sérum n.m.
serum
Liquide clair, légèrement jaune-verdâtre, se séparant du caillot après coagulation du sang, se distinguant du plasma par le fait qu’il ne contient plus les facteurs consommés par la coagulation, en particulier le fibrinogène (facteur I).
En thérapeutique, sont classées dans la catégorie des sérums des préparations contenant des anticorps utilisés en sérothérapie (antisérums). Sous le nom impropre de sérums sont désignés divers liquides tels que la solution isotonique de chlorure de sodium, dit sérum physiologique (saline en anglais).
Des préparations médicamenteuses préconisées souvent dans des conditions discutables reçoivent parfois, à tort, le surnom de sérum. On avait appelé «sérums de vérité» des préparations injectables de substances pharmacologiquement actives (contenant en particulier de la scopolamine) utilisés par des agents spéciaux du renseignement pour extorquer des informations secrètes.
Étym. lat : serum : petit lait, liquide exsudant du lait coagulé
sérum-globuline n.f.
serum globulin
Protéine sérique ayant les caractères des globulines, c’est-à-dire insoluble dans une solution demisaturée de sulfate d'ammonium, par opposition à la sérum-albumine et aux séromucoïdes solubles.
Ces protéines peuvent être classées par électrophorèse en : α-, β- et -globulines, chacun de ces groupes contenant de nombreuses protéines bien individualisées identifiables par immunoélectrophorèse. La concentration normale des sérum-globulines dans le sérum est de 20 à 30 g par litre ; elle est augmentée dans la cirrhose, le kala-azar, les maladies infectieuses, le plasmocytome. Dans certaines anomalies congénitales, l'une des globulines peut manquer totalement : par ex. agammaglobulinémie, abêtalipoprotéinémie, etc. En dehors des globulines normales du sérum, on observe parfois la présence de globulines anormales telles que facteur rhumatoïde, cryoglobuline, macroglobuline anormale, appelées aussi paraprotéines.
Syn. globulines sériques
SF3B1 gene sigle angl. pour Splicing Factor 3b, Subunit 1
Gène situé sur le locus 2q33.1, encodant la subunité 1 du complexe protéique du facteur 3b. ; il interfère avec de nombreux autres gènes
Des mutations de ce gène se rencontrent dans la leucémie lymphoïde chronique au stade avancé, au syndrome myélodysplasique, et le cancer du sein.
→ leucémie aigüe myéloblastique (paysage génomique) ,leucémie lymphoïde chronique, cancer du sein
[Q1,F1]
SHOX gene l.angl. pour short stature homeobox
Gène, situé sur le locus chromosomique Xp22.33;Yp11.3, codant pour une protéine régulant l’activité d’autres gènes.
Cette protéine, appelée facteur de transcription, fait partie de la famille des gènes homeobox qui durant le développement embryonnaire contrôle de nombreuses structures corporelles. Elle est essentielle pour le développement du squelette jouant un rôle particulièrement important dans la croissance et la maturation des os des membres.
Une copie du gène SHOX est localisé sur chaque chromosome sexuel (X et Y) dans une région appelée pseudo-autosomale.
Des mutations de ce gène entraînent le syndrome de Langer, le syndrome de Turner et le syndrome de Léri
Syn. GCFX, growth control factor, X-linked, PHOG, pseudoautosomal homeobox-containing osteogenic gene, SHOX_HUMAN, SS
→ Langer (syndrome de), Turner (syndrome de), Léri (syndrome de)
SHOX gene l. angl. pour short stature homeobox
Gène, situé sur le locus chromosomique Xp22.33;Yp11.3, codant pour une protéine, appelée facteur de transcription, qui régule l’activité d’autres gènes faisant partie de la large famille des gènes homeobox.
Leur action se marque tout particulièrement durant le développement embryonnaire dans le contrôle de nombreuses structures du corps et, en particulier, dans la croissance et la maturation du squelette.
