Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1304 résultats 

entéropathie vasculaire du nouveau-né l.f.

necrotizing enterocolitis

Entérocolite ulcéronécrosante qui frappe principalement le prématuré et plus encore le grand prématuré.
Toute agression ante- ou postnatale retentissant sur la vascularisation mésentérique peut induire cette affection, surtout quand s'y ajoutent les effets nociceptifs sur l'intestin d'une alimentation irritante par sa composition ou son abondance et quand intervient un agent bactérien ou viral.
Cliniquement on note une anorexie, un ballonnement abdominal, un arrêt du transit, des rectorragies et des signes évocateurs d'infection. Radiologiquement, la persistance dans le temps des images d'aération intestinale et de pneumatose surlignant les parois intestinales, voire imprégnant la veine porte sont très suggestives. La présence éventuelle d'un pneumopéritoine signe une perforation intestinale.

→ péritonite, prématurité

[L1,O1]

Édit. 2020

entéropathogène adj.

enteropathogenic

Produisant une maladie intestinale.

[D1, L1]

Édit. 2020

Escherichia coli entéropathogène 
l.m.

Escherichia coli enteropathogenic

→ Escherichia coli

[D1, L1]

Édit. 2020

syndrome entérorénal l.m.

enteric renal syndrome

Infections urinaires à répétition, notamment pyélonéphrites, secondaires à des germes d'origine intestinale, principalement Escherichia coli.
Ce syndrome surviendrait au cours de crises d’entérocolite avec constipation. Il est maintenant admis qu'il ne s'agit pas d'une entité pathologique. Expression peu usitée.

M. Heitz-Boyer, chirurgien français, membre de l’Académie de Médecine (1876-1950)

→ Escherichia coli, pyélonéphrite, entérocolite

[D1, L1, M3 ]

Édit. 2020

entéroscanner l.m

CT enterography, CT enteroclysis

Etude tomodensitométrique de l’intestin grêle après opacification intraluminale soit par ingestion de produit de contraste dilué, soit par sonde jéjunale (entéroclyse).
Une injection intraveineuse de contraste iodé est souvent associée. Les principales indications de l'entéroscanner  sont  la recherche d’une tumeur ou de l'origine d'un saignement et le bilan d'une maladie de Crohn. Cet examen est irradiant, ce qui incite à le remplacer quand c’est possible par une entéro-IRM.

→ entéro-IRM, entéroclyse

[B2, B3, L1]

Édit. 2020

entéro-IRM l.f.

MRI enterography , MRI enteroclysis

IRM de l’intestin grêle après ingestion de produit de contraste (eau ou solution de polyéthylène glycol), ou injection de celui-ci par une sonde jéjunale (entéroclyse).
Les principales indications sont le bilan et le suivi d'une maladie de Crohn ou d'une maladie coeliaque, l'identification du niveau de l'obstruction de l'intestin grêle et de sa cause (tumorale en particulier), en évitant l’irradiation d’un entéroscanner.

→ entéroscanner, entéroclyse, maladie de Crohn, maladie coeliaque

[B2, B3, L1]

Édit. 2020

entéroscopie l.f.

enteroscopy

Exploration endoscopique de l’intestin grêle par voie haute ou par voie basse.
Par voie haute, c’est-à-dire antérograde, elle permet d’examiner en moyenne 120 à 150 cm de jéjunum au cours d’une fibroscopie oesogastroduodénale après avoir franchi l’angle duodéno-jéjunal. Par voie basse, c’est-à-dire rétrograde, au cours d’une coloscopie, le franchissement de la valvule iléocaecale permet d’examiner en moyenne 50 cm d’iléon. La voie rétrograde est réalisée de façon quasi systématique et la voie antérograde n’est pratiquée que s’il y a une indication. Par ces deux voies d’abord, des biopsies peuvent être faites.
Une longueur variable d’intestin grêle reste en général inaccessible. L’entéroscopie stricto sensu, qui permet une exploration du grêle plus longue et même complète, est d’indication rare.
L’endoscope est introduit par la bouche ou l’anus selon l’indication, après préparation adéquate. La capsule vidéoscopique permet d’explorer les segments intestinaux non abordables par endoscopie.

→ biopsie de l’intestin grêle, capsule vidéoscopique

[B3, L1]

Édit. 2020

entérospasme n.m.

enterospasm

Contraction douloureuse spasmodique de l’intestin.

[L1]

Édit. 2020

entérostatine n.f.

enterostatin

Pentapeptide résultant de l’action de la trypsine sur la procolipase, sécrétée par le pancréas, libérant la colipase.
L'entérostatine est un puissant anorexigène qui sert de signal pour limiter l'ingestion d'aliments lipidiques. Elle diminue la sécrétion d'insuline. L'entérostatine est aussi produite par des cellules endocrines du tractus gastro-intestinal.

