être couramment utilisé de nos jours sous le nom commun de potter.

H. Potter, médecin radiologue américain (1880 -1964) ; G. P. Bucky, médecin radiologue allemand (1913)

poumon sale l.m.

dirty lung

En radiographie pulmonaire, image difficile à analyser, résultant d'un mélange d'opacités tubulées avec des images "en rails" et "en anneaux".
La scanographie montre que cet aspect résulte de l'épaississement des parois bronchiques avec ou sans dilatation de leur lumière.

poursuite oculaire l.f.

smooth pursuit

Mouvement lent, conjugué, automatico-réflexe des deux globes oculaires d'un sujet qui suit le déplacement à vitesse modérée d'une cible ponctuelle, ayant pour but de maintenir et de stabiliser l'image de la cible sur la fovea.
La poursuite oculaire peut être explorée simplement en clinique en demandant au sujet de suivre le doigt de l'examinateur ou le mouvement d'un pendule. Le mouvement oculaire est observé visuellement ou enregistré par oculographie.
Le sujet normal a un mouvement de poursuite souple et régulier pour des vitesses de déplacement de la cible faibles ou modérées. La poursuite oculaire est saccadée, de gain diminué, dans les atteintes du cortex pariétal, de la formation réticulée pontique et surtout du cervelet.

→ mouvement de poursuite.

prévention en psychiatrie l.f.

prevention in psychiatry

Ensemble des mesures qui devraient permettre de s'opposer à l'apparition et au développement de la pathologie mentale.
La prévention peut être de trois ordres :
- primaire, en amont du trouble, peu effectuée en France, qui comporterait des actions de lutte contre l'inadaptation en milieu éducatif, d'hygiène mentale, d'information (y compris des "médias") et un travail sur les milieux où vivent les malades potentiels (familial, scolaire, professionnel) ;
- secondaire, qui repose sur un dépistage précoce des troubles mentaux, surtout efficace chez les enfants et adolescents en raison d'une apparition préférentielle lors de la crise pubertaire, et qui se poursuivra dans les milieux de travail, militaire, pénitentiaire, etc. Bien qu'encore insuffisante, cette prévention a été favorisée par la multiplication des psychiatres privés des consultations de secteur public et des travailleurs sociaux ;
- tertiaire, thérapeutique et par là-même à visée préventive des rechutes. La continuité de soins introduite chez les patients au long cours par la psychiatrie de secteur, dont c'est fréquemment la clientèle majoritaire, a beaucoup fait pour cela.
Plus que toute autre activité psychiatrique, la prévention souffre notamment d'une connaissance encore limitée des étiologies des maladies mentales, d'une image parfois négative de la psychiatrie et d'un manque de moyens. Le rôle du secteur en la matière reste à développer.

prisme n.m.

prism

Appareil optique déviant le rayon lumineux incident, entraînant un déplacement de l’image et un mouvement compensatoire de l’œil.
La correction à l'aide d'un prisme s’applique aux patients présentant une déviation des axes visuels.

processus de bas niveau l.m.

bottom-up

Traitement de l'image par le système visuel basé sur les données de la figure.
Il s'oppose au traitement de haut niveau qui fait appel à la mémoire des objets.

processus de haut niveau l.m.

top-down

Traitement de l'image par le système visuel fondé sur la mémoire des objets.
S'oppose au traitement à partir des données de la figure.

processus lésionnel l.m.

Etapes évolutives parcourues par les différentes lésions élémentaires aboutissant à la constitution d'une image pathologique, macroscopique et/ou microscopique.

profil de densité l.m.

density profile

En scanographie, courbe indiquant la variation de la densité des pixels le long d'une ligne tracée par l'utilisateur en travers de l'image ou d'une région d'intérêt (ROI).
Cette courbe est indépendante de la largeur et du niveau de la fenêtre utilisée.

prostatite excavée l.f.