Des mutations de ce gène entraînent la dyschondrostéose de Léri-Weill, la dysplasie mésomélique type Langer, le syndrome de Turner
→ Léri-Weill (syndrome de), Turner (syndrome de), Langer (syndrome de)
Shwachman (maladie de) l.f.
Shwachman’s syndrome
Maladie congénitale qui associe une neutropénie, un déficit pancréatique externe et parfois une ichtyose, une dysostose métaphysaire, des anomalies thoraciques et un retard psychomoteur.
Une évolution vers une aplasie médullaire est possible. L'origine est inconnue. En cas d'infections graves ou répétées, le traitement par le G-CSF recombinant, facteur de croissance granulocytaire, peut être envisagé.
H. Shwachman et L. K. Diamond, pédiatres américains (1964)
Syn. Shwachman Diamond (syndrome de)
→ G-CSF
Sievert (symb. Sv) n.m.
sievert
Unité de mesure de la dose équivalente biologique absorbée, dérivée du système SI et surtout utilisée en radioprotection.
Initialement défini pour une irradiation par les rayons X d’énergie comprise entre 200 et 250 kV γ et β, le sievert a, par convention, été considéré comme l'équivalent de dose absorbée, soit 1 Sv = 1 Gy.
Pour rendre compte de l'efficacité biologique suivant les rayonnements et les tissus concernés, on a introduit un facteur de pondération pour le rayonnement (wr) et un autre pour les tissus (wt), ce qui conduit à la relation suivante : Dose eff (Sv) = Dose absorbée (Gy) . wr . wt
Pour l'évaluation des risques collectifs on a perfectionné et créé la notion de dose équivalente engagée avec une nouvelle unité, l'homme-sievert, obtenue en additionnant les doses reçues par chaque tissu ; soit :
Dose engagée (Sv) = Σ Dose absorbée (Gy) . wr . wt
Contrairement au gray, unité physiquement bien définie, le sievert, unité radiobiologique, ne se mesure pas mais se calcule. Il est largement employé en radioprotection pour exprimer les risques des radiations ionisantes ; mais il faut manier avec prudence les résultats exprimés dans cette unité car les différents correcteurs sont approximatifs et choisis arbitrairement.
Le sievert étant une dose importante, on utilise ses sous-multiples : millisievert (mSv) = 10-3 Sv, microsievert (μSv) = 10-6 Sv.
Un sievert = 100 rem (ancienne unité).
R. M. Sievert, physicien suédois (1896-1966), unité adoptée en 1979
→ système international d'unités (S.I.), gray, dose efficace, dose engagée, facteur de pondération pour le rayonnement
sigma (facteur) l.m.
sigma factor, sigma subunit, sigma protein
Sousunité de l'ARN polymérase bactérienne qui, par sa liaison avec cet enzyme, lui confère une fixation spécifique sur le promoteur d'un gène à transcrire.
Symb. facteur
→ choc thermique (réponse au), régulon SOS, transcription
signe du croisement l.m.
arteriovenous crossing
Manifestation ophtalmoscopique de l'artériosclérose, se traduisant par l'écrasement de la veine par l'artère à l'endroit du croisement : la veine devient filiforme en amont et en aval du croisement.
Le signe du croisement serré constitue un facteur de risque important de survenue d'une occlusion de branche veineuse. Il peut être objectivé en angiographie par une hyperfluorescence de la paroi veineuse.
[P2,K4]
Silver-Russell (syndrome de) l.m.
Silver-Russell syndrome (SRS), Russell-Silver syndrome (RSS, USA)
Ensemble d’anomalies congénitales, faisant suite à un retard de croissance intra-utérin, comportant une petite taille, une asymétrie corporelle dans 60 à 80% des cas, une hypotrophie à la naissance, des dysmorphies cranio-faciales correspondant à la réunion des syndromes de Silver et de Russell (nanisme de Russell).