→ colipase, trypsine

[C1, C2, L1]

Édit. 2020

entérotoxine n.f.

enterotoxin

Toxine qui, lorsqu'elle est ingérée ou produite dans l'intestin par une bactérie, lèse la muqueuse intestinale.

[C1, G4, L1]

Édit. 2020

entérotoxinogène adj.

enterotoxinogenic

Se dit d'un organisme produisant une entérotoxine.

→ entérotoxine

[G4, L1]

Édit. 2020

enzyme pancréatique l.f.

pancreatic enzyme

Enzyme sécrété par les cellules acineuses du pancréas.
Les principaux enzymes pancréatiques sont l'amylase, la lipase et la trypsine.

→ enzyme, pancréas

[C1, L1]

Édit. 2020

épanchement chyleux l.m.

chylous effusion

Présence de chyle dans une cavité séreuse.

Étym. lat. expandicare, depuis expandere : épandre

→ chyle, ascite chyleuse, péricardite chyleuse, pleurésie chyleuse

[A3, L1]

Édit. 2020

épidermolyse bulleuse acquise l.f.

epidermolysis bullosa acquisita, acquired epidermolysis bullosa

Dermatose bulleuse auto-immune, individualisée dès la fin du XIXe siècle, comme une dermatose bulleuse cliniquement proche des épidermolyses héréditaires congénitales mais apparaissant à l'âge adulte.
Elle survient préférentiellement chez les sujets porteurs du groupement génétique HLA-DR2, est fréquemment associée à une maladie de Crohn et pose des problèmes nosologiques avec le lupus érythémateux systémique bulleux.
Dans sa forme typique, elle se traduit par l'apparition de bulles en peau saine ou peu inflammatoire sur les zones de frottement ou de traumatismes telles que coudes, genoux, fesses, dos des mains, pieds, qui guérissent en laissant des cicatrices atrophiques parsemées d'un nombre variable de grains de milium. Le décollement se produit au niveau de et/ou sous la lamina densa, dans le derme superficiel. Des auto-anticorps de type IgG et parfois du complément sont présents dans la peau malade. Des périodes de rémission sont possibles : cependant, l'évolution habituelle se fait vers une extension lente responsable de cicatrices atrophiques, d'alopécie, de dystrophies unguéales et de complications rétractiles des muqueuses. Le traitement est difficile en raison de la faible réponse à la corticothérapie générale et aux immunosuppresseurs

→ maladie de Crohn

[L1, J1, Q2]

Édit. 2020

épigastralgie n.f.

epigastralgia

Douleur de la région abdominale haute et médiane. 
 Les causes sont nombreuses. Il peut s'agir de douleurs organiques provenant du tube digestif ou de ses annexes. Il peut s'agir de douleurs fonctionnelles. Il peut aussi s'agir de douleurs d'origine extradigestive. L'analyse de la sémiologie est essentielle pour faire le diagnostic et orienter les investigations necéssaires. 
Les douleurs organiques peuvent être en rapport avec une affection ulcéreuse gastroduodénale, un cancer gastrique, une gastrite, une pancréatite aigue, une douleur biliaire (une colique hépatique, 2/3 des coliques hépatiques se manifestent par une douleur épigastrique isolée, une migration lithiasique). 
Les douleurs fonctionnelles hautes appelées aussi dyspepsie non ulcéreuse sont très fréquentes. L’analyse même attentive de la symptomatologie ne permet pas d'identifier précisément un mécanisme physiopathologique en cause. 

Parmi les douleurs épigastriques d'origine extra-digestive la plus fréquente et la mieux reconnue est  l'infarctus du myocarde. Mais ce peut être aussi une affection aortique (dissection, anévrysme), une péricardite, une affection pulmonaire. 

→ ulcère gastroduodénal, cancer de l'estomac, gastrite, pancréatite aigüe, colique hépatique, dyspepsie, dissection aortique, anévrisme,  péricardite, infarctus du myocarde

[K2, L1]

Édit. 2020

épilepsie abdominale l.f.

abdominal epilepsy

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

→ épileptique (crise)

[H1, L1]

Édit. 2018

épreintes n.f p.

tenesmus

Douleurs abdominales violentes avec faux besoin d'aller à la selle, traduisant une affection inflammatoire ou infectieuse du colon ou du rectum.
Les épreintes, symptôme important de l’amibiase intestinale à la période d’état, s’accompagnent de ténesme.