Évolution d'une prostatite chronique bactérienne vers de multiples petites abcédations qui vont creuser dans le parenchyme prostatique des cavités susceptibles d'entretenir une infection récidivante.
L'image en est donnée par uréthrographie, rétrograde ou mictionnelle, montrant de nombreuses géodes ou cavernes branchées sur l'urèthre postérieur.

→ prostatite chronique bactérienne

prurigo nodulaire de Hyde l.m.

nodular prurigo

Syndrome anatomoclinique caractérisé par des lésions papulonodulaires très prurigineuses, diffuses mais séparées les unes des autres, plus ou moins nombreuses, souvent dyschromiques, parfois excoriées par le grattage, atteignant l'adulte et d'évolution chronique.
Le prurigo nodulaire est rare dans la forme typique, mais ses frontières nosologiques avec le prurigo banal sont imprécises. Son image histologique est particulière par l'importante hyperplasie des terminaisons nerveuses intradermiques qui réalisent de véritables névromes.

J. N. Hyde, dermatologue américain (1909)

Syn. lichen obtusus corné (Lailler et Brocq, obsolète)

pseudohémianopsie n.f.

pseudohemianopsia

Fausse hémianopsie réalisée dans le syndrome de déconnexion interhémisphérique.
Chez un droitier, l'image d'un mot projetée sur un écran de manière à n'apparaître que sur la moitié du champ visuel n'est lue que si elle parvient à l'hémichamp droit, c'est-à-dire au cortex visuel gauche ; la même procédure permet d'explorer les fonctions "émotionnelles" de l'hémisphère droit.
Le syndrome du corps calleux provoqué par des lésions tumorales ou vasculaires est constitué essentiellement de troubles psychiques et, lorsqu'il est complet, comporte une pseudohémianopsie homonyme gauche.

Syn. syndrome de déconnexion interhémisphérique, syndrome du corps calleux

pseudosac gestationel n.m.

pseudogestational sac

En échographie, image anéchogène ronde ou elliptoïde, située dans le centre de la cavité utérine, évoquant une grossesse extra-utérine.
Il manque toujours le double contour du liseré villositaire chorionique et les structures internes de la grossesse normale, le sac vitellin secondaire et l’embryon normaux.

pseudosarcome postradiothérapique l.m.

postradiotherapy pseudosarcoma

Lésion résultant d'une prolifération d'histiocytes, survenant généralement plusieurs années après une radiothérapie, se présentant comme une tumeur infiltrante, parfois ulcérée et souvent associée à une fibrose de la région atteinte et dont l'image histologique comporte plusieurs degrés entre une fibromatose et un aspect pseudosarcomateux simulant parfois le fibroxanthome atypique ou fibrosarcome paradoxal.
Quoique la tumeur ait généralement un comportement bénin, le pronostic est réservé, une évolution vers un sarcome vrai ayant été décrite. Une ablation chirurgicale large s'impose.

pseudotumeur de Castleman l.f.

angiofollicular lymph node hyperplasia, angiofollicular hyperplasia

Maladie inflammatoire caractérisée par une hyperplasie ganglionnaire surtout médiastinale et abdominale, mais qui peut atteindre le tissu sous-cutané, avec une image histologique particulière pouvant revêtir deux types : soit hyalinovasculaire avec une prolifération vasculaire centrale entourée de nombreux lymphocytes B polyclonaux, soit plasmocytaire.
La forme hyalinovasculaire est torpide, découverte fortuitement devant une masse radiographique ; les formes plasmocytaires peuvent s'accompagner de signes généraux et parfois de manifestations auto-immunes. Il existe 2 variétés cliniques, l'une localisée, l'autre diffuse, multicentrique. Des travaux récents ont mis en évidence la présence du virus KSV (ou HHV8) dans des ganglions de personnes atteintes de la maladie de Castleman, laissant penser qu'il pourrait s'agir de la cause de la maladie. Les lymphocytes des maladies de Castleman produisent de l'interleukine 6.