Le visage a un aspect triangulaire, le menton est petit, les fontanelles ont une fermeture tardive, les oreilles une implantation basse et les anomalies oculaires sont fréquentes ; on note une clinodactylie du cinquième doigt, une puberté précoce, une hypoglycémie et une augmentation des gonadotrophines urinaires. D’autres atteintes viscérales sont inconstantes : cardiaques (communication interauriculaire), génitales (hypospadias, cryptorchidie), digestives (constipation, reflux gastro-oesophagien). Le développement mental est habituellement normal. Il existe une grande variété symptomatique témoignant de l’hétérogénicité. Le traitement par l’hormone de croissance est souvent prescrit.
Le plus souvent les cas sont sporadiques par mutation de novo. La génétique, complexe, a été clarifiée (Y. Le Bouc, 2005) : dans 7 à 10 % des cas il s’agit d’une disomie uniparentale maternelle (l’allèle maternel est exprimé 2 fois) avec perte de l’allèle paternel sur le chromosome 7, deux régions étant impliquées en 7p11 ;2p13 et 7q31-qter. Dans près de 50 % des cas il s’agit d’une anomalie épigénétique dans la région 11p15.5 par hypométhylation de l’ADN des gènes H19 et IGF2 très voisins, responsable d’une perte d’empreinte du gène H19 et de perte d’expression du facteur de croissance fœtal « insulin-like growth factor-2 » normalement exprimé à partir de l’allèle paternel (à noter que le syndrome de Wiedemann-Beckwith est lié à une disomie uniparentale paternelle sur le même locus 11p15.5). D’autres anomalies génétiques sont plus rares : délétion en 15q26.3 incluant le gène IGFr, translocation sur le chromosome 19, délétion distale en 22q11.2. L’hérédité peut être dominante ou récessive. L’asymétrie corporelle peut être détectée par échographie prénatale.
H. K. Silver, pédiatre américain (1953) ; A. Russell, pédiatre britannique (1954)
Syn. syndrome de Russell-Silver (USA), nanisme de Silver-Russell
→ Russell (syndrome de), Silver (syndromes de), Wiedemann et Beckwith (syndrome de), Silver-Russell (syndrome de)
Smith-Magenis (syndrome de) l.m.
Smith-Magenis’ syndrome
Délétion de la région 17p11.2 caractérisée par une brachycéphalie, une hypoplasie de la face moyenne, un prognathisme, une voix rauque, un retard de langage avec parfois surdité et des anomalies oculaires de l'iris et de la position des yeux.
La dysmorphie faciale est souvent légère. Il existe un retard de croissance, un retard mental et un comportement anormal avec troubles du sommeil, hyperactivité, blessures volontaires, onychotillomanie, insertion de corps étrangers dans les orifices qui prennent une allure psychiatrique. Une fente palatine et des anomalies cardiaques et génito-urinaires sont présentes lorsque la bande 17p11.2 est totalement manquante. L’examen des yeux peut montrer : télécanthus, ptosis, strabisme, microcornée, myopie, anomalies iriennes, cataracte, hypoplasie du nerf optique et décollement de la rétine.
La délétion chromosomique sur le chromosome 17 emporte en particulier le gène RA/1(rétinoïde acide induced 1) facteur de transcription entre l’ADN et l’ARN. L’affection n’apparaît pas héréditaire mais épigénétique, la modification génétique survenant lors de la formation des cellules sexuelles ou dans les premiers stades du développement. L’incidence serait de 1/25000.
Ann C. Smith, R. Ellen Magenis, médecins généticiennes américaines (1986)
Sigle SMS
→ monosomie 1p36, Smith-Magenis-like (syndrome), Potocki-Lupski (syndrome de)
SOX2 gene . sigle.angl. pour SRY related HMG-box gene 2
Gène situé en 3q26-3q27 qui est un facteur de transcription essentiel dans le maintien de l’auto-renouvellement et de la pluripotentialité des cellules souches embryogéniques indifférenciées.