Étym. lat. exprimere : faire sortir en pressant

→ ténesme

[L1]

Édit. 2020

épreuve à la brome-sulfone-phtaléine l.f.

bromsulfone-phtalein test

→  brome-sulfone-phtaléine (épreuve à la)

[L1,C2]

Édit. 2018 

épuration digestive l.f.

gastro-intestinal evacuation

Technique permettant de limiter l'absorption de toxiques par l'organisme après leur introduction dans le tube digestif.
Diverses techniques peuvent être utilisées simultanément : l'aspiration gastrique suivie éventuellement de lavage, la provocation de vomissements pro (par  sirop d'ipéca, apomorphine), l'administration de charbon activé, les laxatifs et le lavage intestinal (solution de polyéthylène-glycol-électrolytes). De façon plus efficace on peut aussi améliorer la «dialyse intestinale» par l'administration de charbon activé, en continu ou par doses répétées, en accélérant le transit intestinal avec du sorbitol, ou encore en rompant le cycle entérohépatique des toxiques ou toxines (aspiration duodénale, drainage nasobiliaire, résines échangeuses d'ions à forte affinité pour les acides biliaires, p. ex. choléstyramine).

→ charbon activé, lavage gastrique, apomorphine

[G4, G5, L1]

Édit. 2020

érepsine n.f.

erepsin

Ensemble des enzymes protéolytiques du suc intestinal responsable de l'hydrolyse des polypeptides et oligopeptides en acides aminés au cours de la digestion (terme désuet).

Étym. gr. erepsein : démolir

[C1,L1]

Édit. 2018 

éructation n.f.

eructation

Émission bruyante par la bouche de gaz provenant de l’estomac.

[L1]

Édit. 2018 

érythème nécrolytique migrateur l.m.

necrolytic migratory erythema

Érythème migrateur rouge sombre et volontiers érosif, à évolution centrifuge et touchant de façon privilégiée les extrémités des membres, les régions périorale et périgénitale, représentant le signe clinique capital du glucagonome.
Le diagnostic différentiel se fait avec l'acrodermatite entéropathique. Le mécanisme physiopathologique en est discuté, mais il est probablement en rapport avec un déficit en acides aminés, zinc ou acides gras essentiels.

D. Wilkinson, dermatologue britannique (1971)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

→ acrodermatite entéropathique

[J1,L1,F2]

Édit. 2018 

estomac m.n.

gaster (TA)

stomac

Segment dilaté du tube digestif communiquant en haut avec l’œsophage par le cardia et en bas avec le duodénum par le pylore.
Il est situé dans la loge sous-phrénique gauche (région hypochondriaque gauche et région épigastrique). En forme de J, il comprend deux parties : une portion verticale formée du fundus gastrique et du corps gastrique dont la partie la plus déclive est la petite tubérosité ; une portion horizontale, la portion pylorique comprenant l’antre pylorique auquel fait suite une portion rétrécie, le canal pylorique qui s’ouvre sur le pylore. Les parois antérieure et postérieure de l’estomac sont réunies au niveau de la grande courbure à gauche et de la petite courbure à droite.
La paroi gastrique est constituée  de cinq tuniques superposées de la superficie à la profondeur : la tunique séreuse, la couche sous séreuse, la tunique musculaire, la couche sous muqueuse et la tunique muqueuse.
L’estomac est innervé par les nerfs vagues et des rameaux d’origine sympathique.
En dehors de son rôle mécanique de brassage des aliments, l’estomac prend une part importante à la digestion par sa sécrétion exocrine de suc gastrique. La muqueuse antropylorique est riche en glandes à mucus. La muqueuse fundique comporte quatre types de cellules sécrétrices : cellules à mucus épais, cellules à mucus clair, cellules principales élaborant le pepsinogène, converti en pepsine par l’acide chlorhydrique et des cellules bordantes situées à la périphérie des tubes glandulaires et sécrétant l’acide chlorhydrique.  La muqueuse fundique sécrète en outre le facteur intrinsèque de Castle. Chez le nourrisson, la muqueuse gastrique sécrète la présure ou labferment.

Étym. gr. stomachos : estomac

[A1,L1]

Édit. 2018  

estomac biloculaire l.m.

bilocular stomach

Image radiologique d'un estomac à deux poches superposées par suite d'une sténose médiogastrique qui peut être fonctionnelle et réductible d'origine spastique, ou organique et irréductible, consécutif à un ulcère gastrique cicatrisé, ou à une bride.

Étym. gr. stomachos : estomac

Syn. estomac en sablier, estomac en coupe de champagne, estomac en cornue

[L1,B2]

Édit. 2018  

estomac de Pavlov l.m.

Pavlov's stomach

Diverticule gastrique communiquant avec l'extérieur créé artificiellement chez un animal de laboratoire (chien).
Les sutures des parois gastriques sont réalisées de telle sorte que ce diverticule ne reçoive pas d'aliments mais conserve son irrigation et son innervation, ce qui permet de recueillir du suc gastrique et d'étudier l'acidité sécrétoire de l'estomac.

I. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1849-1936)

Étym. gr. stomachos : estomac

Syn. petit estomac de Pavlov

[L1,D5]

Édit. 2018  

| page précédente | /53 | page suivante