B. Castleman, anatomo-pathologiste américain (1956)

Syn. pseudotumeur inflammatoire, pseudolymphome de Castleman, hyperplasie lymphoïde angiofolliculaire

[F5]

psoriasis pustuleux l.m.

pustular psoriasis

Variété de psoriasis caractérisée par la survenue de pustules sur une zone d'érythème intense et dont il existe une forme localisée palmoplantaire (type Barber) évoluant par poussées, et une forme généralisée (type Zumbusch) survenant dans un tableau de fièvre à 40° et de mauvais état général, et évoluant en quelques jours vers une érythrodermie érythématosquameuse sèche.
Le pronostic vital est toujours favorable. Le diagnostic est facilité par la présence d'un psoriasis connu. Il s'agit d'une pustulose amicrobienne : les prélèvements mycobactériologiques y restent négatifs. L'examen histologique montre l'image très particulière, bien que non absolument spécifique, de la pustule spongiforme multiloculaire de Kogoj-Lapière. Le traitement repose sur les rétinoïdes, et, en cas de résistance, sur le méthotrexate ou la cyclosporine voire la vitamine D3.

H. W. Barber, dermatologue britannique (1936 et 1950), L. R. von Zumbusch, dermatologue allemand (1910)

→ acrodermatite continue

psychologie médicale et maladie l.f.

medical psychology and illness

Approche du comportement et du vécu du malade et du médecin qui tient compte, pour le premier, des nombreuses répercussions psychiques d'une rupture faite de confrontation à l'inconnu, voire à la réalité de la mort, et aussi d'atteinte narcissique, de faiblesse et de dépendance,
Seront cités seulement :
- la régression, liée en grande partie à la perte ou au moins à la décroissance du rôle de l'individu au sein de la communauté, qui est dominée par l'égocentrisme, la passivité, l'intolérance aux frustrations et un mode de pensée magique. Cette conduite de type infantile, si elle permet au sujet d'accepter aide et soutien, est généralement très utile et même nécessaire ;
- la réaction dépressive, constante, souvent considérée comme une forme décompensée de régression, liée principalement à la perte du sentiment de toute-puissance et à l'atteinte de l'image idéale du moi. Une contemplation douloureuse plus ou moins intense de soi est possible, susceptible de réactualiser les angoisses infantiles ;
- les bénéfices tirés de la maladie, gratifications directes ou indirectes qui peuvent favoriser l'installation de la chronicité en l'absence d'une relation adaptée.
À ces réactions communes s'ajoutent d'autres manifestations plus immédiatement en rapport avec l'entité morbide.

→ bénéfices tirés de la maladie, refuge dans la maladie

[H3]

Édit. 2018

pustulose amicrobienne l.f.

sterile pustulosis

Ensemble de maladies caractérisées cliniquement par la survenue de lésions pustuleuses stériles, localisées ou généralisées, ce qui nécessite, pour les diagnostiquer, d'éliminer les pustuloses infectieuses par la négativité des prélèvements bactériologiques, mycologiques et virologiques.
L'examen histologique montre généralement l'image d'une pustule spongiforme multiloculaire de Kogoj-Lapière. Les principaux exemples de pustuloses amicrobiennes sont le psoriasis pustuleux et l'acrodermatite continue.

pyélite striée l.f.

pyelitis striata

Au cours d'une urographie intraveineuse, image de plissement linéaire du bassinet pouvant se prolonger sur l'uretère.
Elle traduit un œdème de la muqueuse d'origine congestive. Chez l'enfant, elle peut être un signe indirect de reflux vésico-urétéral.

pyélogramme n.m.

pyelogram

Image radiologique du bassinet (et par extension de toute la voie excrétrice intrarénale) obtenue par urographie intraveineuse ou pyélographie, descendante ou rétrograde.

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