Cette protéine est spécialement importante pour le développement des yeux. Une mutation de ce gène est responsable du syndrome d’anophtalmie.
Syn. ANOP3, MCOPS3 et MGC2413.
SOX11 gene sigle angl. pour SRY box 11
Gène situé sur le locus chromosomique 2p25 codant pour un facteur de transcription jouant un rôle dans le développement du système nerveux et dans la tumorigenèse.
Ce gène joue le rôle d’oncogène dans le lymphome du manteau.
A.A. Ferrando, généticien américain (2013)
Syn. MRD27
spondylolisthésis lombosacré l.m.
lombosacral spondylolisthesis
Glissement vers l’avant du corps vertébral de la cinquième vertèbre lombaire dont la face inférieure surplombe le bord antéro-supérieur de la première vertèbre sacrée, dû à une rupture ou à un allongement des isthmes de l’arc postérieur de cette vertèbre L 5.
Une dysplasie congénitale peut être à l’origine d’une fragilité de l’arc postérieur et favoriser une rupture traumatique ou micro-traumatique des isthmes, en particulier chez les sportifs. Le spondylolisthésis dégénératif lombosacré est rare.
Le spondylolisthésis qui se constitue chez l’adulte a une évolution ordinairement modérée et le glissement constitué reste ordinairement stable. La forme du sujet jeune, ordinairement de type dysplasique, est la plus évolutive.
Il peut être bien toléré pendant longtemps ou entraîner des lombalgies, une névralgie sciatique de topographie S1 et, dans les formes graves, des troubles moteurs et urinaires. La rétraction des muscles ischio-jambiers empêche l’extension complète du genou quand la hanche est en flexion (faux signe de Lasègue).
L’imagerie médicale permet de préciser l’état des isthmes, rompus ou allongés, et l’existence d’autres signes de dysplasie : spina bifida occulta, disposition anormale des apophyses articulaires, position haute de L5 et des signes faisant craindre une évolutivité comme un aspect en dôme de la face supérieure du sacrum ou la bascule de L5 pouvant aller jusqu’à placer la vertèbre devant la face antérieure du sacrum, réalisant une spondyloptose. La position très antérieure de L5 rétrécit le détroit supérieur mais est rarement un facteur de dystocie lors de l’accouchement. Le glissement est apprécié selon des mesures diverses, les plus utilisées sont celles qui le mesurent sur la radiographie de profil d’après la division du plateau supérieur de S 1 en 3 ou 4 parties (Meyerding).
Si le traitement orthopédique reste inefficace le traitement chirurgical par fixation, précédé ou non d’une réduction, est nécessaire.
Étym. gr. spondulos : vertèbre ; olisthesis : glissement
→ spondylolisthésis, spondyloptose
SRY gene sigle angl. pour Sex determining Region of Y chromosome
SRY gene,
Situé sur le bras court du chromosome Y en Yp11.31, le gène SRY code pour la protéine TDF (testing-determining factor) responsable du sexe masculin par différenciation en testicules des gonades indifférenciées de l’embryon.
L’évolution des crêtes génitales se produit vers la septième semaine embryonnaire. Le gène SRY induit l’expression du gène SF1 (locus en 9q) codant pour la protéine SF1 (steroïdogenic factor 1). Celle-ci entraîne l’évolution du canal de Wolff en tractus génital masculin et, dans les cellules de Leydig, à partir du cholestérol, la synthèse de la testostérone facteur déterminant du phénotype masculin. Dans les cellules de Sertoli la protéine SF1 active le gène de l’hormone antimullérienne AMH (antimullerian hormone), (locus en 19p), provoquant la régression des canaux de Müller, ébauches des organes féminins internes.
Des altérations du gène SRY peuvent s’observer ; il peut être absent, non fonctionnel, muté ou transposé sur le chromosome X. Chez un sujet génétiquement XY, son absence ou son inactivation par mutation entraîne un phénotype féminin par expression du gène DAX1 (locus en Xp21.2-21.3) inhibant la masculinisation par neutralisation de SF1 (ce peut être le cas du syndrome de Swyer). Chez un sujet XX la présence d’un gène SRY fonctionnel entraîne un phénotype masculin.
Les altérations du gène SRY peuvent expliquer les désordres du développement sexuel : il y a une discordance entre l’aspect morphologique (ou sexe phénotypique) et la fonction cérébrale, psychique, liée au taux d’hormone circulant et qui reste fonction du sexe génétique. L’identité sexuelle ressentie (angl. gender) est alors à l’opposé de l’aspect morphologique.
H. Benjamin, médecin endocrinologue et sexologue américain (1966) ; G. I. M. Swyer, médecin endocrinologue britannique (1955)
→ Benjamin (syndrome de), Swyer (syndrome de)
stéatose hépatique aigüe gravidique l.f.
acute pregnancy fatty liver
Syndrome caractérisé par une stéatose microvésiculaire massive des hépatocytes, sans nécrose ni infiltration inflammatoire (deuxième syndrome décrit par Sheehan) qui survient entre le 7ème et le 9ème mois de la gestation, avant tout chez une primipare.
Les signes cliniques comprennent : vomissements, douleurs abdominales, ictère, signes d'encéphalopathie et d'atteinte rénale.
Les données du laboratoire sont, au début, assez peu perturbées (syndrome cytolytique hépatique discret ou absent) ; mais on peut rapidement observer des signes d'insuffisance hépatocellulaire (hyperammoniémie et surtout abaissement des facteurs hépatiques de la coagulation, en particulier du facteur V), et une hyperuricémie est habituelle (comme dans la toxémie). L'évolution est généralement fatale (dans 90% des cas au bout de 5 à 10 jours d'évolution), avec une mortalité fœtale de 95% ; mais elle peut aujourd'hui être évitée grâce à une interruption rapide de la grossesse. On ne connaît pas l'étiologie de ce syndrome qui doit être rapproché de celui de Reye de l'enfant et de l'adolescent.
H. L. Sheehan, anatomopathologiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1937) ; R. D. Reye, anatomopathologiste australien (1963)
Étym. gr. stear, steatos : graisse
→ Sheehan (maladie de), Reye (syndrome de)
suicide (épidémiologie du) l.f.
suicide (epidemiology)
Il s'agit d'un véritable phénomène social, malgré les approximations qui pèsent sur les données disponibles. En France, on compterait plus de 12 000 décès par suicide par an, plus nombreux que par accident de la route, avec une surmortalité masculine.
Une nette augmentation des taux de déclarations est relevée en Europe, surtout chez les adolescents et adultes jeunes.
Par rapport aux tentatives, ils sont plus fréquents chez les sujets âgés, célibataires ou veufs ou divorcés, sans travail ou à la retraite. Il s'agit principalement de pendaisons, suivies de l'emploi d'armes à feu, puis d'intoxications.
Les tentatives de suicide connues sont environ 10 fois plus fréquentes selon des chiffres européens, avec une majorité féminine et plus d'un tiers concernant des sujets de moins de 25 ans. Elles constituent un important facteur de risque suicidaire ultérieur : de 10 à 14% des cas. Leur incidence est, ici aussi, en augmentation. Elles sont plus fréquentes en cas d'isolement social ou de famille dissociée. Il s'agit essentiellement d'intoxications médicamenteuses, puis de phlébotomies, bien plus rares et parfois associées.
Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper
→ suicide
suppression phénotypique l.f.
phenotypic suppression
Suppression d'un phénotype muté par un facteur de l'environnement.
synchroniseur n.m.
synchronizer
Facteur endogène, notamment hormonal qui, avec des stimulations extérieures, constitue un indicateur temporel permettant l'ajustement du système circadien sur 24 heures.
Parmi les synchroniseurs externes provenant de l'environnement seront cités l'alternance lumière-obscurité, activité-repos du monde extérieur, l'heure, les variations d'activité sociale, le rythme des repas.
L'adaptation à des modes inhabituels de sommeil peut être aidée en relâchant ou en intensifiant, au moment opportun, l'action des synchroniseurs externes.
syndrome CHARGE acr. angl. pour Colobome, Heart defects, Atresia choanae, growth Retardation, Genital anomalies, Ears anomalies l.m.
Les symptômes sont variables dans leur nombre et leur gravité selon les anomalies qui sont associées: l’atrésie choanale peut-être osseuse ou membranaire, uni- ou bilatérale; la cardiopathie cyanotique (75 à 80% des cas) est due à des malformations cardiaques conotroncales, des arcs aortiques anormaux (tétralogie de Fallot, CIA, CIV, canal artériel); le colobome iridien, voire rétinien (75 à 90% des cas) peut être associé à une microphtalmie ou une anophtalmie avec perte de la vision ; des anomalies auditives (95 à 100% des cas) avec implantation basse des pavillons difformes, avec des malformations des osselets de l’oreille moyenne (cause d’otites moyennes chroniques conduisant à une surdité sensorineurale avec troubles de l’équilibre; des anomalies des nerfs crâniens fréquentes intéressant les nerfs olfactifs, faciaux, vestibulaires et ceux impliqués dans la déglutition ; des altérations du système nerveux central avec une atrophie cérébrale (avec troubles du comportement, retard mental, épilepsie), une agénésie du corps calleux, des anomalies de la fosse cérébrale postérieure et une hypoplasie cérébelleuse ; une division palatine, une hypoplasie génitale, une cryptorchidie, des malformations rénales ont également été notées. La dysmorphie faciale est caractérisée par un visage carré, front et une racine nasale proéminents. Des malformations des voies aériennes supérieures (laryngomalacie et trachéomalacie, une fistule trachéo-oesophagienne, un reflux trachéo-oesophagien sont communs. Des altérations endocriniennes (déficit en hormones de croissance, hypogonadisme hypogonadotrope) et des anomalies immunitaires (déficit immunitaire combiné sévère, lymphopénie à cellules T isolée) ont été observées. Certains malades présentent des troubles de type autistique avec troubles de l’attention et hyperactivité, des troubles obsessionnels compulsifs, de l’anxiété.
L’imagerie par résonnance magnétique met en évidence une hypoplasie ou une absence de canaux semi-circulaires.
L’anomalie entre dans le cadre des neurocristopathies par défaut de migration des cellules souches de la crête neurale. Le gène en cause CHD 7 (Chromodomain Helicare DNA bindind protein-7), locus en 8q12.2, intervient dans l’organisation de la chromatine. Les mutations sont le plus souvent de novo ; l’âge paternel parait un facteur de risque. D’autres anomalies chromosomiques ont été signalées (délétion en 22q11.2).
B. D. Hall, médecin généticien américain (1979) ; Helen Hittner, ophtalmologiste américaine (1979)
Syn. association CHARGE, syndrome de Hall-Hittner
Réf. modifié d’après K. Blake, C. Prasad pédiatres canadiens, Orphanet mars 2015
→ syndrome d'Abruzzo-Erickson, syndrome de Kallmann, syndrome de délétion 22q11.2, association VACTERL/VATER, syndrome de Kabuki, syndrome rein-colobome, syndrome du Cat-eye, syndrome de Joubert, syndrome BOR, syndrome de microdélétion 5q11.2
[.A4,O6,Q3]
syndrome de Caplan l.m.
Caplan’s syndrome
Association d’une silicose et d’une polyarthrite rhumatoïde.
Principalement décrite chez les mineurs de charbon, elle se traduit par le développement d’opacités pulmonaires nodulaires pouvant atteindre une grande taille, bien limitées et associées à des images de silicose. Elle s’accompagne d’une teneur élevée en anticorps circulants : facteur rhumatoïde, hypergammaglobulinémie polyclonale.
Le syndrome de Caplan, ou Caplan-Colinet, est une maladie professionnelle indemnisable.
A. Caplan médecin britannique (1953) ; E. Colinet, médecin rhumatologue belge (1950, 1953)
Syn. pneumoconiose rhumatoïde, syndrome de Caplan-Colinet
→ silicose
[K1,I1]
syndrome de Curranino l.m.
Curranino’s syndrome
Syndrome qui associe une agénésie sacrée transversale, avec conservation de S1, à des malformations anorectales, une tumeur présacrée (myélocèle ou tératome), une dysraphie spinale avec des malformations médullaire et méningée.
L’hérédité autosomique dominante est liée au gène HLXB3, locus 7q36, codant pour un facteur de transcription, la protéine HB9.
G. Currarino, médecin radiologue pédiatrique américain (1981)
[Q2,I1,L1,F5,H1]
syndrome de fièvre périodique avec hyperimmunoglobulinémie D l.m.
hyperimmunoglobulinemia D and periodic fever
Syndrome caractérisé par des poussées fébriles accompagnées de céphalées, de douleurs abdominales, de vomissements et de diarrhées, d’arthralgies ou d’arthrites, d'hépatosplénomégalie, d’adénopathies, d’éruptions cutanées, qui durent 3 à 7 jours et récidivent toutes les 2 à 8 semaines, variant d'un cas à l'autre.
Les accès, qui débutent le plus souvent lors de la première année de vie, peuvent être spontanés ou déclenchés par des infections ou des traumatismes émotionnels ou physiques. Ils n'ont en général aucun retentissement sur la croissance et le développement des enfants.
La prévalence du syndrome est inconnue (environ 200 cas ont été publiés).
Le pronostic est bon. L'espérance de vie n'est pas diminuée, mais chez l'adulte des complications sont parfois observées : amylose, adhérences abdominales, et plus rarement contractures articulaires.
La transmission est autosomique récessive dû à des mutations du gène codant la mévalonate kinase (enzyme clé de la voie de synthèse du cholestérol et d’autres molécules incluant les dérivés des isoprènes), (MVK situé en 12 q24). Cette mutation n’entraîne qu’un déficit partiel de l’enzyme laissant persister une activité résiduelle. (Le déficit total est responsable chez l’enfant d’unemaladie du développement l’acidurie mévalonique).
Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’une mévalonaturie pendant les accès fébriles, ou par le dosage de la mévalonate kinase lymphocytaire pendant ou en dehors des accès ainsi que sur la mise en évidence biochimique ou génétique du déficit en MVK. Le taux des IgD sériques est en général élevé (mais souvent normal chez l'enfant de moins de 3 ans). Le taux des IgA est aussi élevé dans 80 % des cas. Au moment d'un accès, la vitesse de sédimentation est accélérée avec une augmentation de la C-réactive protéine , des interleukines -1 et -6 et du facteur de nécrose tumorale (TNF) alpha.
Le diagnosctic différentiel concerne les autres syndromes auto-inflammatoires: la fièvre méditerranéenne familiale, la fièvre héréditaire périodique liée au récepteur du TNF et le syndrome Muckle-Wells. Chez l'enfant, le tableau clinique de l'HIDS peut être indifférentiable d'un syndrome PFAPA (fièvre périodique avec aphtose, pharyngite et adénite, ou syndrome de Marshall).
Il n'y a pas de traitement spécifique de l'HIDS et le traitement n'est pas standardisé à ce jour. Chez certains patients, on a observé une réponse à la prednisone à haute dose. L'anakinra (un antagoniste du récepteur de l'IL-1) a aussi montré une efficacité dans quelques cas, de même que l'étanercept (un inhibiteur du TNF-alpha). La colchicine n’a aucun effet de prévention des accès.
Quand un couple a un enfant atteint, le risque de récurrence est de 25 % pour l'enfant à venir ; le conseil génétique est donc recommandé.
G. Grateau, L. Guillevin, membre de l’Académie de médecine, médecins internistes français (2005) : J. Frenkel, pédiatre néerlandais (2013)
Syn. syndrome de fièvre avec hyperIgD; hyper IgD syndrome (HIDS); fièvre périodique de type hollandais.
Sigle HIDS
Réf. Orphanet, Gilles Grateau, Loïc Guillevin membre de l’Académie de médecine (2005)
→ amylose, mévalonate kinase, acidurie mévalonique, isoprène, fièvre familiale méditerranéenne, Muckle et Wells (syndrome de), syndrome PFAPA étanerceptLes accès, syndrome PFAPA
[O1, N1,Q3]
Édit. 2019
Townes-Brocks (syndrome de) l.m.
Townes-Brocks syndrome
Affection congénitale autosomique dominante, de pénétrance complète et d’expressivité très variable, caractérisée par des malformations anales (de la simple antéversion à l’imperforation avec fistule recto-vaginale pouvant conduire à l’encoprésie postopératoire définitive), des malformations de l’oreille externe (appendice prétragien, hélix malformée, sténose du méat acoustique externe), des anomalies du rayon radial (pouce triphalangé, pouce bifide, hexadactylie), une surdité de type et de gravité variable.
Peuvent s’y associer des malformations des pieds et des anomalies rénales et cardiaques, ces dernières seules susceptibles de mettre le pronostic vital en jeu.
Avec une centaine de cas rapportés, la prévalence est estimée à 1-9/1 000 000.
Le gène responsable, SALL1, est localisé sur le chromosome 16 (16q12.1) et code pour un facteur de transcription.
P. E. Townes, E. Brocks, généticien et pédiatre américains (1972)
Syn.
Sigle TBS
Réf. P. Townes, E. Brocks (1972) - Hereditary syndrome of imperforate anus with hand, foot and ear anomalies J. Pediat 81: 321-30
Orphanet, S. Marlin (2005)
→ Townes-Brocks (syndrome de), hémimélie radiale, encoprésie
[I2, L1, K2, M1; O1, O6, P1, Q3]
Édit. 2019
syndrome périodique associé à la cryopyrine l.m
cryopyrin-associated periodic syndrome (CAPS)
Groupe de maladies auto-inflammatoires, héréditaires à transmission autosomique dominante, caractérisées par des épisodes répétés de crises inflammatoires systémiques sans infection liées à des mutations du gène NLRP3 (ou CIAS1) codant pour la cryopyrine.
Ce syndrome comprend 3 maladies, l’urticaire familiale au froid (« familial cold urticaria » ou FCU), le syndrome de Muckle Wells et le syndrome chronique infantile neurologique cutané et héréditaire (CINCA). Ces maladies ont en commun la fièvre associée à une éruption cutanée semblable à l’urticaire, une fatigue intense, des douleurs musculaires et articulaires, des céphalées et des conjonctivites. On constate une élévation importante de la C réactive protéine (CRP). Le mécanisme de la maladie provient d’un dysfonctionnement de la cryopyrine mutée, facteur majeur de l’immunité innée, qui entraîne une production anormale de cytokines pro-inflammatoires comme l’interleukine-1 (IL-1). D’où le traitement de fond par des antagonistes du récepteur de IL-1 qui ont remplacé les glucocorticoïdes. La sévérité de la maladie dépend de la nature de la mutation. Les complications à long terme sont la surdité, l’insuffisance rénale et l’amylose généralisée dans les formes les plus graves.
→ cryopyrine, urticaire familiale au froid, Muckle et Wells (syndrome) NLRP3 gene, interleukine-1